Cinéma Choc

22 avril 2019

Le Vieux Fusil (Sur les traces du tournage du Vieux Fusil à Bruniquel)

le vieux fusil

Aujourd'hui, Cinéma Choc vous propose de revenir sur un grand classique du cinéma français, j'ai nommé Le Vieux Fusil (Robert Enrico, 1975) via une vidéo intitulée "Cinéma - Sur les traces du tournage du Vieux Fusil à Bruniquel et publiée par La Dépêche du Midi vidéos (Source : https://www.youtube.com/watch?v=ddh-o0HVJc4).


Final Journeys - Volume 1 (Vous reprendriez bien un shockumentary supplémentaire ?)

final journeys 1998

Genre : shockumentary, death movie, "Mondo", horreur, gore, trash, extrême (interdit aux - 18 ans)
Année : 1997/1998
Durée : 1h24

Synopsis : Un nouveau shockumentary sur la mort qui se segmente en plusieurs sections éparses : les accidents routiers et sportifs, les exactions commises durant la seconde guerre mondiale, les émeutes, les supplices subis et/ou pratiqués sur des animaux, ainsi que des scènes de meurtre sont les principaux leitmotivs de ce death movie rarissime. Bienvenue dans le monde putride de Final Journeys

 

La critique :

Non, vous ne rêvassez pas... Derechef, Cinéma Choc continue inlassablement de poursuivre son office en termes de shockumentaries, de "Mondo" et de death movies... Et mauvaise nouvelle, le blog va poursuivre sur ce même continuum et donc sur cette route spinescente, à la fois transie par la mort, la décrépitude et la déréliction. Que les esprits les plus réfractaires se rassérènent. Dans cette chronique, nous ne commettrons pas l'offense de réitérer la genèse, ainsi que les premiers ânonnements du "Mondo" et du shockumentary, puisque nous l'avons déjà stipulée à maintes reprises.
Mais, dans le cas du death movie, c'est la sortie de Faces of Death, soit Face à la Mort (John Alan Schwartz, 1978) dans nos contrées hexagonales, qui acte et officialise la naissance de ce registre adventice et impudent dans le cinéma horrifique et d'exploitation.

Si à l'époque, le long-métrage outrecuidant ne bénéficie pas d'une sortie dans les salles obscures, il profite copieusement du support vidéo pour s'arroger le titre sérénissime de fameux Saint Graal à la fois prisé, adulé, vénéré, révéré et adoubé par les thuriféraires du cinéma underground et extrême. Honni, voué à l'opprobre et aux gémonies, Faces of Death détient encore le record d'animadversions (plus d'une centaine tout de même...) à travers le monde et via l'ultime réprobation (soit une interdiction aux moins de 18 ans). Opportuniste, John Alan Schwartz prend le pseudonyme de Conan Le Cilaire et transmute le premier chapitre en une franchise lucrative et mercantiliste.
Dans les années 1990, le cinéaste et producteur révèlera, via un ultime chapitre (Faces of Death : fact or fiction ?, 1998), les matoiseries finaudes de sa funeste entreprise.

A l'instar de Mondo Cane (Gualtiero Jacopetti, Franco Prosperi et Max Cavalara, 1962), Faces of Death n'est qu'un leurre et une production factice, qui arbore orgueilleusement la scansion suivante : "Quand la mort n'est pas du cinéma". Ainsi, les accidents routiers et sportifs, les suicides, les saynètes de meurtre et même la sentence capitale qui émaillent un programme pour le moins discutable, ne sont pas réelles, mais interprétées par des acteurs anonymes et/ou amateurs. Evidemment, cette production iconoclaste va inspirer et générer toute une pléthore d'homologues.
Les laudateurs du cinéma trash et underground n'omettront pas de stipuler Traces of Death (Damon Fox, 1993), Faces of Gore (Todd Tjersland, 1999), Des Morts - Of The Dead (Thierry Zeno, 1979), Orozco The Embalmer (Kiyotaka Tsurisaki, 2001), ou encore Banned From Television (Joe Francis, 1998) parmi les candidats les plus rutilants. 

Vient également s'additionner Final Journeys - Volume 1, connu aussi sous l'intitulé de Death - The Final Journey Volume 1, et réalisé par la diligence de DMN Productions en 1997. Oui, vous avez bien lu. On ne trouve aucunement la trace ni le sceau, même élusif, d'un cinéaste derrière cet ixième death movie. Pour la faribole superfétatoire, ce nouveau méfait du cinéma underground caracole à la 76e place du Top 250 des films trash, extrêmes et scandaleux prodigué par Inthemoodforgore (Inthemood pour les intimes), et disponible sur le lien suivant : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2019/03/18/37177484.html. Que ce soit sur les sites Rotten Tomatoes (Source : https://www.rottentomatoes.com/m/death_the_final_journey_vol_2_1998/) ou IMDb (Source : https://www.imdb.com/title/tt0422244/), on ne décèle presque aucune information sur Final Journeys - Volume 1.

A noter que l'intitulé du film apparaît parfois sous le monogramme de Final Journey (donc, sans "s" pour la terminalogie de "journey"), voilà pour les précision parfaitement futile ! A fortiori, ce premier chapitre va promptement se métamorphoser en une franchise avide et cupide, disséminée en sept volets (une heptalogie), tous produits et réalisés entre 1997 et 1998. Voilà pour les animosités rougeoyantes ! Final Journeys - Volume 1 fait aussi office d'objet rarissime et même ultra confidentiel, par ailleurs activement recherché par les collectionneurs les plus patentés.
Je tiens donc à remercier Inthemoodforgore pour sa légendaire affabilité et pour le prêt de ce death movie subalterne. A l'instar des death movies habituels, le "scénario" (vraiment un terme à guillemeter et à minorer...) n'est pas vraiment l'apanage de ce programme peu avenant.

Attention, SPOILERS ! Un nouveau shockumentary sur la mort qui se segmente en plusieurs sections éparses : les accidents routiers et sportifs, les exactions commises durant la seconde guerre mondiale, les émeutes, les supplices subis et/ou pratiqués sur des animaux, ainsi que des scènes de meurtre sont les principaux leitmotivs de ce death movie rarissime. Bienvenue dans le monde putride de Final Journeys - Volume 1 ! Premier constat, la plupart des death movies disponibles en vidéo partagent de nombreuses accointances. Ainsi, certaines saynètes célèbres de mises à mort, d'exécutions sadiques ou de supplices d'animaux sont empruntés à divers shockumentaries éparses, ainsi qu'à divers extraits ou vidéos diffusés sur la Toile. Ainsi, les louangeurs de ce registre cinématographique n'omettront pas de repérer plusieurs séquences morbides déjà visionnées dans Banned From Television (déjà susmentionné dans ses lignes) et Shock X-Treme Vol. 1 Snuff (Gordon Vein, 1997), entre autres. 

Par exemple, on pourra mentionner, à titre d'exemple, cette automobile vrombissante qui percute violemment plusieurs dizaines de spectateurs lors d'une course frénétique. Pour le reste, Final Journeys - Volume 1 remplit doctement son office, quitte à s'éparpiller un peu... beaucoup... Enormément dans tous les sens. Ainsi, on passe, sans crier gare, des forfaitures sinistres commises durant la Seconde Guerre mondiale, en particulier dans les camps de la mort nazis à des accidents routiers et sportifs. Dans ce registre méphitique, Final Journeys - Volume 1 se montre étonnement brutal et magnanime. Il en va de même pour les tortures d'animaux.
Pour ceux qui exècrent et abhorrent à raison ce genre de saynète âpre et virulente, à l'intérêt tout de même très relatif, merci de quitter prestement leur siège et de retourner gentiment dans leurs pénates ! 

A l'instar des death movies subisidaires, Final Journeys - Volume 1 a écopé d'une interdiction aux moins de 18 ans. Mais, parfois, la mort échappe aux protagonistes (animaliers ou humains). C'est par exemple le cas lorsque des écologistes sauvent in extremis une brebis agonisante. La corrida fait hélas partie des tristes réjouissances, mais cette fois-ci, c'est le taureau furibond qui se venge de ses assaillants un peu trop téméraires. Bref, rien de neuf sous le soleil (si j'ose dire...) ! De facto, Final Journeys - Volume 1 ne prévaut que par sa singularité.
Dénicher un tel death movie sur la Toile relève de la véritable gageure et à condition, bien sûr, de déverser sa pécune et donc, de sortir son portefeuille ! Si ce death movie dénote, c'est essentiellement à cause de cette saynète d'extraction chirurgicale, d'un réalisme effrayant, opérée par des médicastres asiatiques, et qui s'étale sur une durée de sept ou huit minutes, chronomètre en main ! Sinon, autant l'annoncer sans ambages. 
Ce Final Journeys - Volume 1 ne risque pas de rester dans les annales, mais rappelle toute la cupidité et surtout le barbarisme dont est capable l'être humain. Toujours la même antienne... 

Note : 11/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

21 avril 2019

Zombi 3 (L'horreur des zombies... Ou quand Bruno Mattei s'en mêle...)

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Genre : horreur, gore, trash (interdit aux - 16 ans)
Année : 1988
Durée : 1h29

Synopsis : Des scientifiques travaillant sur de nouvelles armes bactériologiques se font dérober un puissant gaz toxique. Traqué par des militaires, le voleur est finalement retrouvé mort dans un hôtel, la peau verdâtre et rongée par le mystérieux gaz volé quelques heures auparavant. Afin d’éliminer toute trace de ce projet scientifique top secret, l’Armée décide de brûler le cadavre du voleur sans savoir que les fumées dégagées dans l’air par le four crématoire allaient à leur tour contaminer les environs. Très vite, les gens peuplant les contrées avoisinantes se transforment en morts-vivants et parcourent les rues désertes des villages à la recherche de chair humaine fraîche… 

 

La critique :

Dans le monde volumineux des zombies, les thuriféraires des créatures carnassières et claudicantes n'omettront pas de stipuler, à raison, la prégnance de La Nuit des Morts-Vivants (George A. Romero, 1968), une pellicule indépendante et horrifique qui va servir de véritable bréviaire pour toute une génération de films et de cinéastes aguerris. La raison ? Sans doute l'allocution politique et la doxa diplomatique de cette oeuvre, à la fois putride et vespérale, qui met en exergue un jeune Afro-Américain aux prises avec des morts-vivants décrépits.
La critique enjouée considère le film comme une allégorie sur la xénophobie ambiante qui imprègne les Etats-Unis depuis des temps immémoriaux. Pour d'autres critiques encore, La Nuit des Morts-Vivants s'apparente à une introspection sociologique sur la condition humaine.

Réduit à quia, le héros principal échoue dans une maison assaillie par une horde de zombies. Pour combattre cette nouvelle forme de terreur, ce dernier devra composer et s'entendre avec une équipe de bras cassés, en particulier avec un mari poltron et débonnaire. Alors que les zombies s'immiscent inexorablement dans la demeure, le héros désespéré repousse, sans discontinuer, les assauts répétés. Il sera abattu, manu militari, par une bande de convoyeurs, bien décidés à massacrer du zombie. Toute la métaphore est là, dans cette simple balle tirée en pleine tête.
L'Afro-Américain est anéanti sans sommation et fait figure de victime expiatoire et exemplaire, entre autres assimilée aux morts-vivants anthropophagiques. Malicieux, George A. Romero poursuivra son analyse anthropologique et sociétale via Zombie (1978) et Le Jour des Morts-Vivants (1985).

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L'emprunte est là, ostensible et palpable. Le film de zombies doit irrémédiablement obliquer vers l'allégorie, la métaphore et la critique sociale et sociétale. En contrepartie, ce registre cinématographique se démocratisera largement dans les salles et via le support vidéo. Le style affiné de Romero va inspirer de nombreux épigones. Les laudateurs du genre notifieront notamment Re-Animator (Stuart Gordon, 1985), Le Retour des Morts-Vivants (Dan O'Bannon, 1985), Démons (Lamberto Bava, 1985), ou encore L'Emprise des Ténèbres (Wes Craven, 1988) parmi les métrages notables et éventuellement notoires. En outre, Lucio Fulci n'a jamais caché son extatisme ni son effervescence pour l'horreur et les zombies méphitiques. A juste titre, le metteur en scène transalpin apparaît comme un noble parangon du cinéma bis. Sa filmographie est plutôt éloquente et recèle de pépites adulées et révérées par les fans patentés.

La Longue Nuit de L'Exorcisme (1972), L'Emmurée Vivante (1977), L'enfer des zombies (1979), Frayeurs (1980), L'Au-Delà (1981) et L'Eventreur de New York (1982) ont largement contribué à façonner une filmographie plutôt prestigieuse. Hélas, chaque réalisateur a son péché mignon (si j'ose dire...). Pendant longtemps, Lucio Fulci paiera cher sa contribution à la réalisation de Zombi 3, sorti en 1988. Par ailleurs, les noms de Claudio Fragasso et de Bruno Mattei sont également stipulés derrière la réalisation de ce troisième volet de la série. Aïe...
Rien que le nom de Bruno Mattei suinte avec la série B (série Z...) désargentée, le nanar, l'amateurisme et le dilettantisme. A ce sujet, Lucio Fulci, bien conscient de ce massacre commercial et artistique, reniera ce film à postériori. 

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Trop tard pour lui... Les saillies rédhibitoires se font entendre et admonestent une série B subalterne et ubuesque malgré elle. Reste à savoir si Zombi 3 mérite ou non de telles diatribes. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... Pour souvenance, Zombi 2, soit L'Enfer des Zombies dans notre espace hexagonal, et déjà réalisé par les soins de Lucio Fulci en 1979, n'était qu'une suite, voire une séquelle officieuse de son glorieux aîné. Zombi 3 obéit à la même dialectique. En l'occurrence, il ne serait pas aisé de procéder à l'exégèse d'un tournage aussi catastrophique.
Selon certaines galéjades, la légende veut que Fulci aurait cédé la réalisation à Bruno Mattei en désespoir de cause et pour des soucis de santé. Autant l'annoncer sans ambages. Sur la forme comme sur le fond, on ne reconnaît nullement le style raffiné de Lucio Fulci derrière Zombi 3.

Indubitablement, le long-métrage exhale les stigmates ostensibles de Bruno Mattei, un autre habitué du cinéma bis et d'exploitation. Son crédo ? Reprendre les films à succès à son compte, les galvauder et les extirper de leur substance primordiale pour aboutir, in fine, à une oeuvre salace et protéiforme. Evidemment, Zombi 3 ne déroge pas à la règle... Ou quand Bruno Mattei s'en mêle... La distribution du film se compose de Deran Sarafian, Beatrice Ring, Ottaviano Dell'Acqua, Massimo Vanni, Ulli Reinthaler et Marina Loi. Attention, SPOILERS !
(1) Sur une petite île sont menées des expériences visant à ressusciter les morts. Ne parvenant pas à maîtriser leur sujet, les scientifiques abandonnent et demandent à l’armée de venir récupérer la souche du virus.

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Mais un badaud malintentionné passant par-là dérobe la valise, trouve le moyen de l’ouvrir et contracte lui-même la terrible maladie avant de la répandre dans un hôtel. Les militaires parviennent à isoler la zone et à enrayer l’épidémie. Tout aurait donc été bien si ces sots-là n’avaient pas brûlé les cadavres, propageant le mal dans l’atmosphère. Une grosse boulette qui oblige l’armée à avoir recours à la manière forte en attendant éventuellement que les scientifiques trouvent un antidote. Accessoirement, la vie devient bien difficile pour les civils (1).
Sur la forme, Zombi 3 préfigure déjà les premières prémisses du jeu vidéo dans le film d'horreur en générale et dans le film de zombies en particulier. Certes, le métrage n'est pas l'adaptation d'un jeu vidéo, mais son scénario, d'une inanité sidérale, fait voguer les protagonistes humains d'un endroit à un autre, chaque nouvelle étape recélant sa litanie de zombies putrescents. 

Chaque nouvelle épreuve permet d'accéder au niveau suivant pour, in fine, déboucher sur une fuite en hélicoptère en guise de conclusion finale. On croit fabuler... Zombi 3 se distingue, de prime abord, par un scénario inexistant et surtout par des fautes de raccord, laissant songer à un film en grande partie tronqué. Si les saynètes d'action et de tripailles sont omniprésentes, c'est pourtant l'ennui qui guette ce nanar à la lisière du navet. Ici, on se contrefout ouvertement des protagonistes humains qui font donc figure de menu fretin pour les zombies à l'appétit pantagruélique.
De facto, le film s'apparente à une sorte de salmigondis cinéphilique qui amalgame, sans sourciller, les courses poursuites effrénées, ainsi que les séances de cannibalisme. Hélas, le film se révèle prestement rébarbatif et souffre également de nombreuses carences, entre autres techniques. N'est pas Bruno Mattei qui veut... Le cinéaste goguenard fait honneur à sa réputation, plus que jamais... 
Pour le reste, on retiendra quelques scènes funambulesques, notamment cette tête de zombie volante qui atterrit dare-dare sur le visage offusqué d'un héros d'infortune.
On comprend mieux pourquoi Zombi 3 a acquis, au fil des années, la réputation de nanar. Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout...

Côte : Nanar

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : http://tortillapolis.com/critique-film-zombi-3-lucio-fulci-bruno-mattei-1988/

20 avril 2019

Faces Of Snuff (The road to extinction)

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Genre : Horreur, trash, extrême, gore, pornographie (interdit aux - 18 ans)

Année : 2016

Durée : 2h16

 

Synopsis :

Shane Ryan présente la première anthologie de snuff movie, à savoir de courts films collectés de plus de 20 cinéastes à travers le monde qui ont tous réussi à repousser les limites de leur humanité à des frontières impensables, mettant en scène la souffrance et la dépravation. Plusieurs de ces cinéastes contribuant à cette anthologie ont refusé d'être mentionnés. Certains prétendent même que leur métrage est réel. A vous de juger.

 

La critique :

Il est des moments dans la vie où il faut savoir faire des choix. Pleinement impliqué dans l'aventure Cinéma Choc, une métamorphose s'est véritablement opérée en moi alors que l'année 2019 commençait. Voyant le blog prendre une tournure plus radicale que par le passé, je me suis dit de relever le défi en présentant plus de choses borderline et politiquement incorrectes que ce que je faisais avant. Au gré des semaines et de mes expériences insolites dont la force de frappe étaient, contre toute attente, facile à encaisser moralement, l'idée de voir jusqu'où je pouvais repousser mes limites a, tôt ou tard germé, dans mon esprit. Pouvais je m'attaquer aux plus hautes strates du titanesque top 250 d'Inthemoodforgore ? Un pari qui me turlupinait depuis quelques temps, au moins un bon mois avant la publication officielle de ce top en question. L'argent de la bourse étudiante (hé, hé !) apparut comme un signe providentiel du Malin à m'inciter de foncer tête baissée dans le programme dément que je m'étais concocté, à savoir une tétralogie infernale qui allait définitivement délibérer sur mes progrès en matière d'encaissement de visionnages trash et extrêmes. Un peu comme un examen en fin de compte !
Pour rappel, l'enchaînement de ces 4 pellicules suivaient une courbe presque exponentielle dans la violence, montant crescendo dans l'ignominie. Tales Of Naked Humiliation fut le premier à ouvrir le bal, à savoir un porno déviant ultra-underground et ultra-rare de surcroît, loin des sommets des pontes du genre mais s'illustrant, avant tout, par une atmosphère glaciale. Une bonne entrée en la matière à défaut de marquer au fer rouge. 

