Cinéma Choc

30 décembre 2020

Clap de fin pour Cinéma Choc

Oui, c’est la fin… La fin de Cinéma Choc. Il était temps ? Oui, sans doute. Tout au long de ses chroniques et de ses pérégrinations, le blog aura tenté de vous faire partager sa dilection pour le noble et Septième Art avec, il est vrai, une appétence pour les films chocs et obscurs. Je tiens donc à remercier tous les auteurs qui ont contribué à façonner le site par leur plume avisée, que ce soit Vince, Titi ou encore Cinemadreamer. Evidemment, je tenais aussi à écrire un petit mot pour Inthemoodforgore. Grâce à lui, le blog a pu s’enrichir et s’enorgueillir de toute une pléthore de références. Indubitablement, Inthemood (pour les intimes) reste (et restera…) notre collectionneur passionné et fétiche. Et puis, comment ne pas évoquer le cas de notre ami Taratata ? Tout au long de ses chroniques, notre écrivain omniscient nous aura – lui aussi – fait partager sa passion pour le cinéma, en passant par le giallo ou encore le pinku eiga… Entre autres ! Avec ce dernier article, je tiens à lui exprimer toutes mes congratulations et surtout toute ma gratitude. Enfin, je tiens aussi à saluer (et même à déifier) l'apport (la prescience...) de Clint Mattei, ne serait-ce que pour ses chroniques, et surtout pour son état d'esprit, ainsi que pour sa mansuétude.

Cinéma Choc ne pouvait pas clôturer ses portes sans remercier ses fidèles commentateurs, ainsi que ceux (et celles) qui sont passés (parfois) occasionnellement : Laurent, Borat, Clash, Dasola, Roggy, Z, Yann, Tangokoni, Markhem, Guillaume, Nicos, Gegeartist, Stk, Julius, Ornelune, le pape du hardc, Tinalakiller, Selenie, GirlyMamie, Hdef, Anthony Rct, Léarch, Sadhill, Monessio, Willycat, Traumatik, Behindthesun, Alegodix, Léolo, Nezumi ou encore Grindzilla… Et désolé si j’en oublie. Pourquoi cette fermeture brutale ? Pour plusieurs raisons. Depuis quelques temps (plus d’un an et demi tout de même), les commentaires ont baissé drastiquement. Beaucoup de chroniques évoluent entre zéro et quatre commentaires. Or, la chronique reste un exercice âpre et surtout chronophage. Et puis, surtout, l’auteur de ces lignes va vaquer à d’autres occupations (familiales et professionnelles). Je n’aurai donc plus le temps (plus du tout…) de m’affairer à la tenue d’un blog. 

L’aventure « Cinéma Choc » aura duré quatre ans et demi et se termine sur cet ultime article. Je ne reprendrai pas le blog et le laisserai en l’état. En vous remerciant encore tous et toutes. Je vous laisse entre de bonnes mains, celles de Taratata, Clint Mattei, Inthemoodforgore et Titi. Eux aussi souhaitent délivrer un dernier message.

 

sparklehorse2 Alice In Oliver

 

Message d'au revoir de Taratata

 

Genre : Drame

Année : 2020

Durée : +/- 5 min de lecture

 

Synopsis :

 

En cette fin d'année 2020, Cinéma Choc ferme ses portes. C'est le moment de se dire au revoir !

 

La critique :

Un vieux sage a dit un jour que toute bonne chose avait une fin. Et comme de fait, il était évident que ce dicton allait se vérifier tôt ou tard pour Cinéma Choc qui a décidé de stopper son aventure après cinq années de chroniques quotidiennes, tantôt scandaleuses, tantôt plus timorées avec un horizon impressionnant allant des classiques du cinéma muet aux shockumentaries. Il y en avait un peu pour tous les goûts, sauf pour les adulateurs de cinéma romantique qui ne sont, sans doute, pas restés très longtemps sur le blog. Que de temps passé entre mon premier commentaire lâché sur le feu blog Naveton pour faire la connaissance de tout un groupe de passionnés et le statut de chroniqueur que l’ancien maître des lieux de Naveton m’a offert dans une gentillesse à laquelle je ne peux que le remercier du plus profond du coeur. Un timide démarrage pour commencer à prendre un envol devenu pétaradant et qui m’a moi le premier choqué d’avoir développé un tel extatisme à la rédaction. 
Mais voilà, le moine tibétain a toujours raison et il était évident que ce jour allait arriver. Je ne reviendrai pas sur les dires d'Alice In Oliver qui a suffisamment bien décrit la chose.

Pour ma part, il ne s’agit pas de la problématique du manque de commentaires (quoique je n’aurais pas dit non à un plus grand nombre, loin de là). Le simple fait de savoir que mes chroniques ont été lues par des dizaines de milliers de personnes suffit à m’apporter du baume au cœur, surtout quand on est qu’un simple amateur (n’est pas le ponte des Cahiers du Cinéma qui veut !). Néanmoins, le temps passant a fini par induire un sentiment de lassitude. Je finissais dernièrement par ne plus retrouver le caractère enjoué que j’avais à écrire chaque mot comme je l’avais avant. L’inspiration y était, la curiosité aussi mais plus la flamme qui me faisait enchaîner les billets l’un à la suite de l’autre comme avant. Qui plus est, vous aurez remarqué que j’ai fini par devenir complètement indifférent à l’idée de visionner du cinéma trash comme ce fut le cas auparavant. Il faut croire que la chronique de MASD-004 a été le coup fatal. Cependant, de manière amusante et paradoxale, je savoure toujours autant de lire des articles sur des pellicules aussi outrageantes. Incohérence quand tu nous tiens !

Si je n’ai pas été l’homme qui vous aura le plus retourné l’estomac, préférant opter pour un rayon d’action moins conventionnel que la ligne éditoriale du site sans en dénaturer son esprit pour autant (je reprends les termes de Monessio arrivé trop tardivement comme bien d’autres), je remercie toute l’ouverture d’esprit et la tolérance du boss du blog qui m’a permis de me forger mon propre style. Une année profondément merdique s’achève entre les ravages tant sociaux qu’économiques du covid-19 et, en prime, l’achèvement de notre projet pour notre public favori (*rires de sitcom*). Et avec elle, le point, peut-être, le plus important qui fut enfin la fin de mes années d’études. 
De nouveaux objectifs s’offrent à moi et il est plus que temps à 26 ans de prendre mon envol. Vous aurez facilement fait le rapprochement que, comme pour Alice In Oliver, il ne me sera plus du tout possible de rédiger en bonne et due forme. A choisir entre la qualité et la quantité, j’ai toujours préféré la première option mais quand aucune des deux ne peut être satisfaite, il vaut mieux arrêter.

Pour ma part, tout a été dit et je ne peux que remercier chaleureusement tous les blogueurs très présents ou occasionnels qui ont fait vivre Cinéma Choc et qu'Olivier a déjà cités. Désolé pour la flemmardise de ne pas écrire votre nom ! A travers ce dernier paragraphe, je tiens à le saluer une dernière fois pour m’avoir offert une chance et ce qui est la plus belle expérience que j’ai pu avoir sur le web. Mes hommages à Inthemoodforgore pour ses trouvailles bonnes à vous remuer l’estomac et ses nombreuses marques d’attention à un type (belge en plus !) ayant la moitié de son âge. Je ne pourrais oublier Clintmattei qui a apporté énormément au blog avec ses billets bien secoués et qui m'a, par la même occasion, fait me sentir encore plus jeune et petit que je ne le suis face à la moyenne d'âge du site. Et bien évidemment à vous tous qui nous avez suivi et qui, je l'espère, ont apprécié nos analyses. 
Blague à part, je me suis toujours dit que ça aurait pu être très sympa de se rencontrer tous en vrai pour des débats ardents. Ceci dit, pour ceux qui désireraient suivre ma progression dans le cinéma et qui ont un compte SensCritique, je ne peux que les inviter à s’abonner à mon compte ( non, non je ne fais pas du tout ma pub !) dont je vous poste le lien juste en-dessous. Ca sera aussi l'occasion, pour qui le veut, de garder (ou prendre) contact et d'échanger autour de notre passion commune.

https://www.senscritique.com/MisterLynch

Si le pouvoir politique nous a enseigné (ou tout du moins forcé) à pratiquer la distanciation sociale dans le contexte actuel, ce n’est heureusement pas le cas pour toutes les marques d’affection que j’éprouve à votre égard. Tout simplement merci de nous avoir suivis.

 

Note : Au revoir à tous/20

orange-mecanique Taratata

 

 

Adios Muchachos : le message de Clint Mattei

 

Hasta la vista , ce n'est qu'un au revoir ,Till we meet again,
XayrDo widzenia, Прощай, خدا حافظลาก่อน, Sala kakuhle...

brady

 

En ce jour funeste du 30 décembre 2020, année « apocalyptique » s’il en fût, où bien des évènements tragiques traumatisa une toute petite planète bleue perdue dans un infini cosmos, où un invisible ennemi prit le contrôle de toute une mondiale population. Qui l’eût cru ? D’hommes libres, nous convergeâmes, in fine, confinés dans un modeste deux pièces, attestant par une paperasserie orwellienne nos mouvements extérieurs, l’apocalypse passive était née : sans guerre humaine ou monétaire, ni déclenchement atomique... Souvenez-vous, 2019 après la chute de New York de Sergio Martino, 2020 texas gladiators de Joe d’Amato et bien d’autres encore. Tous prédisaient une atomique apocalypse, il n’en fut rien, nous étions dans une « syntax error 404 » où l’enfermement fut imposé. Libre... c’était avant ! C’est dans ce contexte qu’un certain blog continuait ad vitam aeternam à proposer pléthore de chroniques de « shock pictures » avec aux manettes les imperturbables et doués Olivier et Taratata, qu’ils en soient remerciés, ils égayaient nos journées… Remontons le cours du temps où la liberté de vagabonder était possible !

2018, donc ! Je suis le petit dernier, un basique chroniqueur d’un âge avancé, plutôt bisseux dans mes choix cinéphiles, les années 80 m’ont émerveillé, je ne m’en suis jamais remis… En juillet 2018, naviguant de blog en blog, je tombais par pur hasard sur CINEMA CHOC, les chroniques abondaient sur des films inconnus, l’underground entrait en mon moi, brisant tous mes tabous. Je lisais puis recherchais ledit film chroniqué, les dvds, bootleg (putrid productions m’a coûté bien des bras !) s’amoncelaient dans ma dvd-thèque, j’avançais fiévreusement dans les méandres labyrinthiques d’un cinéma libre de ses actes. Je respirais enfin, je m’éveillais... Je n’osais commenter encore... Puis pas à pas, j’intervenais modestement sur des chroniques toujours parfaites. Jamais sur un blog, je n’avais trouvé de tels talents (oui !).

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Olivier, une plume parfaite, au riche vocabulaire. Bien des fois, le petit robert fut ouvert de par l’exigence de ses chroniques. Et que dire de ce cher Taratata, curieux, incisif, je suivais son parcours cinéphilique de par ses choix toujours audacieux : L’anticoncept, MASD004, La vierge miraculeuse, L’oreille... L’homme Taratata évoluait de chronique en chronique, un plaisir extatique de lecture. Bien entendu, il serait blasphématoire d’oublier l’idole des jeunes, un certain INTHEMOODFORGORE, l’ultime cyber-tracker sur terre, dénichant des monstruosités filmiques inconnus en nos vertes prairies... Channel 309, GSKD, les Tohjiro s’enchaînaient, je me devais de les voir quoiqu’il en coûte... Les trois mousquetaires « schock-underground » imposèrent des missives atomiques de par des inédites chroniques.

