Cinéma Choc

07 décembre 2016

Guinea Pig - He Never Dies (Tendances suicidaires)

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Genre : Comédie horrifique, gore, trash (interdit aux moins de 18 ans)

Année : 1986

Durée : 40 minutes

L’histoire : Hideshi, un jeune homme à l’existence misérable et qui est oppressé dans son boulot, décide de mettre fin à ses jours. Cependant, il va bien vite se rendre compte qu’il ne peut pas mourir et que la douleur lui est étrangère. Il va alors s’acharner sur sa propre personne. 

La critique :

La série des Guinea Pig est vraiment une saga originale et atypique malgré sa qualité moyenne. Il faut dire que cette série culte d’horreur n’a jamais vraiment revendu plusieurs fois la même recette. Tout en restant dans un registre gore, chaque film propose un nouveau concept ou une nouvelle histoire. La saga fait ses premiers pas en 1985 avec deux films : Devil’s Experiment et Flowers of Flesh and Blood.  Il s’agit de deux torture porn qui ont la même base, mais qui reposent sur des scénarios un peu différents. Cependant, le principe reste peu ou prou identique.
Les réalisateurs cherchent souvent à faire croire au spectateur qu’il est en présence d’un vrai Snuff Movie (ce qui est, bien évidemment, un gros canular marketing).

En 1986, c’est Masayuki Kusumi qui se lance dans la réalisation de He Never Dies, un troisième opus qui change un peu le concept en choisissant de s’orienter vers la comédie horrifique. Attention SPOILERS ! Hideshi est un jeune japonais qui travaille dans une entreprise. Son existence est peu enviable puisqu’il n’a pas vraiment d’amis et surtout il est oppressé dans son boulot.
Hideshi pense se suicider en se tailladant les veines mais il renonce bien vite face à la douleur. Subissant cependant trop de pression dans son travail, il finit par craquer et récidive en se tailladant très profondément cette fois-ci. Il attend patiemment la mort. Cependant, point d'oraisons funèbres à l'horizon. 
Pire, sa blessure s’arrête de saigner. Hideshi commence alors à se charcuter plus profondément, mais rien n’y fait. 

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Le jeune homme commence à  sombrer dans le désespoir mais bien vite, il est pris d’un sentiment d’euphorie et il décide d’appeler un de ses collègues de travail pour lui faire une farce. Lorsque celui-ci arrive, Hideshi commence à se charcuter et à s’éventrer sous les yeux de son collègue. Plus tard, la petite amie du collègue en question arrive dans l’appartement et elle paraît alors plus préoccupée par l’idée de faire du nettoyage que par la situation d’Hideshi. 
Voilà donc pour le scénario complètement déjanté et barré de ce nouvel épisode. Clairement, le ton n’est pas le même que les deux précédents opus. Pourtant, là encore, le film s’ouvre sur un commentateur qui prétend que les faits relatés sont vrais et qu’il s’agit d’une exception de la nature.

Tout cela est bien sûr ridicule, à tel point qu’on doit évidemment se demander si Kusimi ne cherche pas à parodier les deux films précédents. Cela pourrait s’expliquer par le ton désormais comique que ce troisième épisode donne à la série. Car oui, He Never Dies est véritablement fun et attachant. Personnellement, j’avoue avoir éclaté de rire face à ce film d’humour trash et gore. 
Mais ce qui le différencie également des précédents opus, c’est que le film n’est pas non plus dénué de fond politique et/ou idéologique. Cette comédie horrifique peut également se voir comme une caricature et une satire visant à pointer du doigt la culture japonaise du travail. On nous montre ici un jeune homme oppressé dans sa vie professionnelle et qui finit par craquer. Mais là ou le film va loin dans l’humour noir, c’est que justement, notre héros n’a même pas le droit de mourir.
Belle image d’une société d’individus embrigadés et qui ne maîtrisent plus leur destin. 
Dans ce monde où il n’est plus qu’un produit de société, l’individu finit par trouver le refuge dans l’autodestruction. He Never dies a donc de nombreuses qualités. Par ailleurs, les effets gore sont plutôt bien foutus. Après, il est clair que ce moyen métrage ne risque pas de s'octroyer le statut de chef d'oeuvre.
Par exemple, la mise en scène brille surtout par son amateurisme. 
Cependant, ce film se démarque de la série en développant une véritable histoire. Bref, une vraie petite curiosité cinéphile. Ma note finale pourra paraître clémente...

Note : 13/20

 

vince Vince


06 décembre 2016

Alien War (L'attaque des spores)

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Genre : épouvante, horreur, science-fiction
Année : 2012
Durée : 1h24

Synopsis : Lorsqu’un météore heurte la base lunaire Arche, les astronautes se trouvent en grand danger. L’équipage apprend rapidement que les spores de la météorite ont la capacité de reproduire les structures cellulaires et de muter, ce qui oblige tout le monde à bord à se battre pour survivre.  

La critique :

Mais qu'est devenu l'acteur américain Christian Slater ? Pour les novices, l'interprète connaît le succès précocément dans Le Nom de la Rose (Jean-Jacques Annaud, 1986) aux côtés de Sean Connery. A l'époque, Christian Slater n'est encore qu'un jeune éphèbe à peine âgé de 17 ans. Puis, l'acteur enchaîne les tournages et connaît enfin la consécration dans les années 1990.
True Romance (Tony Scott, 1993), Entretien avec un Vampire (Neil Jordan, 1994), Robin des Bois prince des voleurs (Kevin Reynolds, 1991), Broken Arrow (John Woo, 1996) et Very Bad Things (Peter Berg, 1999) asseoient sa notoriété dans le petit univers hollywoodien. Hélas, les années 2000 lui seront préjudiciables et signeront son déclin, comme l'atteste l'échec de Windtalkers, les messagers du vent (John Woo, 2002).

Certes, Christian Slater continue d'enchaîner les tournages. Mais la plupart de ses films sortent en DTV (direct-to-video) et n'ameutent pas spécialement les spectateurs. Peu à peu, la carrière de l'interprète se délite aux yeux du grand public. Mais peu importe, l'acteur se consacre principalement à la télévision et participe toujours à de petites séries B impécunieuses.
C'est par exemple le cas d'Alien War, réalisé par Roger Christian en 2012. En outre, ce dernier est loin d'être un inconnu derrière la caméra. On lui doit notamment Rêves Sanglants (1982), Nostradamus (1994) et le très médiocre Battlefield Earth - Terre Champ de Bataille (2000). Mais depuis le début des années 2000, la carrière de Roger Christian est au point mort... ou presque ! 

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Certes, par le passé, le réalisateur a participé à la conception de Star Wars, épisode 1 - La Menace Fantôme (George Lucas, 1999). Mais sa carrière (plus ou moins) prometteuse semble désormais assez éloignée. Par conséquent, il n'est pas forcément surprenant de retrouver Roger Christian derrière Alien War, une série B famélique connue aussi sous les noms de Stranded et Invasion sur la Lune. Hormis Christian Slater, la distribution d'Alien War ne réunit pas des acteurs très populaires, à moins que vous connaissiez les noms de Brendan Fehr, Amy Matisio, Michael Therriault, Ryland Alexander et Lyndon Bray, mais j'en doute ! Attention, SPOILERS ! (1) 
Dans une réplique de la base Alpha, un drame terrible se noue.

Suite à une pluie de météorites, le colonel Bauchman et son équipe se retrouvent sans contact avec la Terre, dans une station aux fonctions vitales défectueuses. Quand des fuites de gaz commencent à polluer les lieux, certains occupants présentent les premiers symptômes d’une intoxication au dioxyde de carbone. Mais si ces horribles hallucinations n’étaient pas que les fruits de l’imagination de personnes malades ? Et quelle la véritable nature de ces spores extra-terrestres trouvés sur les débris des météorites ? (1) Vous l'avez donc compris. De par son scénario et surtout son intitulé, Alien War est un nouvel avatar d'Alien, le huitième passager (Ridley Scott, 1979).
Hélas, et vous vous en doutez, la comparaison s'arrête bien là. Toutefois, rien n'a vraiment changé depuis la sortie du film de Ridley Scott. 
 

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A l'instar de son modèle, Alien War se contente d'asséner les codes inhérents d'un genre moribond, hésitant entre épouvante, huis clos spatial et science-fiction. Derechef, les inimitiés se déroulent dans un vaisseau spatial. Durant leur voyage, des astronautes sont confrontés à un virus d'un genre nouveau. Un des membres de l'équipage est victime de l'attaque de spores.
Bientôt, c'est l'ensemble de l'équipage qui est victime de visions cauchemardesques. Il semblerait qu'un extraterrestre de forme anthropomorphique se balade quelques part dans les coursives de la station spatiale. Bref, rien de neuf sous les radars ! En l'occurrence, Alien War ne se contente pas seulement de piller Alien, le huitième passager. Cette modeste série B vient également renifler chez John Carpenter (The Thing, 1982) et L'Invasion des Profanateurs (Philip Kaufman, 1978).

Si les trente premières minutes font vaguement illusion, le reste de cette pellicule famélique sombre rapidement dans la série B soporifique et de facture conventionnelle. Certes, Christian Slater et ses acolytes font le job. Guère plus. Pour les amateurs de ce genre de pellicule, Alien War vaut éventuellement le coup d'oeil pour son ambiance anxiogène, plutôt solidement ficelée. 
Toutefois, pas de quoi frissonner ni sursauter de son siège ! En l'état, la trame scénaristique reste beaucoup trop prévisible pour susciter l'adhésion. De surcroît, on relève de nombreuses incohérences. A tous ces défauts, s'ajoute une conclusion finale moribonde qui vient annoncer une éventuelle suite. Néanmoins, Alien War se suit avec un ennui poli, à condition de le regarder pour ce qu'il est : une série B sans prétention.
Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout !

Note : 08/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : http://www.scifi-universe.com/critiques/8210/invasion-sur-la-lune-alien-war

05 décembre 2016

Les Survivants de L'Infini (En route vers la planète Metaluna)

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Genre : fantastique, aventure
Année : 1955
Durée : 1h27

Synopsis : La planète Metaluna, en guerre avec un monde voisin, Zahgan, recherche de l'uranium pour continuer la lutte. L'agent Exeter est envoyé sur Terre pour enlever deux savants afin de sauver sa planète d'origine.  

La critique :

On ne cessera jamais de le dire et de le répéter. Mais en 1951, Le Jour où la Terre S'Arrêta de Robert Wise marque une rupture rédhibitoire dans le cinéma de science-fiction. Alors que la Seconde Guerre Mondiale vient à peine de se terminer, le film préfigure déjà les prémisses de la Guerre Froide, donc d'une possible guerre nucléaire. Américains et Soviétiques mènent une lutte sans merci sur le terrain international. Le monde entier vit dans l'angoisse d'une probable Troisième Guerre Mondiale.
Une longue décrépitude corroborée par de nombreux films de science-fiction des années 1950, notamment La Guerre des Mondes (Byron Haskin, 1953), La Chose d'un Autre Monde (Howard Hawks et Christian Nyby, 1951), Les Envahisseurs de la planète rouge (William Cameron Menzies, 1953) ou encore Planète Interdite (Fred M. Wilcox, 1956), pour ne citer que ces exemples.

Tous ces films notoires annoncent l'arrivée d'extraterrestres aux intentions bellicistes. Ou lorsque l'invasion vient de Mars... parfois de Vénus, l'étoile du berger. Ces aliens acariâtres et vindicatifs symbolisent également cette paranoïa ambiante et inhérente au sein d'une époque troublée. C'est dans cette logique et dialectique que s'inscrit Les Survivants de l'Infini, réalisé par Joseph M. Newman en 1955.
A l'origine, ce long-métrage de science-fiction est l'adaptation d'un roman éponyme de Raymond F. Jones. A juste titre, Les Survivants de l'Infini (This Island Earth de son titre original) est souvent considéré comme un film culte et même comme un classique de la science-fiction des années 1950. En effet, au moment de sa sortie, le long-métrage ouvre une nouvelle ère dans la technologie cinématographique.

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En outre, Les Survivants de l'Infini est l'une des toutes premières productions à bénéficier du format Technicolor. Ensuite, le film peut se targuer de réunir une distribution de prestige avec de nombreux acteurs notoires. Jeff Morrow, Faith Domergue, Rex Reason, Lance Fuller, Russell Johnson, Douglas Spencer et Robert Nichols complètent le casting. Pour la petite anecdote, Jack Arnold, le réalisateur éminent de Tarantula !, sorti la même année (donc en 1955), vient suppléer plusieurs fois Joseph M. Newman derrière la caméra. Mais curieusement, le nom du cinéaste n'est pas crédité au générique.
Attention, SPOILERS ! (1) Le docteur Meacham est un brillant scientifique spécialisé dans l'électronique et dont les capacités lui valent l'attention d'une communauté étrange, qui le contacte via des moyens techniquement largement supérieurs à tout ce qui est connu pour lui soumettre une offre d'embauche.

Intrigué par ce mystère, Meacham répond à cet appel et se rend sur les lieux où son nouveau patron, Exeter, lui révèle que son organisme emploi les meilleurs scientifiques du monde dans le but de prendre une avance technologique énorme sur les gouvernements mondiaux classiques, et ainsi faire pression sur eux pour préserver la paix. Mais, devant l'étrangeté des lieux et devant l'attitude plutôt taciturne de ses collègues, Meacham cherchera à en savoir plus que ce qu'on veut bien lui dire.
Il découvrira que Exeter est en réalité un extra-terrestre obligeant les grands scientifiques humains à travailler pour lui, afin de sauver la planète Metaluna de la guerre qui la ravage. (1) Vous l'avez donc compris. Les Survivants de l'Infini est une production ambitieuse et dotée d'un budget dispendieux.

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Pourtant, le film ne connaîtra qu'un succès d'estime au cinéma. A contrario, les critiques se montrent unanimement panégyriques. Premier constat. Le long-métrage a une vraie connotation scientifique. Ainsi, la première partie du film se focalise sur l'organisation d'un futur voyage spatial qui doit conduire le docteur Meacham, un savant éminent, et sa collègue d'infortune (Ruth Adams) sur la planète Metaluna. Grâce à leurs connaissances, les deux scientifiques sont sommés d'aider des extraterrestres anthropomorphiques. Leur planète (donc Metaluna, au cas où vous n'auriez pas suivi...) est en péril et menacée de néantisation par une guerre qui dure depuis plusieurs années.
Toutefois, contrairement à la majorité des films de science-fiction des années 1950, Les Survivants de l'Infini élude volontairement toute métaphore entre la Guerre Froide et l'arrivée d'aliens belliqueux.