Les choses allaient, néanmoins, commencer avec The Lady In The Sea Of Blood, oeuvre également ultra-rare et absolument inconnue dans sa production. Délire expérimental de tout premier ordre, dénué de trash et d'extrême au sens propre, c'était tout le traitement d'ambiance d'un glauque rarement vu qui donnait juste envie de se purger l'esprit par la suite avec l'intégrale des Bisounours. Un OFNI purement sensoriel en son genre mais dérangeant, vraiment vraiment dérangeant. Mais dans tous les cas, on restait encore à un palier supportable. Ce que je ne vais pas réitérer pour mon 3ème et avant-dernier film de ma foutue tétralogie. De la 95ème place, soyons fous, propulsons-nous carrément 41 places plus haut en une fois, soit à la 54ème place avec Faces Of Snuff qui est, je spolie un peu, le seul film de mon projet à avoir déjà été au moins une fois abordé sur l'Internet français.
Peu importe, qu'il ait été abordé seulement en japonais, anglais, turc, slovaque ou malaisien, la confiance ne pouvait plus régner pour moi à ce stade où l'impression de ne pas pouvoir tenir psychologiquement le coup (ou du moins très difficilement) pointait dangereusement le bout de son nez. Impensable il y a quelques années de m'attaquer à ça, c'est avec une bien malheureuse fierté que j'ouvris le colis tant attendu commandé sur eBay (et toujours avec l'adresse de mon père pour la livraison pour éviter de reproduire l'incident Oltre la Follia) à un tarif d'une vingtaine d'euros. Une broutille pour certains, un tirage de gueule pour l'étudiant sans salaire que je suis. La raison de cet achat étant que ce Faces Of Snuff était tout bonnement impossible à trouver en téléchargement, torrent ou streaming. En arrière-plan, cette satanée voix qui me disait de m'y attaquer. Une fois de plus, j'obtempérais, mais à quel prix ?

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ATTENTION SPOILERS : Shane Ryan présente la première anthologie de snuff movie, à savoir de courts films collectés de plus de 20 cinéastes à travers le monde qui ont tous réussi à repousser les limites de leur humanité à des frontières impensables, mettant en scène la souffrance et la dépravation. Plusieurs de ces cinéastes contribuant à cette anthologie ont refusé d'être mentionnés. Certains prétendent même que leur métrage est réel. A vous de juger.

Sans surprise, vous serez ravi, ou non, de savoir que Faces Of Snuff s'illustre à présent comme le métrage le plus trash jamais chroniqué par mes soins. Bref, il est vendredi soir, la longue journée et soirée à la capitale du samedi avec des potes annulée au dernier moment et reportée (encore un pu***n de signe). Même si j'étais plus en sécurité chez mon père pour le visionnage de choses de ce genre, j'attendis très très patiemment qu'il aille se coucher pour lancer le tout. Première surprise : une programmation de 136 minutes. Tout simplement génial pour moi qui espérais en avoir vite fini mais qui, au moins, ne trompait pas sur son statut d'anthologie. Un mal pour un bien en quelque sorte. Pour le coup, Shane Ryan, que nous ne citerons pas comme réalisateur mais plutôt comme monteur, a eu cette idée ingénieuse de récolter ici et là des snuff movie factices à travers le monde et suivant des époques différentes pour les compiler en un seul DVD. Pour rappel, le snuff movie ne s'apparente ni plus ni moins qu'à des films montrant la mort réelle d'un individu filmé en direct non sans avoir subi des actes de barbarie en tout genre avant. Certains contempteurs se sont tout du moins questionnés sur la véracité de certains passages de films lancés à grande échelle. On pense à Snuff, Guinea Pig et à Cannibal Holocaust.
Aussi fascinante que révulsante, l'idée de se représenter un véritable meurtre avec tortures ne pouvait qu'être impensable. Mais c'était sans compter sur la formidable capacité de l'humanité à repousser toujours plus loin son inhumanité ! 

Car oui, autant vous graver dans la tête que le snuff movie n'est pas du tout une légende urbaine. Déjà à l'époque de Marc Dutroux, des enquêteurs disaient avoir saisi une dizaine de cassettes dont je passerai les détails. La déclaration est même parue officiellement dans la Nouvelle Gazette de Charleroi le 22 janvier 1997. Mon charmant pays n'est bien sûr pas le seul épargné. Des affaires du même genre ont été vues en France, en Angleterre, en Russie, aux Pays-Bas et sans doute ailleurs. Avec l'émergence et la démocratisation d'Internet, le virtuel est devenu un nouvel endroit de prédilection pour les personnes malfaisantes cherchant à gagner un temps une sombre popularité en échange d'une somme importante d'argent. Ce n'est toutefois pas sur Google que vous trouverez ça, mais dans les recoins du darknet. On ne le répètera jamais assez mais l'Internet visible ne représente qu'une toute petite fraction de l'ensemble global de ce réseau plus perverti qu'il n'en a l'air, désireux de fournir vices en tout genre et même de la propagande. Doit-on encore citer les exactions de Daesh ?
Mais là n'est pas le but de décrire avec minutie une réalité peu perçue d'un grand nombre mais plutôt de faire un constat en long et en large que le Web malfaisant ne se limite pas aux malware, brouteurs ivoiriens et phishing en tout genre. 

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Faces Of Snuff incarne une bien honteuse vérité de notre société ayant tendance à ne pas y croire (ou vouloir y croire). Ainsi, j'inviterai très sérieusement les personnes les plus sensibles à passer outre la chronique et à s'arrêter là car s'il est affirmatif que la très grande majorité des vidéos présentées sont factices (et heureusement !!!), d'autres sèment le trouble dans notre esprit, incapable de savoir si ce qui se profile sur notre écran est réel ou non tant le réalisme est extrême. Un petit passage introductif nous présente un homme menotté témoignant que ce que nous allons voir représente les plus bas instincts d'une humanité malade mentalement.
Il serait pour le moins inutile de décrire en détails chaque vidéo partagée, d'abord parce qu'il y en a trop et parce que ça ne mènerait à rien. Mais que cela soit fake ou non, la sauvagerie est bien présente parfois dans des proportions frôlant l'insoutenable. Car une question nous taraude tout au long de la séance : A quel moment vous vous imaginez, même pour déconner, mettre en scène une simulation de meurtre ? Cette question m'est apparu en tête dans un segment clairement faux d'une mère regardant un mystérieux DVD reçu. Sur ce DVD se trouve sa fille disparue, en fait enlevée, ligotée et qui fera le bonheur d'un homme masqué la faisant saigner en parcourant son corps avec son couteau tranchant pour l'égorger comme un porc et lui ouvrir le bide, extrayant de là ses intestins, face au regard désemparé de la mère.

Pourtant, si cette vidéo est propice à faire fuir de par sa tonalité, ce n'est que de la roupie de sansonnet face à d'autres. Et c'est bien là que se situera le problème primordial de Faces Of Snuff et comme de presque toute anthologie. C'est qu'il est incapable de fournir une constante dans l'enfer filmé. Alors que le réalisme de certaines vidéos amateurs nous paralysent, d'autres nous laissent dubitatif par un réalisme pour le moins médiocre. Le meilleur exemple est ce voyage en amoureux à Chicago où tout va dégénérer. Qui plus est, on demeure assez sceptique dans le choix de cet assemblage fragmenté voyant des portions de mêmes segments s'insérer sans transition tout au long de la durée du spicilège. L'exemple de taille est ce couple dépravé ayant invité une jeune fille chez eux pour que l'homme fornique avec face caméra. Et comme on s'en doutera, les mauvais traitements émergeront vite pour se transmuer ensuite en viol suivi d'un étranglement apparemment accidentel.
Une cassure très désagréable dans le rythme, alors que nous nous attendions à une succession logique et continue des vidéos sans interruption et parasitisme de séquences dont l'on se fout éperdument. Je pense à ce présentateur nous parlant de cassettes pornos, aussi à plusieurs reprises. Peut-être cela permettra aux plus impressionnables de souffler un moment mais l'intensité en pâtit à notre grand dam. 

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Ces critiques assez désobligeantes ne peuvent toutefois pas masquer l'extrême violence du contenu propre à bouleverser même le spectateur le plus endurci. A ce sujet, je dois avouer être bien étonné des critiques anglaises narrant une mauvaise compilation, reprochant son "manque d'originalité" et sa faiblesse relative. Peut-être espéraient-ils une litanie de tortures ininterrompues, voire même exprimaient secrètement une envie malsaine de vrais snuff movie. Bien sûr, n'étant aucunement un spécialiste de pointe, je ne peux que m'exprimer de manière circonspecte sur la chose. Cependant, entre nous, Faces Of Snuff joue pour beaucoup sur une ambiance tout bonnement oppressante, d'une froideur assez hallucinante où la radicalité se trouve dans l'exécution gratuite. Ces métrages tournés avec un budget tout sauf hollywoodien ne pouvaient se risquer à verser dans du gore vite risible à cause de son manque flagrant de budget. Les exemples ne manquent pas.
Compte tenu de cela, tout miser sur l'efficacité de l'exécution est un parti bien plus judicieux au vu des effets spéciaux généralement de très bonne facture, et parfois... bien plus que ça. J'en reviens, dès lors, à certaines séquences problématiques. En effet, comme le synopsis l'indique, certains réalisateurs n'ont pas voulu être mentionné pour une raison qui m'échappe mais qui, je pense, pourrait leur faire avoir de gros problèmes au niveau social vu à quel point l'information se propage vite sur le Net. Entre nous, qui aimerait entretenir des rapports courtois avec un type qui s'est amusé à reproduire un meurtre factice au plus proche du réalisme ?

Les archétypes du faux snuff perturbant ne manquent pas. L'une des premières vidéos voit un homme suivre une femme sur un chemin de campagne pour entrer dans sa villa. La suite sera le viol filmé de cette femme n'ayant rien demandé pour être battue à mort et visiblement découpée en quelques morceaux. Le réalisme surdimensionné est juste propice à immobiliser le cinéphile aventureux. L'image de gauche juste en-dessous parle d'elle-même. De la même manière, on pourra s'enorgueillir (un terme à mettre entre 36 guillemets de chaque côté) de l'humiliation d'un cocaïnomane dans une baignoire, égorgé à son tour ou d'une fugueuse (dernière image en haut) dont la tête sera fracassée contre le mur du pont. D'autres VHS encore plus malsaines, dont une remontant aux années 80, nous font encore nous interroger sur l'existence d'effets spéciaux ou non et surtout du jeu d'acteur traduisant presque une non simulation. Le cas du viol filmé et susmentionné laisse apparaître de sérieux doutes.
Mais la palme de l'atrocité à tétaniser le spectateur sera ce fameux Captain Pride Volume 33 présenté sous forme d'extraits condensés en un seul morceau décrivant une fille enfermée dans une minuscule cage, à l'autre coin de la pièce un cadavre suspendu. Le schéma suivant étant la fille ligotée sur une table à la merci d'un homme masqué la saignant, un deuxième homme masqué aura ce plaisir malsain de la violer tandis que le premier homme l'égorgera en même temps. Le regard de cette femme à l'instant fatidique traduit un effroi inimaginable. Aucun bruitage ambiant, aucun réalisateur et équipe technique mentionnés, caméra amateure à 100%. Pas le moindre pet de renseignement à son sujet ! Compte tenu du manque total d'informations à son sujet et du réalisme cauchemardesque, personne ne sait explicitement si le contenu de la chose est réel ou fictif. Le constat est tel que des débats ardents et articles ont été générés sur la Toile pour statuer sur la chose...en vain. En ce qui me concerne, je ne sais pas quoi en penser, le regard de la femme risquant de me hanter pour toujours. Ce n'est pas par hasard que, outre le fait d'avoir détourné le regard de rage d'un garçon donnant un coup de pied gratuit à la gueule de son chien, j'ai à plusieurs reprises regardé un court instant la table au lieu de l'écran dans ce passage. Vous verrez que l'image de droite transcrivant l'incarnation du sadisme à l'état pur. 

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J'en arrive à la conclusion qu'il est superfétatoire de ratiociner davantage sur cette terrifiante chrestomathie, de qualité très inégale certes, mais rattrapée par des métrages bons à couper le souffle. De quoi poser un débat éthique sur la représentation d'un certain seuil de violence dans le Septième Art. Etant pourtant très ouvert d'esprit, j'avoue que je me suis retrouvé face à mes pensées libertaires sur la chose. Même artificiel, une simulation de snuff est-elle chose à faire d'un point de vue philosophique ? Certains répondront non, d'autres oui. En ce qui me concerne, je suis très partagé à cette ignoble idée de reproduire un faux snuff même pour faire le buzz. Où se situe la normalité ?
Peut-on considérer ces personnes comme des gens réellement malades et névrosés ? Qu'on le veuille ou non, Faces Of Snuff pose une série de débats variés sur la violence cinématographique. Les satyriasis des bourreaux face à la reproduction d'un faux viol, parfois même avec nécrophilie, a de quoi tourmenter. Mais même si les plus voyeuristes pesteront sur des tortures extravagantes et putassières absentes, la violence psychologique a vite fait de rattraper le coup. Et puis, c'est sans compter sur ce Captain Pride Volume 33 bon à infliger un coup de massue en guise de finish. Pour le petit ressenti personnel, j'ai grandement apprécié cette idée de représenter la femme en bourreau sur la pochette, comme pour illustrer la vengeance féministe de ce sexe en permanence maltraité ici. Ressortant de la séance complètement secoué, voyant le légendaire Salo ou les 120 Jours de Sodome, autrefois en numéro 1 des films les plus trash que j'ai jamais visionnés, tout bonnement pulvérisé et, tout en rempilant le DVD dans sa boîte, une constatation existentielle se posa à moi : et dire que la conclusion finale de cette expérience insolite, devenue épouvantable, se situe bien plus haut dans le top 250... 

 

Note : Ignoble/20

 

 

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19 avril 2019

Scream - La Saga (Critique et analyse de la saga en vidéo par Toahir House)

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Aujourd'hui, Cinéma Choc vous propose une rétrospective de la saga Scream via une vidéo publiée par Toahir House et disponible sur le lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=d8nAs13cYUE


L'Eté Meurtrier (Irréversible)

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Genre : drame (tous publics en France, interdit aux - 18 ans au Royaume-Uni)
Année : 1983
Durée : 2h10

Synopsis : En 1976, la jeune Éliane, sensuelle et aguicheuse, emménage dans un petit village de Provence avec Gabriel, son père adoptif paralytique et sa mère Eva Braun. La jeune femme fait alors la rencontre d'un pompier volontaire du village, surnommé Pin Pon, dont elle finit par tomber amoureuse. 

 

La critique :

Soyez rassérénés, nous ne procéderons pas derechef à une exégèse du genre rape and revenge puisque nous avons déjà itéré, à maintes reprises, ce registre cinématographique virulent et impudent sur ce blog. Rappelons tout de même que c'est le film La Dernière Maison sur la Gauche (Wes Craven, 1972) qui officialise la naissance de ce sous genre du cinéma bis et d'exploitation. Au moment de sa sortie, le film de Wes Craven subit les saillies et les furibonderies de la censure pour sa violence gratuite et son âpreté rédhibitoire. Deux jeunes femmes sont séquestrées, violées puis suppliciées dans la forêt par une bande de rustres et de psychopathes.
Mais ces derniers, pourtant euphoriques, vont rapidement déchanter puisqu'ils sont recueillis, sans le savoir, par les parents de l'une des victimes.

Ce schéma narratif, aussi lapidaire que simplissime, reprend en réalité la trame narrative de La Source (Ingmar Bergman, 1960), une oeuvre référentielle à laquelle Wes Craven a fait voeu d'allégeance et d'obédience. Aux yeux des cinéphiles avertis, La Dernière Maison sur la Gauche s'apparente même à un remake officieux de La Source pour ses analogies évidentes avec le chef d'oeuvre vengeur, mystique et ésotérique d'Ingmar Bergman. C'est pourtant le métrage de Wes Craven qui remportera les suffrages et les dithyrambes, profitant par ailleurs des bouleversements sociologiques, économiques voire existentiels de son époque. Nous sommes à l'orée des années 1970.
L'occident est à la lisière d'une crise majeure qui voit le patriarcat péricliter sous l'hégémonie du féminisme et des premiers ânonnements d'une mondialisation globalisée.

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La jeunesse, en dissidence, se regimbe contre les gouvernements successifs et la société qu'elle juge beaucoup trop partiaux et rigoristes. La nudité et la concupiscence, jadis dissimulées, sont exposées sans fard aux anciennes et nouvelles générations via l'explosion de l'érotisme et de la pornographie. Le rape and revenge s'immisce dans cette gronde ambiante et obéit lui aussi à la même ritournelle. Une femme fragile et pudibonde est victime des satyriasis d'une bande de goujats et de renégats. Laissée pour morte, cette dernière revient miraculeusement à la vie et peut entreprendre son entreprise de vengeance. La Source et La Dernière Maison sur la Gauche vont donc générer et inspirer de nombreux épigones. Les thuriféraires de ce registre cinématographique n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles qu'Oeil pour Oeil (Meir Zarchi, 1978), Crime à Froid (Bo Arne Vibenius, 1974), La Maison au fond du parc (Ruggero Deodato, 1980), L'ange de la vengeance (Abel Ferrara, 1981), ou encore Le dernier train de la nuit (Aldo Laddo, 1975) parmi les films les plus notables et éventuellement notoires.

Même la France s'acoquinera et lutinera avec le rape and revenge via La Traque (Serge Leroy, 1975), Le Vieux Fusil (Roberto Enrico, 1975), ou encore Irréversible (Gaspar Noé, 2002). Vient également s'agréger L'Eté Meurtrier, réalisé par les soins de Jean Becker en 1983. A l'origine, ce drame, mâtiné de rape and revenge, est l'adaptation d'un opuscule homonyme de Sébastien Japrisot, par ailleurs lui-même inspiré de faits réels. L'Eté Meurtrier se soldera non seulement par un succès commercial dans les salles obscures, totalisant plus de cinq millions d'entrées, mais sera également acclamé par les vivats et les satisfécits unanimes de la presse et des médias. 
A l'époque, le métrage est présenté en compétition au festival de Cannes. Corrélativement, le film s'arroge plusieurs récompenses éminentes, entre autres le César du meilleur montage pour Jacques Witta et le César du meilleur scénario d'adaptation pour Sébastien Japrisot. 

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A contrario, le film n'écope d'aucune interdiction lors de sa sortie en France et se solde par une mention "tous publics" alors qu'au Royaume-Uni, L'été meurtrier recueille l'ultime réprobation via une interdiction aux moins de 18 ans. A fortiori, ce sont surtout les saynètes de nudité, presque omniprésentes, qui expliquent une telle animadversion, tout du moins en apparence... Car en catimini, la censure britannique abhorre et brocarde une séquence de viol qu'elle juge beaucoup trop barbare pour être diffusée sur un plus large audimat.
La distribution de ce drame se compose d'Isabelle Adjani, Alain Souchon, François Cluzet, Suzanne Flon, Michel Galabru, Jenny Clève, Maria Machado, Martin Lamotte, Manuel Gélin, Roger Carel et Maïwenn Lebesco, encore enfant à l'époque.