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Cinéma choc c’était cela et aussi à mon sens, ce qu’Olivier a su gérer sur des commentaires parfois acrimonieux : l’acceptation de tous par une élégante réponse toujours bienveillante et donc constructive, induisant chez nous tous, cette même probité. C’est d’autant plus méritant : regardez les réseaux sociaux, certains blogs, où des grossièretés fusent inutilement. Cinéma choc : du bonheur de lecture où tout commentaire est accepté dans un respect total, plutôt rare, non ? Merci à Olivier de m’avoir accepté en son blog, merci des encouragements de Taratata et d'Inthemood m’accompagnant dans mes petites chroniques. Je ne fus point prolifique ni prolixe dans mes critiques, modeste je fus mais cette petite aventure m’a été bénéfique de par l’exigence de l’écriture, la recherche de renseignements ou de téléchargements légaux (hum !). Oui, je suis fier d’avoir participé à ce blog, je vous remercie tous et sur mon CV, j’afficherai dignement : J’étais chroniqueur sur Cinéma Choc (oh my god !)

Je vous aime.

 

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NOTE : 20/20

 

Instant-City-TV-Récré-A2-Goldorak-007-900x600px CLINT MATTEI (Philippe)

 

Le mot d'Inthemoodforgore

 

Par où commencer ? Il y a tant de souvenirs... Par le commencement, peut-être ? Et par ce soir de mars 2015 où Olivier (Alice in Oliver) m'envoyait un mail (ou peut-être un SMS, j'avoue ne plus bien me rappeler !) pour m'annoncer la création de son nouveau blog : Cinéma Choc. Les feux de Naveton Cinéma venaient tout juste de s'éteindre en novembre 2014, mais les braises de la passion du Septième Art coulaient elles encore, ardentes et vigoureuses, dans les veines du grand Manitou. Lorsqu'il me proposait de faire partie de l'aventure, je crois que j'ai dû hésiter une demi-seconde avant de répondre par l'affirmative. D'autant plus que ce nouveau blog ne ressemblerait en rien à Naveton Cinéma qui, malgré la profonde sympathie qu'il avait suscité sur la blogosphère française, n'était en somme qu'un immense fourre-tout ! Vous ne l'avez pas connu ? Alors, je vous conseille d'aller y faire un tour vu qu'il est toujours présent sur le Net. Momifié pour l'éternité. Vous ne serez pas déçus...
Plus sérieux, plus pointu, plus radical, Cinéma Choc n'allait pas, c'était une évidence, plaire à tout le monde. Mais avec ce nouveau mode de fonctionnement, c'était l'assurance d'encore plus de rigueur dans la rédaction des chroniques, d'une meilleure qualité littéraire et de plus d'informations sur le film en lui-même. C'était aussi le gage de moins de profusion d'articles. Car il faut dire que Naveton Cinéma "carburait" au rythme démentiel de trois chroniques par jour ! Mais que ce soit dans sa (dé)cadence, ses délires, ses débats, ses controverses, Naveton était vraiment too much ! Heureux temps que nous ne sommes que très peu, à présent, à avoir connu.

Vous verrez, tous autant que vous êtes, vous verrez qu'avec l'âge on devient mélancolique. Nostalgique d'un passé qu'on idéalise certainement beaucoup mais qui nous laisse au coeur, le goût douce amertume d'une époque qui fut et qui n'est plus. Du temps qui nous a glissé entre les rêves, comme l'eau coule entre les doigts. Ma parole, Inthemood se prend pour Baudelaire pour sa dernière intervention sur Cinéma Choc ! D'ailleurs, Baudelaire (que j'ai très bien connu eu égard à mon grand âge) n'aurait sans doute pas renié laisser un message virulent, entre 2 verres d'absinthe, sur ce blog des renégats. Oui, nous sommes tous des renégats du cinéma. Et nous en sommes fiers ! En cette année 2020 où l'on a sur-fêté le Général de Gaulle, le terme "Résistants" serait peut-être plus approprié.
Résistants vis-à-vis d'un cinéma formaliste, lisse de toute aspérité, aseptisé avec le doigt sur la couture du pantalon. Résistants face à une industrie qui n'a plus que de Septième Art que le nom. Face au vide intersidéral des scénarios, face au "Dollar Roi" qui impose aux Studios des remakes, des spin-off, de reboots, tous plus affligeants les uns que les autres, nous résistons. L'industrialisation du cinéma est une chose inévitable et nous ne condamnons pas d'avance chaque Blockbuster qui sort(ait) sur les écrans. Comme disait l'autre : "Il faut laisser sa chance au produit".

Mais quand les produits se ressemblent tous au point de devenir une usine à clones, le véritable cinéphile s'insurge. Halte là ! Chaplin, Griffith, Ozu ou Pasolini doivent tous se retourner dans leurs tombes. Où est passé leur art, leur génie, leurs créations ? Évaporés... Des produits de consommation : voilà ce que sont devenus les films de nos jours. Surtout ne pas choquer le public et en priorité, lui donner ce qu'il réclame : un produit inodore et sans saveur. De la guimauve sur pellicule, quoi. Vous la sentez ? Vous la sentez bouillir en moi la haine qui maudit cette époque de couilles molles ? Bon, nous ne sommes pas là pour nous énerver mais pour nous dire AU REVOIR comme l'a si bien mis en scène en 1981 un ancien Président qui nous a quitté récemment.
Décidément à chaque fois c'est moi qui m'y colle ! Le 9 novembre 2014 déjà, je clôturais Naveton Cinéma avec la chronique de The Taming of Rebecca. Le film trash ultime à l'époque. Juste un divertissement salace aujourd'hui. Les chroniqueurs d'alors : Borat, HDEF, Vince, Taratata et moi-même avions tous composé un petit mot d'adieu. Comme un épilogue au blog cher à notre coeur. HDEF et Vince s'en sont allés vers d'autres horizons depuis bien longtemps et ne sont jamais revenus, Borat s'est détaché peu à peu de Cinéma Choc pour rejoindre son propre blog et l'univers des Marvel qui lui est si cher.

Les Gérard, JamesLuctor, GegeArtist, Aelezig, TinalaKiller, GossipCoco, CinemaDreamer, Raël, Le Pape du Hard (pour les autres, excusez-moi si je vous ai oubliés) et tous ceux qui ont une heure, un jour, une année, participé à l'aventure de CC ont depuis disparu sans laisser d'adresse. Dommage. Et puis arriva ClintMattei et avec lui, un vent de fraîcheur (un comble pour un vieux fossile encore plus âgé que moi !) qui m'a personnellement fait un bien fou. Enfin quelqu'un de ma génération ! Pas aussi dingue que mézigue mais pas très loin, Clint eut le mérite de relancer, un temps, la dynamique des commentaires et la vie du blog. Hélas il arrivait bien trop tard. Le mal était fait depuis longtemps : le blog était un moribond en sursis. Alors autant faire du bouche à bouche à un cadavre (ce qui n'était pas pour déplaire dans l'idée). Des temps ancestraux ne restent plus donc que l'inamovible Maître Alice in Oliver, le disciple surdoué Taratata, Titi qui fait une apparition de temps en temps et le vieux psychopathe Inthemood. Ça fout un coup de blues de repenser à ça, tout de même !
Cinéma Choc, MON Cinéma Choc, celui que j'ai vu naître, que je tant aimé et que j'ai porté sur les fonts baptismaux avec Alice in Oliver va disparaître aujourd'hui. C'est triste. C'est comme ça. Rien n'est définitif dans la vie et surtout pas la vie elle-même qui, lorsqu'on la considère de manière abrupte, n'est qu'un sinistre compte à rebours.

Mais ainsi va l'existence : chacun doit suivre sa destinée. Et c'est exactement ce qui va se passer à présent. Nous allons tous nous quitter. Définitivement. Les jeunes tenteront de se bâtir un avenir solide malgré les difficultés de ce monde en décomposition, et les vieux poursuivront leur triste routine tout en espérant survivre au COVID ! Quant aux autres qui ballottent entre deux âges, que la sagesse et l'inspiration les accompagnent... Et pour terminer ce billet forcément empreint d'un peu de tristesse, je me suis surpris à établir 2 listes. Celle des films, mouvements cinématographiques ou réalisateurs que je suis heureux de vous avoir fait connaître et une autre, celle de mes regrets, celle des films dont j'aurais aimé vous parler et que je n'ai pas eu, soit le temps, soit l'occasion, soit l'inspiration pour les aborder. Les voici.

Au rayon des satisfactions : Thundercrack!, l'ICPCE, Emperor Tomato Ketchup, les Roughies, Corps de Chasse, La Philosophie dans le Boudoir, Eccentic Psycho Cinema, Muzan-E, F.U.B.A.R, Snuff R73, les Genkis, les Gusomilk, Tohjiro, Mondo Weirdo, le cinéma lettrique (Traité de Bave et d'Éternité), Sander Cage (malgré la récente controverse), Satantango, Rubber's Lover, The Gateway Meat, Poing de Force (par l'intermédiaire d'Olivier), Her Name Was Torment, Buried in the Sand, le cinéma de Maya Deren (Meshes of the Afternoon), Juvenile Crime (et par là même, l'histoire de Junko Furuta), la trilogie GSKD, le cinéma épileptique de Marco Malattia avec Channel 309 et No Vaseline, Tumbling Doll of Flesh, Cannibal, Christian B, Ensuring Your Place In Hell, NF 713, Orozco The Embalmer, Flesh Of The Void, Death2Kuffar, La Coquille et le Clergyman.

Au rayon des déceptions : L'Érotisme et MASD-004 (mais Taratata s'est très bien chargé de ces deux chroniques), Death At Land Of Encantos, Gehenna Of A Garbage World (quoique pour celui-là, la question se pose), Orgie Min Familie (celui-là aussi...), la trilogie Registros Fatais, Fetus Munchers Vol 1 & 2, Magnotta's Tape, One Night In Paris, Delirios de um Anormal, Embalming and Restorative Arts et beaucoup d'autres que j'oublie certainement. Alors voilà, il est temps de se quitter. Je vous adresse donc tous mes voeux de réussite et de bonheur pour la suite de votre parcours de vie. N'oubliez jamais, jamais de rêver en Cinémascope !
Et je répète à votre intention cette citation prononcée dans un de mes films fétiches, "Au Revoir À Jamais" (titre on ne peut plus d'actualité aujourd'hui) : "Que le meilleur de votre passé soit le pire de votre avenir". Adieu les amis et prenez bien soin de vous.

109934126 Alex (alias) Inthemoodforgore

 

LE MOT DE LA FIN DE TITI70

 

« Voilà, c'est fini » chantait Jean Louis Aubert. Hé, oui, Cinéma Choc s'arrête, une raison de plus de détester cette maudite année riche en catastrophes. Autant le dire, je ne faisais pas partie des chroniqueurs réguliers du blog même si je le suivais de très près. Malgré tout, je souhaite vivement remercier Olivier pour m'avoir accueilli dans cette équipe. Notre dieu a tous est également celui qui, un jour, m'a donné l'envie d'écrire des chroniques et, ça, je ne l'oublierai jamais. Evidemment, comme vous sans doute (ou peut-être pas, j'en vois déjà certains se réjouir), je regrette la fin de Cinéma Choc et je peux dire que ce blog va beaucoup me manquer, tout comme la présence d'Olivier et des autres sur ce qui s'apparentait à un véritable espace de liberté, un mot de plus en plus mal utilisé de nos jours, mais, qui prenait tous son sens ici. En ce jour, mes frères, nous sommes orphelins. Malgré tout, je comprends et respecte la décision du maître à qui je souhaite le meilleur dans ses futures activités.
Pour ma part, je terminerai en citant une phrase d'un humoriste disparu cette année et que j'adorais, il s'agissait de Guy Bedos : "La Vie Est Une Comédie Italienne, Tu Ris, Tu Pleures, Tu Vis, Tu Meurs". Bon vent à tous et, peut-être, nous retrouverons nous un jour, qui sait. 