De surcroît, le film se rapproche davantage de Planète Interdite, notamment pour ce vif intérêt pour nos appareils technologiques. Une fois embarqués dans la navette spatiale, Meacham et Ruth Adams sont sondés par un interociteur, un outil qui permet d'évaluer l'extraordinaire intelligence des deux scientifiques. Puis, par la suite, les corps de nos deux tourtereaux sont analysés par d'étranges appareils, laissant apparaître leurs tissus musculaires par un habile procédé laser.
Par certains aspects, Les Survivants de l'Infini annonce déjà l'avènement de l'ordinateur, cet outil scientifique et informatique qui va connaître son apogée bien des années plus tard dans notre société hédoniste et consumériste. 
Niveau décors et effets spéciaux, un gros effort et un énorme investissement ont été déployés au niveau du design de la Planète Metaluna.
Joseph M. Newman et Jack Arnold insistent lourdement sur une planète martelée par le fracas de météorites. Toutefois, malgré ses indéniables qualités, Les Survivants de l'Infini n'est pas exempt de tout reproche. Dans l'ensemble, la trame scénaristique reste un peu trop prévisible pour susciter l'adhésion sur la durée. 
Ensuite, le film n'élude pas certaines facilités pour flagorner le grand public.
A l'image de cet extraterrestre protéiforme au visage d'insecte et nanti de pinces acérées. Enfin, le long-métrage souffre de la comparaison avec Planète Interdite, un chef d'oeuvre déjà précité. Mais ne soyons pas trop sévères, Les Survivants de L'infini reste un film de science-fiction largement recommandable, surtout pour les grands amoureux de ce genre de pellicule.

Note : 14/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : http://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/748-survivants-de-linfini-les

04 décembre 2016

Affection (Cauchemar mystique et métaphysique)

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Genre : Animation, Inclassable, Horreur, court-métrage (interdit aux moins de 18 ans)

Année : 2012

Durée : 9 minutes

L’histoire : Un mec, qui « se recueille » sur le corps de celle qu’on suppose être sa femme, se retrouve projeté dans une autre dimension qui semble être l’antichambre de l’enfer. 

La critique :

Aujourd’hui, on parle d’Affection, un court-métrage d’animation réalisé par Jimmy ScreamerClauz. Alors le nom du gars ne vous dit peut-être rien mais en fait, c’est un artiste américain qui s’est en quelque sorte spécialisé dans la production d’animés hyper trash, mystiques, aux allures sataniques… faits maison. Le speech de ce court-métrage d'animation est donc le suivant.
Sur une route qui paraît être en plein désert, la nuit, un homme étrange qui ressemble à une version 3D foirée de Steve Buscemi, reste immobile tenant un doigt humain arraché dans la paume de la main (qui semble être celui de sa femme décédée puisqu’il y a une alliance). En réalité? notre homme se trouve devant une église dont les cloches sonnent le deuil. Il se plante devant un cadavre humain (qui serait celui de sa femme, enfin d’après ce que j’ai compris) en train de se faire bouffer par des insectes.

Notre bon gars se régale du spectacle et se met tout bonnement à se masturber le sourire aux lèvres. Soudain, il entend une chanson douce et se retourne pour contempler un tunnel de lumière éblouissant au milieu duquel chante une femme (peut-être son ex femme réincarnée en démon ?). Et quelle femme! Elle aurait l’air bien jolie s'il n’y avait pas des tentacules qui remplacent sa bouche. 
Notre homme est ébloui et se réveille dans un salon sombre où les murs ont été repeints avec du sang. Il y a des macchabés étripés partout, sur les canapés, sur le lit, au sol, partout vous dis-je ! Notre homme est heureux. A partir de là, il va se retrouver dans différentes dimensions où il aperçoit une salo..., une femme tentacule nécrophile qui mute pour avoir des nichons la Lolo Ferrari.

Puis, le gars voit lui aussi son engin muter en une sorte de mini T-rex. Ca gicle dans tous les sens, les tripes, le sang et notre homme évolue vers ce qui semble être l’antre de l’enfer.  Alors bon, pour le scénario de ce court-métrage, difficile de se prononcer. Je pense qu’il s’agit simplement de faire une représentation de l’enfer tout en se laissant aller en roue libre pour se faire plaisir ! 
Alors bon, pourquoi pas après tout ? A l’heure où le cinéma américain paraît hélas moribond, je ne suis pas contre que Jimmy nous projette des sodomies infernales avec tentacules, monstres difformes, tripes, sang… Quelque part, il représente une liberté d’expression qui s’est perdue dans le cinéma américain depuis belle lurette. Alors comme je l’ai dit plus haut, il fait tout ça tout seul ou presque.

De temps en temps, ces potes lui filent un coup de main pour les doublages, mais c’est lui (donc le "Jimmy ScreamerClauz") qui bidouille tout sur son ordinateur. Niveau dessin et graphisme, c’est de la même trempe que son Where the Dead go to Die. Certes c’est assez moche. A contrario, Affection possède un style indéniable. Ah oui, ça ne ressemble à rien de déjà vu, c’est unique en son genre et rien que pour ça, il a toute ma sympathie. Difficile de dire de quoi parle Affection, mais c’est une sorte de film ultra malsain, ultra gore et aussi une sorte de cauchemar mystique, métaphysique et fantastique qui pourrait se voir comme une représentation de l’enfer.
On pourrait aussi y voir une sorte d’analyse de l’inconscient et de ses fantasmes cauchemardesques. C
oncernant Jimmy ScreamerClauz, certains pensent que c’est un cinglé psychopathe. Moi j’ai lu quelques unes de ses interviews et honnêtement, je trouve qu’il dit des choses intelligentes. De même que ses "films" abordent, à mon avis, des sujets très intéressants, vraiment très intéressants, que le cinéma calibré d’aujourd’hui ne veut plus aborder. 
Certains fans du réalisateurs gloseraient "C’est de l’art", encore un mot que semble avoir oublié le cinéma hollywoodien.     

Note : 15/20

 

vince Vince

03 décembre 2016

Rocky 5 (La gloire est éphémère)

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Genre : action, comédie dramatique
Année : 1990
Durée : 1h44

Synopsis : Des séquelles physiques irréversibles amènent Rocky Balboa à prendre sa retraite. Ruiné, il devient l'entraîneur d'un champion en devenir, Tommy Gunn. Mais celui-ci ne va pas rester insensible à l'appât du gain et va quitter Rocky pour rejoindre les rangs d'un coach plus fortuné

La critique :

Retour aux affaires sérieuses. Après un quatrième chapitre aux allures martiales et vindicatives et se déroulant en territoire soviétique, il est temps désormais de retrouver l'essence de la saga. C'est dans cette logique et rhétorique que se situe Rocky 5, réalisé par John G. Avildsen en 1990. Comme un symbole, ce dernier n'est autre que le réalisateur du premier, celui qui a érigé Sylvester Stallone, son interprète principal, au sommet de la gloire. Mais cette gloire est éphémère comme l'assène ce cinquième volet qui doit également clore la franchise en beauté.
Ce sera une catastrophe, à la fois filmique et commerciale. A l'origine, le scénario de Rocky 5 prévoyait la mort de son boxeur héroïque sous les coups de Tommy Gunn.

Pis, le champion doit même périr dans les bras de sa femme, Adrian. Mais l'idée est très vite tancée et répudiée par les producteurs et Stallone lui-même. Ces derniers optent alors pour un combat final dans la rue opposant le mentor à l'élève. Une idée saugrenue mais néanmoins retenue par Stallone, au grand dam de John G. Avildsen, qui quitte le tournage avant la fin des opérations.
Qu'à cela ne tienne, en désespoir de cause, "Sly" passe derrière la caméra et assure les dernières prises. Hormis l'acteur, la distribution du film réunit Talia Shire, Burt Young, Sage Stallone, Tommy Morrisson, Richard Gant, et Tony Burton. A noter également les apparitions furtives de Burgess Meredith via plusieurs flashbacks et délires oniriques. Attention, SPOILERS !

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Des séquelles physiques irréversibles amènent Rocky Balboa à prendre sa retraite. Ruiné, il devient l'entraîneur d'un champion en devenir, Tommy Gunn. Mais celui-ci ne va pas rester insensible à l'appât du gain et va quitter Rocky pour rejoindre les rangs d'un coach plus fortuné. Premier constat, avec Rocky 5, l'objectif est à la fois de revenir aux sources de la saga et de rompre avec les chapitres III et IV, davantage portés sur le spectacle et les bourre-pifs ad nauseam.
En outre, le scénario de Rocky 5 reprend les choses là où elles s'étaient arrêtées dans le précédent volet. Certes, Rocky Balboa triomphe de Drago, son adversaire soviétique. 
Hélas, ce match laisse des cicatrices et des blessures indélébiles. Rocky ne doit plus boxer sous peine de mettre sa propre vie en péril.

Parallèlement, le champion est victime des activités frauduleuses de son beau-frère, Paulie. Retour à la case départ. Hagards, le boxeur et sa famille délaissent leur demeure cossue au profit d'une modeste baraque de banlieue. 
Stallone arbore désormais une tenue rudimentaire avec son jean et son petit chapeau. Dès lors, le film se confine dans les problèmes familiaux. Ainsi, il faudra supporter la crise juvénile de Rocky Balboa Jr, molesté et rejetté par ses camarades d'école.
Vindicatif, le jeune éphèbe s'entraîne dans son coin sous le regard indifférent de son patriarche. Parallèlement, ce dernier est trop occupé à ferrailler avec un certain Tommy Gunn, un gamin talentueux et déterminé à percer dans le monde de la boxe. 
Dès lors, le long-métrage s'enlise dans les atermoiements de ses différents protagonistes. 

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Ici, point de combat homérique à base de parades-mâchoires dans la tonalité de Rocky 3 et de Rocky 4. Au mieux, il faudra se contenter de quelques matchs élusifs remportés haut la main par Tommy Gunn. Hélas, le jeune champion prometteur est appâté par le lucre et de vulgaires mafiosos. Pour accéder au titre suprême, Tommy abandonne son coach. Certes, il obtient la ceinture de champion du monde poids lourds. A contrario, il suscite les invectives et les quolibets.
La presse et les médias le fustigent et le traitent de tocard. Tommy n'est pas encore le digne épigone de Rocky Balboa. Qu'à cela ne tienne. Furibond, le jeune homme défie son ancien entraîneur en combat singulier. Rocky 5 se clôt sur un match de catch sous les quolibets et les hurlements de la plèbe. On croit rêver... 

Certes, les intentions de ce cinquième chapitre sont louables et compréhensibles. Malheureusement, le film est victime de son schéma narratif, trop redondant pour passionner sur la durée. Il faudra donc supporter les pleurnicheries d'un Rocky Balboa Jr. atrabilaire, les nouvelles pitreries de Paulie, assez discret pour l'occasion, et surtout une pellicule dénuée de toute tension dramatique.
Certes, on décèle ici et là cette volonté de tancer un milieu sportif dicté par les rouages du capitalisme. Conscient du désastre, Sylvester Stallone tente se sauver les meubles. Une chimère. Paradoxalement, ce Rocky 5 annonce déjà la couleur et la future trajectoire de l'acteur. Stallone a déjà la quarantaine bien tassée et ne pourra plus endosser les oripeaux de Rocky ou de Rambo.
Un choix qui va s'avérer cruel avec une longue période anomique, comme l'atteste le scénario de ce cinquième chapitre. De surcroît, Rocky 5 décevra unanimement les fans de la saga et se soldera par un bide commercial. Il faudra attendre plus de quinze ans pour voir ressurgir la franchise florissante avec Rocky Balboa en 2006.

Côte : Navet

sparklehorse2 Alice In Oliver


02 décembre 2016

Beetlejuice (Comptez sur lui pour vous empoisonner la mort !)

Beetlejuice

Genre : fantastique, comédie 
Année : 1988
Durée : 1h32

Synopsis : Pour avoir voulu sauver un chien, Adam et Barbara Maitland passent tout de go dans l'autre monde. Peu après, occupants invisibles de leur antique demeure ils la voient envahie par une riche et bruyante famille new-yorkaise. Rien à redire jusqu'au jour où cette honorable famille entreprend de donner un cachet plus urbain à la vieille demeure. Adam et Barbara, scandalisés, décident de déloger les intrus. Mais leurs classiques fantômes et autres sortilèges ne font aucun effet. C'est alors qu'ils font appel à un "bio-exorciste" freelance connu sous le sobriquet de Beetlejuice.

La critique :

Est-il encore nécessaire de présenter Tim Burton, réalisateur, scénariste et producteur américain ? En l’espace de quelques décennies, le cinéaste s’est octroyé le statut du maître du fantastique. Fan invétéré du cinéma d’épouvante, en particulier des films de la Hammer, Tim Burton voue une véritable fascination pour Vincent Price. Dans un premier temps, il participe à la conception de Taram et le Chaudron Magique (Richard Rich et Ted Berman, 1985) et de Rox et Rouky (Richard Rich, Ted Berman et Art Stevens, 1981). Mais Tim Burton ne conserve pas de ces deux expériences un souvenir impérissable. Loin de là. Le concepteur est sommé par Walt Disney de calmer ses ardeurs.
Qu’à cela ne tienne, Tim Burton n’en fait qu’à sa tête et décide de créer son propre univers.

C’est dans ce contexte qu’il réalise ses premiers courts-métrages, Vincent (1982) et Frankenweenie (1984). En 1985, Tim Burton signe son tout premier long-métrage, Pee-Wee Big Adventure. Si ce premier film n’ameute pas spécialement les foules dans les salles, il obtient néanmoins un succès d’estime. Certaines critiques décèlent chez ce réalisateur un style inimitable.
Un style que Burton décide d’affiner et de peaufiner avec Beetlejuice en 1988. 
A l’époque, Tim Burton travaille déjà sur le scénario de Batman. Mais au même moment, David Geffen lui soumet le script de Beetlejuice (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Beetlejuice). Tim Burton est immédiatement séduit par cette histoire horrifique. Mais le scénario original privilégie davantage l’épouvante.

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Tim Burton et ses scénaristes sont priés de réviser leur copie. Tim Burton et ses cacographes décident d’ajouter un ton humoristique à Beetlejuice. Mieux, les facéties de fantômes et de spectres sortis d’outre-tombe vont devenir l’apanage du film. La distribution de Beetlejuice réunit Alec Badwin, Geena Davis, Michael Keaton, Winona Ryder, Jeffrey Jones, Catherine O’Hara et Glenn Shadix.
Dans un premier temps, Tim Burton souhaite engager Sammy Davis Jr. pour interpréter Beetlejuice. Mais le réalisateur se ravise et opte pour Michael Keaton, un acteur qu'il retrouvera un an plus tard dans Batman. Attention, SPOILERS ! Pour avoir voulu sauver un chien, Adam et Barbara Maitland passent tout de go dans l'autre monde. Peu après, occupants invisibles de leur antique demeure ils la voient envahie par une riche et bruyante famille new-yorkaise.

Rien à redire jusqu'au jour où cette honorable famille entreprend de donner un cachet plus urbain à la vieille demeure. Adam et Barbara, scandalisés, décident de déloger les intrus. Mais leurs classiques fantômes et autres sortilèges ne font aucun effet. C'est alors qu'ils font appel à un "bio-exorciste" freelance connu sous le sobriquet de Beetlejuice. Au moment de sa sortie, Beetlejuice se solde par un immense succès commercial. Même les critiques se montrent unanimement panégyriques.
En outre, ce deuxième long-métrage de Tim Burton va définitivement asseoir la notoriété du cinéaste. Le film contient tous les ingrédients de son univers fantasque et jubilatoire : une sorte de conte à la tonalité macabre et féérique, une comédie souvent excessive et une pellicule qui se démarque par sa fatuité et sa condescendance.