Certes, le film sera écrit pour l'actrice Isabelle Adjani. Mais pendant longtemps, la comédienne sourcilleuse déclinera l'invitation. A force de pugnacité, Jean Becker et Sébastien Japrisot finiront par obtenir l'aval de cette dernière. Même remarque concernant le rôle de Florimond. Gérard Depardieu sera contacté, voire approché, mais ne donnera pas suite à cette invitation circonstanciée. Les producteurs songeront même à Patrick Dewaere. Hélas, quelques temps plus tard, l'acteur se suicide... C'est donc Alain Souchon qui revêt les oripeaux de cet homme aussi affable qu'ingénu.
Quant à Jean Becker, le cinéaste est un érudit bien connu de notre cinéma hexagonal. On lui doit notamment des films tels que Tendre Voyou (1966), Elisa (1995), Les enfants du marais (1999), Dialogue avec mon jardinier (2007), ou encore Deux jours à Tuer (2008).

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Mais ne nous égarons pas et revenons à l'exégèse de L'été meurtrier ! Attention, SPOILERS ! (Ce qui va suivre dévoile les tenants et les aboutissants du film !) (1) Éliane, dite « Elle », séduisante jeune femme de vingt ans, d'une sensualité troublante et provocante, emménage dans un village provençal avec son père adoptif, Gabriel, paralytique qui refuse de s'occuper d'elle et sa mère, surnommée « Eva Braun » à cause de son origine allemande. Dans le village, Florimond (de son vrai prénom Fiorimondo), surnommé « Pin Pon », qui travaille au garage d'« Henri IV » et comme pompier volontaire et vit avec sa mère, sa tante sourde et ses deux frères Mickey et Boubou dans la grande maison familiale, s'intéresse à la jeune femme aguicheuse.
« Elle » manifeste également son intérêt à « Pin Pon » et une romance naît. 
Il s'avère qu'Éliane est le fruit du viol de sa mère par trois inconnus.

Parmi ces violeurs, il y aurait le père de « Pin Pon », mort depuis, ainsi que Leballech et Touret qui mènent une vie respectable. Elle met savamment au point un plan pour se venger et, faisant croire qu'elle est enceinte, se fait épouser par Florimond. Mais elle découvre qu'elle s'est trompée lorsque son père adoptif, dont elle est à l'origine du handicap, lui révèle qu'il a abattu plusieurs années auparavant les vrais violeurs. Éliane, déjà tourmentée psychologiquement et névrosée, sombre dans la folie. Florimond, désespéré de l'état mental de sa femme, croit, à la suite de la machination d'Éliane, qu'elle est la victime de deux pervers, Leballech et Touret, qui la prostituent.
Il abat les deux hommes (1). 
Indubitablement, il y a quelque chose "d'irréversible", pour faire sciemment référence au film de Gaspar Noé, dans L'été meurtrier.  

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Ce drame, contristé et porté par la magnifique composition d'une Isabelle Adjani tourmentée, porte le sort d'un lourd passé et celui de la fatalité. Isabelle Adjani tient son rôle majeur, voire prédominant au cinéma, celui d'une gourgandine au caractère bien trempé, qui se déhanche sous les yeux frétillants de la gente masculine. Sa vénusté, alliée à sa nudité, n'est pas sans susciter les invectives et les galéjades d'un village typiquement "franchouillard". Par d'habiles matoiseries, Jean Becker dissémine, çà et là, quelques pistes élusives pour mieux remonter vers le passé et se polariser sur cette quête vengeresse, celle entreprise par une Isabelle Adjani effarouchée.
Toute l'existence de la jeune femme, par ailleurs anonyme ("Elle", voire "Eliane" parfois...), est nimbée par une vendetta expiatoire qui consiste à retrouver ceux qui ont rudoyé, violé et semoncé sa matriarche en des temps immémoriaux.

Mais l'histoire recèle de secrets inavouables. La jeune femme sera renvoyée, manu militari, vers son propre patriarche, désormais paralytique et confiné dans un fauteuil roulant, soit le tribut à payer pour quelques gestes malencontreux voire incestuels envers sa propre fille. Vous l'avez donc compris. Via L'été meurtrier, Jean Becker signe un drame nébuleux qui oscille partiellement vers le thriller acéré. Hélas, le film n'est pas exempt de tout reproche. Si on retire la composition magistrale d'Isabelle Adjani et de quelques seconds rôles (en particulier Suzanne Flon et Michel Galabru), il ne reste qu'une tragédie au scénario parfois alambiqué et un dénouement en mode capillotracté.
Par exemple, on a bien du mal à croire au personnage de Florimond, incarné par un Alain Souchon beaucoup trop débonnaire.

Visiblement, le chanteur, vêtu des frusques un peu trop soyeuses de comédien, est lui-même envoûté et intimidé par la vénusté d'Isabelle Adjani, un peu trop sans doute pour lui retourner la réplique. L'été meurtrier souffre, entre autres, d'un personnage masculin aux abonnés absents, étrangement timoré et en partie galvaudé par le magnétisme hypnotique d'Isabelle Adjani. Néanmoins, il faudrait se montrer particulièrement vachard pour ne pas discerner, ni reconnaître les qualités esthétiques et de mise en scène de ce rape and revenge à la française. 
In fine, la mention "tous publics" est totalement incompréhensible. Rien que pour la séquence de viol, d'une violence inouïe, le film aurait sans doute mérité - à minima - une interdiction aux moins de 12 ans, voire peut-être aux moins de 16 ans.

 

Note : 14.5/20

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(1) Synopsis du film : https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C3%89t%C3%A9_meurtrier_(film)

18 avril 2019

Ghost Dog - La Voie du Samouraï (Reportage sur le film en vidéo)

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Aujourd'hui, Cinéma Choc vous propose de revenir sur le film Ghost Dog - La Voie du Samouraï (Jim Jarmusch, 1999), qui est aussi le remake américain de Le Samouraï (Jean-Pierre Melville, 1967). Ina Culture a donc publié une vidéo consacrée à ce drame policier urbain via une vidéo (Source : https://www.youtube.com/watch?v=-I-scFxhj00)

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Mondo Magic ("Africa Blood and Guts, part 2")

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Genre : shockumentary, "Mondo", documentaire, "documenteur", horreur, gore, trash, extrême (interdit aux - 18 ans)
Année : 1975
Durée : 1h39

Synopsis : Voyagez dans un monde de tribus africaines primitives, de guérisseurs indiens et de chasseurs amazoniens. Soyez les témoins de leurs rituels barbares, sexuels et brutaux. La magie et les imprécations tiennent, dans ces cultures archaïques, une place prédominante. Bienvenue dans le monde de Mondo Magic où les hommes, qu'ils soient noirs ou blancs, nous sont présentés à travers toutes leurs déviances et tout leur barbarisme ! 

 

La critique :

Et un nouveau shockumentary sur ce blog ! Un de plus ! Un ! Que les esprits les plus réfractaires se rassérènent. Nous ne commettrons pas l'offense de procéder à l'exégèse du "Mondo", un sous-registre du cinéma horrifique et d'exploitation, qui acte et officialise sa naissance vers l'orée des années 1960. En outre, le long-métrage prodrome de ce genre impudent se nomme Mondo Cane (Gualtiero Jacopetti, Franco Prosperi et Max Cavalara, 1962). Ce pseudo documentaire (en l'occurrence, un "documenteur") repose sur un concept aussi simplissime que lapidaire et consiste, in fine, à scruter et à analyser les us et les coutumes de peuplades séculaires.
Tantôt truculents, tantôt gouailleurs, tantôt virulents, tantôt outrecuidants, ces rites oecuméniques explorent la face tapie de l'Humanité, dans toute sa barbarie, sa cuistrerie et sa perniciosité.

Par ailleurs, dans sa traduction transalpine, "Mondo Cane" signifie, en français, " un monde de chiens". Tel est, en filigrane, le diagnostic dogmatique de Gualtiero Jacopetti et ses fidèles affidés. Le "Mondo" est né et Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi vont revêtir les frusques démiurgiques d'un genre iconoclaste et indécent. Impression corroborée par les sorties - quasi simultanées - de Mondo Cane 2 (1963), Les femmes à travers le monde (1963), Africa Addio (1966) et Les Négriers (1971). Pour les laudateurs du cinéma trash, et en particulier de "Mondo" à la violence âpre et rédhibitoire, c'est Africa Addio qui remporte la couronne, peu reluisante, du shockumentary le plus radical, nihiliste et véhément. Via Africa Addio, aka Africa Blood and Guts, Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi franchissent une étape supplémentaire dans la décadence et le primitivisme ad nauseam.

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A la fois prosaïque, outrancier, dénonciateur et calomnieux, Africa Addio s'apparente, sur la forme, à une véritable litanie d'abjections commises sur des animaux, mais pas seulement... Si la mise en scène se montre sciemment désinvolte, elle brosse le portrait d'un continent à l'agonie et condamné, hélas, à subir sans barguigner les prévarications et les cupidités d'un système capitaliste de plus en plus omnipotent. Et tant pis si la plèbe africaine se meurt et qu'elle se paupérise dans l'indifférence générale... Nonobstant ses trivialités, Africa Addio s'arroge le titre - presque sérénissime - d'un "Mondo" à la fois sagace et d'une rare bestialité. Pour Gualtiero Jacopetti et son prosélyte, la dégénérescence du continent africain devient même leur principal leitmotiv.
Corrélativement, le style irrévocable des deux journalistes, mués en cinéastes pour l'occasion, influence et génère de nombreux épigones.

C'est par exemple le cas d'Angelo et Alfredo Castiglioni, deux autres parangons du "Mondo" et du shockumentary en particulier. Les deux frangins monozygotes vont copieusement s'inspirer d'Africa Addio, et plus précisément de cette déréliction du continent africain, pour la transmuer en une diatribe acerbe d'un peuple à l'agonie et abandonné à son sort par toute une frange du monde occidental. Bien triste constat... Ensemble, les deux frérots vont écrire, produire et réaliser Africa Segreta (1969), Africa Ama (1971), Addio Ultimo Uomo (1978), ou encore Afrique, douce et sauvage (1982) avant de disparaître subrepticement des écrans-radars.
Vient également s'additionner Mondo Magic, sorti en 1975. Si Addio Ultimo Uomo est souvent considéré comme la quintessence du "Mondo", rivalisant sans sourciller avec les extravagances sanguinolentes d'Africa Addio ; le cas de Mondo Magic ne doit pas être considéré avec une certaine frivolité.

Pour la faribole superfétatoire, Mondo Magic s'est même arrogé la 71e place du Top 250 des films trash, extrêmes et scandaleux (Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2019/03/18/37177484.html), un classement prodigué par la diligence d'Inthemoodforgore (Inthemood pour les intimes...). A juste titre, Mondo Magic est même considéré comme le ou l'un des "Mondo" les plus brutaux de sa catégorie, peu ou prou à équité avec les mêmes Africa Addio et Addio Ultimo Uomo. En outre, Mondo Magic fait figure de film confidentiel, voire de véritable rareté.
Le long-métrage d'Angelo et d'Alfredo Castiglioni n'a même pas bénéficié d'une sortie dans nos salles obscures en son temps. A contrario, pour les thuriféraires de "Mondo" et de shockumentaries, Mondo Magic reste un objet prisé, adoubé et quasiment divinisé.

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Il tient une place proéminente auprès des classiques indéfectibles, voire indétrônables, du genre. Mondo Magic s'adresse aussi à un public extrêmement averti puisque le film s'est soldé par l'ultime réprobation, à savoir une interdiction aux moins de 18 ans. Reste à savoir si ce métrage est bel et bien ce "Mondo" sulfureux et malaisant qu'il aspire à devenir. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... Attention, SPOILERS ! Voyagez dans un monde de tribus africaines primitives, de guérisseurs indiens et de chasseurs amazoniens. Soyez les témoins oculaires de leurs rituels barbares, sexuels et brutaux. La magie et les imprécations tiennent, dans ces cultures archaïques, une place prédominante.
Bienvenue dans le monde de 
Mondo Magic où les hommes, qu'ils soient noirs ou blancs, nous sont présentés à travers toutes leurs déviances et tout leur barbarisme ! 

Autant l'annoncer sans ambages. Oui, à l'instar d'Africa Addio et d'Addio Ultimo Uomo (bis repetita...), Mondo Magic est bel et bien cet uppercut décrié et qui estourbit durablement les persistances rétiniennes. Certes, le spectateur hébété pourra toujours gloser, pérorer et semoncer contre cette mise en scène à la fois factice, vaniteuse et à la précision chirurgicale, laissant songer à un véritable documentaire. Or, dans Mondo Magic, la frontière entre la fiction et la réalité est poreuse et presque impossible à discerner en raison de son réalisme à tous crins, radical et brut de décoffrage.
Le préambule, d'une violence inouïe, nous plonge au coeur d'une Afrique à la fois honnie, oubliée, tourmentée, vouée à l'opprobre, clouée au pilori et hélas condamnée à disparaître en raison des effets délétères d'une globalisation exponentielle.

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Ainsi, ce shockumentary se polarise sur des coutumes et des traditions ancestrales qui consistent, entre autres, à se baigner et à se sustenter des déjections urinaires et anales d'animaux, l'objectif expiatoire étant d'obtenir et de recevoir la miséricorde des cieux, par ailleurs peu cléments. La faune et la flore font à la fois office de terrain de chasse et de victuailles plantureuses qu'il faut généreusement prodiguer à des forces divinatoires, totémiques et thaumaturgiques qu'il convient rigoureusement d'aduler, sous peine de subir les pires furibonderies.
Comme l'indique son intitulé, Mondo Magic a donc un véritable aspect incantatoire. C'est probablement ce syllogisme intarissable qui confère à ce "Mondo" une exhalaison indicible. Pour ceux qui exècrent et abhorrent - à juste titre - les tortures d'animaux, merci de quitter prestement leur siège et de retourner gentiment dans leurs pénates ! 

Sur ce dernier point, Mondo Magic se montre particulièrement philanthrope et se résume à une véritable litanie d'abjections, de dépeçages, d'équarrissages et d'exécutions sadiques perpétrés sur des animaux. Indubitablement, Alfredo et Angelo Castiglioni ne badinent pas avec la barbaque et les saynètes de tripailles qu'ils véhiculent à satiété. Si le portrait de ces peuplades éculées peut laisser dubitatif en raison, principalement, d'une xénophobie latente ; le long-métrage n'épargne pas non plus les populations dites civilisées. Si ces tribus ancestrales s'adonnent, sans chinoiser, aux sacrifices d'animaux et autres rites mortifères, les chasseurs blancs (en particulier amazoniens) sont eux aussi impitoyablement fustigés et vitupérés par la caméra ensanglantée des deux cinéastes.
Dès lors, la xénophobie immanente n'est plus de mise puisque c'est l'être humain, dans toute sa nocuité, qui en prend pour son grade. Si le long-métrage n'échappe pas aux salacités habituelles (pourquoi, diantre, affubler le film de quelques saynètes à consonance pornographique ?), Mondo Magic remplit doctement son office en termes d'abjections, d'ignominies et de turpitudes, gourmandant sans ciller toute l'avidité de l'âme humaine. Bref, nonobstant tous ses impondérables, ce shockumentary mérite néanmoins quelques bonnes grâces et congratulations circonstanciées.

Note : 13/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

17 avril 2019

The Lady In The Sea Of Blood (Mon liquide rouge adoré)

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Genre : Expérimental, horreur, gore, inclassable (interdit aux - 18 ans)

Année : 1997-1998

Durée : 30 min

 

Synopsis :

Une femme se brosse les dents pour cracher du sang à la fin. L'instant d'après, on la retrouve dans une salle de bains à se recouvrir de sang en riant. 

 

La critique :

C'est avec un entrain frénétique que je me décide à continuer mon aventure dans les méandres de la folie humaine après le visionnage de Tales Of Naked Humiliation, un porno déviant particulièrement glauque. D'un point de vue cinéphile, l'intérêt était objectivement nul mais d'un autre côté, cette sensation de toucher à l'interdit, au cinéma obscur faisait de cette chose un objet fascinant, à mon grand dam, moi qui trouvais le cinéma pornographique globalement aussi intéressant que le périple d'un escargot sur un mur. Le lendemain de la séance, nous étions samedi. Le temps couvert, la température pas géniale pour un printemps. C'était un samedi classique de Belgique.
Ma mère est partie pour son boulot. Voilà une occasion rêvée en cette matinée de poursuivre ma lancée à l'abri des regards indiscrets sauf d'un de mes meilleurs potes, fasciné par le cinéma trash (et fidèle dévotieux de Cinéma Choc de surcroît grâce à bibi !) et d'une de mes meilleures potes éprouvant une curiosité non négligeable du genre après s'être fait une agréable soirée en compagnie de Pink Flamingos, A Serbian Film et Martyrs. Films abominables pour le commun des mortels mais on ne pourra pas leur en vouloir.

Mais voilà, il fallait me rendre à l'évidence que ces temps immémoriaux étaient bien révolus et que mon endurance en matière de cinéma extrême a gravi les échelons à un stade qu'il m'aurait été bien difficile de croire dans mes jeunes années d'insouciance. Seul dans le salon, j'ouvris le boîtier du DVD contenant le deuxième segment de mon triptyque. Cette fois-ci, pas de petit film de Woody Allen qui ne tenait pour égayer la soirée avant le cauchemar. Autant y aller cash au réveil avec ce nom très obscur : The Lady In The Sea Of Blood, classé 95ème du top 250. Cette fois-ci, Twistedanger améliorait sa présentation avec une vraie pochette pour le moins peu ragoûtante. De plus, un vrai menu principal un minimum travaillé était de la partie. Pourtant, c'est bel et bien face à l'un des films les plus rares sur Terre que je me trouvais. Quoique plus accessible niveau informations que Tales Of Naked Humiliation, les renseignements à propos de ce moyen-métrage, et c'est un euphémisme, sont pour le moins floues, laissant supposer une pellicule indésirable qui aurait volontairement été égarée. 
A ce petit jeu, je restais toujours en territoire connu suite au vendredi de la veille. Pour les rares connaisseurs acharnés, The Lady In The Sea Of Blood s'auréole d'une aura quasi mystique. De quoi troubler avant même d'insérer le DVD.

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ATTENTION SPOILERS : Une femme se brosse les dents pour cracher du sang à la fin. L'instant d'après, on la retrouve dans une salle de bains à se recouvrir de sang en riant. 