  TITI70

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Chernobyl - 2019 (Le mensonge n'est pas le contraire de la vérité, mais une autre construction de la réalité)

chernobyl série 2019

Genre : drame, catastrophe, historique (interdit aux moins de 12 ans)
Année : 2019
Durée : 5 épisodes (durée entre 56 minutes et 1h02 selon les épisodes)

Synopsis : 26 avril 1986, l'histoire vraie de la pire catastrophe causée par l'homme et de ceux qui ont sacrifié leur vie pour sauver l'Europe du drame. L'explosion d'un réacteur à la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, a de terribles conséquences aussi bien sur le personnel de l'usine, que sur les équipes de secours, la population et l'environnement.  

La critique :

Lorsque l'on invoque la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, une exégèse historique s'impose. 26 avril 1986. "Un essai d'îlotage était prévu sur le réacteur numéro 4, pour tester l'alimentation électrique de secours qui permet au réacteur de fonctionner en toute sécurité pendant une panne de courant". Or, un technicien pourtant chevronné commet une erreur, "provoquant un empoisonnement du réacteur au xénon. De petites explosions se produisent, éjectant les barres permettant le pilotage du réacteur. Les 1 200 tonnes de la dalle de béton recouvrant le réacteur sont projetées en l'air et retombent de biais sur le cœur du réacteur qui est fracturé par le choc" (Source https://fr.wikipedia.org/wiki/Catastrophe_nucl%C3%A9aire_de_Tchernobyl). Un incendie très important se déclare avec de fortes retombées radioactives, non seulement pour les pompiers dépêchés sur place, mais pour l'ensemble de la population attenante.

Par ailleurs, les pompiers ne parviendront pas à juguler l'incendie. Les retombées chimiques et radioactives dépassent les chiffres et les prévisions les plus alarmistes, et pas seulement sur la ville de Prypiat qui jouxte la centrale nucléaire, mais aussi sur des pays frontaliers tels que l'Ukraine et la Biélorussie. Mais l'Allemagne de l'Est risque elle aussi d'être rayée de la surface de la planète. A plus long terme, c'est l'Europe toute entière qui risque de disparaître. Les populations locales ne sont même pas évacuées. Ce n'est que 48 heures après la catastrophe que le Président Gorbatchev est informé de la nocuité et de l'ampleur d'une telle catastrophe, ainsi que d'une explosion au coeur de la centrale nucléaire.
Pour éviter un désastre à l'échelle internationale qui risquerait de radier (ou plutôt d'irradier) environ cent millions d'individus à travers toute l'Europe, l'armée soviétique diligente à la fois des militaires, des civiles et des volontaires. 

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Pour empêcher le magma en fusion de se propager, plusieurs milliers d'hommes (appelés "les liquidateurs") sont envoyés sur place pour étouffer le coeur en fusion et construire un immense sarcophage. Evidemment, une telle catastrophe nucléaire (la plus grave de toute l'histoire de l'Humanité) sera relatée à travers la littérature. A ce sujet, c'est le livre de Svetlana Aleksievitch, La Supplication : Tchernobyl, chroniques du monde après l'apocalypse (1998) qui fait voeu d'obédience. Mais le drame de Tchernobyl va aussi inspirer le noble et Septième Art, notamment via plusieurs documentaires (l'excellent La Bataille de Tchernobyl, Thomas Johnson, 2006) et longs-métrages (entre autres, La Terre Outragée, Michale Boganim, 2012). Vient également s'agréger le bien nommé Chernobyl, cornaqué par les soins de Craig Mazin en 2019. Chernobyl est une mini-série télévisée, composée de cinq épisodes d'une durée comprise entre 56 minutes et une heure (environ) de bobine.

Cette série TV s'inspire notamment de l'ouvrage de Svetlana Aleksievitch, mais pas seulement. Chernobyl opte pour une chronologie précise des faits en sondant à la fois les points de vue (divergents) des scientifiques, du gouvernement soviétique et de la plèbe condamnée à remplir la sale besogne. Inutile alors de préciser que cette mini-série a suscité le scandale, les quolibets et surtout la polémique lors de sa diffusion télévisée. En outre, c'est le gouvernement de Russie qui invective la série, non pas pour sa réalité historique, mais pour sa version acrimonieuse de certains faits relatés. Pis, la Russie a déjà enjoint la production cinématographique à réaliser une version alternative, justement en réponse à la série Chernobyl. A contrario, dès le premier épisode, la série est unanimement couverte d'éloges et de dithyrambes, notamment pour son réalisme, sa précision clinique (presque chirurgicale) et surtout pour les thématiques qu'elle aborde.

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Reste à savoir si Chernobyl mérite - ou non - de tels panégyrismes. Réponse à venir dans les lignes éparses de cette chronique... Evidemment, on pouvait légitimement se montrer circonspect à l'aune de cette mini-série télévisée, déjà parce qu'il s'agit d'une production américaine, mais pas seulement. En l'occurrence, c'est Craig Mazin (déjà susdénommé dans ces lignes) qui supervise les opérations. Pour souvenance, l'artiste éclectique est surtout connu en tant que cacographe. Il a notamment griffonné les scénarii de comédies souvent calamiteuses, entre autres Scary Movie 3 (2003), Scary Movie 4 (2006), Super Héros Movie (2008), Very Bad Trip 2 (2011), Arnaque à la carte (2013), ou encore Very Bad Trip 3 (2013). Après Chernobyl, il paraît évident que Craig Mazin ne pourra plus revenir (éhontément) vers de telles facéties et goguenardises concentrées sur pellicule.

Pour l'anecdote superfétatoire, Chernobyl sera même élu la meilleure série de l'année 2019 et raflera toute une salve de récompenses, notamment plusieurs Emmy Awards, entre autres pour sa musique et son scénario. La distribution de cette mini-série télévisée se compose de Stellan Skarsgard, Jared Harris, Emily Watson, Jessie Buckley, Adam Nagaitis, Paul Ritter, Sam Troughton, Robert Emms et Adam Lundgren. Attention, SPOILERS ! 26 avril 1986, l'histoire vraie de la pire catastrophe causée par l'homme et de ceux qui ont sacrifié leur vie pour sauver l'Europe du drame. L'explosion d'un réacteur à la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, a de terribles conséquences aussi bien sur le personnel de l'usine, que sur les équipes de secours, la population et l'environnement. 
Autant l'annoncer sans ambages. Chernobyl n'a pas usurpé tous ces concerts d'acclamations. 

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Seul bémol et pas des moindres, les esprits les plus impressionnables et pudibonds sont priés de quitter hâtivement leur siège et de retourner gentiment dans leurs pénates. Oui, Chernobyl délivre - bel et bien - l'uppercut auguré. A ce sujet, l'interdiction aux moins de 12 ans n'est absolument pas usurpée. La principale argutie de cette mini-série repose sur sa vision chronologique et historique des faits, mais sans sombrer dans l'écueil du documentaire galvaudé. Sur ce dernier point, la série opte pour un format élusif, à savoir une seule (et unique) saison de cinq épisodes. Les thuriféraires réclament à cor et à cri une deuxième saison. En l'occurrence, le réalisateur, Craig Mazin, a déjà démenti toute tentation mercantile d'une nouvelle segmentation. Oui, Chernobyl propose plusieurs niveaux de lecture.
Le premier est évidemment historique, dans une période de fin de guerre froide et d'un communisme déjà moribond.

Par certaines accointances (notamment idéologiques), la catastrophe nucléaire de Tchernobyl préfigure le trépas de cette doxa dominante. Et c'est exactement ce que retranscrit, avec une rectitude stricte, la série, à savoir un système étatique basé sur la calomnie et le mensonge. En outre, la catastrophe sera amplement minorée jusqu'à ce que les experts prennent conscience de l'ampleur du désastre. Au nom du mensonge et d'intérêts économiques, plusieurs milliers d'hommes seront envoyés à l'abattoir. Les pompiers sur place décèderont tous de leurs excoriations, de leurs érythèmes et de leurs blessures. Leur souffrance, pour le moins abominable, laisse transparaître des corps tuméfiés, ankylosés, atomisés (c'est le cas de le dire...) et pétris par la douleur. Sur ces entrefaites, Chernobyl s'agence sur une autre thématique : la vision scientifique.

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Deux hommes, Valeri Legassov et Boris Chtcherbia, et une femme, Ulana Khomyuk (une scientifique de l'Institut de l'énergie nucléaire) mènent une enquête studieuse et précautionneuse. Pour faire éclater la vérité, ces trois personnages devront se colleter avec un système bureaucratique parfaitement régenté. Derechef, c'est l'affabulation qui prédomine. C'est sans doute l'autre gros point fort de cette série, à savoir cette introspection sur les notions (antagoniques) de vérité et de mensonge. En l'occurrence, le mensonge n'est pas le contraire de la vérité, mais une autre construction de la réalité ; une réalité galvaudeuse qui cherche à convaincre les opinions sceptiques du monde entier.
Même plus de trente années après les faits, les chiffres restent largement édulcorés, notamment en termes de bilans et d'analyses sur les morts, les blessés et autres dommages collatéraux inhérents à la catastrophe de Tchernobyl. La série comprend également plusieurs moments extrêmement choquants, notamment la fission du réacteur nucléaire, la mort d'un vaillant pompier sous les yeux éplorés de son épouse, ou encore l'éradication des animaux aux alentours de la centrale et sur un rayon de plus d'une trentaine de kilomètres. Vous l'avez donc compris, probablement supputé. Chernobyl est une mini-série documentée, édifiante, magistralement interprétée (mention spéciale à la triade formée par Stellan Skarsgard, Emily Watson et Jared Harris) et à visionner de toute urgence.

 

Note : 17.5/20

 

sparklehorse2 Alice In Oliver

 

29 décembre 2020

Bienvenue dans l'antre d'Inthemood !

 

Depuis le temps ! Depuis le temps que je me le promettais et que certains d'entre vous me le demandaient. Il a fallu bien des tergiversations avant que je ne vous concède le "privilège" de pénétrer dans mon royaume. Ouah, cette intro fait vraiment "J'me la pète !". Bah, tant pis, moi qui n'ai qu'une très piètre idée de ma personne, pour une fois je vais la jouer prétentieux. Remarquez qu'avec douze années et demi acharnées de collection derrière moi et un total pécunier dépensé qui doit avoisiner le PIB annuel de la Moldavie, j'ai quand même matière à être fier du résultat. Le résultat ? 4381 films répartis en 4244 DVDs (certains DVD comprenant des compilations). Mais rassurez-vous ! Je ne vais certes pas vous infliger la totalité de ces acquisitions. Ce serait parfaitement inutile et cela prendrait des semaines. Car contrairement à d'autres collectionneurs, je ne me suis jamais spécialisé dans un genre précis. Et contrairement aussi à l'idée très répandue au sein de mes confrères et partenaires, sûrement en grande partie influencée par mes chroniques et mon penchant certain pour les péloches scandaleuses, ma vidéothèque n'est pas du tout (mais alors, vraiment pas) composée UNIQUEMENT d'abominations en tout genre.