Beetlejuice (2)

A l’époque, Tim Burton n’est pas encore le réalisateur bankable qu’il deviendra par la suite. Beetlejuice, c’est aussi la rencontre entre un couple de vulgaires quidams (incarnés par Alec Baldwin et Geena Davis) avec le monde de la mort et plus précisément avec l’excentrique Beetlejuice. Pour Tim Burton, c’est l’occasion ou jamais d’inverser la tendance maléfique.
Désormais, ce sont les fantômes qui peuvent faire appel à un bio-exorciste pour contrarier les vivants et les exhorter de quitter leurs pénates. Quant aux spectres affublés de vulgaires draps aux couleurs d’albâtre, leur mythe et leur réputation en prennent pour leur grade. 
A défaut de provoquer l’effroi et la poudre d’escampette, nos chers fantômes ne suscitent que l’hilarité. A l'image de cette danse frénétique et forcenée entamée sous les airs de Day-o banana boat song.

Désormais, c’est même leur propre entité qui est menacée. Heureusement, notre jeune couple transmuté en fantôme peut compter sur le soutien indéfectible de Lydia Deetz, une adolescente au look gothique et aux intentions suicidaires. Avec Beetlejuice, Tim Burton confronte à la fois le monde des morts et celui des vivants à une dimension spirituelle qui échappe à toute logique et rationalité.
Ainsi, les vivants assistent au déclin puis à la renaissance d’Adam et Barbara Maitland lors d'une soirée entre amis. Bientôt, le fameux Beetlejuice vient s’inviter aux inimitiés. 
Le fantôme est un être ingrat, pétomane, turpide et fallacieux. Dans Beetlejuice, la famille américaine et puritaine en prend elle aussi pour son grade. D’ailleurs, Lydia Deetz, en désespoir de cause, ne trouvera le réconfort et l’affection qu'au contact de fantômes qui hantent sa propre demeure.
Ses parents sont décrits comme de vulgaires histrions uniquement appâtés par le lucre et la célébrité. Bref, on tient une comédie macabre et probablement l’un des meilleurs crus de Burton.

 

Note : 17/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

01 décembre 2016

La Marque du Diable (Horreur sous l'Inquisition)

La marque du diable

Genre : Horreur, historique (interdit aux moins de 16 ans)

Année : 1970

Durée : 1h33 

L’histoire : Un petit village d’Europe est ravagé par l’Inquisition. Albino, un chasseur de sorcières, emprisonne et torture des femmes innocentes. Jusqu’au jour où arrive Christian, un émissaire de l’inquisition accompagné de Jeff Wilkens, un bourreau. Alors qu’il attend la venue de Lord Cumberland, l’inquisiteur, Christian s’éprend de Vanessa une jeune femme accusée de sorcellerie par Albino.

La Critique :

Aujourd’hui je vous propose d’aborder un film choc qui fit scandale à sa sortie, il s’agit de La Marque du Diable, réalisé par Michael Armstrong en 1969. Ce film va déclencher une vive polémique. La censure cinématographique française qui n’est pas réputée pour sa rigidité concernant la violence au cinéma, choisira pourtant d’interdire le film à sa sortie. Cependant, à l'orée des années 70,le cinéma d’horreur, qui jouait surtout sur la suggestion, décide d’adapter un nouveau style, plus radical sur le plan visuel. La Hammer avait commencé à montrer certaines prédispositions pour sang.
C’était la porte ouverte au cinéma gore. Car oui, La Marque Du Diable est un film gore, ultraviolent qui tente cependant de coller aussi à une certaine réalité historique, en l’occurrence, les tortures sous l’Inquisition.

Attention SPOILERS ! En Europe, dans un petit village, l’Inquisition fait des ravages. Albino le chasseur de sorcière accuse, torture et exécute un grand nombre d’innocentes. Un jour, arrivent alors Christian et son redoutable bourreau Jeff Wilkens. Ils précèdent la venue de l’inquisiteur Lord Cumberland, le mentor de Christian, qui vient enquêter sur les agissements d’Albino et renforcer la chasse aux sorcières. Christian comprend bien vite qu’Albino condamne des innocentes pour son bon plaisir.
Mais il se retrouve dans une position délicate lorsqu’il tombe amoureux de Vanessa, une jeune femme accusée de sorcellerie par Albino. 
En réalité, La Marque du Diable n’est pas vraiment nouveau dans son concept, puisqu’il fait écho au film Le Grand Inquisiteur, réalisé en 1968 par Michael Reeves et avec Vincent Price.

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Ce film narrait déjà l’histoire réelle de l’Inquisition en mettant en scène des séquences trash. Ici, La Marque du Diable se propose de rajouter une dose supplémentaire de violence. Autant dire qu’Armstrong signe un film véritablement choc qui marque durabement les esprits. Malgré le nombre d’années au compteur et quelques effets désuets, La Marque Du Diable a conservé son ultra-violence d’antan. Bûchers, viols, tortures, langues arrachées, écartèlements, marquages au fer rouge, énucléations…
Toutes les tortures de l’inquisition sont énumérées. Parmi les scènes cultes, on notera aussi la torture de la goutte d’eau. La Marque du Diable ne lésine pas et envoie largement la marchandise en termes de gore et de violence, montrant dans les détails l’horreur de l’Inquisition.

La réalisation de Michael Armstrong n’est d’ailleurs pas très développée et joue beaucoup sur les scènes de violence. Force est de constater que le résultat est réussi. La Marque Du Diable s’apparente à une peinture représentant une époque sombre, d’intolérance et de fantasmes religieux. D’ailleurs, il est dit au début du film que l’histoire s’inspire de trois cas de sorcellerie réels. 
Pour autant, la Marque du Diable apporte clairement une dimension politique, ne cherchant pas à nous montrer de vraies fanatiques. C'est par exemple le cas lorsqu’un noble est accusé de sorcellerie, car le clergé veut mettre la main sur ses terres. O
n découvre que les fanatiques ne sont pas forcément ceux que l’on croit et pas forcément des criminels cupides et perfides. Le personnage le plus fanatique est probablement Christian qui, depuis le début du film, croit être investi d’une mission divine : traquer et capturer les sorcières.

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Mais ce jeune homme naïf va vite découvrir quel est le vrai visage de la traque aux sorcières. Il est incarné par des gens comme Albino et son mentor Lord Cumberland. Ces deux personnages, qui semblent d’abord apparaître comme assez différents, se révèleront être parfaitement similaires. Leur seule différence est peut-être l’hypocrisie non assumée de Cumberland. Albino avoue qu’il se moque de Dieu et qu’il torture pour le plaisir sexuel et sadique de torturer des femmes.
Cumberland se dit, lui, chargé d’une mission divine. Mais il réalisera lui aussi que ce sont des fantasmes pervers qui dictent ses pensées libidineuses, exactement comme Albino. On constatera aussi qu’il agit avant tout en fonction d’intérêts politiques. 
A travers ses personnages, La Marque du Diable montre donc bien le vrai visage de l’Inquisition et au final, c’est le plus croyant et fanatique de tous qui se révèle être le héros... Mais à quel prix ? 

D’ailleurs en parlant des personnages, évoquons les acteurs. La plupart livrent une prestation tout à fait honnête et honorable. Herbert Lom, dans son rôle d’inquisiteur, semble influencé par la prestation de Vincent Price dans Le Grand Inquisiteur. Quant à Reggie Nalder, son visage cauchemardesque fait tout son jeu et tout le personnage d’Albino. Udo Kier est crédible dans le rôle de Christian, de même qu’Olivera Vuco dans celui de Vanessa. Par ailleurs, on dirait que les acteurs ont aussi été choisi au faciès.
Les visages des différents acteurs entretiennent également l’ambiance malsaine du film. On pourra également citer la musique du film qui se révèle très réussie et contribue elle aussi à la tonalité de l’œuvre. 
Quelque part, la Marque du Diable préfigure des films comme Les Diables de Ken Russell ou encore Salo ou les 120 journées de Sodome de Pier Paolo Pasolini. En bref, un film choc et intéressant, malheureusement trop rare et méconnu.

Note : 15/20

 

vince Vince

30 novembre 2016

Halloween, 20 Ans Après (Règlement de compte en famille)

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Genre : horreur, épouvante, slasher (interdit aux - 12 ans)
Année : 1998
Durée : 1h31

Synopsis : Vingt ans ont passé depuis le drame de Halloween, La Nuit des masques. Laurie Strode tente péniblement d'oublier le passé. Devenue directrice du collège privé d'une petite ville, elle mène une vie tranquille auprès de son fils de dix-sept ans et de son compagnon. Pourtant Mike Myers continue à hanter ses nuits. A la veille d'Halloween, elle se dispute violemment avec son fils qui veut participer à la fête. Finalement elle le convainc de rester au collège et de fêter Halloween en petit comité. Tout ce petit monde ignore que Mike Myers a recommencé à assassiner. 

La critique :

1978. La sortie de Halloween : la nuit des masques signe l'avènement du slasher. En effet, le film de John Carpenter devient le nouveau parangon du cinéma horrifique. Le maître de l'épouvante vient de créer une nouvelle figure synonyme de terreur, de sursaut et d'effroi. Son nom ? Michael Myers, ce tueur insaisissable et énigmatique qui surgit le soir d'Halloween. Evadé d'un hôpital psychiatrique, le jeune homme ne ressent aucune peur ni la moindre once d'émotion. 
"Le mal est en liberté !" s'écrie le Docteur Loomis, un médecin psychiatre qui connaît parfaitement l'histoire de ce meurtrier au visage impavide et monolithique. Ce sont plusieurs étudiants d'Haddonfield qui sont victimes du courroux du psychopathe. Narquois, John Capenter sait qu'il ne reproduira pas la même performance sur pellicule.

Pour Halloween 2, sorti en 1981, le cinéaste cède sa place à Rick Rosenthal, mais griffonne le scénario de ce second chapitre. Si Rosenthal s'en tire avec les honneurs, cette suite apporte peu d'éléments sur le personnage de Michael Myers. Seule réelle nouveauté : le sociopathe ambulant n'est autre que le frère de Laurie Strode. Un an plus tard, c'est au tour de Tommy Lee Wallace d'apporter sa modeste pierre à l'édifice avec Halloween 3. Le but est d'insuffler une autre empreinte à la franchise.
Michael Myers est évincé de la saga au profit d'une autre histoire se déroulant elle aussi le soir d'Halloween. Mais objectivement, ce nouvel épisode n'entretient aucun rapport avec ses prédécesseurs. Désarçonnés, les fans de la franchise réclament le retour du croquemitaine au masque d'albâtre.

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Une requête entendue par les producteurs mercantiles avec Halloween 4 (Dwight H. Little, 1988) et Halloween 5 (D. Othenin Girard, 1989). Ces deux nouveaux chapitres, assez médiocres par ailleurs, signent le déclin de la franchise. Un glas corroboré par la sortie d'Halloween 6 (Joe Chappelle, 1995). Ce sixième volet marque la dernière apparition de Donald Pleasence au cinéma.
C'est le seul intérêt du film. Bien triste sortie pour l'acteur. Le long-métrage essuie un véritable camouflet et sort directement en vhs en France. Halloween 6 est unanimement conspué par les fans et les critiques cinéma. A juste titre, le film de Joe Chappelle est considéré comme le pire chapitre de la saga. L'objectif est donc de relancer une franchise moribonde. Qu'à cela ne tienne, 1998 marque le 20e anniversaire de la saga.

De surcroît, la mode du slasher est de retour sur grand écran avec Scream (Wes Craven, 1996) et Souviens-toi... L'Eté Dernier (Jim Gillespie, 1997). 
Le scénariste, Kevin Williamson, est chargé de griffonner le script de Halloween, 20 Ans Après, réalisé par Steve Miner en 1998. Quant à Jamie Lee Curtis, qui a disparu de la franchise depuis Halloween 2, l'actrice accepte de reprendre le personnage de Laurie Strode. Viennent également s'ajouter Josh Hartnett, Chris Durand, Adam Arkin, Michelle Williams, LL Cool J et Janet Leigh. 
Le film est conçu comme la suite d'Halloween 2 et omet les événements des quatre chapitres suivants. Halloween, 20 Ans Après est également réalisé à la mémoire de Donald Pleasence, un autre acteur emblématique de la saga. 

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Attention, SPOILERS ! Vingt ans ont passé depuis le drame de Halloween, La Nuit des masques. Laurie Strode tente péniblement d'oublier le passé. Devenue directrice du collège privé d'une petite ville, elle mène une vie tranquille auprès de son fils de dix-sept ans et de son compagnon. Pourtant Mike Myers continue à hanter ses nuits. A la veille d'Halloween, elle se dispute violemment avec son fils qui veut participer à la fête. Finalement elle le convainc de rester au collège et de fêter Halloween en petit comité. 
Tout ce petit monde ignore que Mike Myers a recommencé à assassiner. Certes, vingt années se sont écoulées depuis Halloween, la nuit des masques. Mais rien n'a vraiment changé. Deux décennies plus tard, le croquemitaine est toujours armé d'un opinel acéré et ensanglanté.

En outre, Halloween, 20 Ans Après s'inscrit dans le sillage et la continuité des slashers réalisés durant les nineties. L'objectif n'est donc pas de renouveler le mythe incarné par Michael Myers. Sur ce dernier point, Steve Miner, qui n'a jamais aussi bien porté son nom, se contente de signer un slasher de facture classique et conventionnelle. On prend les mêmes (ou presque...) et on recommence.
Seuls les étudiants ont changé. D'ailleurs, ces derniers, interprétés par Josh Hartnett et sa bande, ne présentent guère d'intérêt. Et c'est ce qu'a parfaitement compris Steve Miner qui s'attarde plus longuement sur la psyché en déliquescence de Laurie Strode. 
Certes, les années ont passé mais la femme, désormais directrice d'un collège privé, est toujours poursuivie par les démons du passé, soit par ce traumatisme de jadis et cette figure méphistophélique incarnée par Michael Myers.
En l'état, la première partie du film fait vaguement illusion. Oui, Halloween, 20 Ans Après est bien supérieur aux quatre précédents chapitres. Une mission qui n'était pas trop difficile, il faut en convenir. Hélas, après 45 petites minutes de bobine, ce septième opus s'enlise dans le teen-movie horrifique stérile. Si on relève ici et là quelques séquences de frousse solidement troussées, pas de quoi pavoiser ni sursauter au plafond. Dans l'ensemble, le script se révèle beaucoup trop prévisible et se résume à un règlement de compte en famille (la soeur contre le frère).
De facto, difficile de dissocier ce Halloween, 20 Ans Après de la concurrence de l'époque. En résulte un slasher correct mais aussi vite oublié.

Note : 11/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

29 novembre 2016

Les Clowns Tueurs Venus D'Ailleurs (Ils vont vous faire vraiment mourir de rire)

Killer Klowns

Genre : science-fiction, comédie, horreur (interdit aux - 12 ans)
Année : 1988
Durée : 1h28

Synopsis : Une météorite portant en elle des clowns assoiffés de sang tombe sur la Terre. La bande de clowns commence alors à tuer tous les habitants d'une petite ville à coups de gags mortels.