Tous les indicateurs étaient verts pour attiser ma curiosité. Aucun nom de réalisateur, aucun acteur crédité, une création dont l'on ne sait absolument rien, strictement introuvable autre part que sur Twistedanger. N'essayez même pas de nourrir l'espoir de le voir en téléchargement ou streaming. La preuve en est que j'ai abdiqué en ayant raqué la mirobolante somme de 9,99£. Pendant longtemps, le film, lui-même, fut considéré comme perdu avant qu'une mystérieuse copie VHS d'un collectionneur japonais résidant en Angleterre ne fit surface. A fortiori, si j'en crois la pochette, seulement trois copies ont été faites, parmi lesquelles cette VHS en question qui vit Twistedanger (une maison d'édition anglaise, comme par hasard...) se jeter dessus pour la graver en de moult exemplaires afin de permettre une commercialisation à plus grande échelle. Nourrir cet espoir de tomber sur une version d'origine ne pourrait s'apparenter à rien de plus qu'à l'utopie la plus naïve qui soit. Mieux encore, la date de réalisation est tout autant obscure.
A fortiori, le film remonterait à l'an de grâce 1997 ou 1998 sans avoir quoi que ce soit de plus à nous mettre sous la dent. Indubitablement, la prétendue aura mystique était bel et bien vérifiée. Comme une étrange fatalité, savoir tout cela fit naître en moi une curiosité incoercible. Il fallait que je visionne cette bizarrerie de tout premier ordre, elle-même décrite comme l'une des vidéos les plus étranges jamais vues par Twistedanger lui-même.

Mieux encore (ironie mal placée), on le comparait avec Women's Flesh My Red Guts, un truc fortement secoué que je ne tiens pas à voir. La seule chose comparable étant, en fait, une femme dans une salle de bain. Une femme dont l'identité est proprement inconnue et qui sera seule actrice de ces 30 minutes de solitude face à l'incarnation même de la folie humaine. L "histoire" (un terme à mettre vraiment entre guillemets) voit l'action démarrer face à un lavabo devant lequel la femme en question se brosse les dents pour cracher du sang vers la fin. Incident qui lui fera décocher un rictus malsain au possible. La deuxième et dernière partie s'attardera à la voir se diriger dans la salle de bain. Une grosse bouteille contenant un liquide sombre est placée là comme si elle avait toujours attendu Madame. Comme en atteste le titre, c'est bel et bien du véritable sang, vu le réalisme de la substance, qu'elle fera couler dans un contenant pour se l'étaler après durant le reste de la séance.
Prise à de nombreuses reprises de rires psychopathiques sans quelconque logique, on en vient à se demander si elle n'est pas possédée par une bête démoniaque. Autant dire que The Lady In The Sea Of Blood a le chic pour vous placer dans un climat dérangeant difficilement supportable.

LITSOB2

Oppressé par cette folie sans nom, le ressenti de voir les enfers prendre un aspect urbain de la vie de tous les jours est une réalité de plus en plus alarmante au fil des minutes défilant, le sang s'éparpillant sur le carrelage, le pommeau de douche et sur ce corps de la tête aux pieds. Dans les deux dernières minutes, elle se lavera pour faire partir le sang et s'allonger lascivement sans dire un mot sur le sol avant qu'un "end" ensanglanté ne vienne couler sur son flanc, par le biais d'une main renversant une bouteille un liquide similaire. Quel est le but de tout ceci si ce n'est de ponctionner l'âme du cinéphile pour la jeter droit dans les limbes infernaux ? Catalogué à juste titre comme expérience extrêmement dérangeante, sa dimension trash ne voit sa naissance prendre que de son atmosphère glauque au possible, indubitablement torturée, telle qu'elle pourrait enterrer facilement 95% de la concurrence.
Pas d'ultra violence, de pornographie, de mutilations et autres tortures, de déviances sexuelles. Alors comment on en arrive à la fin du film, la joie de vivre en bouillie ? Rien que pour ça, je suis forcé d'admettre que l'expérience mérite le détour. Le "cinéaste-dont-on-ne-connaît-pas-le-nom" réalise un tour de force en mettant le spectateur en position d'inconfort de A à Z avec le strict minimum : deux pièces, une bouteille, un silence d'outre-tombe hors hilarité de la dame, une caméra voyeuriste dont le floutage des parties intimes est bien approximatif, une mise en scène fauchée et d'une excentrique simplicité.

A n'en point douter, le point de convergence de tout ceci résidera bien dans la prestation innommable de la demoiselle dont on prierait le ciel de ne jamais être enfermé avec elle dans la même pièce. Demoiselle qui ne fera sortir aucun mot de sa bouche. Comme je l'ai dit, c'est le minimum syndical qui caractérise cette éprouvante expérience, difficilement descriptible. Depuis toujours, le Japon entretient un lien de tout premier ordre avec la violence et ne se refuse aucune excentricité. On en a encore une fois le brillant exemple ici-même. Une relation fusionnelle se fait entre la femme et le sang, avant tout symbole de vie. Est-ce le fait de faire couler la vie d'un(e) autre sur elle-même qui la rend joyeuse ? Encore une fois, le flou le plus total durant une durée de 30 min révulsantes mais d'un étrange hypnotisme. Autant dire que The Lady In The Sea Of Blood confirme sa réputation d'un des OFNI les plus austères du cinéma dont je suis fier de rédiger la toute première chronique en français le concernant. Une question me taraude cependant : Quelle interdiction pourrait-on graver dessus ?
Si l'interdiction aux moins de 18 ans semble un peu too much, celle de -16 ans ne me semblerait pas totalement adéquate non plus. Alors pourquoi ce -18 ans cité en début de chronique ? Tout simplement grâce à la section des bonus présents sur le DVD. Bonus se résumant au court-métrage absolument répugnant du nom de Nekro (déjà chroniqué), un trailer torché par le même réalisateur que le court-métrage susmentionné et la présence du moyen-métrage Torched (lui aussi déjà chroniqué). Et oui, n'allez pas croire que la section des bonus allait vous en apprendre plus sur cette oeuvre profondément dérangeante que n'auraient pas reniés les étalages dépravés des commerçants borderline ayant sévi dans le très bon 8MM

 

Note : Dérangeant/20

 

 

orange-mecanique   Taratata

 

16 avril 2019

Cinéma Choc, le blog en termes d'anecdotes, de commentaires et de statistiques

 

Aujourd'hui, Cinéma Choc vous propose un billet un peu particulier, voire digressif. Récemment, le blog a fêté ses quatre années d'existence sur la Toile, au plus grand désarroi des cinéphiles avisés. Il était donc temps de consacrer un petit billet sur le site lui-même en termes d'anecdotes, de commentaires et de statistiques, entre autres.

En outre, le blog peut s'enhardir d'ériger le chiffre de 22 500 commentaires (environ), en sachant que 25 d'entre eux ont été réduits à l'état de spams. D'une façon générale, je suis contre la censure. Mais lorsqu'une personne écrit un commentaire pour émettre ou vanter les qualités d'un grand marabout extralucide, je ne vois pas trop l'intérêt, d'autant plus que ce n'est pas trop le lieu pour déblatérer ce genre d'ineptie. Pour le moment, Cinéma Choc n'a pas encore été confronté à cet internaute "cheval de Troie", qui vient semoncer et gourmander le blog pour ses piètres qualités.
D'une façon générale, je ne refuse pas le débat, même quand il devient houleux, et je peux accepter les saillies, rédhibitoires ou non, par ailleurs. Néanmoins, je dois avouer qu'une personne qui diffuserait à satiété des messages tels que "c'est nul", "bande d'incompétents", ou ce genre de sarcasme gratuit, serait probablement renvoyée, au bout d'un moment, dans les affres des spams et des oubliettes. Pourquoi ? Parce que ça ne fait justement pas avancer le débat, tout du moins, à mon sens. En sus, je rappelle que Cinéma Choc est un blog d'amateurs, et non un site professionnel, loin de là. 
A mon sens, s'acharner à ce point contre un site (ça prévaut encore davantage pour une personne, mais ceci est un autre débat), aussi incompétent soit-il, n'a aucun intérêt et finit par user un peu tout le monde (auteurs et commentateurs) sur la durée. Personnellement, je conçois un site ou un blog comme une plateforme de partage, plutôt que d'anathèmes. A ce sujet, il existe toute une pléthore de réseaux, de sites, de plateformes ou de blogs sur lesquels des contempteurs peuvent outrageusement déclamer, voire débiner toute leur bile. Toutefois, une fois ce diagnostic posé, cela pose tout de même la question de la liberté d'expression, liberté à laquelle, personnellement, je suis très attachée. Pour le reste, voici le top 10 des articles qui ont suscité le plus de commentaires :

1. Le top 100 des films trash, extrêmes et scandaleux : la sélection d'Inthemoodforgore : 525 commentaires
2. Most Disturbed Person On Planet Earth 2 (Thomas Extreme Cinemagore, 2014) : 132 commentaires
3. Snuff R73 (Clinton Teale, 2015) : 116 commentaires
4. Star Wars - Episode 7 : Le réveil de la force (J.J. Abrams, 2007) : 106 commentaires
5. Pain Gate : Scrum (2014, ?) : 90 commentaires
6. Gusomilk épisodes 1, 2, 3, 4 (2005 - 2010) : 85 commentaires
7. Vomit Enema Extasy (Tohjiro, 2009) : 79 commentaires
8. Genki Genki 21 (2009, ?) : 76 commentaires
9. Channel 309 (Marco Malattia, 2014) : 73 commentaires
10. La Loi du Marché (Stéphane Brizé, 2015) : 72 commentaires

En revanche, le nombre d'abonnés au blog n'est pas florissant et escompte, pour le moment, 15 fidèles affidés. Cinéma Choc tient aujourd'hui à les remercier pour leur probité. Cinéma Choc souhaite aussi féliciter les commentateurs réguliers ou occasionnels, ces derniers se reconnaîtront dans ses lignes. Même chose pour les "like" avec 167 "j'aime" à l'heure actuelle. Ces chiffres anémiques s'expliquent sans doute par le fait que Cinéma Choc reste relativement absent des réseaux sociaux. A contrario, le blog reste facilement repérable sur Google.
Il suffit de taper l'intitulé du blog et il apparaît en première ligne. Concernant le nombre de visites, le blog affiche une mine plutôt rayonnante en avoisinant - et même en dépassant allègrement - les 1 250 000 de "spectateurs" (si j'ose dire...). Chaque jour, le blog peut s'enorgueillir de recevoir plus d'un millier de visites, mais le chiffre reste erratique, variant d'un petit millier (parfois un peu moins), à plus de 7000 passages ! Pour trouver un film, je précise qu'il existe deux méthodes, la première et la plus courte est de se rendre dans la colonne de droite et dans la section "rechercher" (il suffit juste de taper l'intitulé du film...) ; la seconde consiste à vous rendre dans l'index des films - toujours dans la colonne de droite - et de cliquer sur le film qui vous intéresse.

Pour conclure, sur les 1950 billets (environ...) publiés, il reste encore des chroniques à zéro commentaire, dont voici la liste, pour ceux et celles qui auraient la témérité - presque condescendante - de les commenter :

A des millions de kilomètres de la Terre 
Alien War

Amazonia - L'esclave blonde

American Warrior 

August's Underground Penance 

Bait
Banned from television - Prison Files
 
Bloodsport 2, Bloodsport 3

Bound to vengeance - Reversal

B.T.K.
 
Bubbles Galore

The Butcher - 2007 

Cannibal Ferox 2
Cannibalis, au pays de l'exorcisme

Captivity

Chair pour Frankenstein

Cockneys Vs Zombies

Contamination - 1980 

Darkman 3
Death Note 2 - The Last Name

The death of Superman

Le déclin de l'Empire Américain

The Demented - Infection

Le Dentiste 2

Dominion - Prequel to the Exorcist 

L'école de tous les dangers - Fortress
End of the Line - Le terminus de l'horreur

Epouvante sur New York

The Exterminator, Exterminator 2 

Extraterrestrial
 
Extremities

Faces of gore
Le fils de Frankenstein

Frankenstein's Army
 

Grave Encounters
Guinea Pig - Mermaid in a manhole

Histoire de la boxe
Histoires fantastiques de l'arbre mère

Holocauste

I love snuff
I'll never die alone
 
L'inévitable catastrophe

Ip Man 3

Jack Johnson - Le champion qui divisa l'Amérique
Jack le tueur de géants
- 1962 
Jetons les livres, sortons dans la rue
Le jeune hitlérien Quex
 
Le jour des morts - Day of the dead

Kickboxer Retaliation
Kingdom Come
- 2011 

The last house in the woods
The last winter

Leatherface - Massacre à la tronçonneuse 3

Mad monkey kung-fu
Massacre à la tronçonneuse : la nouvelle génération

Massacre au camp d'été 2

Mortelle St-Valentin

My friend Dahmer

Night of the living Deb
The Nightmare
- 2015 
No one lives
Les nouveaux barbares

Open Water 3 : cage dive

Paranormal Activity 3
Pernicious

Phone
- 2002 
La Planète Fantôme

Poltergeist 3

Pornocratie : les nouvelles multinationales du sexe

Quand Hitler faisait son cinéma
Quarentine 2 : Terminal - En Quarantaine 2

Le quatrième homme
- 1983 
The Quiet Earth - Le dernier survivant

Ray Harryhausen, le titan des effets spéciaux
Le Rite
- 2011 
Robocop - La Série
Robowar
- 1988 
Les rothschilds 

Scènes de chasse en Bavière
Serial Killers
- 1996
Slow torture puke chamber
Splinter
Superman 3, Superman 4

Terence Fisher, le roi de la Hammer
Terreur extraterrestre
Texas Chainsaw 3D
The tribe, l'île de la terreur

Ultra Vixens
Un seul deviendra invincible 2 - Dernier round
Une virée en enfer 2

V - la série, saison 2 (2011)
Vendredi 13 - chapitre 3 : meurtres en 3 dimensions
Vendredi 13 - chapitre 6 : Jason le mort-vivant
Violent Shit - The Movie (2015)
Viral - 2016
Vomit Gore 4

The Walking Dead - Saison 7, The Walking Dead - Saison 8

Les 6 épreuves de la mort
Le 7e voyage de Sinbad
12 jours de terreur - Panique à New Jersey
2001 Maniacs

 

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Shock X-Treme Vol. 1 Snuff (La mort version extrême)

shock x-treme vol 1 snuff

Genre : shockumentary, death movie, "Mondo", horreur, gore, trash, extrême (interdit aux - 18 ans)
Année : 1997
Durée : 1h30

Synopsis : Présenté et commenté par la voix d'un individu mystérieux et cagoulé d'un masque de cuir, un certain Z. 187, ce nouveau death movie examine la mort à travers des séquences d'une violence inouïe. 

 

La critique :

Suite du cycle consacré aux "Mondo", aux shockumentaries et aux death movies... Et juste pour information, le cycle n'est pas terminé... Loin de là ! Que les thuriféraires de Cinéma Choc (soit trois ou quatre personnes dans le monde, en comptant les auteurs du blog...) se rassérènent. Nous ne commettrons pas l'offense de procéder à l'exégèse de ces sous-genres du cinéma d'exploitation, même s'il convient de réitérer la genèse. En l'occurrence, le long-métrage prodrome se nomme Mondo Cane (Gualtiero Jacopetti, Franco Prosperi et Max Cavalara, 1962), un shockumentary dont l'objectif est de scruter, d'analyser et d'observer les us et les coutumes de peuplades séculaires à travers le monde entier.
Présenté au Festival de Cannes, Mondo Cane suscite les invectives et les quolibets de critiques unanimement hébétées en raison de sa violence jugée âpre et rédhibitoire.

Opportunistes, Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi révèlent les arcanes énigmatiques et oecuméniques de leur "documenteur" iconoclaste. Les saynètes, qu'elles soient pittoresques, hargneuses, virulentes et/ou outrecuidantes, sont en réalité factices et interprétées par des acteurs amateurs et anonymes. Les deux comparses rééditeront les mêmes animosités via Africa Addio (1966), La femme à travers le monde (1963), Les Négriers (1971) et même un Mondo Cane 2 (1963). Le "Mondo" est né et va se transmuer à postériori en death movie.
En outre, Faces of Death, soit Face à la Mort (John Alan Schwartz, 1978) dans nos contrées hexagonales, s'inscrit dans la même rhétorique puisque le film scrute à son tour les rites mortuaires et oecuméniques à travers le monde entier.

Seule dissimilitude et pas des moindres, Faces of Death se polarise sur cette faucheuse qui assaille inopinément via des accidents sportifs, des exécutions sommaires, la torture gratuite d'animaux et même à travers la sentence capitale. Le death movie est né. Faces of Death se mue en une franchise avide et mercantiliste et engendre de nombreux épigones, notamment Traces of Death (Damon Fox, 1993), Faces of Gore (Todd Tjersland, 1999), Des Morts - Of The Dead (Thierry Zeno, 1979), War of Atrocities - The Horrors of War (Geof Bartz, 1983), German Concentration Camps Factual Suvey (Alfred Hitchcock et Sidney Bernstein, 2014) ou encore Orozco The Embalmer (Kiyotaka Tsurisaki, 2001). Vient également s'additionner Shock X-Treme Vol. 1 Snuff, réalisé par la diligence de Gordon Vein en 1997. Il faut se rendre sur le site IMDb et en particulier sur le lien suivant (Source : https://www.imdb.com/name/nm1356835/?ref_=tt_ov_wr) pour dénicher et déceler quelques informations élusives sur ce mystérieux cinéaste. 

En outre, le metteur en scène et producteur américain semble être l'instigateur de The Amazing Shocking Asia (1998), puis a persévéré dans le death movie via Snuff Video - Volume Red (1997). En quoi consiste le syllogisme de Shock X-Treme vol. 1 Snuff ? Inutile de préciser que ce nouveau death movie oblique vers le même continuum que Faces of Death en se centrant sur la mort à travers plusieurs saynètes véhémentes, barbares et mortifères. A juste titre, le shockumentary prodigué par Gordon Vein est auréolé par l'ultime réprobation, à savoir une interdiction aux moins de 18 ans. Il s'agit également d'un death movie rarissime et confidentiel particulièrement difficile à dégoter sur la Toile. De facto, il est parfaitement inutile de rechercher le "film" sur YouTube et les réseaux sociaux... 
Pour la faribole superfétatoire, je tiens à remercier Inthemoodforgore (Inthemood pour les intimes) pour son insatiable munificence et pour le prêt de cet objet filmique non identifié (OFNI). 

Même si Shock X-Treme vol. 1 Snuff reste un objet inusité, les collectionneurs et les laudateurs du cinéma trash lui vouent une véritable allégeance puisque le film est souvent considéré comme l'un des death movies les plus brutaux, trash et extrêmes de sa catégorie. Reste à savoir si ce death movie mérite autant de vivats, d'acclamations et de satisfécits. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... Attention, SPOILERS ! Présenté et commenté par la voix d'un individu mystérieux et cagoulé d'un masque de cuir, un certain Z. 187, ce nouveau death movie examine la mort à travers des séquences d'une violence inouïe. Vous l'avez donc compris. A travers cette exégèse évasive, le spectateur ébaubi aura aisément subodoré la pingrerie, voire l'absence totale de scenarii pragmatiques. 
Shock X-Treme Vol. 1 Snuff ne brille guère par sa trame narrative, finalement à l'instar des death movies habituels. 