Bien au contraire : les films gore, trash, pornographiques, extrêmes et expérimentaux ne représentent guère plus de 15% de mon précieux reliquat. Bon, il est vrai que cela fait tout de même environ 660 films. Mais autant dire que dans les rayons de ma collection, vous trouverez de tout : de la comédie populaire, des drames, des polars et thrillers, de la SF vintage, les films d'horreur cultes des 80's, les grandes comédies musicales, les nanars célèbres, les meilleurs films noirs américains des années 40/50, les plus grands classiques du cinéma français, les oeuvres pionnières du muet, la quasi-totalité des Palmes d'Or du Festival de Cannes, des pépites du cinéma indépendant, les plus grands chefs d'oeuvres des maîtres du Septième Art et la liste est encore longue...
Aussi, pour éviter de vous faire perdre votre temps et le mien, j'ai décidé de ne vous présenter que les DVDs qui par leur rareté, leur prix ou leur importance historique, représentent un intérêt majeur pour tout amoureux de la cinéphilie. Évidemment les films chocs et trash seront mis en avant et en priorité puisque je sais que c'est surtout cela que vous attendez, petits coquins ! Alors commençons la visite sans plus attendre.

Excellente découverte à tous !

Commençons la visite en douceur avec les maîtres du cinéma contemplatif contemporain. Bela Tarr...

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Nuri Bilge Ceylan...

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Et terminons par Apichaptong Weerasethakul.

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Du pastis bien frais, le chant des cigales : impossible pour un gars du Midi comme moi, de faire l'impasse sur les chefs d'oeuvres de Pagnol.

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Impossible également de faire l'impasse sur les grands classiques SF des années 50.

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En voici quelques autres...

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Quelques grands classiques français tournés avant et pendant la seconde guerre mondiale.

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Le temps des pionniers du cinéma

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Quelques perles du muet...

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Hommage au plus grand génie du Septième Art.  Respect Mister Chaplin !

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Quelques oeuvres des maîtres japonais de l'après-guerre. Ozu, Naruse, Kurosawa... 

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D'autres classiques nippons.

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Les premiers films d'horreur. Et quasiment, que des chefs d'oeuvres...

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D'autres incontournables de la même époque.

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Quelques documentaires essentiels. En haut, en troisième position en partant de la gauche, The Junko Furuta Archive, seul témoignage filmé des funérailles de la jeune martyr japonaise.

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Passons aux génies complètement barrés du Septième Art. Ici, Jan Švankmajer.

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Les deux inséparables, Alejandro Jodorowsky et Fernando Arrabal...

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Abordons à présent, les oeuvres essentielles et les maîtres du cinéma expérimental. À noter en bas, à l'extrême droite, le mega rare The Atrocity Exhibition

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Évidemment, le cinéma surréaliste et expérimental est à l'honneur avec ses grands classiques et ses poids lourds.

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Qui a dit que les réalisateurs français ne prenaient pas de risques ?

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Même réflexion que précédemment...

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Le catalogue de l'ICPCE est quasiment au grand complet. Seul manque Les Films d'Étienne O'Leary. Mais L'Érotisme, lui, est bel et bien présent !

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Oh, j'oubliais ! Vous reprendrez bien quelques films bien ch'tarbés ?

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Alors ceux-là ne sont ni très rares ni très chers, mais vous ne trouverez pas plus haut perchés sur la planète ciné !

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Ceux-là par contre, sont très sérieux, très rares et très chers...

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Bon, commençons les choses sérieuses. Attention, ça va éclabousser...

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Alors ceux-là, c'est spécial. Niveau "qualité", ils oscillent entre le passable et le catastrophique. Mais alors, qu'est ce qu'ils sont rares ! 

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Films chocs et claques visuelles !

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Films chocs suite...

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Surtout n'oublions pas les Catégories 3 et leurs successeurs !

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Du cinéma bien malsain venu de l'autre côté des Alpes. Forza Italia !

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En parlant d'Italie, voici quelques méfaits de Domiziano Cristopharo.

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Bon, lui, inutile de vous le présenter...

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Passons de l'autre côté du Rhin, avec Jorg Buttgereït.

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Le Divin Marian Dora est en très bonne place dans ma vidéothèque.

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Son alter ego, le sanguinaire Olaf Ittenbach.

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Et je n'oublie pas le nouveau venu très énervé, Sander Cage !

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Aux USA, Toetag de Fred Vogel a longtemps régné en maître absolu sur le cinéma trash underground.

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En haut, l'ultra gore de Brian Paulin. En bas, le Vomit gore de Lucifer Valentine.

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Les incontournables du trash

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D'autres solides références dans le même genre

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Quelques geysers d'hémoglobine en supplément ?

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Ah, l'heureux temps du Porno Chic...

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Et puis les Roughies sont arrivés... 

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Dites donc, et nos amis nippons ? Patience, j'ai gardé le meilleur pour la fin.

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Et ça continue encore et encore...

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On monte d'un cran dans l'ignominie. En haut à droite, Animal Gore.

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C'est que le début, d'accord d'accord...

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On veut les Genkis ! On veut les Genkis ! Bon, d'accord...

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J'espère que vous appréciez, hum...

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En vous souhaitant bon appétit !

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Et maintenant, les digestifs. Tout d'abord, les shockumentaries.

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Shockumentaries... Suite

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Shockumentaries... Suite (encore)

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Une série joyeuse à apprécier en famille !

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No comment...

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Vous les attendiez impatiemment ? Les voilà dans toute leur "splendeur"...

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Dark mixtapes et death movies en veux-tu en voilà ! 

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Ouh, qu'ils sont méchants ceux là! Remember Death2Kuffar... 

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Là on s'approche du haut du panier. 

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Voici maintenant les pépites de ma collection. Des films qui pour une raison ou une autre, sortent vraiment de l'ordinaire. 

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Deuxième série de pépites.

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Troisième et dernière série de pépites. Veuillez noter le dvd ORIGINAL de Juvenile Crime et l'effroyable Magnotta's Tape, sorti à 35 exemplaires dans le monde. Quant à "Qui se souvient de Laurie Zimmer ?", il n'a tout simplement jamais été édité !

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Et pour terminer cette très longue visite, finissons sur une note humoristique avec quelques Nanars absolument cultes !

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En vous remerciant pour l'intérêt que vous avez porté à ma modeste collection. Amicalement.

 

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Confessions d'une épouse (La montagne presque sacrée)

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Genre : Drame

Année : 1961

Durée : 1h31

 

Synopsis :

En excursion à la montagne, une jeune femme se retrouve attachée entre son mari et son amant. Menacés de mourir tous les trois, elle doit choisir entre les deux.

 

La critique :

Pas plus tard que ma précédente chronique, vous pouviez contempler de vos yeux ébahis la fin de ma rétrospective dédiée au giallo. Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, c'est aussi le clap de fin pour celle concernant ce fantastique courant qu'est la Nouvelle Vague japonaise. Je ne vous cache pas pour le coup être nostalgique et déçu d'avoir finalement rencontré l'ultime film qui aura abouti à l'inéluctable. C'est désormais chose faite, je n'ai plus rien à me mettre sous la dent pour m'évader un temps dans cette époque cinématographique bénie des dieux. En finir avec cela impliquait logiquement de le faire de la plus belle des manières, avec une oeuvre qui marquerait durablement. Une apothéose pour mon au revoir momentané (car je compte bien en revisionner plus d'un).
Il n'aurait pu en être autrement que d'attribuer ce privilège à l'un de mes réalisateurs préférés, tout courants confondus, qui est Yasuzo Masumura. Découvert en même temps que mon incursion dans le genre il y a quelques années via une liste exhaustive dont je ne remercierai jamais assez l'auteur et le destin d'être tombé dessus, sa rencontre fut plus que marquante. Avec La Bête Aveugle, ce fut une claque comme j'en avais très rarement rencontré dans le Septième Art. Le visionnage de Tatouage, moins marquant il est vrai, n'en occultait pour autant pas son statut de très bon film. S'en suivra une suite de deux chefs-d'oeuvres absolus. Tout d'abord, L'Ange Rouge et puis La Femme de Seisaku qui m'estomaquèrent proprement et simplement. 

Très récemment, l'honneur devait revenir à Passion de finaliser mon travail mais c'était sans compter sur une obtention de dernière minute à la réputation solide et davantage dithyrambique qui s'en mêlera pour remplacer le très bon cru susmentionné. Confessions d'une épouse a la lourde tâche de réussir à achever en fanfare la longue épopée NV jap sur le blog, en VOSTA de surcroît car la médiocrité notoire de notre système de distribution fait que le long-métrage semble toujours inédit dans nos contrées. De toute façon, même s'il avait été exploité, il est introuvable en format physique donc cela n'améliorerait pas la situation catastrophique de la filmographie de son auteur encore très peu accessible de par chez nous. Il faudra pour certains compter sur le vilain téléchargement Internet, même quand cela concerne des oeuvres rares, introuvables, inaccessibles aux petits portes-monnaies ou tout simplement inédites. Sinon, je suppose que vous connaissez maintenant par coeur le contexte historique que je vous citerai enfin une dernière fois. Tout commence par l'émergence du téléviseur dans les foyers qui voit un déclin d'audience au cinéma inquiétant les maisons de production.
Les temps changent et les attentes aussi. Le peuple n'est plus autant bercé par le classicisme cinématographique dans un Japon post WWII en proie à de lourdes tensions sociales, socio-économiques et géopolitiques. La refonte était nécessaire pour repartir sur des bases meilleures. Le pinku eiga et donc la NV jap permettront de fidéliser à nouveau les japonais. De son côté, malgré sa maigre reconnaissance, Masumura peut se voir comme l'un, si ce n'est le fondateur du courant.

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ATTENTION SPOILERS : En excursion à la montagne, une jeune femme se retrouve attachée entre son mari et son amant. Menacés de mourir tous les trois, elle doit choisir entre les deux.

Yasuzo Masumura a souvent été considéré comme le cinéaste japonais de la tragédie et il est vrai que nous comprenons très vite pourquoi. Ses romances ne se font pas sous un ciel éclairé. Il n'y a ni contes de fées, ni prince charmant venant au secours de la pauvre fille esseulée. Tout n'est que tristesse, désespoir, la souffrance toujours consubstantielle de l'amour. Ses films sont la totale antithèse du film d'amour ensoleillé vu dans l'imaginaire collectif. Une virée à la montagne dégénère par la mort du mari d'Ayako, la corde sectionnée par celle-ci, incapable de tenir plus longtemps à cause de la douleur et de l'épuisement. Dans un contexte rappelant le grand classique La Vérité de Henri-Georges Clouzot, Ayako va se retrouver sur le banc des accusés, sommée de raconter ce qu'il s'est vraiment passé, sous les assauts de l'avocat de l'accusation la traitant de meurtrière. Derrière elle, le jeune Osamu de qui elle s'est énamourée pour fuir son quotidien marqué par un mariage raté.
Confessions d'une épouse permet à Masumura de remettre en question toute la société japonaise phallocrate et in fine malade et oppressante. Malgré la présomption d'innocence, Ayako voit peser sur elle l'ire de nombreuses personnes. On l'accuse de ne pas avoir rejoint son mari dans l'au-delà par le sacrement total de dévotion, comme si le destin de la femme devait s'axer sur le malheur fatal touchant son homme. Ayako est une femme et donc elle est nécessairement coupable. Le procès se transforme en un simulacre de justice où elle n'est pas seulement accusée de l'assassinat de son époux mais aussi de son infidélité, de sa relation amoureuse allègrement jugée. 