La critique :

L'invasion extraterrestre au cinéma ou une vieille histoire d'amour entre les petits hommes verts et le noble Septième Art. Tout commence dès 1951 avec Le Jour où la Terre s'Arrêta. A l'époque, le film de Robert Wise marque une rupture rédhibitoire dans le cinéma de science-fiction. Non, les Martiens ne sont pas des êtres foncièrement hostiles. En outre, c'est notre façon de vivre et plus particulièrement notre tendance à semer le chaos qui inquiète nos visiteurs anthropomorphiques.
A contrario, d'autres productions se montrent beaucoup plus pessimistes. C'est par exemple le cas de La Guerre des Mondes (Byron Haskin, 1953). Bienvenue dans la science-fiction des années 1950 et 1960 ! Celle de la Guerre Froide et d'une probable Troisième Guerre Mondiale à consonance nucléaire.

Entre la fin des années 1970 et le début des années 1980, les intentions des extraterrestres deviennent beaucoup plus pacifistes, comme l'attestent les sorties de Rencontres du Troisième Type (Steven Spielberg, 1977) et E.T. L'Extra-Terrestre (Steven Spielberg, 1982). Parallèlement, le petit monde de la série B s'intéresse lui aussi à nos chers envahisseurs. C'est par exemple le cas de Stephen Chiodo avec Les Clowns Tueurs Venus d'Ailleurs (Killer Klowns From Outer Space de son titre original), réalisé en 1988. Comme l'indique le titre du film, les aliens ne sont pas des petits hommes verts mais des clowns vêtus de tenues aux couleurs châtoyantes et bigarrées.
Inutile de mentionner les acteurs, à moins que vous connaissiez les noms de Grant Cramer, Suzanne Snyder, John Allen Nelson et John Vernon, mais j'en doute.

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En outre, le scénario du film est à la fois basique et laconique. "L'histoire" (vraiment un terme à guillemeter et à minorer) se résume en deux petites lignes. Attention, SPOILERS ! Une météorite portant en elle des clowns assoiffés de sang tombe sur la Terre. La bande de clowns commence alors à tuer tous les habitants d'une petite ville à coups de gags mortels. Certes, au moment de sa sortie, Killer Klowns From Outer Space ne marquera pas spécialement les esprits.
Pourtant, au fil des années, le long-métrage va bientôt s'imposer comme l'un des fleurons dans l'univers étriqué des nanars. Contre toute attente, le film de Stephen Chiodo rencontre un certain succès en vidéo. A tel point que certains fans évoquent même un film culte ! D'ailleurs, l'affiche du film est auréolée par la mention suivante : "Ils vont faire vraiment mourir de rire".

En l'occurrence, la promesse est bel et bien tenue. L'intérêt de Killer Klowns From Outer Space repose essentiellement sur ses clowns extraterrestres de service. Ici point de soucoupe volante de forme ovale mais un chapiteau de cirque ! A l'intérieur, ce sont des proies humaines qui sont prisonnières dans d'immenses boules de chewing-gum. Nos chers clowns à l'appétit pantagruélique s'abreuvent de leur sang et capturent les habitants d'une petite communauté.
Visiblement, Stephen Chiodo s'amuse comme un gamin derrière sa caméra. En outre, le cinéaste fait preuve de sagacité. Premier constat : un gros effort a été déployé sur le design et la complexion étrange des clowns protéiformes. Ainsi, la caméra de Stephen Chiodo se focalise sur la trogne et les mimiques de nos clowns extatiques.

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A priori courtois et affables, les extraterrestres du cirque appâtent leur proie via un sourire angélique ou par d'habiles stratagèmes. Jamais à court d'idées, les visiteurs au sourire infatué massacrent un pecno du coin à coup de tartes à la crème. Puis, c'est la tête d'un motard un peu trop téméraire qui atterrit dans une poubelle ! Attention à ne pas effaroucher nos clowns acariâtres !
Quant aux proies humaines, destinées à servir de menu fretin, elles sont capturées dans de gigantesques barbes à papa. Indubitablement, Les Clowns Tueurs Venus d'Ailleurs se démarque par son enthousiasme, sa folie jubilatoire et sa condescendance. A contrario, le long-métrage n'est pas exempt de défauts. Vous l'avez donc compris. Les clowns aliens restent les principales attractions du film. On évitera donc de pester et de ratiociner sur les protagonistes humains du film.
En outre, ces derniers ne présentent aucun intérêt. Il faudra donc se contenter de deux marchands de glace à l'humour salace et égrillard, d'un shérif local au visage impavide et monolithique ou encore d'un couple d'amoureux qui s'embrassent langoureusement sous un ciel étoilé. Voilà pour les inimitiés ! Clairement, cette pellicule impécunieuse mais toujours ingénieuse n'a pas usurpé son statut de nanar et de série B. Chronique courte aujourd'hui, mais sincèrement, je ne vois pas quoi dire de plus sur ce film.

Côte : Nanar

sparklehorse2 Alice In Oliver

28 novembre 2016

Maniac - 2012 (Massacres en caméra subjective)

 

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Genre : Horreur, gore (interdit aux - 16 ans)

Année : 2012

Durée : 1h30

L'histoire : Un tueur en série traque des jeunes femmes et les assassine avant de les scalper, tout cela dans le but de combler sa solitude et de remplacer sa mère décédée. Mais tout bascule lorsque le tueur rencontre une jolie jeune femme et en tombe amoureux, jusqu'à en devenir totalement obsédé.

 

La critique :

Comme beaucoup de ceux qui connaissent le film original, la perspective de voir le cultissime Maniac de William Lustig subir les affres d'un remake n'avait rien de franchement rassurant. Et, en ce qui me concerne, le jour où le duo Alexandre Aja/Gregory Levasseur annonça prendre en main cette nouvelle version, renforça grandement mon inquiétude, tant le duo m'avait fortement déçu avec son remake de La Colline A Des Yeux, qui ne retrouvait jamais l'aridité et la folie de l'original.
Si, dans un premier temps, Gregory Levasseur devait se charger de la mise en scène, il laissera la place à un complice de longue date de son ami Alexandre Aja : Frank Khalfoun. Les deux hommes se sont connus sur le tournage de film Le Grand Pardon 2, où Kalfhoun était assistant réalisateur du père d'Alexandre Aja, Alexandre Arcady. Dès lors, une amitié durable s'est créée au point que le réalisateur d'Haute Tension produira le premier long-métrage de Frank Khalfoun, 2ème Sous Sol, puis se retrouvera donc des années plus tard sur le remake de Maniac.

Dés le départ, Khalfoun et Aja décident d'opter pour un film tourné en P.O.V (Point Of View ou en français Caméra Subjective). Une option qui n'enchante pas vraiment Gregory Levasseur et expliquerait le fait qu'il ait préféré mettre de côté la réalisation pour le poste de co-producteur de ce remake. Pour reprendre le personnage de Frank Zito, le tueur psychopathe incarné dans l'original par Joe Spinell, les responsables font un choix surprenant en annonçant le nom d'Elijah Wood.
Certes, le comédien a prouvé ses compétences d'acteur, mais le voir incarner un personnage aussi sombre, lui qui dispose d'une carrure frèle, pouvait laisser songeur. Aux côtés du comédien, on trouve Nora Arzneder qu'on reverra bientôt dans le rôle d'Angelique dans la nouvelle version réalisé par Ariel Zeitoun. On peut noter aussi, comme producteur, le nom de Thomas Langman, fils de Claude Berri, mais surtout producteur des Asterix et de Stars 80. Ce qui n'a rien de franchement rassurant

Maniac : photo Elijah Wood, Franck Khalfoun

Bref, toutes les craintes étaient légitimes et justifiées, mais au final, qu'en est-il ? Le film commence donc avec le personnage de Frank Zito, en planque au coin d'une rue à la nuit tombée. Le spectateur qui connaît le film original ou s'est simplement renseigné avant d'entrer dans la salle, sait qu'il s'agit d'un psychopathe. Ce qui sera grandement confirmé avec la première scène de meurtre, surprenante et bien brutale, où une fille se fait transpercer la machoire à la verticale par un couteau.
Autant dire qu'on est dans l'ambiance dès les premières minutes, le tout renforcé par la musique de Rob, claviériste du groupe Phoenix qui signe ici une partition totalement incroyable. Autant dire que ça fait du bien de voir un film ayant une vraie identité musicale, ce qui n'était pas arrivé depuis les films de John Carpenter dans les années 80.

La suite nous montre Frank Zito sur un site de rencontre où il ne tarde pas à avoir un rendez-vous. Une femme tatouée l'attire chez elle pour coucher avec lui. Mais le moment érotique finira mal mal pour elle. L'occasion d'assister à une des rares scènes où le tueur apparait sous les traits d'Elijah Wood, allongé devant un miroir tandis que la femme lui embrasse le ventre. D'ailleurs, les auteurs s'affranchissent une seule fois de la technique de la caméra subjective, lors d'une scène de meurtre où la caméra quitte le point de vue du criminel pour nous montrer Frank Zito de face.
Plus tard, notre psychopathe rencontre une jeune photographe, Anna, avec qui il parle un peu de sa passion pour les mannequins qu'il crée et de la boutique dont il s'occupe. Une affection réciproque naît entre eux et Frank en tombe rapidement amoureux, ce qui ne l'empêche pas de continuer à tuer. Et particulièrement une femme d'un certain âge qui aurait pu menacer sa relation avec la jeune photographe

Maniac : photo Franck Khalfoun, Nora Arnezeder

C'est d'ailleurs à cause d'une erreur stupide de Frank qu'Anna découvrira qui il est vraiment et scellera son destin. C'est donc sur un scénario assez classique (écrit par Alexandre Aja) que s'appuie ce remake, qui a le mérite de ne jamais chercher à égaler le film original. Du côté des qualités, on peut citer l'ambiance musicale dont j'ai déjà parlée, des effets gore particulièrement réussis et une judicieuse utilisation des mannequins, le tout couplé avec une atmosphère étrange et parfaite pour le film. 
Mais ce remake possède également ses défauts et, en premier lieu, la prestation d'Elijah Wood qui, malgré ses efforts, ne parvient jamais à rendre crédible son personnage de tueur en série. Certes, le fait de rendre ce psychopathe plus jeune et plus séduisant est, au demeurant, une bonne idée. Il faut dire que le passé de Frank Zito et surtout ses relations avec sa mère ne sont guère éloquents.
L'autre souci vient de l'utilisation de la caméra subjective qui, si elle fonctionne la plupart du temps, s'avère problématique dans certaines scènes, comme celle dans l'appartement ou lors de la fuite de la jeune femme, autant de passages où le procédé ne fonctionne pas. Reste, malgré tout, un honnête remake, loin d'égaler l'original, mais qui, par son ambiance putride et quelques bonnes idées, s'avère appréciable et plutôt réussi.  

Note : 14/20

 

 

titi Titi

27 novembre 2016

Mad Max (Les aigles de la route)

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Genre : action, science-fiction, anticipation (interdit aux - 12 ans)
Année : 1979
Durée : 1h25

Synopsis : Sur les autoroutes désertées d'une Australie méconnaissable, une guerre sans merci oppose motards hors-la-loi et policiers Interceptor, qui tentent de triompher de la vermine au volant de voitures aux moteurs surgonflés. Dans ce monde en pleine décadence, les bons, les méchants, le manichéisme disparaissent. 

La critique :

La carrière cinématographique de George Miller débute dès 1971 avec un court-métrage, Violence in the Cinema : part I. Présenté dans différents festivals, le court-métrage obtient plusieurs distinctions, dont deux prix aux Australian Film Institute Awards. A l'époque, George Miller hésite encore entre une carrière dans le cinéma ou la médecine. Mais son ami, producteur et fidèle associé, Byron Kennedy, l'exhorte à réaliser son tout premier long-métrage.
Ce sera Mad Max en 1979. Le long-métrage doit être conçu comme une oeuvre à la fois dystopique, post-apocalyptique, un western, un film d'action et même d'anticipation. A la base, le scénario de Mad Max s'inspire du choc pétrolier de 1973. George Miller perçoit déjà le déclin voire le glas d'une société capitaliste et consumériste.

George Miller et Byron Kennedy griffonnent alors un script d'une quarantaine de pages qu'ils présentent à plusieurs financeurs. Hélas, ce premier jet essuie un véritable camouflet. Personne ne souhaite investir dans une histoire aussi violente, pessimiste et nihiliste. Pourtant, Miller obtient un budget de 350 000 dollars pour tourner le long-métrage dans les plus brefs délais. Qu'à cela ne tienne, le réalisateur s'attelle à la tâche. Faute de temps et ne pouvant affiner le scénario, George Miller opte pour une histoire laconique, donnant peu, voire aucun détail sur des temps troublés.
Ainsi, le script se déroule dans un endroit et un pays indéterminés. George Miller doit rapidement choisir ses acteurs. En outre, la distribution de Mad Max réunit Mel Gibson, encore méconnu à l'époque, Steve Bisley, Joanne Samuel, Hugh Keays-Byrne et Tim Burns.

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A l'époque, Mel Gibson n'est pas encore l'acteur ni le réalisateur qu'il deviendra par la suite. Toutefois, Mad Max premier du nom va immédiatement l'ériger au rang de star internationale. Le rôle de Max Rockatansky va, pendant longtemps, lui coller aux oripeaux. Au moment de sa sortie, le long-métrage est voué à l'opprobre et aux gémonies. Le film est jugé trop violent par la censure.
George Miller est sommé de s'expliquer devant ses contempteurs. Hélas, Mad Max écope, dans un premier temps, d'une interdiction aux moins de 18 ans, donc d'une classification "X". C'est la raison pour laquelle le film ne sortira, en France, que trois ans plus tard (donc en 1982). Paradoxalement, le long-métrage se taille une solide réputation auprès des fans. Mieux, Mad Max devient la nouvelle égérie du cinéma d'action et de science-fiction.

Peu à peu, le long-métrage devient même le film le plus rentable du cinéma australien, engendrant trois nouveaux chapitres (donc une tétralogie) : Mad Max 2 : le défi (1982), Mad Max au-delà du Dôme du Tonnerre (1985) et Mad Max : Fury Road (2015). Attention, SPOILERS ! Sur les autoroutes désertées d'une Australie méconnaissable, une guerre sans merci oppose motards hors-la-loi et policiers Interceptor, qui tentent de triompher de la vermine au volant de voitures aux moteurs surgonflés.
Dans ce monde en pleine décadence, les bons, les méchants, le manichéisme disparaissent. D'une certaine façon, Mad Max s'inscrit dans le sillage et la continuité de tous ces films d'anticipation des années 1970, avec cette longue description d'une société en déliquescence. Par certains aspects, le film de George Miller n'est pas sans rappeler La Course à la Mort de l'An 2000 (Paul Bartel, 1975), notamment pour ses courses-poursuites effrénées.

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Pourtant, Miller fait fi de cette référence et s'inspire d'un autre film totalement méconnu du grand public, à savoir Point Limite Zéro (ou Vanishing Point de son titre original), réalisé par Richard Sarafian en 1975. Est-il encore nécessaire de présenter davantage ce premier Mad Max icônique dans le petit univers des productions post-apocalyptiques ? Sur ce dernier point, George Miller élude toute explication eschatologique et ne fait aucune allusion à une quelconque bombe nucléaire ou Troisième Guerre Mondiale.
En l'occurrence, Miller se contente de planter le décor (essentiellement des routes désertiques) et ses personnages. Ces derniers semblent se diviser en deux catégories : des flics retors et opiniâtres et des bandits qui sèment le chaos, la terreur, la mort et la désolation. De surcroît, George Miller se montre impartial envers ses protagonistes.