Alors, quid de neuf dans le monde étriqué et corseté du death movie ? Si on se focalise sur le shockumentary diligenté par les soins de Gordon Vein, la réponse sera aussi lapidaire que péremptoire, à savoir : "peu ou prou". Sur la forme comme sur le fond, Shock X-Treme Vol. 1 Snuff ne diffère guère de Faces of Death et de ses succédanés adventices. Derechef, ce death movie nous afflige et nous inflige toute une litanie d'anecdotes et de séquences morbides qui visent à estourbir durablement les persistances rétiniennes. Dès lors, inutile de préciser que Shock X-Treme Vol. 1 Snuff s'adresse à un public particulièrement averti et enchaîne, sans sourciller, les séquences rudes, rustres, abruptes et d'un rare primitivisme. En l'occurrence, il serait parfaitement futile de procéder à l'exégèse des atrocités et des impudicités commises. Les meurtres, les exécutions sadiques et les supplices (en particulier, des mains sectionnées en guise de sentence) nous sont assénées via une bestialité rarement égalée. 

Dans cette litanie d'abjections et de diverses turpitudes, on retiendra notamment ce félin assailli, puis tortoré par une meute de rats à l'appétit pantagruélique. Pour ceux qui exècrent et abhorrent - à juste titre - les supplices pratiqués sur des animaux, merci de quitter prestement leur siège et de retourner gentiment dans leurs pénates. Cependant, nonobstant cette profusion de vilenies et de bassesses, Shock X-Treme Vol. 1 Snuff ne dénote guère des death movies habituels. C'est donc un léger désappointement qui suinte et transparaît lors du générique final, surtout à l'aune d'une réputation sulfureuse. En sus, on pourra légitimement se questionner sur l'apport, in fine stérile, de cette voix-off et presque dissonante, qui commente béatement les exactions proférées sur l'écran rougeoyant.
Paradoxalement, Shock X-Treme Vol. 1 Snuff frappe, cogne, rudoie et estomaque là où ça fait mal. Gordon Vein ne badine pas avec la barbaque via ce véritable florilège de tripailles qui se déchaînent et s'enchaînent devant les yeux du spectateur médusé. 
De facto, les laudateurs du cinéma trash et extrême n'y verront qu'un death movie accessoire mais, à contrario, suffisamment philanthrope pour faire avaler cette débauche d'infamies sur la durée. En revanche, les néophytes seront probablement ulcérés par ce déferlement de violences et d'extravagances à tous crins. 
Sans doute trop classique et de facture beaucoup trop conventionnelle, Shock X-Treme Vol. 1 Snuff se montre néanmoins suffisamment affable et a bien mérité sa place sérénissime dans le Top 250 des films extrêmes et scandaleux dispensé par Inthemoodforgore (Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2019/03/18/37177484.html). Par pure mansuétude, nous accorderons à ce death movie subalterne une mention "assez bien". Pour ce genre de forfaiture, c'est déjà pas mal...

Note : 12/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

15 avril 2019

Tales of Naked Humiliation (La tendresse a ses raisons que le coeur comprend très bien)

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Genre : Pornographie, trash, extrême (interdit aux - 18 ans)

Année : 1987

Durée : 1h30

 

Synopsis : 

Tales of Naked Humiliation, c'est un assemblage de deux "histoires" que rien ne relie entre elles, si ce n'est le culte de la dépravation, de la soumission de la gente féminine face aux bas instincts de l'homme. Enchaînées, ligotées, les voici reines de ce porno déviant, mais à quel prix ?

 

La critique :

Et oui... Malheureusement pour moi, malheureusement pour ma famille, malheureusement pour les plus impressionnables lecteurs du blog qui voyaient en mes chroniques une petite bouffée d'air frais très souvent aux antipodes du trash et de l'extrême que les deux plus emblématiques chroniqueurs de Cinéma Choc revendiquaient avec panache, il semblerait que les dernières bribes d'âme mémorielles viennent de s'évaporer définitivement. Pensez-y, je débarquais pour la première fois en 2015 en chroniquant Bienvenue à Gattaca et voilà que 4 ans plus tard, un excès de furie incompréhensible et inexpugnable s'empare de moi pour balancer à intervalles de plus en plus courts de vraies saloperies sur pellicule qu'il m'aurait été impossible jadis de visionner, voire même de songer à le faire.
Alors non, au risque de me répéter, mon endurance ne me permet pas de m'approcher encore des pires monstruosités du système solaire (quoique je tends parfois à remettre en doute cet état de fait..), mais l'évidence est, néanmoins, incontestable : le nom de Taratata peut orner le très sélectif "Hall of Fame" du site par sa contribution à la rédaction d'oeuvres extrêmes. Une observation, cependant, à pondérer car je n'en suis toujours qu'à mes premiers balbutiements, véritablement initiés par les médiocres Sadi-Scream qui en ont été des instigateurs de tout premier plan. Ca remonte quand même un peu loin pour ceux qui nous suivent depuis un moment.

Pourquoi ça ? Tout simplement car mon credo est de vouloir diversifier le plus possible mon travail en m'attaquant à un peu de tout et n'importe quoi. Que ça soit le drame, l'épouvante, le film de guerre, le dessin animé, l'expérimental, le porno et le trash, chaque style est un défi qu'il me tient de réaliser. Quoi de plus jouissif qu'une collection de chroniques éclectiques où il y en aurait pour tous les goûts ? Il est vrai que depuis le début de cette année, Cinéma Choc fait fort et s'est nettement plus radicalisé. Probablement influencé par le fait de vouloir faire sensation, rester sur le banc de touche avec mes billets timorés auréolés de leur petite interdiction aux moins de 12 ans n'aurait pas été de bon ton. Je laisse aux désireux le soin de farfouiller mon modeste travail depuis lors pour en conclure que Taratata est devenu bien plus hargneux et méchant, prêt à en découdre avec l'ultra underground dans toute son effroyable perversité. Voilà que c'est à un défi de taille, surtout d'un point de vue moral, que je m'attaque à mon triptyque chaotique, comme je l'ai surnommé. Une série de 4 films tous plus obscènes et violents les uns que les autres qui auront ce bien triste honneur de se hisser (pour l'instant ?) comme les objets les plus extrêmes jamais chroniqués par mes soins. Il va sans dire que la monstruosité grimpera en intensité plus on avancera dans la série si je m'en réfère au billet maudit des 250 films les plus trash pondu par le pape du trash, j'ai nommé Inthemoodforgore, dont nous saluons le courage d'avoir réalisé ce travail de titan.
Aux esprits taquins, non je ne démarrerai pas avec un film classé 249ème/250 pour finir sur un dernier classé 246ème. Loin de là même puisque les hostilités débutent ni plus ni moins qu'avec le 107ème du classement : Tales of Naked Humiliation.

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ATTENTION SPOILERS : Tales of Naked Humiliation, c'est un assemblage de deux "histoires" que rien ne relie entre elles, si ce n'est le culte de la dépravation, de la soumission de la gente féminine face aux bas instincts de l'homme. Enchaînées, ligotées, les voici reines de ce porno déviant, mais à quel prix ?

Voilà un nom proprement inconnu sur Internet et pour cause, quand on tape le nom dans la barre de recherche Google, Ecosia et Qwant (j'avais du temps à perdre...), le seul lien nous renseignant est le site ultraspécialisé Twistedanger avec qui j'ai eu l'honneur de traiter pour aboutir à la réception du St-Graal, approximativement, 3 semaines après avoir passé commande. Dans ma filouterie, je prévenais toute polémique en faisant venir le colis chez mon père plutôt que chez ma mère. Rapport aux déboires passés avec Oltre la Follia. Déception de taille : pas de belle pochette DVD, mais juste une fine pochette plastique avec son DVD blanc où, à la place de "Humiliation", il était indiquer "Humilation". Insertion du DVD dans le lecteur, apparition d'un vieux menu gris avec une seule et unique option sélectionnable, démarrage immédiat du film après avoir cliqué dessus.
Ceux qui s'attendaient à une belle édition DVD pourront aller royalement se faire voir chez les grecs (en toute amitié bien sûr !). Aucun nom de réalisateur ou d'acteurs crédités, aucun générique de début ou de fin. L'ultra-underground dans toute sa splendeur immaculée distillant d'entrée de jeu un malaise inconscient. Je ne me permettrai pas cette offense de vous parler d'une quelconque trace de scénario car il n'y en a tout simplement aucun. Ce pseudo recueil peut se diviser nettement en 2 parties indépendantes l'une de l'autre sans qu'aucune explication logique ne nous soit fourni. Forcément, vous pouvez vous carrer le doigt dans l'oeil concernant des sous-titres anglais relevant du fantasme le plus inaccessible. Ne parlons même pas du VOSTFR.

Dès lors, bienvenue dans le cinéma porno clandestin ! Là où le budget ne dépasse pas plus de 100 yens, les 100 yens ayant été sollicités pour une caméra vomitive propre à causer une cécité fatale à un lynx tant celle-ci fait mal aux yeux. Dans mon infinie mansuétude, je me suis permis de faire des screenshot du film (les images étant tout bonnement indisponibles sur la Toile) pour vous montrer ce que mes rétines ont dû endurer durant 90 minutes montre en main. La torture se fera surtout dans le premier segment se déroulant dans une seule et unique pièce hyper éclairée, à savoir un salon où se tiennent un homme et une femme portant un kimono et dégustant un plat inidentifiable vu la qualité 4K de la caméra. Mais ce repas amoureux ne durera pas et il ne faudra pas longtemps pour que Mister se laisse aller à ses pulsions les plus bestiales, réduisant cette sympathique et souriante nymphe à l'état d'une marionnette qu'il se plaira à abuser après l'avoir saucissonné au sol.
Je ne pourrai que mettre en garde les plus coquins d'entre vous à ce qu'ils ne s'attendent pas à éprouver quelconque satisfaction sexuelle personnelle car, à moins d'être très sérieusement en manque depuis une bonne décennie, difficile que d'éprouver la moindre once d'excitation notoire. La fille se caractérisant déjà par un vagin non épilé proprement repoussant, les choses sont dites. Cette impression d'être tel Nicolas Cage dans 8MM scrutant du porno underground vient directement en tête. Toutefois, ne vous attendez pas à des sommets d'infamie où les tortures et atrocités sanglantes façon Pain Gate ou GSKD s'accumulent. 

TONH2

Tales of Naked Humiliation se limite essentiellement à la case du porno déviant sans ne jamais, ou presque, batifoler avec le torture porn. Attouchements, insertion de gode et de billes expulsées par contraction musculaire, fellation, pénétrations en long et en large, séance de lavement. Bref, le cahier de charges basique est respecté qui, plus est, est parfaitement en règle de par la dégueulasserie de la mise en scène où pas le moindre pet de romantisme ou tendresse ne flottent. Tout n'est que bestial, insensé et ordurier. Le seul moment en lien avec le torture porn sera la fameuse séquence de la cire de bougie ruisselant sur le corps de la femme et sur ses parties intimes. L'apparition rapide de cloques tend à montrer que l'acte n'est pas simulé.
Puis, coupure de caméra, rendue brouillée, floue pour dévier vers une autre pièce avec toujours un homme et une femme. A défaut de retrouver nos petits jouets, l "action" ne se résumera qu'à une simili simulation de viol et toujours ces coïts abjects dans leur tonalité. La méchanceté prend le pas sur le romantisme. La rage sévit en toute impunité, la fille subissant les coups de boutoir du psychopathe avant qu'un autre homme ne vienne faire son apparition pour une séance finale de triolisme. 

Et on en arrive au finish, désappointé par le spectacle proposé si ce n'est celui de s'être senti souillé par un réalisateur et tout un casting qui, visiblement, s'enorgueillit de patauger dans la vilenie et le sadisme purement pornographique. Forcément, mais je ne vous apprends rien, il était inutile de s'attendre à quelconque second niveau de lecture où l'on aurait pu disserter sur la philosophie freudienne. Certes, il est inutile de rechercher la violence très élevée dans les exactions physiques mais plutôt dans le recul que l'on prend face à cet outrageant spectacle où, une fois de plus, la femme est réduite à un vulgaire bout de chair pénétré en long et en large sans faire montre de respect ou de pudeur. Le patriarcat s'extasie de sa domination phallique sur ces deux corps frêles acceptant leurs desiderata, même quand il advient à ce que leur intégrité physique soit remise en cause.
Un sourire sur leur visage trahit un plaisir obséquieux jusqu'à ce que l'éjaculation, symbole d'acte libérateur, ne soit apposée comme le toucher de l'éden des sens pervertis.

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Intérêt de regarder Tales Of Naked Humiliation ? On sera forcément tenté de dire qu'il n'y en a aucun. Toutefois, si l'on prend le risque d'aborder la chose sous un angle historique, ce métrage prend alors une importance bien réelle. Sa date de sortie, 1987 quand même, pourrait bien le mentionner comme l'un des premiers pornos déviants japonais. Twistedanger lui-même indique qu'il est parmi les plus vieux genki-movies. Et puis, il y a aussi le style sans nul autre pareil, unique en son genre, incarnant par excellence la face cachée la plus sombre du Septième Art. L'air de rien, de l'ambiance exagérément glauque et malsaine, une cruelle fascination ressort du visionnage.
Fascination prenant vie dans le mysticisme entourant Tales Of Naked Humiliation, à commencer par le réalisateur inconnu, la mise en scène fauchée de A à Z. Oui, on ne peut s'empêcher en visionnant cette chose, pour ceux qui ont vu 8MM, d'être les témoins de l'existence bien fondée de la déviance pornographique tournée en vase clos, à l'abri des regards les plus indiscrets. A peu de choses près, elle pourrait être ce genre de pellicule à trôner fièrement sur les étalages des milieux sordides. 

Certes, les machines de guerre le trouveront en deçà de ce qui se fait de plus trash, et je serai entièrement d'accord avec eux. Il est vrai qu'avec un titre pareil, nous étions en droit de nous attendre à quelque chose de plus salace, de plus corsé mais reste que l'atmosphère d'une déshumanisation record pourra suffisamment impacter le cinéphile standard aventureux, qui n'aura jamais trouvé aussi réconfortant le visionnage d'un bon Marc Dorcel par après. Il est à noter qu'un Tales Of Naked Humiliation 2 existe et est également dispo sur Twistedanger.
Maintenant est-il dans la même tonalité, plus ou moins extrême que son frère aîné ? Mystère et boule de gomme car cet achat est loin d'être dans mes priorités sauf si un jour, je ne saurais pas quoi faire avec 4,99 pitoyables livres sterling. Une fois n'est plus coutume, Cinéma Choc se voit être le premier à publier la première chronique d'un film totalement méconnu. Voilà qui a de quoi ouvrir le bal en beauté avant de passer à la vitesse supérieure. To be continued...

 

Note : Expérience sympathique et enrichissante

 

 

orange-mecanique   Taratata

 

14 avril 2019

Baise-Moi (La polémique autour du film en vidéo...)

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Aujourd'hui, Cinéma Choc vous propose de revenir sur un film français scandaleux et polémique. Son nom ? Baise-Moi réalisé par Virginie Despentes et Coralie Trinh Thi en 2000. Nous vous proposons donc de visionner une vidéo publiée par Ina Société et disponible sur le lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=nbxyGNJWVhQ

The Whore Church Vol 1 (Complètement FRAPPADINGUE !)

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Genre : mixtape, comédie, animation, gore, trash, pornographique, extrême (interdit aux - 18 ans)
Année : 2012
Durée : 44 minutes 

Synopsis : Pendant quatre années, les "Vulture Brothers" (les Frères Vautour) ont écumé vidéoclubs, cinémathèques, vide-greniers et collections privées afin d'y dénicher des vieilles vhs extrêmement rares. Puis, les deux frangins ont visionné plus de 15000 heures d'images absolument incroyables afin d'en établir une compilation scénarisée. À la fois choquant, trash, provocateur, surréaliste et surtout hilarant, le résultat à l'écran s'avère tout bonnement incroyable. Prodigieux de maestria, ces jeunes passionnés au style ébouriffant et brut de décoffrage, nous balancent ici la mixtape vidéo la plus "what the fuck" de l'histoire du cinéma. Attention, méga OFNI en approche imminente sur Cinéma Choc...

La critique :

Le voilà le très, mais alors très gros morceau que Cinéma Choc attendait depuis très longtemps. Cet hiver, je vous avais prédit un bombardement en règle d'armes visuelles de destruction massive pour le début du printemps. Après le mystérieux Ensuring Your Place In Hell, l'innommable, Snuff R73 et le monstrueux Death2Kuffar, voici donc la quatrième salve : un missile à la puissance dévastatrice dont les effets secondaires risquent de persister durablement dans la mémoire collective. Autant vous prévenir de suite : le film qui va suivre évolue, comme ses trois devanciers, hors catégorie. Il n'est d'ailleurs pas nécessaire d'être grand connaisseur, pour s'apercevoir dès les premières minutes de visionnage, que The Whore Church Volume 1 va sans problème pulvériser en outrances et en sensationnalisme la quasi-totalité des productions actuelles existant sur le marché cinématographique.
Voici donc que le blog entame un nouveau tournant de son existence et se retrouve face à une nouvelle page de son histoire. En d'autres circonstances, j'eus l'opportunité de vous faire découvrir nombre de pellicules qui, j'ai la faiblesse de le croire, ont su marquer au fer rouge l'histoire du blog qui nous est cher.

En regardant dans le rétroviseur de mes anciens méfaits scribouillards, je pense notamment aux orgies émétophiliques des Vomit Enema Ecstasy, aux extrémités scatophiles des Gusomilk, aux snuff-tortures des rarissimes GSKD, à "l'art" porno zoophile de Daikichi Amano, ou encore à l'univers dysfonctionnel ultra hardcore de Marco Malattia. Ne parlons même pas des fameux Orozco The Embalmer et Junk Films, les intenables death movies commis par le photographe et réalisateur nippon Katsuaya Tsurisaki. Bien plus récemment, les deux dernières chroniques que je vous ai présentées, avaient, elles aussi, une odeur de soufre assez intolérable.
Tous ces films, de par leur violence et leur dépravation hors normes, ont écrabouillé nos ultimes certitudes et ont fini d'engloutir sous un déluge d'abjections graphiques, les derniers espoirs que nous conservions en la dignité humaine. Mais les spécimens les plus tristement célèbres en matière d'ignominies demeurent évidemment les compilations composant le diptyque infernal Most Disturbed Person On Planet Earth.

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S'il y a une date, une seule, à marquer d'une pierre blanche dans l'histoire de Cinéma Choc, c'est bien le 26 septembre 2015. Ce jour-là, Alice in Oliver et moi-même, tiraillés par notre conscience et sur le bien-fondé ou non de révéler cette infamie, nous présentions tout de même MDPOPE 2. Recherche de faire le buzz ? Notre morale soutiendra le contraire. Inconsciemment peut-être... Le fait est que le programme des atrocités perpétrées à l'écran dans cette scandaleuse compilation était si obscène que ce jour-là, les jeunes cinéphiles qui ont lu ce double billet y ont sans doute perdu pour toujours, leurs espoirs naissants en la magnificence de la vie. Tandis que les anciens y ont définitivement enterré les maigres illusions qui leur restaient. Trop de violence, de sadisme, de folie, de barbarie gratuite, de dépravations ; trop de tout. Le mal absolu s'était-il incarné dans cette pellicule cauchemardesque ?
On serait tenté répondre par l'affirmative. Pourtant Thomas Cinemagore, le concepteur de ce funeste projet, n'avait rien eu de plus à faire que de surfer sur le Net, que ce soit sur l'officiel ou l'interdit, pour créer ce monstre répugnant.