Pire encore, on se sert de l'assurance-vie à laquelle avait souscrite son mari, pour la semoncer de vouloir s'enfuir avec l'argent et son amant et mener, ainsi, une vie confortable pour le restant de ses jours. Cinq millions de yen étant une coquette somme en ces temps. Pourtant, tous ces tenanciers de la justice avaient-ils idée de la misère dans laquelle était plongée Ayako ? Un homme égoïste pour qui seule l'escalade comptait, totalement opposé à l'idée de lui accorder une descendance. Sa femme délaissée ne pouvait en aucun cas songer au divorce car il faut l'assentiment du mari. Tout rêve d'émancipation était tué dans l'oeuf et elle ne trouvera de réconfort qu'entre les bras de Osamu, pourtant déjà fiancé. Pour Takigawa, peu importe que sa femme le trompe. Il se venge en l'emprisonnant dans un quotidien fait de douleur morale. Masumura vilipende les principes séculaires qui réduisent à néant le sort de la femme dans un couple, incapable de faire valoir ses droits et ce même devant la justice.
En ce sens, l'accident représente pour elle un événement salvateur mais sans se douter qu'aucun choix ne sera totalement bon pour le restant de sa vie. En choisissant de se tuer dans la chute, elle aurait été vue comme une épouse aimante à laquelle la société aurait rendu hommage. Elle aurait pu avoir l'acceptation d'autrui par la pensée dominante arriérée. Mais en optant pour la carte de la survie, elle aurait, certes, pu se reconstruire une nouvelle vie mais dans l'hostilité de cette même pensée rétrograde. 

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Ayako, durant de longues minutes, sera tiraillée par cette prise de décision qui la conduira à vivre pour le restant de ses jours avec une mort sur la conscience. Une réflexion juridique sur l'instinct de survie est développée par son avocat qui rappelle que l'être humain est un animal et que la volonté de vivre est inhérente à chacun, sans pour autant verser dans les travers moralisateurs. Masumura, par une mise en scène audacieuse, élude l'écueil de déjà-vu et préférera user de flash-backs revenant sur la vie de chaque personnage de ce triangle amoureux. Nous découvrons petit à petit l'horreur existentielle d'Ayako au point qu'un cas de conscience se fait en nous sur le choix qu'elle a pris, suspendue dans le vide. Mais attention car les choses sont plus compliquées qu'elles en ont l'air ! Et si tout n'avait pas été calculé depuis le début pour qu'Ayako puisse se débarrasser de son mari encombrant ? Pourquoi avait-elle en sa possession un couteau trop facilement accessible ?
Aimait-elle son mari comme elle le martèlera devant l'assemblée ? De la compassion envers sa personne du début, Masumura altère notre jugement sur une femme qu'il rend finalement trouble et potentiellement vénale. Au cours de l'histoire, Ayako arbore de plus en plus les traits d'une vamp. L'innocence de son visage se fracture, tandis que l'éternelle question du meurtre prémédité planera jusqu'à la révélation finale. 

Avec le cinéaste, la vérité est toujours aussi difficile à entendre. Visionner Confessions d'une épouse implique de ne pas ressortir de là avec du baume au coeur tant tout est glacial, à l'image finalement de cette montagne isolée de tous. Un retour aux prémices de l'humanité quand celui-ci était affilié à la bestialité plutôt qu'à la civilisation. Rien n'a vraiment changé dans l'absolu. Masumura, comme d'habitude, nous fait passer à travers une myriade de sentiments tout en nous incitant à démêler le vrai du faux dans ces allers-retours constants entre passé et présent, entre la chambre des accusations et la mise en liberté où elle continue à voir son jeune amant.
Le cinéphile est alors pleinement impliqué dans une histoire qui ne pourra qu'aboutir à la noirceur la plus totale, presque au point de foutre le bourdon à un croque-mort. Un procédé auquel on a l'habitude quand on visionne du Yasuzo Masumura. Sur ce point, il est fidèle à lui-même et il va sans dire qu'on évitera de le mettre entre les mains des personnes à fleur de peau. 

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Enfin, pour mon plus grand bonheur, je pus m'enorgueillir, en plus, du noir et blanc. Ne laissons pas plus longtemps la surprise car le résultat est proprement admirable, comme d'accoutumée. Le travail sur les contrastes, sur les éclairages fait que Masumura était déjà un véritable esthète en 1961. Pareillement sur la caméra se déplaçant habilement dans la salle d'audience avec la même maestria que Jugement à Nuremberg, sorti la même année. Bref, tout est positif comme il fallait s'y attendre. La composition musicale est de bonne facture, tout autant tragique que le sort des protagonistes sans verser dans l'excès ou le procédé putassier de chercher à renforcer la tension dramatique par son violon ou son piano. L'astuce propre aux tâcherons diront nous.
Et pour finir, comment ne pas s'émouvoir de la splendide Ayako Wakao, toujours aussi touchante et dont la prestation atteindra des sommets. Son jeu d'acteur toujours juste ne se complait jamais dans le cliché et/ou dans une interprétation fausse. On tient définitivement l'une des plus grandes actrices japonaises de tous les temps qui n'aura aucunement usurpé sa réputation à l'international. Quoique logiquement éclipsés, les autres réussiront à tirer leur épingle du jeu. Mentionnons Hiroshi Kawaguchi, Eitaro Ozawa, Haruko Mabuchi, Jun Negami, Hideo Takamatsu, Ichiro Aminaka et Tomio Hanano.

Je ne disserterai pas mille ans si ce n'est de scander mon extatisme face à une rétrospective inimaginable de qualité. Démarrée dans la plus grande surprise le 12 août 2017 avec l'excellent Les Funérailles des Roses, j'étais loin de penser que la Nouvelle Vague japonaise allait autant bercer mon âme de passionné de cinéma (je n'ose dire cinéphile). Ainsi, les longs-métrages qui reçurent leur concert d'éloges peuvent se compter sur plus que les dix doigts de la main. Comme il est décevant de se rendre compte du snobisme ridicule à l'égard de ce pan important du cinéma nippon tant il a à offrir. Une époque bénie des dieux pour le Septième Art national ? Je n'hésiterai pas à dire que oui, tout en incluant le pinku eiga dedans. Quant à Confessions d'une épouse, ce n'est ni plus ni moins qu'un énième coup de poing dans la figure que nous assène Masumura. Le seul qui peut se vanter d'avoir des romances désespérées en accord avec l'esprit de Cinéma Choc. En tout cas, mon intuition de le chroniquer en dernier fut brillante car il surpasse sans problème un Passion pourtant remarquable.
Confessions d'une épouse est un tourbillon passionnel fait de douleur, de brutalité et de cruauté, tout en étant un réquisitoire virulent sur un Japon durement patriarcal. Oeuvre engagée épousant les dénonciations féministes de jadis, elle n'est ni plus ni moins qu'indispensable pour tout cinéphile qui se prétend l'être. Encore une fois, Masumura confirme sa position de démiurge et je ne peux que le louanger de s'être lancé dans un cinéma que n'aurait pas renié son maître Michelangelo Antonioni. Mes plus sincères remerciements adressés à tous les cinéastes pour tout ce que vous avez fait ! 

 

Note : 18/20

 

orange-mecanique Taratata

 

28 décembre 2020

Retour sur le giallo

Après avoir offert un billet d'honneur à la Nouvelle Vague japonaise, il aurait été mal venu de ma part de ne pas en faire un aussi à un autre qui vous aura cassé les pieds jusqu'au bout. Ceux qui ont développé un SSPT (syndrome de stress post-traumatique) sauront qu'il s'agit là bel et bien du giallo. Un genre qui a suscité les ferveurs de Cinéma Choc depuis ses débuts et qui a pris une envolée de chroniques ces derniers mois pour le plus grand bonheur (ou malheur) de nos lecteurs. A ma grande surprise, le total (49 films) se trouve un petit peu derrière le nombre de films de la Nouvelle Vague japonaise qui est de 53. Calmez-vous, je ne vous assènerai pas encore une fois de son exégèse sous peine de me fatiguer moi-même. Quoique loin derrière certains sites qui sont des pointures du thriller policier à l'italienne, le blog y a mis de son coeur et de son temps pour tenter de vous faire découvrir sous toutes les coutures un genre qu'il est bien malheureux de résumer aux deux grands noms qui sont Dario Argento et Mario Bava. Evidemment, s'ils sont les plus productifs, creuser un peu plus loin est indispensable si l'on veut en extraire toute sa substance. Toutefois, creuser toujours plus augmente le risque de tomber sur des oeuvres insipides comme j'en ai logiquement fait les frais. Alice In Oliver et moi-même, nous vous offrons le récapitulatif de tous les gialli chroniqués dans les modestes colonnes du site.
En espérant que tout cela conviendra. A noter que cette liste s'est faite sur base du top SensCritique des meilleurs giallo. Nous vous laisserons seuls juges si oui ou non certains titres méritent de s'y retrouver. 

A noter que dans mon ignorance crasse de jadis, j'avais catalogué Le Moulin des Supplices et Terreur Express comme tel alors qu'ils n'ont pas le moindre pet de rapport avec. Veuillez m'en excuser. 

 

Chats rouges dans un labyrinthe de verre (Umberto Lenzi, 1975)

Folie Meurtrière (Tonino Valerii, 1972)

Inferno (Dario Argento, 1980)

Je suis vivant ! (Aldo Lado, 1971)

Journée noire pour un bélier (Luigi Bazzoni, 1971)

La Baie Sanglante (Mario Bava, 1971)

La Dame Rouge tua sept fois (Emilio Miraglia, 1972)

La Fille qui en savait trop (Mario Bava, 1963)

La Lame Infernale (Massimo Dallamano, 1974)

La Longue Nuit de l’Exorcisme (Lucio Fulci, 1972)

La Maison aux fenêtres qui rient (Pupi Avati, 1976)

La Maison près du cimetière (Lucio Fulci, 1981)

La Mort a pondu un œuf (Giulio Questi, 1968)

La Queue du Scorpion (Sergio Martino, 1971)

La Tarentule au ventre noir (Paolo Cavara, 1971)

L’Appel de la Chair (Emilio Miraglia, 1971)

L’Au-delà (Lucio Fulci, 1981)

Le Chat à neuf queues (Dario Argento, 1971)

Le Corps et le Fouet (Mario Bava, 1963)

Le Dernier Train de la Nuit (Aldo Lado, 1975)

Le Syndrome de Stendhal (Dario Argento, 1996)

Le Tueur à l’Orchidée (Umberto Lenzi, 1972)

Le Venin de la Peur (Lucio Fulci, 1971)

L’Emmurée Vivante (Lucio Fulci, 1977)

L’Etrange vice de Madame Wardh (Sergio Martino, 1971)

L’Eventreur de New-York (Lucio Fulci, 1982)

Les Démons de la Nuit (Mario Bava, 1977)

Les Frissons de l’Angoisse (Dario Argento, 1975)

Les Rendez-vous de Satan (Giuliano Carnimeo, 1972)

Les Trois Visages de la Peur (Mario Bava, 1963)

L’Homme sans mémoire (Duccio Tessari, 1974)

L’Île de l’épouvante (Mario Bava, 1970)

L’Oiseau au plumage de cristal (Dario Argento, 1970)

Mais… qu’avez-vous fait à Solange ? (Massimo Dallamano, 1972)

Nue pour l’Assassin (Andrea Bianchi, 1975)

Perversion Story (Lucio Fulci, 1969)

Phenomena (Dario Argento, 1985)

Photo interdite d’une bourgeoise (Luciano Ercoli, 1970)

Quatre mouches de velours gris (Dario Argento, 1971)

Qui l’a vue mourir ? (Aldo Lado, 1972)

Six Femmes pour l’assassin (Mario Bava, 1964)

Spasmo (Umberto Lenzi, 1974)

Suspiria (Dario Argento, 1977)

Ténèbres (Dario Argento, 1982)

Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clef (Sergio Martino, 1972)

Torso (Sergio Martino, 1973)

Toutes les couleurs du vice (Sergio Martino, 1972)

Une Hache pour la lune de miel (Mario Bava, 1970)

Un Papillon aux ailes ensanglantées (Duccio Tessari, 1971)

 

orange-mecanique Taratata

 


Vampire Girl Vs Frankenstein Girl (14 février : le jour de la Saint-Valentin)

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Genre : horreur, gore, trash (interdit aux - 16 ans)
Année : 2009
Durée : 1h20

Synopsis : L'histoire de deux écolières entichées du même garçon. Mizushima est un mec séduisant avec sa coiffure adroitement négligée, ayant une singulière allure dans son uniforme d'écolier. À la St-Valentin, une nouvelle étudiante nommée Monami lui donne une boite de chocolats qui représente la vie, comme le disait un célèbre simple d'esprit. Cependant, en plus d'être nouvelle à l'école, Monami est également une vampire; comme lesdits chocolats contiennent de son sang, Mizushima se met à faire de méchants voyages en les consommant. Au moment même où il hallucine, Monami lui ouvre son coeur : elle veut qu'ils soient tous deux vampires, ensemble, pour toujours. Ah, l'amour !  