Qu'ils soient policiers ou bandits des grandes routes, tous sont amenés et/ou forcés à s'entretuer dans une guerre sans fin et sans lendemain. Dans ce monde en plein marasme, un homme, Max Rockatansky, se bat encore et tient surtout grâce à l'amour indéfectible de sa femme, Jessie, et de son gosse. Mais le jour où un de ses collègues est carbonisé par des motards psychopathes (les aigles de la route), la vie de Max et de celle de sa famille est clairement menacée.
Mais dans un tel monde, à priori sans frontière, aucune évasion n'est possible. Au grand dam de Max qui doit affronter une armada de bandits aux méthodes radicales, sauvages et expéditives. Ces sociopathes dégénérés préfigurent déjà ces révolutionnaires libertaires, ceux qui dicteront les grands préceptes de notre société voyeuriste et hédoniste.

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Contre eux, point de pacifisme ni de conversations oiseuses. Pour triompher de ces psychopathes, le shérif de la route devra employer les mêmes méthodes cyniques et radicales. Et c'est ce qu'a parfaitement compris Max Rockatansky dans sa course effrénée contre le crime, celle qui le mènera sur le bord de la route ou plutôt du précipice. Avec peu de moyens, George Miller propose un dépaysement total. Le film est régulièrement ponctué par des courses poursuites virulentes, se terminant à chaque fois par un meurtre, un viol ou dans un bain de sang.
En outre, le long-métrage semble échapper à toute morale redondante ou idéologique. Max est la parfaite incarnation de cet homme abattu, qui ne croit plus en rien et qui écume les routes pour apaiser sa soif de vengeance. Sur ce dernier point, la mort (atroce) de sa femme et de son fils marque une rupture rédhibitoire. A son tour, Max devient un criminel de la route, celui qui vient assouvir ses pulsions primitives et archaïques. Une fin pour le moins brutale mais qui résume toute la quintessence de cette pellicule, entre nihilisme, action et anticipation.

Note : 17/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

26 novembre 2016

Les Anges Violés (Problème de libido)

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Genre : drame, érotique, expérimental, inclassable (interdit aux - 16 ans)
Année : 1967
Durée : 56 minutes

Synopsis : Un homme, qui s'est introduit dans un hôpital, tue plusieurs infirmières. 

La critique :

Certes, le nom de Koji Wakamatsu risque de ne pas vous évoquer grand-chose. Pourtant, on parle bel et bien de l'un des réalisateurs japonais les plus importants des années 1970. Ses thèmes de prédilection ? Les rapports entre les hommes et les femmes, ainsi que cette analyse d'une société asiatique en pleine décrépitude. D'un point de vue politique, Koji Wakamatsu s'inscrit dans une idéologie marxiste et même anarchiste. En pleine insubordination contre le gouvernement japonais, le cinéaste se démarque par son style radical, comme l'atteste la grande majorité de ses films.
Au hasard, nous citerons Quand l'embryon part braconner (1966), Va va vierge pour la deuxième fois (1969), La Vierge Violente (1969) ou encore Sex Jack (1970).

En 1976, Koji Wakamatsu produit et participe à la conception de L'Empire des Sens de Nagisa Oshima. Ce nouveau film scandale et polémique asseoit définitivement sa notoriété dans le continent asiatique. Le nom du réalisateur commence même à s'exporter au-delà des frontières nippones. En outre, Les Anges Violés, sorti en 1967, fait partie des oeuvres controversées du cinéaste.
Présenté au Festival de Cannes, ce moyen-métrage s'inscrit dans le sillage et la continuité de Quand l'embryon part braconner. Le film est également inspiré d'un fait divers et de l'histoire de Richard Speck, un tueur en série notoire. Inutile de mentionner les acteurs, à moins que vous connaissiez les noms de Juro Kara, Keko Koyanagi et Shoko Kido, mais j'en doute. Attention, SPOILERS ! 

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(1) Des infirmières du foyer de l'hôpital départemental Shirayuri invitent un inconnu dans leur dortoir, et à assister discrètement aux ébats de deux d'entre elles. Cette relation charnelle intrigue la plupart des femmes qui se précipitent à la porte pour les observer à travers un petit trou. Mais l'homme se révolte contre sa situation de voyeur, et sort de son impuissance en exécutant froidement l'une des femmes en pleine action (1). Que les choses soient claires.
Les amateurs de films destinés à flagorner le grand public sont priés de quitter leur siège et d'aller faire un petit tour. En l'occurrence, Les Anges Violés se veut difficile d'accès et n'appartient à aucun registre en particulier. Le moyen-métrage est à la fois un drame, une oeuvre à consonance érotique, un thriller, une pellicule inclassable et expérimentale.

De facto, difficile de parler du film en lui-même tant Koji Wakamatsu cherche à désarçonner le spectateur ébaubi. Premier constat, le réalisateur japonais varie les tonalités et les colorisations de sa pellicule. Ainsi, de nombreuses séquences sont tournées en noir et blanc. A contrario, d'autres saynètes sont réalisées en couleurs, Koji Wakamatsu privilégiant les tonalités rougeoyantes et érubescentes.
Ce choix est tout sauf aléatoire. Les scènes en noir et blanc marquent cette rupture rédhibitoire entre le psychopathe et ses victimes cloîtrées dans une sorte de dortoir pour infirmières. 
C'est la première partie du film. Dans cette première section, Koji Wakamatsu analyse sa thématique de prédilection, à savoir cette impuissance masculine qui cherche à se viriliser en assassinant des femmes. 

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D'un simple voyeur, le serial killer se transmute en bourreau vindicatif. Hélas, cette virilité exacerbée et soudainement retrouvée n'est qu'un simulacre. Sur ce dernier point, Les Anges Violés peut être considéré comme une oeuvre profondément mysogine. Or, c'est justement l'inverse qui est souligné. Le vrai pouvoir, celui de castration et de dévirilisation, est possédé par des femmes, symboles par ailleurs de pureté. D'ailleurs, ce n'est pas hasard, les victimes du psychopathe sont toutes vêtues d'oripeaux de couleur d'albâtre. Quant au phallus, il est ici supplanté par un révolver.
Grâce à ce pénis de substitution, le serial killer retrouve sa puissance et sa fougue de jadis. Une chimère. Puis, dans sa seconde partie, Les Anges Violés oblique vers une autre direction.

D'un huis clos anxiogène, le moyen-métrage se transmue en un drame poétique et mélancolique. Koji Wakamatsu opacifie son propos par cette romance qui se noue entre le tueur et une des infirmières. Le réalisateur se focalise sur l'extérieur et en particulier sur le mouvement des vagues. Dès lors, les dernières minutes du moyen-métrage peuvent être interprétées de plusieurs manières.
Certains spectateurs y verront peut-être un film d'art et d'essai sur cette incommunicabilité entre les hommes et les femmes. D'autres le considéreront comme une allégorie sur le glas du désir. D'autres encore l'analyseront comme le portrait d'une société japonaise en déliquescence, claustrée dans ses propres failles et son propre silence. En vérité, Les Anges Violés est un peu tout cela à la fois, à savoir cette curieuse juxtaposition entre ce déclin sociétal et la mort du phallus-fascinus.

Note : ?

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : http://www.cineclubdecaen.com/realisat/wakamatsu/angesvioles.htm

25 novembre 2016

Tueurs Nés (Génération MTV)

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Genre : Thriller, Action (interdit aux moins de 16 ans)

Année : 1994

Durée : 1H55

L’histoire : Mickey et Mallory Knox forment un couple jeune et amoureux mais également meurtrier. Fou d’amour et de violence, ils parcourent les routes en enchaînant les massacres sanglants. La police se mobilise mais également les médias qui font des deux criminels de véritables stars.

La critique :

Tueurs Nés, réalisé par Oliver Stone en 1994, s’est imposé comme un film culte au fil des années. Stone, considéré à l’époque comme un réalisateur polémique et subversif, se lançait alors dans un pari qui, à première vue, semblait risqué et osé. Ce pari, c’est Tueurs Nés, dont le scénario est signé Quentin Tarantino. Cependant, Stone le remaniera à sa façon et Tarantino déçu de la version finale refusera d’être lié au film (pourtant son nom apparaît au générique). 
A sa sortie, le film fait scandale en raison de sa violence et de son côté choc. Stone ouvre alors le débat sur la violence de la société, mais surtout sur la médiatisation de la violence et plus précisément des tueurs en série. Certains parlent alors du nouvel Orange Mécanique, Stone semblant effectivement quelque peu influencé par le film de Kubrick sur certains aspects. La polémique concerne aussi un fait divers que certains disent influencé par le film.

Alors au final Tueurs Nés est-il la claque attendue ? Mon avis ? On a surtout affaire à un véritable pétard mouillé. Certaines critiques reprocheront au film de ressembler à ce qu’il veut dénoncer. Je ne suis habituellement pas d’accord avec les critiques officielles mais ici, je partage en partie leur avis. Attention SPOILERS ! Mickey et Mallory Knox sont deux jeunes amoureux pris dans la folle spirale de la violence. Ils traversent le pays en tuant plus de cinquante personnes. 
La police les traque activement mais les médias aussi. En effet, pour la télévision et les journaux, c’est une aubaine que d’avoir ces deux tueurs en série. Bien vite, Mickey et Mallory deviennent des Stars et le public n’a d'yeux que pour eux. Un jour cependant, ils sont arrêtés. C’est alors qu’un journaliste a l’idée plus qu’audacieuse de se rendre à la prison et d’interviewer Mickey.

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Pendant l’interview, le psychopathe parvient à s’emparer d’une arme et à déclencher une évasion générale dans la prison. Le journaliste se joint à cette équipe de criminels et les choses tournent au carnage. L’histoire reprend donc les grandes lignes du scénario de Tarantino. Stone signe un film à la mise en scène furieuse et violente. La première partie est particulièrement violente et teintée par le style des seventies. La seconde partie est encore plus violente et s’inscrit plus dans le registre des années 90.
Alors premièrement, j’ai toujours eu un problème avec le réalisateur Oliver Stone. Je dis le réalisateur, car j’apprécie le personnage public qui dit parfois des choses vraiment intéressantes lorsqu’il analyse notre société moderne. Même s'il a la fâcheuse tendance de s’excuser à chaque fois qu’il dit des vérités. Quelque part, ça peut refléter son cinéma qui, au final, n’a pas forcément la subversion que les journalistes lui reconnaisent. Et ça reflète encore une fois ce film.

Et Stone c’est toujours ça, c’est des débats intéressants, mais quand il s’agit de transposer à l’écran, on perd entre 50 et 90 % de la marchandise. Alors je ne sais pas si c’est parce qu’il reçoit trop de pression de la production ou si tout simplement il n’est pas fait pour le cinéma. On a pu voir dans ses films qu’il savait faire de très bonnes choses avec sa caméra c’est vrai, il a fait des films très réussis mais pourtant au final, je me demande s’il n’aurait pas dû faire écrivain (on sait qu’il a aussi des talents de scénariste) et essayiste. Mais parlons d’abord de la réalisation de Tueurs nés
Le film regorge d’idées ingénieuses au niveau du style. Par  exemple, on citera la scène de la rencontre entre Mickey et Mallory, accompagnés d’une Laugh box. Ou encore les images subliminales pour exposer les hallucinations des deux meurtriers. 

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La mise en scène nous entraîne donc dans les délires des deux tueurs. Cependant, l’usage trop fréquent de filtres finit par agacer (on revoit certaines scènes deux, trois fois avec un filtre différent). C’est pourquoi malgré de bonnes idées, la réalisation est assez prétentieuse. Alors le film se veut très décalé dans sa façon de montrer les choses. Notamment pour montrer la confusion qui règne dans l’esprit de ses personnages et dans ce sens, c’est pas trop mal réussi. 
Mais Stone veut aussi privilégier un aspect satirique. Problème à trop vouloir faire de la satire, le réal finit parfois par être trop caricatural et à tomber dans le cliché. En ce qui concerne la violence, Tueurs Nés n’a pas usurpé sa réputation. Une violence par ailleurs jouissive et typique des années 90, mais qui ne fait jamais l’objet d’analyse. On en arrive donc au message du film.   

Après une première partie pleine de violence. On s’attend à une analyse et à une réflexion sur cette violence dans la seconde. Mais Stone préfère nous offrir un déferlement de meurtres qui n’apporte rien de plus au fond de l’histoire. Le réalisateur veut nous montrer que nous sommes au final tous atteints de la même violence. Mais le vrai débat du film, ce sont les médias et plus précisément la façon dont ces derniers s'accaparent cette violence. Hélas, le film passe totalement à côté de son sujet. 
En réalité, Tueurs Nés a pour but de dénoncer la violence dans les médias et la manière dont elle y est montrée. Il est vrai que les médias sont très critiquables sur ce point, mais sans doute pas pour les raisons qu’évoque le film. Premièrement, le réalisateur semble nous sortir le débat ultra-simpliste qui consiste à dire que les médias sont responsables de la violence des hommes.

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Impression corroborée par la scène de l’hôtel où Harrelson saute Lewis en matant la télé devant des films comme La Horde Sauvage et Scarface. Puis ensuite, on voit sur les murs de la chambre des images des crimes nazis. Il ne s’agit pas là d’analyse personnelle, c’est le réalisateur qui l’affirme lui-même dans les commentaires. Bref, on est dans le pur cliché. Et c’est d’ailleurs assez drôle de voir le film aller sur ce terrain puisqu’il sera lui aussi accusé d’inciter à la violence. 
J’ai évoqué plus haut la polémique concernant le cas Ray-Maupin en France. Polémique qui, rappelons-le au passage, a été montée de toutes pièces, puisque jamais l’affiche du film n’a été retrouvée dans l’appartement du couple meurtrier. On peut même penser à une polémique commerciale. Mais dans son optique de critiquer la violence dans les médias, le message premier de Tueurs Nés est de dénoncer le voyeurisme de ces médias.

En gros, Stone accuse les médias de faire de la violence un spectacle de foire, de faire du voyeurisme sur le sordide, de faire du business sur une violence malsaine et de hisser les Tueurs au rang de stars. C’est d’ailleurs sur ce dernier point que le film ressemble à ce qu’il veut dénoncer. Mickey et Mallory finissant par apparaître comme des héros auxquels le spectateur s’attache. Mais surtout, la critique que Stone propose des médias est trop politiquement correcte, bien pensante et illégitime pour convaincre. Dénoncer les médias parce qu’ils colportent la violence de façon complaisante et transforment les tueurs en stars pour faire augmenter le chiffre d’affaires c’est la « critique cliché », j’ai envie de dire. 
Oui les médias font du business sur la violence, mais s'ils le font, c’est qu’il y a des consommateurs. Donc Stone aurait sans doute mieux fait de pousser plus loin le débat sur notre propre voyeurisme. C’est d’ailleurs ce que faisait très bien l’excellent C’est arrivé près de chez vous, qui en plus, se gardait de faire la morale aux spectateurs.