Où était donc l'intérêt d'étaler plus de trois heures durant d'épouvantables insanités sans délivrer aucun message en filigrane ? Cinq ans plus tard, nous en recherchons encore la raison... Vous pouvez à présent chasser cet immonde et sinistre souvenir de vos mémoires (si c'est possible pour ceux qui l'ont vu). Et réjouissez-vous de la découverte du jour car avec The Whore Church Vol 1, nous tenons la parfaite antithèse aux Most Disturbed Person On Planet Earth. La conception de la mixtape vidéo des Vulture Brothers a pourtant été clôturée dès 2012, soit un an avant la sortie du premier opus MDPOPE. À croire que les deux frangins de Boston avaient anticipé, malgré eux, le projet nauséabond de Thomas CinemaGore car ce qu'ils proposent est aux antipodes du "spectacle" ordurier de ce dernier. Les deux loustics n'ont pas, EUX, eu besoin de farfouiller dans les poubelles du Net.
Ils se sont acquittés d'un travail autrement plus pointu. En visionnant sur de vieilles vhs, des milliers d'heures d'images toutes plus improbables les unes que les autres, ils ont conçu un "scénario" d'une inventivité sans pareil. Et leur travail finalisé est une réussite absolue. Un véritable petit chef d'oeuvre. À déguster sans modération !

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Il est vraiment très difficile de retranscrire l'enthousiasme frénétique qui envahit le spectateur lorsqu'il visionne The Whore Church. Dans le genre What The Fuck de la bobine, je ne sais pas si quelque objet visuel a un jour, atteint de tels sommets de furia, mais cela m'étonnerait beaucoup. 44 minutes seulement. 44 minutes d'impures folies que l'on aimerait voir s'allonger à l'infini tellement le plaisir est grand. Quel pied, mes amis ! Personnellement, je n'avais jamais ressenti une telle jouissance en tant que spectateur depuis le mois de novembre 2011, époque où je découvris le phénoménal Thundercrack! Même si de par sa conception alternative, The Whore Church ne peut pas évidemment être comparé au monument de dépravation de Curt McDowell, force est de constater que péloche décomplexée de Roil et Sleazee Vulture (âgés d'à peine 27 et 24 ans au moment de la mise en boîte de leur oeuvre), va encore beaucoup plus loin que le cultissime film underground de 1975.
Que ce soit dans la démesure des intentions, dans la décadence picturale ou encore l'inventivité scénaristique, The Whore Church dézingue tout sur son passage et, en priorité, le politiquement correct.

Bien sûr, pour apprécier un tel déferlement de joyeux bordel, il est impératif d'être doté d'une très grande largeur d'esprit, ne pas avoir le fondement obstrué par des principes de moralité étriqués. Sinon, gare aux yeux qui piquent ! Cela risque même de cramer quelques rétines car les Vulture Brothers n'y vont vraiment pas avec le dos de la cuillère pour secouer le spectateur. La preuve ? Allez, vous l'aurez voulu. Attention spoilers ! Le métrage s'ouvre en fanfare avec la présentation de 3 femmes nues dans une église attendant d'être sacrifiées lors d'un rite satanique. Puis un cataclysme d'images subversives défile avant le "générique" d'introduction. Nous deux lascars Vulture se présentent alors avec des masques à tête de bouc que n'auraient pas renié les hardeurs officiant chez Marco Malattia. Doigts d'honneur face à la caméra... le show peut commencer !
Le métrage n'étant pas doté d'une structure narrative classique (c'est le moins qu'on puisse dire), le déroulé de The Whore Church s'effectue par thématiques. Le but du "jeu", pour les Vulture Brothers, étant de choisir des passages de films différents et les faire coïncider dans une même scène afin de créer une séquence continue. Ainsi, des passages de vrais films peuvent être associées à des images d'animation, des interviews d'archives à des performances scénique, des comédies familiales à des films pornographiques, des nanars estampillés 80's avec des oeuvres ultra gore et ainsi de suite.

Cela donne, vous l'imaginez, un spectacle absolument incroyable et décalé à l'indescriptible. Impossible en effet, d'énumérer toutes les excentricités commises à l'écran mais pour tenter de vous donner un aperçu, je vais choisir une scène emblématique sur chacun des sujets abordés par les réalisateurs.
- La famille : une gamine découvre un nouveau jeu de société "Mystery Date". Une maison de poupée qui recèle des secrets et dont il fait ouvrir les portes une à une. Derrière ces portes, la petite fille découvrira un cadavre, un anus dilaté ou encore un homme se faisant une auto fellation...
- La religion : des religieuses font du kung-fu, d'autres ont un crucifix planté dans l'anus ou d'autres, jambes écartées et dénudées, déchirent les pages de la Bible.
- Le patriotisme : sur l'air de "This is America", des images en totale contradiction avec les paroles de l'hymne inondent l'écran. Violence, obésité, inégalités sont affichées avec complaisance pour dénoncer l'hypocrisie de la société américaine. Au final, devant la bannière étoilée, un acteur incarnant Thomas Jefferson lorgnant vers l'horizon se fait faire une fellation baveuse par une bougresse à forte poitrine.

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À signaler qu'apparaissent (à leur insu) de nombreux acteurs hollywoodiens ou célébrités dont la participation à des saynètes toutes plus décalées les unes que les autres, est bien évidemment involontaire. Featuring : Hulk Hogan, Eddie Murphy, Macaulay Culkin, Roddy McDowall, William Shatner, George Bush Sr, Martin Landau, Michael Jackson, etc. Au premier abord, le spectateur incrédule croit avoir à faire à un spectacle foutraque sans queue ni tête où les réalisateurs se seraient lâchés de façon graveleuse pour céder à la facilité du n'importe quoi. Grave erreur ! Un deuxième visionnage et tout devient plus clair. The Whore Church Vol 1 est une mixtape beaucoup plus ambitieuse qu'il n'y paraît. En fait, sous couvert de leurs fantaisies débridées, les Vulture Brothers se livrent à une critique en règle de la société américaine et de sa bien-pensance boursouflée de puritanisme.
Et tout y passe. Méthodiquement laminés et pulvérisés à la sulfateuse par les deux trolls iconoclastes, la religion, la malbouffe, le lobby des armes, le patriotisme exacerbé, la sexualité (hétéro et homo), l'ultra violence, les drogues, la petite famille modèle, les soaps sirupeux, le star système en prennent tous pour leur grade. Toutes les tares de l'Amérique sont passées aux rayons X et assaisonnées au vitriol par la caméra des frangins de Boston. 
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le film envoie du lourd ; du très lourd même. Avec cependant, toujours cette légèreté "innocente" d'une oeuvre qui ne se prend pas du tout au sérieux. Beaucoup d'extraits de dessins animés sont au programme, histoire de dédramatiser les images terriblement hardcore qui défilent à allure stratosphérique. Du début à la fin du métrage, c'est un maelström frappadingue de loufoqueries, tantôt outrancières, tantôt  désopilantes, qui défilent ne laissant pas une seule seconde de répit au spectateur. The Whore Church, ça va très vite et ça cogne fort. Terriblement fort. Du début du métrage jusqu'à son final, c'est un maelström frappadingue de loufoqueries tantôt outrancières, tantôt désopilantes, qui défilent à allure stratosphérique, ne laissant pas une seule seconde de répit au spectateur. Un pur bonheur de régression quoi !
Pour les abonnés à Télérama et les thuriféraires de films d'auteur, prière d'aller faire un petit tour sous peine de crise aigüe d'apoplexie ! Pour les autres, jetez-vous à corps perdu sur ce bijou d'originalité et de transgression ; croyez-moi, vous n'allez pas le regretter. Quoi de mieux pour conclure cette chronique que ce petit passage qui résume à lui seul, le feu d'artifice filmique concocté par les frères "Vautours". Une scène tirée d'un obscur porno montre deux lesbiennes s'adonner à un tendre broute-minou; quelques secondes après, un jeune ado black (qui lui joue dans un film comique) regarde en direction des donzelles faisant l'amour et pousse un "Waoua, weay cool !" d'étonnement de sa voix de fausset. L'action revient sur les filles qui s'activent un peu plus et le jeune garçon de s'écrier de plus en plus fort : "Waouaaa, weayyy cooool!". 
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À la troisième reprise, les lesbiennes se déchaînent et l'adolescent, dont le visage peinturluré en images de synthèse, ressemble à un démon en rut, délivre un hurlement (doublé) à mi-chemin entre celui d'un loup-garou et d'un revenant d'outre-tombe. Si vous n'avez pas suivi, les deux séquences bien que concomitantes sont bien sûr extraites de deux films différents. À se pisser dessus, cette scène... Je garde évidemment le plus salace pour la fin à l'attention des petits pervers, que nous tous un peu. Si vous voulez voir un homme fourrer (au sens propre) une dinde de Noël, des femmes s'enfiler un portable dans le vagin, ou servir de trous à balles de golf, c'est ici que ça se passe !
Voilà, c'est cela The Whore Church Vol 1. Un melting-pot filmique qui déchire sa race comme aucune compilation, ou ce qui peut y ressembler, ne l'avait jamais fait auparavant. N'oublions pas que toutes ces trouvailles ont été dénichées sur de vieilles vhs des années 80 et 90. Comme quoi, certains cinéastes ou performeurs allaient déjà très loin dans la provocation et l'outrecuidance à l'époque.
Sinon, pourquoi The Whore Church Volume 1 ? Y-aurait-il un deuxième opus en préparation ? C'est ce qu'espéraient les Vulture Brothers en 2012 lors de la sortie de leur premier film, mais la difficulté de leur entreprise et le manque de moyens financiers doivent les contrarier dans leur tâche. Espérons pour le bien de la contre-culture, la liberté d'expression et le développement du cinéma underground qu'ils réussissent à rééditer leur performance. Pour ceux qui seraient intéressés (et je pense qu'ils seront nombreux), il est à noter que le trailer est disponible sur Vimeo et que le DVD est disponible à tarif dérisoire (20€) sur le site personnel des frangins de Boston.
Si vous deviez n'acheter qu'un film, un seul dans votre vie, ruez-vous sur The Whore Church. Je m'engage à vous rembourser si vous n'êtes pas satisfait de votre achat ! Mais je suis tranquille, il y a fort à parier que cette mixtape démentielle vous fasse grimper aux rideaux comme elle l'a fait déjà auprès des cinéphiles adeptes d'un cinéma déjanté dans le monde entier. Il n'y a qu'à écouter sur YouTube, les commentaires élogieux des spectateurs qui ont vu le film. Alors, ne perdez pas une seconde car en moins de trois quarts d'heure, vous allez pouvoir vous goinfrer d'images toutes plus hallucinantes les unes que les autres. Et vous passerez un moment inoubliable. Une bombe atomique, je vous dis !

Note : 19,5/20
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13 avril 2019

L'Armée des Ombres (De souffrance et de glace)

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Genre : Drame, guerre

Année : 1969

Durée : 2h25

 

Synopsis :

France 1942. Gerbier, ingénieur des Ponts et Chaussées est également l'un des chefs de la Résistance. Dénoncé et capturé, il est incarcéré dans un camp de prisonniers. Alors qu'il prépare son évasion, il est récupéré par la Gestapo.

 

La critique :

Il est une réalité assez frappante à notre époque qui est le manque de considération d'une partie du peuple français pour son propre cinéma. Invectives en tout genre, sarcasmes mal placés, généralisations à outrance, autant d'observations résultant d'un manque flagrant de culture (ou d'envie de se cultiver). Moi de même, à l'époque, j'avais des à priori sur le cinéma français que je voyais comme mou, morne et chiant. Après m'être fait incendier (à juste titre !) sur un blog à cause de mon argumentation risible, face à ma flagrante méconnaissance, il était plus que nécessaire de pallier à ce grave problème. Ainsi, ma découverte du cinéma français, hors des traditionnels Louis de Funès, coïncidait avec mes premiers balbutiements dans le glorieux monde du cinéma. Des débuts qui démarrèrent sur les chapeaux de roue via toute une série de classiques tels que Les Yeux Sans Visage et Les Diaboliques, de réalisateurs tous plus géniaux les uns que les autres (si tu me lis de l'au-delà Eric Rohmer..).
En quête des grands classiques, il ne fallut pas bien attendre longtemps avant de rencontrer L'Armée des Ombres, signé Jean-Pierre Melville, soit l'un des cinéastes majeurs de la Nouvelle Vague française que je craignais tant dans des temps immémoriaux. Une adaptation du roman éponyme de Joseph Kessel, authentique résistant. Comme une évidence, la France peine avec l'originalité. Je pense que nous avons suffisamment disserté avec le cas du film d'horreur et celui de science-fiction. Je pense que nous avons également abordé plus qu'il n'en faut la bulle économique qu'est le cinéma français. 

Je m'avancerai, de fait, à dénoncer un certain dédain envers le film de guerre, à mon sens pas suffisamment exploité alors que ce n'est pas les thématiques qui manquent. Peut-être les douloureux souvenirs de la WW2 et de la guerre d'Algérie ravivant la honte et un dérangement rémanent. Dans tous les cas, nous ne sommes pas là pour faire les chouineuses à accuser la France de son passé. Vous aurez vite compris qu'il n'est pas facile de recenser 50 films de guerre français. Les inconscients citeront, peut-être, en premier lieu La Rafle mais je ne tiens même pas à en parler davantage. Les coeurs légers parleront du sympathique La Grande Vadrouille quoique très éloigné du véritable film de guerre où se mêle avant tout le sang, la désolation et la souffrance. En l'occurrence, je ne déchargerai pas une tenace rancoeur sur cette orientation voulue, au contraire des films propagandistes comme les américains savent en réaliser à la perfection. Bref, ces deux films sont à ma grande tristesse ceux que le grand public citera le plus souvent en premier, au grand dam d'incontournables pour tout cinéphile qui se respecte tels que Nuit et Brouillard, La Grande Illusion ou Le Vieux Fusil pour les plus connus.
En creusant un peu plus, les plus explorateurs décèleront R.A.S., Les Croix de Bois et 20 Ans Dans les Aurès. Indiscutablement, L'Armée des Ombres boxe dans la première catégorie, s'auréolant d'une réputation culte et ce, malgré quelques déboires de tout premier ordre que je citerai juste en-dessous.

 

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ATTENTION SPOILERS : France 1942. Gerbier, ingénieur des Ponts et Chaussées est également l'un des chefs de la Résistance. Dénoncé et capturé, il est incarcéré dans un camp de prisonniers. Alors qu'il prépare son évasion, il est récupéré par la Gestapo.

Le premier plan fixe signera déjà les désagréments notoires que rencontrera Melville, celui d'une troupe allemande jouant du tambour place de l'Etoile et avançant inexorablement vers nous, plus que jamais menaçante. La tradition voulait qu'aucun acteur ne pouvait porter l'uniforme allemand sur l'avenue. Rapport évident aux cicatrices de la guerre plus que jamais prégnantes. Le réalisateur, Vincente Minnelli, en avait fait les frais pour Les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse auquel il dût malheureusement renoncer. Ainsi, L'Armée des Ombres représente une sorte de triomphe pour la liberté cinématographique et cette envie d'aller de l'avant.
Pourtant, les ennuis ne sont pas derrière en raison d'une date de sortie dans une France contestataire, face aux incertitudes politiques de demain initiées lors de l'après mai 68 qui vit la destitution du général De Gaulle et avec lui le gaullisme, soit un ordre qu'il fallait abattre. Le film réveilla les douloureux souvenirs (ne parlons pas de réminiscences) de l'Occupation et avec elle un pays jadis fracturé, plus divisé que jamais. Les critiques accusèrent l'indéfectible fidélité de Melville pour De Gaulle sans faire preuve, bien sûr, de recul. Accusé d'être un produit gaulliste, quand bien même il quitta brusquement ses fonctions quelques mois avant la sortie du film en raison des troubles sociaux, cela ne l'empêchera pas de jouir d'une belle popularité en salles, même si des critiques parfois négatives (coucou les Cahiers du Cinéma) venaient ternir le tableau.

Fort heureusement, les choses ont bien changé à notre époque, à un point où, outre le fait d'être cité comme l'un des meilleurs films de guerre français, il est hérissé parmi les grands classiques de l'Hexagone. Au final, peu sont les pellicules à avoir traité de la fameuse Résistance, pourtant passionnante. Pour aller à l'essentiel, L'Armée des Ombres ne suit pas une unique trajectoire linéaire, allant d'une situation A de début à une situation B finale. Il n'y a pas de trame globale mais plutôt une succession d'épisodes reliés entre eux par des ellipses du plus bel effet. Une chose est sûre, c'est une plongée ultra réaliste au beau milieu de la zone d'ombre, celle qui se terre, tout en se battant avec furtivité. Si les situations sont différentes d'un moment à l'autre, elles mettent en scène les mêmes personnages clés impliqués dans des actes qui pourraient leur faire valoir d'être fusillés sans ménagement.
Réceptions de transmissions radios, espionnages, assassinats politiques, telle est la vie semée d'embûches de toutes ces personnes, hommes comme femmes, à avoir prêté allégeance envers un patriotisme dur comme le roc. Pour ceux-ci, leur fidélité à la nation est totale et ils n'hésitent pas à avoir recours au sacrifice s'il peut permettre de faire avancer la noble cause du combat contre les allemands, toujours guidé par un idéal libérateur les boutant hors des frontières. 

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Car L'Armée des Ombres est un film véritablement fascinant quand on se lance dans une analyse accrue de la représentation de ce microcosme combatif, frénétique, enragé même. Leur loyauté est totale, tout ressenti nihiliste est proscrit et aucune peur ne doit prendre le pas sur leurs actes, sous peine de ruiner toute potentielle réussite. Pourtant, aussi respectable soit la Résistance, celle-ci ne fait pas de cadeau, se tient à un plan conçu de manière chirurgicale où il est indispensable d'éliminer tout imprévu, tout "bug" potentiellement dangereux. Je ne vous ferai pas un dessin des méthodes encourues pour détruire ce risque. On en aura une brillante représentation face à ce jeune, étranglé sans ménagement, sans quelconque remords, sous le regard impassible des résistants parmi lesquels le héros, Philippe Gerbier. L'idéologie à laquelle ils se réfèrent se base sur des codes clairs et parfaitement définis, quand bien même la finalité en est abominable. Il n'y a aucune forme de glorification de ces hommes, aucune volonté de les héroïser. La réussite de leur mission, et ce quel qu'en soit le prix.
Tel pourrait être le credo d'un groupement d'âmes errantes forcées contre leur gré à annihiler toute humanité en elles. Ainsi, la Résistance se pare d'une certaine ambiguïté en son être, créant en nous un cas de conscience.