La critique :

Il faut se rendre sur le site SensCritique et en particulier sur le lien suivant : https://www.cinetrafic.fr/top-film-de-vampire pour déceler le Top 50 des meilleurs films de vampires. Dans ce classement à la fois exhaustif et subjectif, les thuriféraires de ce registre cinématographique ne seront pas surpris de trouver des oeuvres telles que Dracula (Francis Ford Coppola, 1992), Entretien avec un vampire (Neil Jordan, 1994), Une Nuit En Enfer (Robert Rodriguez, 1996), Le Bal des Vampires (Roman Polanski, 1967), Morse (Tomas Alfredson, 2008), Blade (Stephen Norrington, 1998), Vampires (John Carpenter, 1998), ou encore Nosferatu le vampire (Friedrich Wilhelm Murnau, 1922) parmi les productions les plus proéminentes. A contrario, ce Top 50 contient aussi, à notre goût, quelques inepties, voire quelques digressions cinéphiliques. 

Ainsi, plusieurs épisodes de la saga Twilight apparaissent et culminent parmi les 20 premières places de ce classement. Une hérésie ! Certes, le cinéma asiatique a toujours prisé et affectionné l'horreur. A contrario, cette culture semble avoir peu d'appétence pour les vampires. Difficile d'expliquer cette relative apathie... Une apathie à euphémiser puisqu'on escompte tout de même quelques tentatives, assez sommaires tout de même ! Les cinéphiles les plus chevronnés n'omettront pas de notifier des oeuvres telles que Thirst, ceci est mon sang (Park Chan-wook, 2009), Blood the last vampire (Chris Nahon, 2009), La légende des sept vampires d'or (Roy Ward Baker et Chang Cheh, 1974), Vampire Hunter D - Bloodlust (Yoshiaki Kawajiri, 2000), Vampire Hunters (Wellson Chin, 2002), ou encore parmi les quelques incursions de l'Asie (en particulier le Japon) dans le cinéma vampirique.

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Vient également s'agréger Vampire Girl Vs Frankenstein Girl, réalisé par la diligence de Yoshihiro Nishimura et Naoyuki Tomomatsu en 2009. Dans un premier temps, il convient d'explorer la filmographie des deux acolytes. Le premier, donc Yoshihiro Nishimura, a essentiellement officié en tant que maquilleur et technicien des effets spéciaux. Toutefois, en tant que cinéaste, Yoshihiro Nishimura peut s'enhardir d'une filmographie voluptuaire puisqu'on lui doit Meatball Machine Kodoku (2017), Anatomia Extinction (1995), Zombie TV (2013), Meatball Machine - Reject of Death (2007), Tokyo Gore Police (2008), Mutant Girls Squad (2010), Helldriver (2010), le segment "Z is for Zetsumetsu" pour ABCs of Death (2012), le segment "The Hell Chef" pour The Profane Exhibit (2013), ou encore The Ninja War of Torakage (2014).

Quant au second affidé, Naoyuki Tomomatsu, le metteur en scène nippon s'est érigé un simulacre de notoriété, notamment dans le registre du pinku eiga. On lui doit, entre autres, Eat the Schoolgirl (1997), Stacy - Attack of the schoolgirl zombies (2001), Kiss me or kill me (2005), Zombie Self-Defense Force (2006), Maid-Droid (2009), ou encore Reipu Zonbi - Lust of the dead (2012). Avec l'association (la collusion...) entre ces deux histrions (donc Yoshihiro Nishimura et Naoyuki Tomomatsu, au cas où vous n'auriez pas compris ni suivi), on était en droit de s'attendre à un film d'horreur trash et sanguinolent. Ce n'est pas aléatoire si Vampire Girl Vs Frankenstein Girl a écopé d'une interdiction aux moins de 16 ans. De surcroît, ce long-métrage iconoclaste s'inscrit dans le sillage et le continuum de Tokyo Gore Police et Mutant Girls Squad.

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A l'origine, ces deux pellicules dénotatives n'étaient pas spécialement réputées pour leur entregent ni leur bienséance. Pour Vampire Girl Vs Frankenstein Girl, on était donc en droit de s'attendre à un véritable déluge d'hémoglobine. Reste à savoir si le film de Yoshihiro Nishimura et Naoyuki Tomomatsu mérite - ou non - qu'on s'y attarde. Réponse à venir dans les lignes éparses de cette chronique... En outre, Vampire Girl vs Frankenstein Girl n'a pas vraiment laissé des réminiscences impérissables. A son sujet, les critiques font montre de circonspection et pondération. A l'origine, ce long-métrage est l'adaptation d'un manga de Shungiku Uchida.
La distribution de ce film d'horreur potache risque de ne pas vous évoquer grand-chose, à moins que vous connaissiez les noms de Yukie Kawamura, Takumi Saito, Eri Otoguro, Sayaka Kametani, Jiji Bû, Eihi Shiina et Takashi Shimizu ; mais j'en doute...

Attention, SPOILERS ! L'histoire de deux écolières entichées du même garçon. Mizushima est un mec séduisant avec sa coiffure adroitement négligée, ayant une singulière allure dans son uniforme d'écolier. À la St-Valentin, une nouvelle étudiante nommée Monami lui donne une boite de chocolats qui représente la vie, comme le disait un célèbre simple d'esprit. Cependant, en plus d'être nouvelle à l'école, Monami est également une vampire ; comme lesdits chocolats contiennent de son sang, Mizushima se met à faire de méchants voyages en les consommant.
Au moment même où il hallucine, Monami lui ouvre son coeur : elle veut qu'ils soient tous deux vampires, ensemble, pour toujours. Ah, l'amour ! Autant l'annoncer sans ambages. Non, Vampire Girl Vs Frankenstein Girl ne réitère pas les fulgurations d'un Tokyo Gore Police.

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La coalescence entre Yoshihiro Nishimura et Naoyuki Tomomatsu est loin de tenir les promesses annoncées. Certes, en termes d'effervescences, de gore, de tripailles, de décapitations, d'amputations et autres équarrissages de circonstance, Vampire Girl Vs Frankenstein Girl remplit doctement son office. Sur ce dernier point, les amateurs patentés du cinéma trash seront en terrain connu et quasiment conquis. Malencontreusement, le long-métrage n'est pas exempt de tout grief, loin de là. Même s'il se montre suffisamment magnanime en termes d'hémoglobine, Vampire Girl Vs Frankenstein ne réédite aucunement les érubescences éparses du même Tokyo Gore Police.
Indubitablement, cette affabulation graveleuse souffre de la métaphore avec son auguste antécesseur. Même l'oaristys amoureux entre un jeune homme et une femme vampire est délesté du moindre intérêt, un comble pour un film censé se dérouler le 14 février, soit le jour de la Saint-Valentin. Nanti de personnages soporatifs et d'une intrigue absconse, Vampire Girl vs Frankenstein Girl ne flagornera que les fans les plus irréductibles du cinéma gore ; la faute incombe principalement à une des scènes convenues et extrêmement redondantes. Par clémence ou par gratitude (vous choisirez...), on accordera à cette production adventice une mention passable, ni plus ni moins.

 

Note : 10/20 

sparklehorse2 Alice In Oliver

27 décembre 2020

Les 250 films de chevet de Taratata

C'est arrivé plus d'une fois dans les commentaires que l'on en venait à s'intéresser à mes films préférés. A dire vrai, cette question pourtant existentielle dans la vie d'un passionné de cinéma (je n'ose me définir comme cinéphile) n'a jamais été réellement approfondie. Un top 50 à la limite et dernièrement un top 100. Quand je dis "dernièrement", c'était il y a maintenant plusieurs années. Et en plusieurs années, de l'eau a coulé sous les ponts au fur et à mesure des découvertes, des surprises en tout genre, de films qui nous surprennent alors que l'on n'en attendait pas plus que ça avant de lancer le visionnage. A l'inverse, des films dans lesquels on place beaucoup d'espoir et qui, au final, nous déçoivent amèrement. Et puis, ce confinement qui a mis notre vie sociale en stand-by et qui a permis de gonfler mon nombre de films vus, raccourcissant considérablement ma liste de longs-métrages que je dois encore voir. Ceci étant dit, elle reste toujours très volumineuse et beaucoup de titres plébiscités n'ont toujours pas été vu par mes soins. 

C'est donc avec un engouement sans failles et beaucoup de fatigue en prime que je vous offre non pas mon top 100 remanié, ni mon top 200 mais bien un top 250 tout chaud sorti du four. Je ne vous cache pas ne pas avoir réfléchi de longues heures sur le classement parce que l'on rentre là dans l'ordre de l'impossible d'analyser de mémoire chaque film un par un en les comparant les uns aux autres. Elaborer un top doit être un plaisir et non un calvaire mais cela ne veut pas dire pour autant que je n'ai pas été un minimum assidu. Trêve de verbiages et voici en exclusivité mes 250 films de "chevet". Bien sûr, dedans se trouve plusieurs plaisirs coupables qui sont généralement des oeuvres avec lesquelles j'ai grandies, me rappelant mon enfance et mon adolescence. Plus surprenant encore, mon film préféré de jadis quand j'avais 18 ans se retrouve relégué ici à la... 244ème place. En espérant que vous apprécierez malgré le nombre très important de pellicules persona non grata en chroniques sur Cinéma Choc.