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Tueurs Nés ne pointe pas du doigt le vrai problème du rapport entre la violence et les médias. Ce n’est pas tellement une question commerciale mais plutôt une question politique. Et cette question politique, le film ne l’aborde jamais. Je dirais même qu’il l’esquive de façon remarquable. Tueurs Nés aurait dû traiter de la manipulation des médias sur le même sujet et notamment montrer le rôle « d’épouvantail » que ces derniers donnent aux tueurs. Par exemple, dans Tueurs Nés, Stone a choisi de citer Charles Manson à travers les répliques du personnage de Mickey (l’interview en prison est presque calquée sur celle de Manson). C’est super de l’avoir fait mais quitte à citer Manson, il fallait, à mon avis, citer une phrase essentielle du personnage qu’il a prononcé lors de son procès : « J’ai tué moins de monde que le président des Etats-Unis ». Tout est dit dans cette phrase. 
C’est le principal reproche que je fais à Tueurs Nés, de ne pas avoir parlé de la stratégie des médias concernant la sur-médiatisation des Serials Killers qui est, avant toute chose, destinée à détourner l’attention des meurtriers. Je reproche, en gros, au film de Stone de ne pas avoir parlé de cette stratégie de « l’épouvantail », alors que c’est précisément le cœur de son sujet.

Et quelque part, son film réunit tous les éléments pour en parler, notamment en montrant les représentants de la justice aussi monstrueux que ses deux tueurs en série. Mais là encore, c’est l’esquive totale et c’est dommage. Niveau Casting, heureusement que les deux acteurs principaux sont là pour sauver le film. Harrelson et Lewis sont parfaits et charismatiques en psychopathes, surtout Harrelson. Pour le reste, Tommy Lee Jones et Downey Jr sont en mode cabotinage.  
Tueurs Nés est donc un film qui avait du potentiel mais qui est passé totalement à côté de son sujet. Un vrai pétard mouillé et quelque part un film « faux cul », typique du « cinéma américain MTV »  des années 90. Pour ma part, je pense que Stone s’est surtout fait tenir pas ses producteurs. Après, Tueurs Nés n’est pas un film à jeter non plus, il peut même se révéler convaincant si vous le prenez comme un film d’action ultra violent sympa et jouissif, teinté d’une légère critique gentillette. 

Note : 12/20 

 

vince Vince

24 novembre 2016

The Girl Next Door - 2007 (Rompre l'innocence)

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Genre : drame, horreur (interdit aux - 16 ans)
Année : 2007
Durée : 1h31

Synopsis : 1958. Dans une banlieue paisible, deux soeurs sont placées chez leur tante après le décès de leurs parents. Cette dernière, mentalement instable, va s'occuper d'eux à sa manière

La critique :

L'enfance martyre au cinéma, un sujet toujours douloureux, difficile et spinescent, comme l'attestent certains films de "genre", notamment Family Portraits - Une trilogie Américaine (Douglas Buck, 2003) ou encore Le Cas 39 (Christian Alvart, 2008). Vient également s'ajouter The Girl Next Door, réalisé par Gregory M. Wilson en 2007. Attention à ne pas confondre The Girl Next Door avec le film quasi homonyme (Girl Next Door), réalisé par les soins de Luke Greenfield en 2004.
En outre, le long-métrage de Gregory Wilson est l'adaptation libre d'un roman de Jack Ketchum, publié en 1989, et basé sur une histoire authentique, celle de Sylvia Likens, hélas décédée en 1965. La jeune adolescente sera battue à mort par sa nouvelle famille d'accueil (sa tante et ses progénitures).

Une certaine Gertrude Baniszewski s'en prend violemment à Sylvia. Très vite, la femme acariâtre s'adjoint les services de ses propres enfants et de plusieurs mômes du quartier pour torturer l'adolescente de 16 ans. L'autopsie de la dépouille révèle des contusions, des brûlures, un oedème cérébral (qui serait la cause du décès), des lésions nerveuses et musculaires, ainsi que de nombreuses mutilations. Bref, ce fait divers sordide va inspirer le noble Septième Art, notamment à travers une seconde adaptation, An American Crime, réalisé par Tommy O'Haver.
Coïncidence ou pas, An American Crime est sorti la même année que The Girl Next Door. Certes, cette seconde version est beaucoup plus fidèle au matériel original. Pourtant, le film ne possède pas la fougue ni l'émotion dégagées par son illustre modèle.

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Par certains aspects, The Girl Next Door n'est pas sans rappeler le fameux Stand By me, réalisé par Rob Reiner en 1986, et lui aussi adapté d'une nouvelle de Stephen King. Visiblement troublé par la vision du long-métrage de Gregory Wilson, le célèbre cacographe déclarera : "C'est le premier film américain réellement choquant que je vois depuis Henry, portrait d'un serial killer il y a plus de 20 ans. Si vous êtes facilement perturbé, ne regardez pas ce film. Si par contre vous êtes prêts pour un long voyage en enfer, façon banlieue, The Girl Next Door ne vous décevra pas. C'est la version « face cachée de la lune » de Stand By Me. » (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Girl_Next_Door_(film,_2007).
Reste à savoir si le film mérite un tel dithyrambe. Réponse dans les lignes à venir.

La distribution de The Girl Next Door réunit William Atherton, Blythe Auffarth, Madeline Taylor, Blanche Baker et Kevin Chamberlin. Attention, SPOILERS ! (1) Dans les années 1950, nous assistons à la vie d'un jeune garçon, David Moran, dont la voisine, Ruth Chandler, alcoolique, vit entourée de tous les enfants du quartier qui ont fait de sa maison leur terrain de jeu. Les deux nièces de Ruth, Meg et Susan, lui sont confiées lorsque les parents de ces dernières meurent dans un accident.
Rapidement, les deux jeunes filles deviennent la cible d'insultes, de coups, de tortures et d'abus sexuels de la part de Ruth, assistée par ses fils et quelques enfants du quartier. (1) Certes, The Girl Next Door reste largement méconnu dans notre contrée hexagonale.

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Mais à l'instar de Stephen King, le film a largement bouleversé la culture populaire aux Etats-Unis. En l'occurrence, le scénario du film se déroule dans les années 1950, soit peu après la Seconde Guerre Mondiale. Déjà sous l'égide et même la menace d'une probable Troisième Guerre Mondiale, finalement transmutée en Guerre Froide, l'Amérique des années 1950 et 1960 vit dans la peur et la terreur d'une invasion communiste. Parallèlement, la jeunesse se délite, tout comme la cellule familiale et l'éducation parentale. L'époque est le parfait témoignage des premières prémisses de la société hédoniste et consumériste. Un cri d'alerte déjà asséné par La Fureur de Vivre (Nicholas Ray, 1956).
Et c'est ce qu'a parfaitement compris Gregory Wilson à travers l'essence du roman de Jack Ketchum.

Le réalisateur choisit de s'approprier l'opuscule original. Les premières minutes du film se déroulent dans notre société moderne. Suite à un malencontreux accident, un certain David Moran se souvient de son adolescence. Dès lors, le long-métrage nous transporte dans les années 1950 et oppose deux points de vue : la famille puritaine engluée dans sa bien-pensance (dont les parents de David sont les parfaits archétypes) et celle de Meg. En outre, la famille de Meg est dirigée par Ruth, une femme cinquantenaire brutale qui exerce sur ses enfants une autorité despotique et irréfragable.
Certes, David s'accointe à la fois avec la belle Meg, dont il secrètement amoureux, et avec les fils de tante Ruth. Gregory Wilson prend son temps pour planter le décor ainsi que ses différents protagonistes.

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Dans un premier temps, la torture est principalement psychologique. Meg est régulièrement tancée et sermonnée par sa tante. Puis, très vite, les choses dérapent. En pleine insubordination contre ce joug parental, Meg est enfermée et ligotée dans le sous-sol. Alors que les fils de Ruth et certains enfants du quartier s'adonnent et participent à toute une série d'humiliations et de sévices, David devient malgré lui le témoin de toutes ces lubricités.
Conscient du scénario et de l'histoire qu'il déploie à l'écran, Gregory Wilson joue principalement la carte de l'émotion. Ainsi, chaque spectateur pourra facilement s'identifier à Meg ou à David. Oui, The Girl Next Door assène bel et bien l'uppercut annoncé. Toutefois, le long-métrage n'est pas exempt de tout reproche et souffre, entre autres, d'une réalisation un peu trop timorée et impersonnelle, faisant davantage penser (parfois) à un téléfilm. Mais ne soyons pas trop sévères, The Girl Next Door s'apparente comme un témoignage sordide sur la famille conservatrice, celle qui se cloître et devient, le temps d'un clair de lune, cette trappe obscure, silencieuse et mortifère.

 

Note : 15/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Girl_Next_Door_(film,_2007)

23 novembre 2016

I Spit On Your Grave 3 : Vengeance Is Mine (L'ange de la vengeance)

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Genre : horreur, gore, trash (interdit aux - 18 ans)
Année : 2015
Durée : 1h34

Synopsis : Jennifer est retournée en ville où elle essaie de vivre normalement mais elle est toujours hantée pas les viols qu’elle a subi. Elle consulte une psychiatre mais cela ne l’aide pas vraiment. Elle rejoint un groupe de parole où des filles ont subi la même chose qu’elle. Mais rien ne change et les hommes se montrent de plus en plus oppressants. Dès lors, Jennifer va commencer à se faire justice par elle-même. 

La critique :

En 1978, le réalisateur Meir Zarchi signe un film d'horreur qui va bientôt devenir le nouveau parangon du rape and revenge. Son nom ? Day of the Woman, soit Oeil pour Oeil en France. Mais le film est aussi sorti sous le nom de I Spit On Your Grave. Le long-métrage s'inscrit dans le sillage et la continuité de La Dernière Maison sur la Gauche (Wes Craven, 1972) et de Thriller - A Cruel Picture (Bo Arne Vibenius, 1973). En outre, Day of the Woman échappe de justesse à une classification "X" (donc interdit aux moins de 18 ans). En raison de certaines séquences jugées trop violentes, Meir Zarchi est prié de revoir sa copie. Le long-métrage est donc raccourci de 17 précieuses minutes.
Mais peu importe, Day of the Woman marque durablement les esprits, à tel point qu'il inspire de nombreux films et plusieurs générations de cinéastes.

C'est par exemple le cas d'Abel Ferrara avec L'Ange de la Vengeance en 1981. Puis, dans les années 2000 et 2010, avec l'avènement des torture porns (Saw, Hostel et consors...), le film de Meir Zarchi fait l'objet d'un remake, I Spit On Your Grave, sous l'égide de Steven R. Monroe en 2010. Cette nouvelle version se veut résolument moderne, avec son lot de séquences peu ragoûtantes, mais en oblitérant toute réflexion sur ce féminisme vindicatif et en belligérance contre le sexe masculin.
Tendance confirmée avec l'épisode suivant, donc I Spit On Your Grave 2 (2013), toujours réalisé par les soins de Steven R. Monroe, et qui se confine définitivement dans la médiocrité. Mais encore une fois, peu importe, cette suite connaît un certain succès en vidéo. Un troisième chapitre, I Spit On Your Grave 3 : Vengeance Is Mine, sort deux ans plus tard.

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Cette fois-ci, Steven R. Monroe s'évince lui-même du projet et est remplacé par un certain R.D. Braunstein, inconnu au bataillon. Le but de ce troisième chapitre est de renouer avec la dialectique du premier épisode. Niveau casting, pas grand-chose à signaler si ce n'est le grand retour de Sarah Butler. Le scénario ? Toujours la même antienne. Attention, SPOILERS ! Jennifer Hills est retournée en ville où elle essaie de vivre normalement mais elle est toujours hantée pas les viols qu’elle a subi.
Elle consulte une psychiatre mais cela ne l’aide pas vraiment. Elle rejoint un groupe de parole où des filles ont subi la même chose qu’elle. Mais rien ne change et les hommes se montrent de plus en plus oppressants. Dès lors, Jennifer va commencer à se faire justice par elle-même.

I Spit On Your Grave 3 s'ouvre sur le traumatisme de Jennifer, encore choquée et bouleversée par les événements du premier film. Certes, la belle jeune femme est suivie par une psychiatre et participe régulièrement à des groupes de parole (je renvoie au synopsis). Mais rien n'a vraiment changé depuis le premier volet. Jennifer s'accointe et s'acoquine avec Angela, une autre jeune femme en guerre contre les hommes. Dans un premier temps, les deux copines s'ébaudissent des hommes un peu trop téméraires et/ou licencieux qu'elles rencontrent au gré de leurs pérégrinations.
Mais très vite, les deux tourterelles (façon de parler...) s'en prennent physiquement à de potentiels violeurs et pédophiles. 
Hélas, Angela meurt à son tour, atrocement violée, suppliciée et rudoyée par une bande de voyous dégénérés. 

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Furibonde, Jennifer s'enlise à nouveau dans une spirale insidieuse et meurtrière. Certes, contrairement à Steven R. Monroe, R.D. Braunstein prend son temps pour planter le décor et ses personnages. Aussi, faudra-t-il patienter un long moment avant d'assister à une séquence de boucherie massive. De ce fait, I Spit On Your Grave 3 se divise en deux parties bien distinctes. Dans la première partie, R.D. Braunstein se centre sur la psychologie de ses protagonistes.
Ainsi, le cinéaste décrit un univers féminin sans cesse tancé et vilipendé par les lubricités du phallus. Une logique évidemment contestée par Jennifer et Angela. Les deux amies sont bien décidées à reprendre le pouvoir sur les hommes. Autant le dire tout de suite : cette première section ne présente aucun intérêt.

A aucun moment, Sarah Butler, dans le rôle de Jennifer Hills, ne parvient à transcender son personnage effarouché. Malheureusement, la seconde partie du film ne se montre guère éloquente. Cette fois-ci, place à la torture et aux crimes perpétrés par une Jennifer atrabilaire. Dès lors, bienvenue dans un festival de rebondissements et d'explications amphigouriques ! R.D. Braunstein verse volontairement dans la complaisance et la vulgarité, à l'image de cette séquence où Jennifer castre le pénis turgescent de son agresseur. Puis, c'est une batte de baseball qui vient pénétrer l'orifice anal d'un père incestueux... Bref, R.D. Braunstein ne nous épargne rien.
Hélas, ce troisième chapitre confirme le glas définitif de cette trilogie, en espérant qu'elle ne se transmute pas en tétralogie vindicative. A cette longue anomie, s'ajoutent de nombreuses maladresses et des personnages inutiles. Quant à la conclusion finale, d'une bêtise inouïe, mieux vaut ne pas en parler.

Côte : Navet

sparklehorse2 Alice In Oliver

22 novembre 2016

Island Of Death (Interdit dans plus de cinquante pays...)

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Genre : horreur, trash, érotique (interdit aux moins de 18 ans)
Année : 1975
Durée : 1h42 (uncut)/ 1h33 (cut)


L'histoire : Christopher et Celia, un charmant couple d'anglais, débarquent sur l'île grecque de Myconos pour un voyage romantique. Léger détail : il s'agit en fait de dangereux psychopathes, recherchés par Scotland Yard. Ils vont semer la terreur et la mort sur leur passage..