D'un côté, on ne peut s'empêcher d'être admiratif des risques pris afin de se battre contre le nazisme. De l'autre, on est déboussolé par les méthodes expéditives n'épargnant pas même les proches, compagnons de toujours. Un nazisme revêtant une forme originale symbolisée par une seule entité. Il n'y a pas de personnalités importantes et/ou ressortant du lot. Leur identité est commune, pas de nom, pas d'histoire, juste les bottes, un uniforme et un képi sur lequel est greffé le svastika. On ressent constamment ce climat de noirceur proprement glaciale, presque tétanisante, amplifiée par ces regards persistants, ces silences pesants. Difficile de réaliser qu'aucune interdiction n'est de mise car une interdiction aux moins de 12 ans n'aurait pas été usurpée.
J'en reviens à la scène de l'étranglement mais aussi à la mythique scène des prisonniers obligés de courir pour le plaisir des allemands désireux de les fusiller en s'amusant. Puis, on ne pourra fermer les yeux sur une dernière séquence achevant L'Armée des Ombres dans le plus grand chaos. 

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L'austérité record du métrage proviendra aussi pour beaucoup de son image très sombre, brumeuse, où les couleurs grises et ternes agressent le cinéphile mis mal à l'aise devant un résultat qui ne transparaît pas la moindre once de sympathie ou de réconfort. Pourtant, n'allez pas croire que l'esthétique est moche. Bien au contraire, elle est admirable. On se plait à se rincer l'oeil sur les superbes plans du camp d'enfermement au début ou de ces paysages urbains oppressants, sans oublier cette nature si hostile. Un choix entièrement voulu en accord avec le désespoir incrusté dans tous les pores de la peau de nos hommes. Je ne débattrai pas 100 ans sur la partition musicale qui est du même niveau que l'image. Enfin, les acteurs feront preuve d'une prestation tout en finesse dans cette grande tristesse qu'ils tentent tant bien que mal de réfréner pour réussir leur devoir.
A ce petit jeu, Lino Ventura crève l'écran dans les oripeaux de Philippe Gerbier. Pour la petite info, les échanges entre Ventura et Melville étaient réduits au minimum, les consignes du réalisateur envers son acteur principal transitaient par l'intermédiaire d'un assistant. La raison ? Tous deux étaient en froid depuis un malentendu survenu sur le tournage de Le Deuxième Souffle mais un contrat obligeait l'acteur à tourner une seconde fois avec Melville. Le restant du casting, de prestige avouons-le, n'aura pas à rougir avec Simone Signoret, Paul Meurisse, Jean-Pierre Cassel, Paul Crauchet, Christian Barbier et Claude Mann pour les principaux.

Je crois qu'il est inutile de ratiociner davantage sur l'importance cinématographique que représente L'Armée des Ombres tant en terme historique qu'en terme de leçon de cinéma dont il n'usurpe aucunement sa réputation de grand classique. Bouleversant en tout point, il traite avec beaucoup de maturité du destin de ces hommes de l'ombre, ou dirais-je plutôt cette armée de l'ombre dont le voyage sera sans issue pour la plupart d'entre eux. On ne peut qu'être pris d'admiration et déverser tout notre panégyrisme devant cette détermination sans failles, cet amour sans bornes pour leur patrie qu'ils défendront même si le bout du tunnel sera leur mort inéluctable.
Perturbant à plus d'un titre, j'en reviens à encore me poser cette question du pourquoi du tout public au vu de l'acrimonieuse obscurité du titre bon à foutre le bourdon à un croque-mort. Aux, j'espère, rares contempteurs du cinéma français qui me liront, voici l'exemple phare d'une prouesse typiquement française à savourer dans toute sa beauté la plus inhumaine, où jamais encore la souffrance n'avait tant été glaciale.

 

Note : 18/20

 

 

orange-mecanique   Taratata

 

12 avril 2019

Faces Of Gore 2 (Quand le gore n'est pas du cinéma...)

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Genre : shockumentary, death movie, "Mondo", horreur, gore, trash, extrême (interdit aux - 18 ans)
Année : 2000
Durée : 1h30

Synopsis : Le diabolique Docteur Vincent Van Gore est de retour  via une nouvelle collection de morts et de de cadavres putrescents suite à un accident de la route, un suicide ou une scène de meurtre. 

 

La critique :

Que les thuriféraires de Cinéma Choc - soit trois ou quatre personnes dans le monde (en comptant les auteurs du blog...) - se rassérènent. Nous ne commettrons pas l'offense de procéder à l'exégèse du "Mondo", du shockumentary et même du death movie à travers les lignes de cette chronique, malgré les concomitances qui imprègnent ces divers registres peu ou prou analogiques. En outre, il est difficile de ne pas rappeler la prégnance et la proéminence de Mondo Cane (Gualtiero Jacopetti, Franco Prosperi et Max Cavalara, 1962), soit le long-métrage prodrome et originel en termes de "Mondo". La dialectique de ce film sulfureux et scandaleux est aussi simplissime que lapidaire et consiste à scruter, voire à diagnostiquer les us et les coutumes de peuplades séculaires à travers le monde.
Tantôt pittoresques, tantôt outrecuidants, tantôt virulents, ces rites oecuméniques nous sont contés par une voix-off et monocorde qui commente presque béatement des saynètes souvent triviales, âpres et outrageantes.

Le documentaire proposé par Gualtiero Jacopetti et ses fidèles prosélytes transparaît alors comme un long-métrage tendancieux qui oscille entre la fiction et la réalité. Le film interroge, entre autres, sur cette porosité entre le cinéma et notre monde bien réel. Or, tout est factice. Les séquences factuelles et transies de véracité sont en réalité mensongères et interprétées par des acteurs amateurs et/ou anonymes. Il n'en faut pas davantage pour susciter les cris d'orfraie, ainsi que les acrimonies circonstanciées lors de la présentation de Mondo Cane lors du festival de Cannes.
Le shockumentary est né et l'idée madrée de Gualtiero Jacopetti et ses affidés s'exporte à travers le monde entier, en particulier dans le cinéma bis. Mondo Cane inspire et engendre de nombreux épigones, notamment Mondo Cane 2 (Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi, 1963), Africa Addio (Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi, 1966), Shocking Asia (Rolph Olsen, 1974), Mondo Trasho (John Waters, 1969), ou encore Mondo Topless (Russ Meyers, 1966).

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Puis, le "Mondo", mué en shockumentary, se transmute en death movie via Faces Of Death, soit à Face à la Mort (John Alan Schwartz, 1978) dans notre monde occidental. Le programme proposé obéit peu ou prou à la même ritournelle en s'appuyant, cette fois-ci, sur un périple et un panorama mortifère. La mort nous est assénée sous ses aspects protéiformes et louvoie entre les accidents sportifs, les scènes de meurtres, les suicides et même la peine capitale. Le death movie est né. Faces of Death collectionne alors le nombre d'animadversion, via plus d'une centaine d'interdictions à travers le monde.
A l'instar du "Mondo", ce registre véhément et impudent se transmue à son tour en une véritable panoplie de l'horreur. Faces Of Death génère lui aussi toute une pléthore d'homologues, notamment Traces of Death (Damon Fox, 1993), Orozco The Embalmer (Kiyotaka Tsurisaki, 2001), True Gore (M. Dixon Causey, 1987), Death File Yellow (2006), ou encore Des Morts - Of The Dead (Thierry Zeno, 1979).

Evidemment, toutes ces pellicules érubescentes et rutilantes s'auréolent de l'ultime réprobation, soit d'une interdiction aux moins de 18 ans. Et bien sûr, Faces of Gore, réalisé par la diligence de Todd Tjersland en 1999, ne déroge pas à cette règle fatidique ! Pour souvenance, Cinéma Choc s'était déjà attelé à la chronique d'un premier volet (Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2018/04/18/36160093.html) qui marchait déjà dans le sillage et le continuum de Faces of Death. Toujours la même antienne... Opportuniste et bien conscient du succès mercantiliste de son entreprise, Todd Tjersland va réitérer les animosités sanguinolentes via une tétralogie, à savoir Faces of Gore 2 (2000), Faces of Gore 3 (2000) et Best Of Faces of Gore (2000). 
En l'occurrence, Todd Tjersland apparaît comme l'un des parangons du cinéma extrême et underground en officiant essentiellement derrière la production et/ou la réalisation de Back From Hell (Matt Jaissle, 1993), Legion of the Night (Matt Jaissle, 1995), The Necro Files (Matt Jaissle, 1997), ou encore The Necro Files 2 (Ron Carlo, 2003).

Pour la faribole superfétatoire, Faces of Gore premier du nom reprenait déjà à son compte le syllogisme de Faces of Death via les allocutions morbides d'un médicastre, le Docteur Vincent Van Gore, qui commentait de façon solennelle des saynètes morbides filmées principalement sur le continent asiatique en passant par Tokyo et Singapour majoritairement. Si Faces of Death reposait sur la rhétorique suivante : Quand la mort n'est pas du Cinéma", Faces of Gore déclamait la une scansion peu ou prou analogue : "Quand le gore n'est pas du cinéma".
Cependant, nonobstant une certaine scabrosité, le premier chapitre se révélait plutôt désappointant sur la durée, ne rivalisant guère avec les impétuosités de son glorieux aîné. Faces of Gore 2 va-t-il permettre à la franchise lucrative de retrouver une once de luminescence ? 

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Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... Le synopsis de cette seconde forfaiture est plutôt élusif. Attention, SPOILERS ! Le diabolique Docteur Vincent Van Gore est de retour via une nouvelle collection de morts et de de cadavres putrescents. Faces of Gore 2 se segmente alors en trois sections bien distinctes : les accidents de la route, le suicide et les scènes de meurtre. Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout ! Toujours est-il que Faces of Gore 2 ne manquera pas d'ulcérer et d'estomaquer les esprits les plus impressionnables et surtout les plus pudibonds.
Vous l'avez donc compris. Faces of Gore 2 ne dénote guère des frasques de son sinistre devancier. Néanmoins, à sa décharge, le programme sollicité se montre beaucoup plus gore et surtout beaucoup plus miséricordieux qu'à l'accoutumée.

Pour ceux qui admonestent et abhorrent (à juste titre) la vision de cadavres écrabouillés par un véhicule (et même par un tank de l'armée !), merci de quitter prestement leur siège et de retourner gentiment dans leurs pénates ! Certes, on a bien du mal à croire que les autorités asiatiques permettent à un journaliste ou à un vulgaire quidam de passage de filmer un corps tuméfié, décharné et en grande partie démembré après un accident, un suicide ou un meurtre d'une violence inouïe. Certes, le spectateur médusé n'omettra pas de stipuler les roueries savamment orchestrées par Todd Tjersland et son équipe de bras cassés via la profusion (à peine déguisée) de mannequins en mousse, un subterfuge hélas ostensible sur la durée (à peine une heure et demie de bobine...). 
Pourtant, par certaines duperies et matoiseries, Faces of Gore 2 remplit partiellement son office.

Ainsi, certaines séquences ensanglantées paraissent bien réelles même si, derechef, on renâcle la fourberie et la tartufferie à plein nez. De facto, Faces of Gore 2 s'adresse avant tout aux amateurs patentés du death movie. In fine, cette suite n'échappe pas aux conventions habituelles d'un genre rébarbatif et désincarné jusqu'à l'os. Ce shockumentaray se conclut sur des images éparses de guerre, en particulier celles de la Seconde Guerre Mondiale, avec son florilège de cadavres et de personnes exécutées sans sommation. Est-ce suffisant pour sauver le film d'une certaine fastidiosité ? 
Pas vraiment... Surtout que le spectateur hébété se voit affubler de la voix emphatique et glapissante du Docteur Vincent Van Gore, très en forme pour l'occasion... Mais au moins, cette suite ne badine pas avec la barbaque rougeoyante. 
Une bien maigre consolation tout de même à l'aune de ces tristes réjouissances... 

Note : 08.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

11 avril 2019

Les films à venir sur Cinéma Choc

Comme l'indique le titre de ce nouvel article, voici sans plus attendre les films à venir dans les prochains jours, prochaines semaines et prochains mois sur Cinéma Choc. Pour chaque film, j'ai précisé quel serait l'intitulé de la chronique entre parenthèses.

 

Africa Ama (Vue panoramique sur l'Afrique primitive)
L'Armée des Ombres
 (De souffrance et de glace) : chronique de Taratata
Autopsie d'un Meurtre (Autopsie d'un système judiciaire) : chronique de Taratata

L'Eté Meurtrier (Irréversible)

Faces Of Death - Fact or Fiction ? (Faces Of Death : entre mythe et réalité...)
Faces Of Gore 2 
(Quand le gore n'est pas du cinéma...)
Faces Of Snuff (The road to extinction) : chronique de Taratata
Final Journeys - Volume 1 (Vous reprendriez bien un shockumentary supplémentaire ?)

House - 1977 (C'est...... original !) : chronique de Taratata

Independence Day - Resurgence (On a toujours su qu'ils reviendraient)

Jackals ("You're next")

The Lady In The Sea Of Blood (Mon liquide rouge adoré) : chronique de Taratata

Mondo Magic ("Africa Blood and Guts, part 2")

L'Oasis des Tempêtes (Le sixième continent)

La Piel Que Habito ("Le visage est le miroir de notre propre identité")

Reipu Zonbi - Lust Of The Dead ("Rape Zombie ! Rape !")

Samouraï - 1965 (La désillusion d'un monde) : chronique de Taratata
Shock X-Treme Vol. 1 Snuff 
(La mort version extrême)
The Strange And The Gruesome (Côtoyer l'étrange, c'est côtoyer la mort)

Tales of Naked Humiliation (La tendresse a ses raisons que le coeur comprend très bien) : chronique de Taratata
Terrible Meal (Un peu de sel et de poivre avec votre vomi ?) : chronique de Taratata
Thirst, ceci est mon sang (50 pour sang homme, 50 pour sang prêtre, 100 pour sang vampire) : chronique de Taratata
Trainspotting ("Le monde change, la musique change, même les drogues changent")
Les Tueurs de L'Espace (Les extraterrestres de l'ère atomique)

The Whore Church Vol 1 (Complètement FRAPPADINGUE !) : chronique d'Inthemoodforgore

Zombi 3 (L'horreur des zombies... Ou quand Bruno Mattei s'en mêle...)

2012 (La peur et le chaos règnent sur le monde)

 

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Onna Harakiri Sakuhinshû (Seppuku mode d'emploi)

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Genre : Expérimental, horreur, gore (interdit aux - 16 ans)

Année : 1990

Durée : 4h32

 

Synopsis :

Onna Harakiri Sakuhinshû est une anthologie présentant six faux harakiris de femmes désireuses de se retrouver dans l'au-delà pour démarrer une nouvelle existence supraterrestre et, ainsi, se libérer du joug de leur propre condition humaine.

 

La critique : 

C'est devenu, désormais, une évidence sur ce blog de flirter allègrement avec le cinéma le plus barré de la Voie Lactée à intervalles plus ou moins réguliers. Je veux bien sûr parler du cinéma japonais, comme le titre de cette chronique a sans doute dû vous mettre la puce à l'oreille. A la fois vu comme l'incarnation d'une certaine forme d'élitisme cinématographique par le biais de ses célèbres chanbaras abordés par toute une pléthore de cinéastes, dont le plus connu est sans nul doute Akira Kurosawa. Ce dernier a su se distinguer par ses drames sociaux ancrés dans le classicisme que brisera rapidement la Nouvelle Vague japonaise. Il serait somme toute stupide de déblatérer davantage sur la richesse incontestable du Septième Art du Soleil Levant. En revanche, on se voit bien forcé d'admettre que celui-ci n'aura jamais de cesse de nous surprendre tant dans son originalité que dans cette volonté d'annihiler toute règle de bienséance. Les contradictions sont pour le moins cocasses.
Alors qu'il serait apparemment mal vu de tenir sa dulcinée par la main (ce qui pourrait s'apparenter à un puritanisme record que n'auraient pas reniés les américains coincés du cul), on pourra voir à l'embranchement d'une ruelle, un distributeur de culottes usagées pour les satisfactions peu orthodoxes de certains mâles coquins. 

Il faut dire que le Japon a une vision bien différente du sexe et de l'érotisme. Une certaine décomplexion des moeurs dans la conscience populaire peut être observée, comme en atteste un marché florissant de la pornographie débauchée où urophilie, coprophagie, émétophilie et tortures réelles y officient en toute impunité pour le plus grand plaisir des voyeurs. Le Japon se voit être un pays ayant une représentation bien à elle d'une violence sans retenue, pas seulement au cinéma mais aussi dans les mangas papiers et anime. Ceux résumant ce vaste univers à Naruto, One Piece et compagnie peuvent aller faire un tour car, en creusant un peu, on peut côtoyer des choses que nous serions en droit de nous poser la question de la légalité de part chez nous.
J'en reviens au cas de l'ero-guro dont j'avais disserté un peu dessus lors de ma chronique sur Rampo Noir. D'où provient cette fascination pour le sang, la déviance, ou d'une manière plus globale le tabou ? Il serait bien difficile pour moi d'avancer des hypothèses au regard de ma méconnaissance de la sociologie et de l'histoire nippones. Toujours est-il que, quand l'on croit tout connaître, une nouvelle dalle se rajoute sur le patchwork éclectique et, sans grande surprise, hétéroclite que compose le cinéma japonais. Une énième dalle que pose Yuuri Sunohara renforçant toujours plus mon degré de connaissances de l'interdit.

 

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ATTENTION SPOILERS : Onna Harakiri Sakuhinshû est une anthologie présentant six faux harakiris de femmes désireuses de se retrouver dans l'au-delà pour démarrer une nouvelle existence supraterrestre et, ainsi, se libérer du joug de leur propre condition humaine.

Je ne vous apprendrai rien à vous, jeunes petits vicieux que vous êtes, que le Japon est créateur de toute une myriade de pratiques sexuelles délirantes. Les laudateurs des hentai penseront au célèbre shokushu que l'on peut traduire par le viol tentaculaire, à savoir de vilains monstres gluants souillant avec panache les jouvencelles qui auront le malheur de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Urotsukidoji, grand classique de l'anime au grand dam du politiquement correct, aura la chance de populariser cette pratique ma foi fort peu excitante en ce qui me concerne.
Daikichi Amano et ses terribles Genki Genki se chargeront d'apporter sa pierre à cet édifice, s'inscrivant malgré tout dans cette pure tradition nippone née sous les pinceaux de Katsushika Hokusai et son "Le Rêve de la Femme du Pêcheur" que je mettrai à la fin de la chronique dans mon infinie gentillesse d'enrichir votre culture borderline. Mais revenons à nos moutons et donc à notre sujet principal, à savoir une chrestomathie, elle aussi, axée autour de l'une des plus délirantes performances japonaises n'étant autre que les faux-harakiri (aussi appelés seppuku) féminins. Petit rappel historique : il s'agit d'une forme rituelle de suicide masculin par éventration apparue lors de la belle et glorieuse époque des samouraïs. Il était utilisé lorsqu'un guerrier considérait comme immoral l'ordre de son maître et refusait de l'exécuter. Il était aussi d'application de se repentir d'un péché impardonnable commis volontairement ou par simple accident. 