 

01. Orange Mécanique (Stanley Kubrick, 1971)

02. Pandemonium (Toshio Matsumoto, 1971)

03. Soy Cuba (Mikhail Kalatozov, 1964)

04. L’Ange Rouge (Yasuzo Masumura, 1966)

05. Tetsuo (Shinya Tsukamoto, 1989)

06. La Bête Aveugle (Yasuzo Masumura, 1969)

07. Les Démons à ma porte (Jiang Wen, 2000)

08. Les Sentiers de la Gloire (Stanley Kubrick, 1957)

09. Furie (Fritz Lang, 1936)

10. La Nuit du Chasseur (Charles Laughton, 1955)

11. Autopsie d’un Meurtre (Otto Preminger, 1959)

12. Le Sabre du Mal (Kihachi Okamoto, 1966)

13. Psychose (Alfred Hitchcock, 1960)

14. Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? (Robert Aldrich, 1962)

15. Boulevard du Crépuscule (Billy Wilder, 1960)

16. Le Limier (Joseph L. Mankiewicz, 1972)

17. Andreï Roublev (Andreï Tarkovski, 1966)

18. Le Jour du vin et des roses (Blake Edwards, 1962)

19. Faust (Friedrich Wilhelm Murnau, 1926)

20. La Grande Bellezza (Paolo Sorrentino, 2013)

21. La Ballade du Soldat (Grigori Tchoukhrai, 1959)

22. Institut Benjamenta (Timothy Quay, Stephen Quay, 1995)

23. Point Limite (Sidney Lumet, 1964)

24. L’Ombre d’un Homme (Anthony Asquith, 1951)

25. Mise à mort du cerf sacré (Yorgos Lanthimos, 2017)

26. Le Gouffre aux chimères (Billy Wilder, 1951)

27. C’est arrivé près de chez vous (Rémy Belvaux, 1992)

28. Fenêtre sur Cour (Alfred Hitchcock, 1954)

29. Heat (Michael Mann, 1995)

30. Rocco et ses Frères (Luchino Visconti, 1960)

31. Lost Highway (David Lynch, 1997)

32. Ma Nuit chez Maud (Eric Rohmer, 1969)

33. Feux dans la plaine (Kon Ichikawa, 1959)

34. L’Inconnu du Nord-Express (Alfred Hitchcock, 1951)

35. Images du Vieux Monde (Dusan Hanak, 1972)

36. Maniac (Franck Khalfoun, 2012)

37. Les Yeux sans Visage (Georges Franju, 1960)

38. Ghost In The Shell (Mamoru Oshii, 1995)

39. Eraserhead (David Lynch, 1977)

40. J’ai rencontré le diable (Kim Jee-woon, 2010)

41. L’Incinérateur de Cadavres (Juraj Herz, 1969)

42. Quand l’embryon part braconner (Koji Wakamatsu, 1966)

43. Reservoir Dogs (Quentin Tarantino, 1992)

44. La Servante (Kim Ki-young, 1960)

45. Freaks, la monstrueuse parade (Tod Browning, 1932)

46. La Bombe (Peter Watkins, 1965)

47. Le Bateau (Wolfgang Petersen, 1981)

48. On achève bien les chevaux (Sydney Pollack, 1969)

49. Drame de la Jalousie (Ettore Scola, 1970)

50. Eve (Joseph L. Mankiewicz, 1950)

51. Cet Obscur objet du désir (Luis Buñuel, 1977)

52. Shining (Stanley Kubrick, 1980)

53. Duel (Steven Spielberg, 1971)

54. 12 Hommes en Colère (Sidney Lumet, 1957)

55. Black (Bilal Fallah, Adil El Arbi, 2015)

56. Nekromantik (Jörg Buttgereit, 1987)

57. Crows Zero (Takashi Miike, 2007)

58. Crows Zero 2 (Takashi Miike, 2009)

59. Les Raisins de la Colère (John Ford, 1940)

60. Annie Hall (Woody Allen, 1977)

61. La Nuit Américaine (François Truffaut, 1973)

62. Mysterious Skin (Gregg Araki, 2004)

63. Les Salauds dorment en paix (Akira Kurosawa, 1960)

64. The Intruder (Roger Corman, 1962)

65. Va va vierge pour la deuxième fois (Koji Wakamatsu, 1969)

66. Les Funérailles des Roses (Toshio Matsumoto, 1969)

67. Toni Erdmann (Maren Ade, 2016)

68. Les Nuits de Cabiria (Federico Fellini, 1957)

69. Z (Costa-Gavras, 1969)

70. La Nuit (Michelangelo Antonioni, 1961)

71. La Piel Que Habito (Pedro Almodovar, 2011)

72. Le Bon, la brute et le truand (Sergio Leone, 1966)

73. L’Intendant Sansho (Kenji Mizoguchi, 1954)

74. Mulholland Drive (David Lynch, 2001)

75. Chut… chut chère Charlotte (Robert Aldrich, 1964)

76. La Règle du Jeu (Jean Renoir, 1939)

77. Morphine (Aleksei Balabanov, 2008)

78. Eros + Massacre (Yoshishige Yoshida, 1969)

79. Double suicide à Amijima (Masahiro Shinoda, 1969)

80. Pulp Fiction (Quentin Tarantino, 1994)

81. Séjour dans les monts Fuchun (Gu Xiaogang, 2020)

82. Que la Bête meure (Claude Chabrol, 1969)

83. Macadam Cowboy (John Schlesinger, 1969)

84. Le Visage d’un Autre (Hiroshi Teshigahara, 1966)

85. Mujo (Akio Jissoji, 1970)

86. De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites (Paul Newman, 1972)

87. Le Détroit de la Faim (Tomu Uchida, 1965)

88. Sous la chaleur du soleil (Jiang Wen, 1994)

89. Amadeus (Milos Forman, 1984)

90. La Marque du Tueur (Seijun Suzuki, 1967)

91. La Rue Rouge (Fritz Lang, 1945)

92. Maps To The Stars (David Cronenberg, 2014)

93. La Grande Ville (Satyajit Ray, 1963)

94. Les Ensorcelés (Vincente Minnelli, 1952)

95. Réveil dans la Terreur (Ted Kotcheff, 1971)

96. La Dolce Vita (Federico Fellini, 1960)

97. Funny Games (Michael Haneke, 1997)

98. Entre le ciel et l’enfer (Akira Kurosawa, 1963)

99. La Femme de Seisaku (Yasuzo Masumura, 1965)

100. L’Oreille (Karel Kachyna, 1970)

101. La Soif du Mal (Orson Welles, 1958)

102. Les Contes de Canterbury (Pier Paolo Pasolini, 1972)

103. Fitzcarraldo (Werner Herzog, 1982)

104. Assurance sur la Mort (Billy Wilder, 1944)

105. L’Aveu (Costa-Gavras, 1970)

106. Riz Amer (Giuseppe de Santis, 1949)

107. Quand une femme monte l’escalier (Mikio Naruse, 1960)

108. Le Goût de la Cerise (Abbas Kiarostami, 1997)

109. The Fountain (Darren Aronofsky, 2006)

110. Mort à Venise (Luchino Visconti, 1971)

111. L’Avventura (Michelangelo Antonioni, 1960)

112. La Vague (Dennis Gansel, 2008)

113. Le Retour (Andrei Zvyagintsev, 2003)

114. Stromboli (Roberto Rossellini, 1950)

115. Les Sept Samouraïs (Akira Kurosawa, 1954)

116. L’Homme qui tua Liberty Valance (John Ford, 1962)

117. Confessions d’une épouse (Yasuzo Masumura, 1961)

118. Calvaire (Fabrice Du Welz, 2005)

119. Les Révoltés de l'île du diable (Marius Holst, 2010)

120. Blood Island (Jang Cheol-soo, 2010)

121. Pauline à la Plage (Eric Rohmer, 1983)

122. Le Poison (Billy Wilder, 1945)

123. Printemps, été, automne, hiver… et printemps (Kim Ki-duk, 2003)

124. Alien, le 8ème passager (Ridley Scott, 1979)

125. Elephant Man (David Lynch, 1980)

126. Plus dure sera la chute (Mark Robson, 1956)

127. Parasite (Bong Joon-ho, 2019)

128. Pink Flamingos (John Waters, 1972)

129. Le Roman de Mildred Pierce (Michael Curtiz, 1945)

130. La Planète des Singes (Franklin J. Schaffner, 1968)

131. Vacances Romaines (William Wyler, 1953)

132. Le Trou (Jacques Becker, 1960)

133. La Vierge Miraculeuse (Stefan Uher, 1967)

134. Contes des Chrysanthèmes Tardifs (Kenji Mizoguchi, 1939)

135. Eté Précoce (Yasujiro Ozu, 1951)

136. L’Amateur (Krzysztof Kieslowski, 1980)

137. Amour (Michael Haneke, 2012)

138. Le Piège (Nagisa Oshima, 1961)

139. La Complainte du Sentier (Satyajit Ray, 1955)

140. Strange Circus (Sion Sono, 2005)

141. L’Anguille (Shohei Imamura, 1997)

142. Loft (Erik Van Looy, 2008)

143. Le Cabinet du Docteur Caligari (Robert Wiene, 1920)

144. La Vénus à la Fourrure (Roman Polanski, 2013)

145. Le Port de l’Angoisse (Howard Hawks, 1944)

146. La Grande Bouffe (Marco Ferreri, 1973)

147. Soudain l’été dernier (Joseph L. Mankiewicz, 1959)

148. Le Seigneur des Anneaux : La Communauté de l’Anneau (Peter Jackson, 2001)

149. Le Seigneur des Anneaux : Le Retour du Roi (Peter Jackson, 2003)

150. Le Seigneur des Anneaux : Les Deux Tours (Peter Jackson, 2002)

151. Manhattan (Woody Allen, 1979)

152. Qui veut la peau de Roger Rabbit (Robert Zemeckis, 1988)

153. Les Harmonies Werckmeister (Béla Tarr, 2000)

154. La Fosse aux Serpents (Anatole Litvak, 1948)

155. L’Ange Bleu (Josef von Stenberg, 1930)

156. Nous ne vieillirons pas ensemble (Maurice Pialat, 1972)

157. Cendres et Diamants (Andrzej Wajda, 1958)

158. The Thing (John Carpenter, 1982)

159. Baxter (Jérôme Boivin, 1989)

160. Le Samouraï (Jean-Pierre Melville, 1967)

161. American Beauty (Sam Mendes, 1999)

162. Brazil (Terry Gilliam, 1985)

163. Basic Instinct (Paul Verhoeven, 1992)

164. Vivement dimanche ! (François Truffaut, 1983)

165. Minuit à Paris (Woody Allen, 2011)

166. Laurence Anyways (Xavier Dolan, 2012)

167. Tant qu’il y aura des hommes (Fred Zinnemann, 1953)

168. La Religieuse (Jacques Rivette, 1967)

169. The Shanghaï Gesture (Josef von Sternberg, 1941)

170. Bullhead (Michael R. Roskam, 2011)

171. La Liste de Schindler (Steven Spielberg, 1993)

172. La Chute de la Maison Usher (Jean Epstein, 1928)

173. Massacre à la tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974)

174. Metropolis (Fritz Lang, 1927)

175. Bienvenue à Gattaca (Andrew Niccol, 1997)

176. Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures (Apichatpong Weerasethakul, 2010)

177. Les Enfants du Paradis (Marcel Carné, 1945)

178. Une Femme sous influence (John Cassavetes, 1974)

179. Casablanca (Michael Curtiz, 1942)

180. Bug (William Friedkin, 2007)

181. Les Rapaces (Eric Von Stroheim, 1924)

182. Le Carrefour de la Mort (Henry Hathaway, 1947)

183. Harakiri (Masaki Kobayashi, 1962)

184. Blue Velvet (David Lynch, 1986)

185. Harry Potter à l’école des sorciers (Chris Colombus, 2001)

186. Harry Potter et la chambre des secrets (Chris Colombus, 2002)

187. Dancer In The Dark (Lars Von Trier, 2000)

188. Winter Sleep (Nuri Bilge Ceylan, 2014)

189. Les Sœurs de Gion (Kenji Mizoguchi, 1936)

190. La Roue (Abel Gance, 1923)

191. Ninotchka (Ernst Lubitsch, 1939)

192. La Source thermale d’Akitsu (Yoshishige Yoshida, 1962)

193. Le Manuscrit trouvé à Saragosse (Wojciech Has, 1965)

194. La Cité de Dieu (Fernando Meirelles, Katia Lund, 2002)

195. 8MM (Joel Schumacher, 1999)