La critique :

Tom Six et Srdjan Spasojevic n'ont rien inventé. Plus de trente ans avant The Human Centipede 2 et A Serbian film, le grec Nico Mastorakis voulut, lui aussi, se lancer dans la course à la surrenchère et du trash. Ainsi naquit Island of death. Et à l'époque, il fut considéré comme un des films les plus choquants , sinon le plus choquant jamais réalisé. Véritable objet de scandale et de condamnation, ce film fut banni par de très nombreux pays et resta longtemps introuvable. 
Mais en 2011, la société anglaise de production Arrow Video décida de le rééditer en version restaurée totalement uncut. J'ai naturellement sauté sur l'occasion pour le visionner. Alors ce film mérite-t-il sa très sulfureuse réputation ? Oui et non. Oui à cause de sa barbarie et de son extrême cruauté, à cause de ses actes sexuels déviants explicites et pour ses meurtres réels d'animaux. Non car car ce film souffre d'un manque évident de moyens et son réalisateur, d'un manque évident de talent. Nous nous trouvons clairement devant une série B dans toute sa "splendeur".

Mastorakis, sorte de Joe d'Amato du Peloponnese, déroule son scénario d'une façon trop molle et détachée pour que l'on puisse totalement adhérer à l'histoire. Attention spoilers : Un jeune couple d'amoureux débarque sur l'île Myconos pour un séjour romantique. C'est, du moins, ce que l'on croit dans les premières minutes. Après s'être installés chez l'habitant nos tourteraux s'arrêtent pour faire l'amour dans une cabine téléphonique (ok, pourquoi pas, il y a quelquefois des urgences !). 
Pendant qu'il culbute sa femme, Christopher en profite pour passer un coup de fil à sa mère, restée à Londres. C'est en voyant la police intercepter l'appel sur table d'écoute que nous comprenons que nous n'avons pas à faire à un couple ordinaire. En effet, Christopher et Celia sont de dangereux psychopathes qui ont dû fuir l'Angleterre où ils sont activement recherchés. Ainsi, à Myconos, ils auront tout loisir de laisser libre cours à leur perversité sans limite.

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Car ces deux zigotos qui n'aiment personne ne sont pas là pour rigoler et ont la ferme intention de faire régner l'ordre... à leur manière. A leur perversité, s'ajoute un voyeurisme malsain car ils ont la facheuse habitude de photographier leurs "exploits" sous toutes les coutures. Petit tour d'horizon des festivités : Celia séduit un peintre français et fait l'amour avec lui. Caché derriére les dunes et appareil photo en main, Christopher mitraille la scène. Puis, sa jalousie reprenant le dessus, il s'en va crucifier (au sens propre) le malheureux peintre avant de l'étouffer en lui faisant ingurgiter de la peinture à l'huile. Autre scène : cette fois, c'est Christopher qui séduit une vieille peau maquillée comme une voiture volée.
Pendant leurs ébats, il lui urinera abondamment au visage avant d'aller la décapiter dans le jardin à l'aide d'un tractopelle (!). Allez le meilleur (façon de parler) pour la fin : un matin, Christopher se réveille avec une méchante trique. Celia, encore à moitié endormie, ne paraissant pas disposée à faire des galipettes, notre lascar s'en ira se soulager en sodomisant et en égorgeant un pauvre chevreau qui passait par là.

Je passe sous silence les nombreux autres viols et agressions dont est ponctué le film... Entre deux méfaits, nos joyeux drilles batifoleront le long de la plage ou iront boire quelques verres dans les bars. Mais que fait la police me direz vous ? Un inspecteur soupçonneux tente bien de les appréhender mais en deux temps trois mouvements, il se retrouvera pendu en haut d'un avion en vol. Le gros des troupes de police n'apparaîtra (brièvement) qu'à un quart d'heure de la fin du film, sans pour autant mettre la main sur le couple infernal qui trouvera refuge chez un berger autochtone. 
Celui-ci, en guise de bienvenue, les violera l'un après l'autre. Puis, il se débarassera de Christopher dans une décharge, l'attachant au sol, le laissant pourrir sous un soleil de plomb avant d'aller convoler avec Celia... En 1975, Massacre à la tronçonneuse était encore à l'affiche et créait l'électrochoc que l'on sait. De sa Grèce natale, Nico Mastorakis lui, voulait marquer d'une façon ou d'une autre, l'histoire du cinéma. Mais comment faire quand on ne possède pas de moyens notables ni le talent approprié ? Tout simplement en surrenchérissant dans le glauque et la provocation, en accumulant dans son film les scènes les plus outrageantes. 

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Le réalisateur atteignit d'ailleurs sont but au delà de ses espérances puisque Island of death fut mis à l'index et interdit dans plus de cinquante pays. Il est à noter, également, que le film reste interdit en France aux moins de 18 ans alors que ses petits congénères horrifiques de la même époque ont tous été reclassifiés en - 16 ans. Toutefois pour autant extrême qu'il soit, le film n'arrive jamais à choquer véritablement (seul le passage avec le chevreau est à la limite du supportable). Là où dans un cadre similaire, un film comme Les révoltés de l'an 2000 instaurait un climat terrifiant, Mastorakis semble dérouler le sien en mode "touristes qui filment leurs vacances", plat et monocorde. 
Comme je le soulignais en préambule, la ressemblance avec le style d'Amato est frappante (on pense forcément à Antropophagous dont l'action se déroule aussi dans les îles grecques). Un style besogneux sans la moindre fulgurance, digne d'un quelconque ouvrier du bis. Et les acteurs, tous unanimement médiocres, ne remontent pas le niveau. Pour couronner le tout, le film véhicule un état d'esprit pour le moins limite, affichant sans complexe un positionnement raciste et homophobe (un flic black est pendu, un patron d'hôtel gay est éventré, une lesbienne est défigurée). 
Au final on peut dire qu'Island of death se rapproche nettement plus du navet que du chef d'oeuvre. Mais attention tout de même, ce film extrême n'est à réserver qu'à un public très averti.

Note : 07/20

 

TumblingDollOfFlesh Inthemoodforgore

21 novembre 2016

Hostel - Chapitre 2 (Un endroit sympa pour mourir)

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Genre : horreur, gore (interdit aux - 16 ans)
Année : 2007
Durée : 1h34

Synopsis : Alors qu'elles sont en vacances en Europe, Beth, Lorna et Whitney, trois jeunes Américaines, rencontrent une superbe femme. Celle-ci se propose de leur faire découvrir pour un week-end un établissement de cure où elles pourront se reposer et s'amuser. Attirées par cette offre, les trois jeunes femmes la suivent et tombent dans son piège. Livrées à de riches clients associant l'horreur au plaisir, les trois jeunes femmes vont vivre un cauchemar absolu... 

La critique :

En l'espace d'une dizaine d'années, Eli Roth s'est imposé comme l'une des nouvelles figures emblématiques du cinéma horrifique. Certes, sa personnalité grandiloquente et extravagante pourra éventuellement courroucer. Dès 2002, avec la sortie de Cabin Fever, le cinéaste se fait immédiatement remarquer. Quentin Tarantino décèle chez son nouveau comparse un immense potentiel.
Qu'à cela ne tienne, vers le milieu des années 2000, le cinéma gore est marqué par les sorties quasi simultanées de Saw (James Wan, 2004) et Hostel, donc réalisé par Eli Roth en 2006. 
A l'instar du film de James Wan, Hostel va très vite s'imposer comme le nouveau parangon du torture porn. Le long-métrage profite du buzz sur la Toile et les réseaux sociaux.

Pis, le scénario du film serait inspiré d'un fait réel. Un leurre pour mieux farder une véritable opération marketing. Mais peu importe, Eli Roth s'adjoint les services de Quentin Tarantino. Le célèbre cinéaste réalise même plusieurs séquences pour l'occasion. De surcroît, Hostel repose sur un scénario basique et laconique. Après un rapide détour par les Pays-Bas, Paxton, Josh et Oli, trois étudiants en vacances, débarquent en Slovaquie. Leur objectif ? Profiter au maximum de jeunes femmes libidineuses.
Hélas, leur périple hédoniste tourne au cauchemar. La petite auberge sans histoire se transmute soudainement en une véritable organisation criminelle, prônant la torture puis la mise à mort. Paxton et ses compagnons d'infortune sont donc condamnés à subir les supplices et les perfidies de bourreaux complètement azimutés.

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Voilà pour les inimitiés ! Nanti d'un modeste budget, Hostel remporte un succès phénoménal par l'intermédiaire de la vidéo. Très vite, Eli Roth envisage une suite. Ce sera Hostel - Chapitre 2, sorti en 2007. La distribution du film réunit Lauren German, Bijou Phillips, Heather Matarazzo, Jay Hernandez, Roger Bart, Vera Jordanova, Edwige Fenech et Richard Burgi. A noter aussi la présence de Ruggero Deodato, le célèbre réalisateur de Cannibal Holocaust, parmi le casting.
Quant au scénario de Hostel - Chapitre 2, il reprend les choses là où elles s'étaient arrêtées dans le premier volet. Attention, SPOILERS ! (1)
Paxton, ayant réussi a échapper à ses tortionnaires, a refait sa vie avec Stéphanie et vivent tous les deux dans une grande maison de campagne.

Cependant, Paxton n'a pas parlé aux autorités de tout ce qu'il a vécu. Malheureusement, un des tortionnaires le retrouve et le tue pour qu'il évite de parler. Beth, Whitney et Lorna sont trois étudiantes parties prendre des vacances en Europe pendant l'été, avec la ferme intention de se rendre à Prague. Pendant un voyage en train pour le moins mouvementé, elles font la connaissance d'Axelle, une belle Italienne, qui leur propose de l'accompagner en Slovaquie pour un week-end dans un établissement de cure.
Attirées par cette offre, les trois jeunes femmes la suivent et tombent au cœur d'une horrible machination. (1) Narquois, Eli Roth sait qu'il doit changer la formule de son auguste prédécesseur. Le cinéaste décide d'évincer les trois étudiants concupiscents du premier chapitre par trois jeunes femmes. 

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Hostel - Chapitre 2 s'écrira donc au féminin. Un prétexte pour modifier la tonalité de ce deuxième épisode. Eli Roth abandonne l'humour licencieux et égrillard du premier volet pour adopter un ton beaucoup plus comminatoire. En vérité, le réalisateur se focalise assez peu sur ses héroïnes principales. Seul le personnage, par ailleurs secondaire, de Lorna, en véritable godiche pudibonde, mérite qu'on s'y attarde un peu. C'est d'ailleurs elle qui subit le supplice d'une faucille aiguisée et acérée par son bourreau.
Contre toute attente, c'est presque la seule et unique torture (il est vrai peu ragoûtante) du film. Et c'est aussi la grande surprise de ce Hostel - Chapitre 2, à savoir ce refus de verser dans le gore et l'excès d'effusions sanguinaires. Pour ce second chapitre, Eli Roth décide de se centrer sur les bourreaux et surtout dans une longue description d'une organisation meurtrière et obéissant aux rouages du capitalisme.

En ce sens, Hostel - Chapitre 2 s'inscrit dans le sillage et la continuité de Salo ou les 120 Jours de Sodome (Pier Paolo Pasolini, 1975). Hélas, la comparaison s'arrête bien là. Certes, Eli Roth développe et complexifie largement son sujet. La mort, le pouvoir et l'argent sont indissociables, semble nous dire le cinéaste. Il décrit toutes les subtilités d'une organisation parfaitement agencée.
Contre toute attente, les bourreaux ne sont pas des serial killers à la recherche de nouvelles proies. Ils (ou elles) sont des hommes et des femmes comme tout le monde, donc des avocats ou encore des chefs d'entreprise qui cherchent à assouvir leurs pulsions les plus primitives. Les victimes kidnappées s'échangent et se monnayent pour plusieurs milliers de dollars. Certes, Eli Roth fait preuve de sagacité et même de virtuosité derrière sa caméra. 

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En l'état, Hostel - Chapitre 2 est un film d'horreur cynique et d'une noirceur totale. Malheureusement, Eli Roth semble avoir oublié l'essentiel. En effet, après un premier chapitre inégal mais prometteur (malgré ses défauts), le spectateur était en droit d'attendre un spectacle jubilatoire, avec son lot de lubricités et de tortures sadiques. Hélas, Eli Roth se montre un peu trop pondéré, se contentant d'asséner quelques saynètes furtives, où il est question, entre autres, de cannibalisme.
Curieux que le film soit interdit aux moins de 18 ans au Québec, l'interdiction aux moins de 16 ans étant amplement suffisante ! En l'état, Hostel - Chapitre 2 ne parvient jamais (ou trop rarement) à réitérer les performances gore de son prédécesseur. Bref, ce deuxième volet risque de décevoir unanimement les fans du cinéma trash. Les autres y verront peut-être une oeuvre réfléchie, maîtrisée, aguerrie mais curieusement timorée.

 

Note : 12/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hostel,_chapitre_II

 

20 novembre 2016

Conjuring : Les Dossiers Warren (Esprits diaboliques)

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Genre : horreur, épouvante (interdit aux - 12 ans)
Année : 2013
Durée : 1h50

Synopsis : Avant Amityville, il y avait Harrisville… Conjuring : Les dossiers Warren, raconte l'histoire horrible, mais vraie, d'Ed et Lorraine Warren, enquêteurs paranormaux réputés dans le monde entier, venus en aide à une famille terrorisée par une présence inquiétante dans leur ferme isolée… Contraints d'affronter une créature démoniaque d'une force redoutable, les Warren se retrouvent face à l'affaire la plus terrifiante de leur carrière

La critique :

En l'espace d'une dizaine d'années (douze ans pour être précis), James Wan est devenu la nouvelle égérie du cinéma horrifique. L'année 2004 marque une rupture rédhibitoire pour le cinéaste sino-malaisien. La sortie de Saw, une modeste production qui oscille entre le thriller, le torture porn et l'enquête policière alambiquée, s'impose comme le nouveau parangon du cinéma gore.
Très vite, James Wan est dépassé par ce véritable phénomène, que ce soit sur la Toile, les réseaux sociaux ou dans les salles de cinéma. Bientôt, le premier chapitre se transmute en une saga mercantile. Mais James Wan refuse de participer au désastre. Sagace, le réalisateur se tourne vers d'autres projets, comme l'atteste la sortie discrète du trop méconnu Dead Silence en 2007.

Hormis quelques détours dans le cinéma d'action (Death Sentence en 2007 et Fast and Furious en 2015), James Wan se focalise sur son genre de prédilection : l'épouvante. Les sorties d'Insidious (2011) et d'Insidious 2 (2013) confirment cette fascination pour les films d'horreur des années 1970, voire celui du début des années 1980, à savoir L'Exorciste (William Friedkin, 1973), La Malédiction (Richard Donner, 1976), Amityville : la maison du diable (Stuart Rosenberg, 1979) et surtout Poltergeist (Tobe Hooper, 1982). Toutes ces productions se sont octroyées le statut de classiques au fil des années, analysant le délitement de la cellule familiale à travers une possession démoniaque ou l'avènement de l'Antéchrist. Et c'est ce qu'a parfaitement compris James Wan.
C'est donc dans cette dialectique que s'inscrit Conjuring : les dossiers Warren, sorti en 2013.