Néanmoins, le harakiri était un rituel uniquement masculin, les femmes pratiquant le jigai, une forme de suicide consistant à se trancher la gorge au niveau de la carotide à l'aide d'un poignard. Mais alors pourquoi cette démocratisation d'ordre égalitariste ? Je dois bien avouer ne pas avoir d'explication tangible là-dessus, si ce n'est peut-être de cette volonté de transgresser encore l'interdit, de détruire les barrières ancestrales de jadis. Dans un but plus humaniste, elle résulterait potentiellement d'une démarche visant à hisser la femme au même plan que l'homme en lui autorisant de subir les mêmes châtiments. On pourrait alors y voir une thématique férocement féministe se forgeant dans la plus grande souffrance. Au final, l'homme et la femme sont égaux devant la mort et peuvent jouir des mêmes droits pour y parvenir, tel semble être la doxa de Sunohara mettant en scène ces nymphes face au tranchant libérateur. Ce spicilège voit l'ensemble du travail du réalisateur présenté sur 3 DVD.
Sur ses 3 DVD, 6 semblants d'histoire nous seront contés, toujours en suivant le même modus operandi. Je passerai, de fait, outre la description détaillée de chaque récit à la similarité évidente, quand bien même certains détails varieront afin d'éviter une redondance déjà, autant le dire, assez forte mais la finalité étant toujours la même, peut-on la reprocher ?

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Enumérons très brièvement chaque segment. Female Harakiri : Glorious Death a en "star" une japonaise standard affublée d'un kimono. School Girl : Harakiri, comme son nom l'indique, voit une écolière prendre part à l'action. Un fait qui ne tiendra pas du hasard vu que les écolières ont une grande aura sur le marché du hentai, de même que les infirmières comme en atteste Female Harakiri : Celebration. Pour White Clothing : Harakiri c'est une femme en tenue blanche qui sera de la partie. Dans Paradise Lost : Riding Habit Harakiri, c'est une nymphe revêtant les oripeaux militaires.
Une hypothétique métaphore du samouraï des temps modernes. Enfin, Beautiful Swordswomen : Double Seppuku va contraster avec les 5 premiers segments vu que, outre le fait de se dérouler à l'air libre dans un champ, c'est un couple de deux femmes qui va s'atteler au rituel. Dans chaque partie, un détail troublant s'invite à notre visionnage mouvementé. Je veux bien entendu parler du rapport si particulier entre la femme et le couteau ayant trait d'un phallus d'acier à double but. Un but à la fois masturbatoire, l'actrice se confinant dans un plaisir sadomasochiste à se déchirer les chairs tout en laissant échapper des gémissements de plaisir (voir l'image de droite ci-dessus, frappante dans son ambiguïté).

C'est une emblématique relation entre Eros et Thanatos qui va se créer devant nos yeux pour le moins ébahis. Dans un maëlstrom d'une indéniable violence, douleur et plaisir s'enlacent, mettant à jour une véritable relation amoureuse entre la femme et son instrument de mort, mais aussi avec sa blessure qu'elle touche avec abondance et fascination. Les caresses sont légions, certaines allant parfois jusqu'à l'extraction des entrailles se déversant sur le sol dans une mare de sang grossissant jusqu'à emporter dans l'autre monde cette femme dont nous ne connaissons rien, ni son identité, ni le pourquoi de tout ceci. C'est dans le flou le plus total qu'Onna Harakiri nous tient en laisse durant ses 272 minutes, montre en main. Inutile de dire que la difficulté d'accès est bien-là car, même si Sunohara s'est évertué à changer ici et là quelques trucs, une certaine rébarbativité pointe rapidement le bout de son nez. Pour couper court, au bout de 2 segments, voire 3 avec le double seppuku, on a fait le tour, trouvant inutile d'aller jusqu'au bout. Là est toute la problématique de ce florilège de tripailles dont l'intérêt cinématographique en tant que tel pour l'entièreté de l'anthologie peut prêter à débat. 

 

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Mais la difficulté d'accès dans toute sa pureté propulsant Onna Harakiri dans les strates évidentes de l'expérimental tiendra de toute la technique de base. Premier point, la lenteur extraterrestre de l'action qui pourrait vous asséner un assoupissement instantané si la nuit précédente a été mauvaise. Deuxièmement, les décors dont l'austérité est telle qu'elle est bonne à filer le bourdon à un croque-mort. Plongés dans une semi obscurité, ils sont réduits à leur plus simple expression. Ambiance malsaine garantie ! Troisièmement, la lenteur de la mise en scène ne serait rien sans l'immobilisme des plans. Chaque segment durant en moyenne 45 minutes, à l'exception de Celebration (58 min) et Paradise Lost (34 min), mieux vaut dire qu'il n'en fallait pas davantage. Pour ne rien arranger, sa quasi impossibilité à trouver l'entièreté de l'oeuvre gratuitement sur Internet devrait se charger d'éliminer les réfractaires restants.
Passer par le support physique en deviendrait presque indispensable (le lien torrent valide ayant disparu quelques jours après mon passage), bien que les 2 moyens-métrages susmentionnés soient dispo en intégralité sur YouTube. Niveau sonore, une variation est aussi à observer dans les genres mais tous témoignent d'une étrange plénitude, pourtant en total contraste avec l'extrême violence de l'acte dont on salue la qualité des effets spéciaux. Je ne commettrai par contre pas l'impudence de m'attaquer au jeu d'acteur tout bonnement inexistant. L'héroïne se contentant de se caresser, de se toucher, de s'éventrer, de se malaxer, de lécher parfois le poignard salvateur avec envie. 

Autant admettre sans encombre qu'il est, pour ainsi dire, impossible de juger une telle oeuvre aussi jusqu'au-boutiste que ce Onna Harakiri Sakuhinshû. Bousculant tous nos sens, déstructurant notre vision cinématographique une fois de plus malmenée par un réalisateur assumant entièrement son style, ne se refusant aucune excentricité, les questionnements germent en nous. Quel est le but de tout ceci ? Envie de repousser toujours plus loin la provocation ? Combler les envies porno-morbides d'un public masculin en manque de sensations fortes ?
Récolter les satisfécits d'une frange cinéphile adepte d'un art mortifère ? Témoigner de la grâce de l'instant fatidique, de la beauté de la mort, de l'élégance sacrificielle ? Sans doute un peu de tout cela. Encore une fois, le Japon nous prouve toute son ouverture d'esprit par ses liens incompréhensibles pour nous, occidentaux, avec la mort, source de stylisme et d'une porte vers un autre commencement qui nous attend tous tôt ou tard. 

tentacule Comme promis, voici l'estampe "Le Rêve de la Femme du Pêcheur"

 

Note : Vous me posez une colle !

 

 

 

orange-mecanique   Taratata

 

10 avril 2019

Midnight Express (Analyse et critique du film en vidéo par Mister Culte)

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Aujourd'hui, Cinéma Choc revient sur le film Midnight Express (Alan Parker, 1978) via une vidéo publiée par Mister Culte et disponible sur le lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=rv0zSXKRlvo

Death2Kuffar (Voyage dans les entrailles de l'enfer)

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Genre : guerre, death movie, snuff, trash, extrême (interdit aux - 18 ans avec avertissement)
Année : 2008
Durée : 17 minutes 

Synopsis : Un défilé ininterrompu d'actes de décapitations, d'éventrations, d'assassinats par armes à feu et autres monstruosités exécutées par les "soldats d'Allah". Pendant un peu plus d'un quart d'heure, le spectateur est littéralement saoulé d'images abominables perpétrées devant leurs propres caméras par les moudjahidines fanatisés d'Al Qaida et du futur État Islamique, dans le seul but d'une propagande terroriste à échelle planétaire. 

La critique :

Il y a cinq ans, lorsque je découvris le terrible shockumentary de guerre Buried In The Sand, le choc fut rude. C'est le moins que l'on puisse dire. Ce documentaire américain, fortement imprégné d'un nationalisme exacerbé à la limite de la redondance, n'est sans doute pas exempt de tout reproche. Enquêtant à charge à peine dissimulée contre l'armée et la population irakiennes en éludant sciemment les exactions des soldats de l'Oncle Sam, Buried In The Sand n'est ni plus ni moins qu'un panégyrique dégoulinant du patriotisme le plus indécent. L'attitude grave et cynique du présentateur ne faisait que renforcer cette impression. Cela étant acté, reste la puissance des images.
Et là, nous nous retrouvons face à la barbarie la plus terrifiante. D'une violence quasi insoutenable, le film se hisse à des sommets d'abominations qu'il est difficile de retranscrire. Rien moins que des faits de guerre, cependant. Et la vérité de la guerre, quelque puisse en être sa forme, sera toujours plus horrible que la plus horrible des oeuvres de fiction.

Prises au plus fort du conflit irakien, entre 2000 et 2003, ces images atroces ont marqué au fer rouge les spectateurs qui ont eu l'occasion de les voir. À titre personnel, mon père (âgé de 78 ans) me parle encore souvent du court extrait que je lui avais fait visionner à l'époque. Il est vrai que la vue de six décapitations ultra violentes à la suite sont susceptibles de vous marquer à jamais. Et si je vous disais que Buried In The Sand ressemble presque à une aimable plaisanterie en comparaison du film qui nous intéresse aujourd'hui ? Vous me taxerez sans doute d'une exagération typiquement méridionale, ou bien d'un délire affabulatoire lié à mon grand âge ! Eh bien non, hélas.
Ce monstre apocalyptique existe bel et bien. Je l'ai rencontré : il se nomme Death2Kuffar. Et j'avoue ne pas avoir été très enchanté de faire sa connaissance... Heureusement, serons-nous tentés de dire, il ne dure que 17 minutes. Mais il est des minutes qui peuvent durer une éternité. Et pour le spectateur non averti qui subira ce gros quart d'heure d'épouvantable supplice visuel, la déflagration mémorielle risque bien de s'avérer irréversible.

Beaucoup plus que s'il avait dû s'imposer tous les Philosophy Of A Knife, Cannibal Holocaust et A Serbian Film de la création. Que ces films, pourtant sérieusement hardcore, paraissent légers, presque insignifiants comparés à cette pellicule cauchemardesque. On ne peut pas comparer ce qui n'est pas comparable. La réalité surpassera toujours la fiction. S'ils ont tous deux le contexte de la guerre au Moyen Orient en commun, la comparaison entre Buried In The Sand et Death2Kuffar s'arrête là. D'un côté, un documentaire professionnel et scénarisé avec un présentateur qui annonce chaque passage d'un ton solennel ; de l'autre, des vidéos floues, tremblantes, tournées sur le vif par les complices des djihadistes meurtriers qui se livrent en direct à des crimes effroyables.
17 minutes de bandes récupérées par on ne sait qui, ont servi à créer de toutes pièces ce "court-métrage" en found footage. Je mets des guillemets au terme court-métrage car Death2Kuffar ne ressemble en rien à un film fictionnel, ni même à un shockumentary classique. Cette vidéo à la violence incommensurable ne consiste qu'en une litanie d'actes de tortures et d'abattages se déroulant à une vitesse vertigineuse. Dans Buried In The Sand, on dénombre 6 décapitations en soixante-six minutes de métrage.

Dans le terrifiant shockumentary Facing Reality (2010), j'ai cru en dénombrer quatorze. Death2Kuffar, lui, en comporte 43... Oui, vous avez bien lu : 43 décapitations ! Des hommes adultes, bien sûr. Des occidentaux, évidemment. Mais pas que, malheureusement. Au rythme lancinant de chants religieux dispensés par une "bande son" cacophonique et selon une mise en scène hélas désormais bien connue, des combattants cagoulés, armés de kalachnikovs, posent devant un drapeau noir en récitant des sourates du Coran tandis que le condamné attend, agenouillé, son exécution imminente. La triste suite, vous la connaissez. Death2Kuffar se transforme alors rapidement en foire aux horreurs quand femmes et enfants (dont les plus jeunes ne paraissent pas avoir 10 ans) sont passés à trépas via le joug du couteau. Car ici, point d'exécution classique avec une victime dont la tête serait coupée d'un seul coup de sabre. Non. Ici, on égorge d'une oreille à l'autre en hurlant à pleins poumons "Allah akbar !" (Dieu est grand). Et si les os fragiles de la carotide résistent un tant soit peu, on appuie plus fort, on s'acharne dans le geste fatal jusqu'à provoquer des geysers sanguinolents.
Parfois la tête, dont la gorge béante ne tient plus qu'à un mince fil de peau, vacille mais ne veut pas se détacher du tronc. Un coup encore plus appuyé et l'affaire est réglée. Puis, fièrement et ostensiblement, on dépose la tête déjà méconnaissable de la victime sur son corps mutilé, gisant dans une mare de sang aux teintes rougeâtres foncées.

Ce déplorable "spectacle" se déroule sous nos yeux à cadence industrielle jusqu'à la nausée puisque ces monstruosités se déroulent sur une durée quatre fois inférieure à Buried In The Sand, soit au rythme effarant de deux décapitations et demi à la minute ! Sachant qu'il y a d'autres "joyeusetés" tout aussi innommables au programme, vous comprendrez aisément que le spectateur ressort du visionnage complètement hébété, anéanti par tant d'atrocités affichées en si peu de temps. Voici pour la forme de cet objet filmique qui atomise, en terme, de barbarie, 99,99% de l'ensemble de la production audiovisuelle légale et illégale. 
La raison de son existence, mis à part de flatter les morbides instincts de sinistres individus dans mon genre, est la même depuis qu'une guerre de religion qui ne dit pas son nom, a éclaté entre les terroristes islamistes et le monde occidental. Oussama Ben Laden et ses sbires furent les premiers, au début des années 90, à relancer un conflit de civilisation qui couvait depuis des siècles.

Qui aurait pu penser que ce saoudien érudit, issu d'une richissime famille et ayant séjourné plusieurs années en Suisse notamment, puisse dériver jusqu'au point de non-retour ? Jusqu'à ce 11 septembre 2001, jour maudit où Al Qaida a, par la folie de ses disciples, changé à jamais la face du monde et le cours de l'histoire de l'humanité. Death2Kuffar débute par les attentats du World Trade Center et s'achève sur un plan où le drapeau américain est en feu. Tout un symbole. Par la suite, Boko-Haram au Nigéria et le tristement célèbre État Islamique ont pris le relais et ont continué à accentuer les combats idéologiques nauséabonds de Ben Laden (abattu en 2011), jusqu'à les porter au paroxysme de la démagogie propagandiste. Le Califat, établi durant cinq ans par DAESH sur un immense territoire à cheval sur l'Irak et la Syrie, est aujourd'hui (officiellement) vaincu.
Mais que de terreurs et de souffrances n'a-t-il pas répandu durant ces cinq années d'apocalypse ? Prises entre la peste DAESH et le choléra Bachar el-Assad, les populations autochtones furent affamées, martyrisées et décimées sans la moindre pitié de la part de leurs colonisateurs.

Les combats entre les forces de la Coalition Internationale et les terroristes firent des dizaines de milliers de victimes. En toute impunité, le drapeau noir de la mort flottait sur des villes en ruines, témoins tragiques de la folie indicible de ces hommes fanatisés par la doctrine mortifère du Salafisme. Le Salafisme, ce détournement crapuleux des fondamentaux de la religion musulmane, qui n'est rien d'autre qu'un moyen que ces individus avides de violence et de pouvoir ont utilisé pour travestir à leur avantage les véritables principes théologiques de l'islam. Ces assassins obscurantistes font appliquer la Charia, loi moyenâgeuse qui interfère sur les codes sociétaux, régulant de manière tyrannique les préceptes de la vie privée et publique de chaque musulman.
L'obligation vestimentaire la plus ostensible et la plus décriée de ce dogme rétrograde reste évidemment le port du Niqab, qui fait ressembler les femmes à de lugubres corbeaux, parcourant les rues telles des ombres fantomatiques. Avec la Charia, les répressions, à base de décapitations et de lapidations publiques, sont d'une effroyable banalité.

Je ne vous apprendrai rien en vous disant que les salafistes exècrent, bien entendu, tout ce que peuvent représenter les sociétés occidentales. À leurs yeux, tout y péché et se retrouve condamné avec la plus grande véhémence. La musique, le cinéma (les arts, en général), la consommation à outrance, l'émancipation des femmes, la liberté des moeurs, le sexe sont radicalement ostracisés et voués aux gémonies. Les très nombreux attentats en Europe et aux États-Unis ces dernières années attestent de la haine viscérale que les enturbannés barbus vouent à notre mode de vie. Haine qui, dans leurs fantasmes les plus fous, les poussent à vouloir éradiquer notre civilisation de la surface de la Terre. Nous, occidentaux à grande majorité de culture judéo-chrétienne, sommes donc qualifiés de "mécréants" par les islamistes. Mécréant que l'on traduit par "Kafir" en arabe, traduit à son tour par "Kuffar" en anglais. Voilà donc pour l'origine du titre de ce death movie extrême : Death2Kuffar équivaut à "Death To Kuffar" (Mort au Mécréant), le chiffre 2 (Two) se prononçant de manière identique phonétiquement que la préposition To.

Plus avant dans cette chronique, je vous précisais que d'autres joyeusetés que les décapitations par égorgements étaient présentées dans le court-métrage. Les exécutions par balles sont aussi légion. Les "infidèles" sont disposés à genoux, en rangs de vingt, trente, quarante individus, puis sommairement abattus d'une balle dans la tête. Il est très fréquent que les bourreaux en remettent une couche en tirant plusieurs balles dans la victime déjà morte, histoire de soulager leur besoin irrépressible de violence. J'ai gardé hélas le pire pour la fin et autant vous dire que cette scène est d'une abomination hors du commun. Devant nos yeux horrifiés, une femme enceinte attachée à une poutre est éventrée vivante puis, le fetus est arraché de ses entrailles (avec d'autres organes) pour être jeté dans la poussière comme un vulgaire sac d'ordures. La caméra s'attarde le bébé mort-né au moins 30 secondes, après quoi la femme sera (bien évidemment) décapitée au sol.
Ces images bien que floues et approximatives sont de nature à vous faire vous diriger prestement vers les toilettes pour y vomir votre bile...

Voici donc Death2Kuffar, l'ultime cauchemar en date que j'ai pu dénicher. Si elle est dénuée d'une quelconque valeur cinématographique, cette pellicule monstrueuse a le mérite d'exister et de nous présenter la véritable identité des ennemis jurés de notre monde. Sans empathie, sans remords, sans limites, ces soi-disant guerriers d'Allah déshonorent leur propre religion par le biais d'une interprétation idéologique du Coran totalement dénaturée qui arrange leurs propres intérêts et assouvit leurs instincts les plus sanguinaires. Par ces actes ignominieux, ils trahissent sur toute la ligne les fondements essentiels de la nature humaine et se rendent coupables de crimes contre l'humanité. Death2Kuffar... Retenez bien le nom de ce death movie surpuissant d'atrocité.
Si jamais, par un extraordinaire hasard, vous avez l'occasion de le visionner, je vous prie de prendre d'extrêmes précautions psychologiques car vous allez devoir faire face de manière frontale à ce à quoi peut très probablement ressembler l'enfer. 

 

Note : ?

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