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Parallèlement, le long-métrage s'inscrit aussi dans ce retour impromptu de spectres et d'esprits méphistophéliques qui viennent s'immiscer dans une demeure isolée, comme l'attestent les sorties (quasi) simultanées de Dark Skies (Charles Scott Stewart, 2013), Grave Encounters (The Vicious Brothers, 2011) et de la saga Paranormal Activity, pour ne citer que ceux-là.
Les fantômes sont donc de retour sur nos écrans depuis presque dix ans maintenant. En outre, Conjuring se soldera par un immense succès commercial dans les salles de cinéma, érigeant James Wan comme le nouveau maître de l'épouvante. D'ailleurs, une suite, Conjuring 2 : Le Cas Enfield, sera même réalisée en 2016, toujours sous l'égide de James Wan. Puis, un spin-off, Annabelle (John R. Leonetti), sortira en 2014.

La genèse de Conjuring remonte aux années 1990. A l'époque,  le producteur Tony DeRosa-Grund rencontre la famille Warren, un couple spécialisé dans l'exorcisme et affublé de dons de médiumnité, qui a affronté le démon à plusieurs reprises. Leur témoignage va devenir le substrat du scénario de Conjuring. Après plusieurs années de luttes, d'atermoiements et de prorogations, le projet aboutit en 2009. Inspiré de faits réels, le script connaît de nombreuses rectifications.
La distribution du film réunit Vera Farmiga, Patrick Wilson, Sterling Jerins, Lili Taylor, Ron Livingston et MacKenzie Foy. 
Attention, SPOILERS ! Avant Amityville, il y avait Harrisville… Conjuring : Les dossiers Warren, raconte l'histoire horrible, mais vraie, d'Ed et Lorraine Warren, enquêteurs paranormaux réputés dans le monde entier, venus en aide à une famille terrorisée par une présence inquiétante dans leur ferme isolée… 

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Contraints d'affronter une créature démoniaque d'une force redoutable, les Warren se retrouvent face à l'affaire la plus terrifiante de leur carrière. Mutin, James Wan s'immisce dans le quotidien d'une famille américaine lambda. Dans un premier temps, les étranges manifestations se traduisent par quelques grincements de porte récurrents, une fillette somnambule qui vient heurter sa tête contre une armoire puis par l'apparition de marques sur le corps de la mère de famille.
Puis, les esprits diaboliques deviennent de plus en plus prégnants et comminatoires. Parallèlement, James Wan se focalise sur les activités démonologiques d'Ed et Lorraine Warren. Le couple conserve précieusement dans une pièce plusieurs objets de collection. Que ce soit des poupées, une horloge ou encore un simple miroir brisé, touts ces objets préfigurent l'arrivée du démon et/ou d'un esprit malfaisant.

Les objets en question ne sont que simulacres ou plutôt une façon de s'immiscer à l'intérieur d'une famille, pour mieux la briser et éventuellement la détruire. Ainsi, le démon profite et abuse des faiblesses de la cellule familiale, celle qui a commencé peu à peu à se déliter (le divorce de masse) dans les années 1970, ne proposant plus de repères éducationnels et parentaux à leur progéniture.
Contrairement à William Friedkin dans L'Exorciste, James Wan élude toute réflexion sociétale, religieuse ou eschatologique sur l'avènement des esprits diaboliques. Le cinéaste privilégie la psyché de ses personnages, tous confrontés à leurs propres démons. A l'image de Lorraine Warren, encore bouleversée et choquée par un précédent exorcisme. Certes, James Wan réalise un film d'épouvante efficace, qui contient son lot d'effroi et de sursauts de son siège.
Si la formule n'est pas nouvelle, avec les même ficelles et angoisses habituelles (l'achluophobie et les peurs enfantines principalement), James Wan maîtrise néanmoins parfaitement son sujet. En espérant que Conjuring, avec ses suites et spin-off déjà annoncés, ne sombre pas à son tour dans le piège du lucre et du merchandesing.

Note : 14/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

19 novembre 2016

A Rebours (12 courts-métrages psychédéliques)

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Genre : inclassable, hardcore, expérimental (interdit aux moins de 18 ans)
Année : 2008
Durée : 1h39

L'histoire : 12 courts métrages expérimentaux et délibément transgressifs, réalisés entre 1968 et 2008, par des cinéastes de différents pays. Entre néant et atomisation sexuelle, ils veulent vous faire atteindre le noir absolu.

La critique :

Luciferiennes, Luciferiens, c'est du plus profond des enfers que je vous envoie cette chronique. Satan est là, tapi dans l'ombre et son heure est proche. Rassurez vous, je n'ai pas (encore) pété les plombs ! Je voulais juste vous mettre dans l'ambiance d'un heu..."truc" dont j'aimerais vous parler aujourd'hui. Cela s'appelle A Rebours. C'est en pousuivant assidûment la quête de mon graal personnel, à savoir dénicher le film le plus ch'tarbé possible et inimaginable, que je suis tombé sur cette perle rare, véritable bonheur pour un amateur d'OVNI extrême. IPCE. Quézaco ?
Je décode : Institut pour la Coordination et la Propagation des Cinémas Exploratoires. Derrière cette appellation obscure, se trouve un ciné-club underground de Montréal, à forte connotation satanique. Quasiment une secte d'ailleurs. Dieu (Satan plutôt) sait ce qui se passe chez ces gens là... En tout cas, voilà qu'ils nous proposent 3 films bien déglingués de derrière les fagots: L'érotisme, Incarnation et A Rebours qui nous intéresse aujourd'hui.

12 courts métrages de (d'im)purs essais psychédéliques, géniaux de provocation et absolument hypnotisants. Vous n'avez rien compris ? Rassurez-vous, moi non plus. Résumer cette chose est tout simplement impossible. Enfin comme à l'impossible nul n'est tenu... A rebours, c'est d'abord une présentation. Un fil de fer qui entoure le dvd et un petit guide incantatoires livré avec. Déjà, ça calme. La jaquette représente ce semble être un enchevêtrement d'atomes ou de molécules, mais rien n'est moins sûr. A Rebours, c'est aussi, dès qu'on insère le dvd, une ambiance hyper oppressante. Lumière faible, musique organique ressemblant à des tuyauteries qui grincent, visions d'arbres en feu et de statues de Vierge pleurant du sang. Le décors est planté, le film peut commencer...

Voici un résumé succinct de chaque court métrage:

Washing machine : Une machine à laver tourne à plein régime. S'appuyant dessus, un couple fait l'amour, vomit et défèque.
Man spricht deutsch : Sur une pellicule jaunie et hyper saturée, un vieil homme téléphone tandis que le mot "Chaos" clignote continuellement à l'écran.
Sacré coeur de Satan : Une femme hystérique lèche un crucifix en le défiant du regard. Une autre portant un brassard SS, crache du feu. Sous des néons rouges, une troisième se sert d'une statue du Christ comme d'un sex toy pendant que des croix gamées envahissent l'écran. Le court métrage s'achève sur des photos d'Hitler qui défilent avec sa voix en bruit de fond.
Yellow fever : A travers les vitres d'un wagon, on aperçoit un paysage rouge et gris en images de synthèse. Une asiatique prend sa douche et peu à peu, son visage tuméfié se mélange à un mur couvert de graffitis.
: Dans un esthétisme visuel proche de Sin City, une fillette allongée sur un lit paraît malade. Tandis que les minutes passent, son visage se change en tête de mort alors que des katakanas sont projetés sur les murs de sa chambre.
Passage : Deux jeunes couples roulent sur une route de campagne. Après avoir consommer de la drogue, ils se retrouvent à danser et à flirter dans une chambre d'hôtel. Une des filles, délaissée par son petit ami, s'enfuit dans la nature. On la retrouvera pourtant, le plan d'après, à nouveau dans la voiture, en train de se masturber devant ses amis.

Hym to Pan : Dans une cave, une femme entame une danse rituelle sous l'objectif d'un photographe pendant que des voix d'outre tombe prononcent des incantations.
Dream of Samara : Des pèlerins musulmans gravissent une tour lumineuse ayant la forme d'une toupie. Arrivés au sommet, ils redescendent et recommencent perpétuellement l'ascension. 
Satan bouche un coin : Un artiste de music-hall affublé de porte-jaretelles, caresse une femme nue et lui enlace le bassin avec ses jambes. Pendant ce temps, une autre femme patauge dans un bain de sang et un phallus en érection renverse des crucifix à la chaîne, tout ceci accompagné par une musique de cirque.
Haggard : Dans des égoûts, deux skins heads couverts d'excréments, se vomissent dans la bouche tout en se masturbant mutuellement.
The return of the dead man : Un monde post apocalyptique. Dans un bar où tous les clients semblent figés, un seul client paraît vivant. C'est alors qu'une femme obèse monte sur le comptoir et lui urine au visage. Durant ce laps de temps, il voit défiler sa vie et se rend compte qu'en fait, il est mort...
The other american dream : Sandra fait du stop pour passer la frontière mexicaine illégalement. Battue et violée par le camioneur qui l'avait fait monter, elle sera revendue comme esclave sexuelle dans un relais routier miteux.

Prônant un cinéma de chaos et de néant, les réalisateurs d'A Rebours s'inscrivent clairement dans une démarche de destruction massive. Agressé qu'il est par ce déluge visuel subversif, le spectateur se trouve tétanisé, prisonnier du pouvoir de ces images et ne peut jamais détacher son regard. Ces courts-métrages, tous quasiment muets et en noir et blanc, font preuve d'une inventivité proche de la folie, du génie aussi. On pourrait, bien sûr, débattre sur l'apologie clairement affichée du nazisme, sur le caractère blasphématoire de certaines scènes ou sur l'utilité de "performances" hardcore abjectes.
Ceci est de l'art. Vous comprendrez que toute critique objective est inutile dans ce cas précis. 
Oubliez les bizarreries de Lynch, les délires d'Iskanov ou les extravagances d'Arrabal. En matière de "films de barges", rien ne fait le poids à côté d'A Rebours. Un must absolu.

Note : ???

 

TumblingDollOfFlesh Inthemoodforgore

18 novembre 2016

The Crazies (Et si la folie était contagieuse ?)

The Crazies

Genre : épouvante (interdit aux - 12 ans)
Année : 2010
Durée : 1h41

Synopsis : Imaginez un virus capable de transformer n’importe qui en fou dangereux. Imaginez maintenant ce virus se répandant sur une petite ville tranquille du Middle-West. Alors que les habitants voient leurs proches se changer en assassins, un shérif tente de protéger les quelques personnes encore non infectées en attendant les renforts. Mais lorsque l’armée intervient enfin, c’est pour mettre la ville en quarantaine quitte à exécuter toute personne tentant de fuir. Abandonnés à leur sort, ce petit groupe de survivants va tenter de s’en sortir

La critique :

Les remakes des grands classiques horrifiques, soit le nouvel apanage des producteurs hollywoodiens depuis presque quinze ans maintenant. En outre, c'est Massacre à la Tronçonneuse (Marcus Nispel, 2003) qui va relancer les inimitiés. Toutefois, ce ne sont pas les exemples qui manquent. Preuve en est avec La Dernière Maison sur la Gauche (Dennis Iliadis, 2009), Maniac (Franck Khalfoun, 2012), Evil Dead (Fede Alvarez, 2013) ou encore de La Colline a des Yeux (Alexandre Aja, 2006), pour ne citer que ceux-là. Vient également s'ajouter The Crazies, réalisé par Breck Eisner en 2010.
Le long-métrage est le remake de La Nuit des Fous Vivants de George A. Romero en 1973. A la base, le film original est une série B horrifique impécunieuse qui a connu un petit succès dans les vidéos clubs.

Mais très vite, La Nuit des Fous Vivants va s'octroyer le statut de film culte et marquer durablement les esprits. Comme tous les films de Romero, La Nuit des Fous Vivants s'apparente à une allégorie sur notre société consumériste, condamnée à s'entretuer et à sombrer dans une forme de décrépitude. A l'instar de Zack Snyder avec L'Armée des Morts en 2004, Breck Eisner s'approprie le scénario griffonné par Romero pour proposer une vision plus moderne.
Reste à savoir si l'élève est supérieur ou non à son illustre modèle. Réponse dans les lignes à venir. La distribution de The Crazies réunit Timothy Olyphant, Radha Mitchell, Joe Anderson et Danielle Panabaker. Attention, SPOILERS ! (1) Dans une petite ville de l'Iowa, une maladie inconnue se répand, elle provoque des accès de folie furieuse et de graves troubles neurologiques.

Le shérif tente de protéger les quelques personnes qui semblent non-infectées par ce mystérieux virus, en attendant les renforts. Mais quand l'armée américaine arrive enfin, c'est pour mettre la ville en quarantaine, quitte à tuer ceux qui tentent de s'échapper du centre de rétention médical. Abandonné de tous, le shérif, sa femme et son adjoint vont devoir s'en sortir seul. Le petit groupe traqué par l'armée apprend finalement que le virus est une arme bactériologique appelée trixie, proche du virus de la rage, échappée de l'épave d'un avion militaire qui se serait écrasé dans le fleuve voisin. (1)
Déjà, au moment de la sortie de La Nuit des Fous Vivants, Romero s'inquiétait de ce fameux esprit de communauté, menacé d'extinction et d'annihilation par un affreux virus. 

Contrairement à La Nuit des Morts-Vivants (1968) et à Zombie (1978), le virus malfaisant ne transforme pas les êtres humains en macchabées anthropophages, mais en fous furieux décimant tout sur leur passage. C'est donc la raison qui semble elle aussi menacée de néantisation. Breck Eisner s'approprie ce sujet captivant et délivre un remake plutôt convaincant, à défaut de réitérer l'uppercut du film original. Certes, La Nuit des Fous Vivants a plutôt mal supporté le poids des années. 
Cette petite série B des années 1970 paraît assez obsolète aujourd'hui, en raison d'effets spéciaux et de maquillages désuets et victimes du temps écoulé. A l'inverse, son discours politique et radical est toujours d'actualité. En l'état, si Breck Eisner remplit largement son contrat avec son lot de rebondissements et de séquences d'action solidement troussées, son remake ne tient aucun discours idéologique.

Finalement, The Crazies est le parfait reflet ou produit du cinéma actuel. A aucun moment, Breck Eisner ne parvient à transcender son récit ni à proposer une vision du capitalisme actuel, régulé par la globalisation, l'hédonisme à tous crins et la paupérisation de la société occidentale. A défaut de trouver dans ce remake abscons une tentative de critique sur notre société moderne, le spectateur lambda se contentera de suivre les péripéties d'un petit groupe de survivants.
Sur ce dernier point, The Crazies se révèle tout à fait honorable et recommandable. Mais rien de sensationnel non plus. Même remarque concernant les acteurs. Le trio principal (Timothy Olyphant, Radha Mitchell et Joe Anderson) fait le job. Guère plus. A l'instar de tous ces remakes infatués des années 2000 et 2010, The Crazies se contente de déployer un schéma narratif prévisible. 
Bref, en quelques mots, un remake relativement efficace, mais dénué (encore une fois) de tout discours politique ou idéologique. Chronique courte aujourd'hui, mais sincèrement, je ne vois pas quoi dire de plus sur ce film.

 

Note : 12/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) synopsis du film : https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Crazies_(film,_2010)