196. In The Mood For Love (Wong Kar-wai, 2000)

197. L’Extase des Anges (Koji Wakamatsu, 1972)

198. La Fille aux Jacinthes (Hasse Ekman, 1950)

199. La Mariée était en noir (François Truffaut, 1968)

200. La Charrette Fantôme (Victor Sjöström, 1921)

201. Diamants sur Canapé (Blake Edwards, 1961)

202. Dark City (Alex Proyas, 1998)

203. Gummo (Harmony Korine, 1997)

204. La Colline des hommes perdus (Sidney Lumet, 1965)

205. Playtime (Jacques Tati, 1967)

206. Une Page Folle (Teinosuke Kinugasa, 1926)

207. Killer Joe (William Friedkin, 2011)

208. Ayako la Maudite (Heinosuke Gosho, 1968)

209. The Chaser (Na Hong-jin, 2008)

210. Fando et Lis (Alejandro Jodorowsky, 1968)

211. Le Poirier Sauvage (Nuri Bilge Ceylan, 2018)

212. The Truman Show (Peter Weir, 1998)

213. La Valse dans l’Ombre (Mervyn LeRoy, 1940)

214. La Parole (Carl Theodor Dreyer, 1955)

215. Des Hommes et des dieux (Xavier Beauvois, 2010)

216. After Hours (Martin Scorsese, 1985)

217. Le Lac des Femmes (Yoshishige Yoshida, 1966)

218. The Raid (Gareth Evans, 2011)

219. The Raid 2 (Gareth Evans, 2014)

220. La Rivière de Boue (Kohei Oguri, 1981)

221. L’Invasion des profanateurs de sépulture (Don Siegel, 1956)

222. Elle n’a dansé qu’un seul été (Arne Mattsson, 1951)

223. The Untold Story (Herman Yau, Danny Lee, 1993)

224. La Fontaine d’Aréthuse (Ingmar Bergman, 1949)

225. La Maison aux Fenêtres qui rient (Pupi Avati, 1976)

226. Honkytonk Man (Clint Eastwood, 1982)

227. Les Nerfs à Vif (Martin Scorsese, 1991)

228. Martyrs (Pascal Laugier, 2008)

229. Slumdog Millionnaire (Danny Boyle, 2008)

230. American Pie (Chris Weitz, Paul Weitz, 1999)

231. Les Ailes de l’Enfer (Simon West, 1997)

232. La Troisième partie de la nuit (Andrzej Zulawski, 1972)

233. Very Bad Trip (Todd Phillips, 2009)

234. Very Bad Trip 2 (Todd Phillips, 2011)

235. Zabriskie Point (Michelangelo Antonioni, 1970)

236. Rock (Michael Bay, 1996)

237. Starship Troopers (Paul Verhoeven, 1997)

238. Bodyguard (Mick Jackson, 1992)

239. Edge Of Tomorrow (Doug Liman, 2014)

240. Tremors (Ron Underwood, 1990)

241. Archangel (Guy Maddin, 1990)

242. Subconscious Cruelty (Karim Hussain, 2001)

243. Borat (Larry Charles, 2006)

244. Equilibrium (Kurt Wimmer, 2002)

245. Cube (Vincenzo Natali, 1997)

246. Mère Jeanne des Anges (Jerzy Kawalerowicz, 1961)

247. Pierrot le Fou (Jean-Luc Godard, 1965)

248. An Elephant Sitting Still (Hu Bo, 2019)

249. Jurassic Park (Steven Spielberg, 1993)

250. Qu'elle était verte ma vallée (John Ford, 1941)

 

orange-mecanique Taratata

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Les rendez-vous de Satan (Vous voulez un foyer rassurant ? Optez pour nos appartements)

les-rendez-vous-de-satan

Genre : Thriller, policier, giallo (interdit aux - 12 ans)

Année : 1972

Durée : 1h34

 

Synopsis :

Deux jeunes femmes sont assassinées coup sur coup dans le même immeuble appartenant à l'architecte Andrea Antinori. Ce dernier, en échange d'une séance photo pour une campagne de publicité, propose à deux mannequins, Jennifer et Marylin, de venir s'y installer. Tandis que Jennifer, au passé trouble, échappe de peu aux assauts du tueur, les soupçons de la police se portent sur Andrea, devenu son amant.

 

La critique :

Cette fois, ça y est ! Elle est faite. Je peux solennellement vous dire que cette éprouvante et interminable rétrospective axée sur le giallo est enfin arrivée à terme. Les allergiques au genre peuvent enfin lancer leurs serpentins et trinquer avec leur coupe de Dom Pérignon (une occasion pareille nécessite un champagne exceptionnel). Finies les railleries, finies les soupirs de frustration, nous sommes arrivés non sans mal au bout du bout de mon plus gros travail de chroniqueur qui s'est étalé sur plusieurs mois. Néanmoins, précisons que d'autres gialli ont été déjà abordées bien avant dans les colonnes éparses de Cinéma Choc. Au bas mot, on pourrait parier sur une quarantaine d'oeuvres qui ont eu ce divin privilège de bénéficier d'une chronique. Une broutille au vu de toutes les sorties passées et de certains sites spécialisés mais un palmarès pas trop dégueulasse pour donner des idées aux millions de lecteurs qui nous lisent chaque jour et qui, finalement, seraient peut-être tentés de risquer le coup.
C'est grâce à un certain sens de la persévérance que j'en suis arrivé à vous noyer de gialli car le démarrage ne s'est pas fait en beauté, ayant du mal à accepter les codes. Pourtant, l'excellent La Maison aux fenêtres qui rient, définitivement mon giallo préféré ayant même eu le toupet de s'insérer dans mon top 100, fut parmi les tous premiers candidats à être visionné.

Ca a le mérite de contraster quand on songe aux oeuvres de Mario Bava et de Dario Argento qui s'arrogent très souvent le palmarès des gialli préférés chez les cinéphiles. Mais bon il faut de tout pour faire un monde. D'ailleurs, outre leur réputation internationale, ils furent aussi ceux par qui le giallo est devenu ce qu'il est. Car en 1963, Bava, avec La Fille qui en savait trop, allait bouleverser le paysage cinématographique bis italien en faisant de ce film l'oeuvre fondatrice du genre. L'année suivante, Six Femmes pour l'Assassin se chargera de magnifier le tout. Cependant, le boom du giallo ne sera pas initié avec ce superbe cru mais bien avec Argento et sa trilogie animale que vous connaissez par coeur. Le début des années 70 sera son apogée (de 1970 à 1972 plus précisément pour les puristes) où une analogie pouvait être faite entre le rythme des sorties et la productivité industrielle.
Bref, toujours la même rengaine ressassée jusqu'à plus soif ! Et je ne vous cache pas être content de taper ce genre d'intro une dernière fois car ça commençait sérieusement à me brouter le chou pour être poli. Alors que de nouveaux talents émergèrent au point de dominer le marché, certains réalisateurs plus confidentiels tentèrent eux aussi de s'accaparer quelques miettes du gâteau. Giuliano Carnimeo, à qui revient les honneurs de clôturer ce cycle, est de ceux-là. Reconnu pour ses westerns, il effectua une seule et unique incursion dans le thriller policier à l'italienne avec le titre d'aujourd'hui Les rendez-vous de Satan. Une traduction foireuse à la française dont on cherche toujours le sens.

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ATTENTION SPOILERS : Deux jeunes femmes sont assassinées coup sur coup dans le même immeuble appartenant à l'architecte Andrea Antinori. Ce dernier, en échange d'une séance photo pour une campagne de publicité, propose à deux mannequins, Jennifer et Marylin, de venir s'y installer. Tandis que Jennifer, au passé trouble, échappe de peu aux assauts du tueur, les soupçons de la police se portent sur Andrea, devenu son amant.

Ce que l'on peut dire est que les deux dernières oeuvres divergeaient du cahier de charges habituel. Photo interdite d'une bourgeoise optait pour le psychologique au détriment des meurtres graphiques, tandis que La Mort a pondu un oeuf était... euh assez unique en son genre. Avec Les rendez-vous de Satan, nous en revenons à un style un peu plus conventionnel mais toutefois différent de la concurrence. Exit donc le serial-killer écumant les rues de la capitale en massacrant de jeunes et jolies nymphes. Ici, les meurtres prendront essentiellement place dans un gigantesque immeuble d'apparence sans histoire. Attention à ne pas vous imaginer un huis clos, les passages en extérieur étant aussi nombreux que ceux en intérieur. La seule caractéristique est que les assassinats, sauf un, se feront à un endroit défini. Et le moins que l'on puisse dire est que Carnimeo démarre son film en fanfare avec une exécution très réussie dans une cage d'ascenseur. Le ton est donné par le réalisme.
Ceci dit, le passé m'a appris à ne pas faire confiance trop vite à un giallo. Cette découverte marque le début d'une enquête policière qui pataugera vite dans la mouise en l'absence de preuves concordantes. En parallèle, sous l'impulsion du bellâtre architecte, deux mannequins sont invitées à quitter leur taudis pour emménager dans l'immeuble où vient de se produire ce tragique incident.

Comme il est souvent de mise, la bourgeoisie est presque toujours dans le collimateur des artisans du giallo. Si je dis "presque", c'est parce que Carnimeo le fait avec beaucoup de parcimonie. Tout juste, Andrea est un séducteur impénitent qui aime les femmes et fréquente un club privé où des shows à tendance érotique se font. Seulement, ce n'est ni inhérent, ni exclusif à la caste bourgeoise. Il ne semble pas être corrompu ou arriviste mais par contre, l'intrigue nous apprendra qu'il est du genre lâche à fuir devant ses responsabilités. Là encore, ce n'est pas le propre de la classe richissime. S'il était vrai que la sortie de l'Italie fasciste eut pour effet d'embrasser la gauche à tous les étages, encore dans les années 70, on ne retrouve pas ces dénonciations. On pourrait encore y voir la démesure des architectes à construire toujours plus haut, toujours plus grand mais ça reste suffisamment mince pour arriver aux satires comme Sergio Martino l'aurait fait. Bref, Andrea se lient très vite d'amitié avec Jennifer et Marilyn (surtout avec Jennifer), tandis que d'autres meurtres défraient le paysage jusque là tranquille de l'immeuble. Des personnes soupçonneuses comme la vieille givrée ou le vieux ronchon, pourtant là depuis bien longtemps, posent les doutes sur leur culpabilité. De son côté, Jennifer est rattrapée par son passé entre une relation malsaine avec un ex. Nous n'en saurons pas plus sur ce petit chapitre qui aurait mérité à être exploré.

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Alors que nos occupants principaux partiront à la recherche de la vérité, ils seront secondés par un inspecteur particulièrement retors et philatéliste de surcroît, accompagné de son second gentil mais un peu à côté de la plaque. Ceci donnera lieu à quelques répliques humoristiques qui feront mouche. D'ailleurs, à lui seul, Les rendez-vous de Satan est un giallo qui fait mouche et va jusqu'au bout de ses intentions. La raison primordiale est que Carnimeo parvient à distiller un suspense constant, une réelle intensité et finalement un rythme qui se tient sur la durée. Ce qui fait que jamais nous risquons de nous emmerder une seule seconde surtout quand un autre mystère vient s'ajouter aux crimes. Des crimes qui, pour le coup, sont d'excellente facture entre la noyade dans la baignoire (grand classique du genre) ou cette sublime nymphe ébouillantée à la vapeur brûlante. Un aspect crade ressort de la barbarie de notre tueur en noir aux mains gantées et au visage masqué de noir lui aussi.
Un croquemitaine de service réellement inquiétant. Mentionnons que l'érotisme sera lui aussi aux abonnés présents, si ce n'est qu'il risquera de paraître un peu trop pudique sur les bords quand on voit le nombre de belles femmes. 

On ne pourra que trop bien féliciter le cinéaste pour la qualité de sa mise en scène, de sa très belle photographie, du découpage et des divers procédés classiques comme les gros plans rapides ou les montages cut. La caméra est habile et filme de manière très généreuse toutes les scènes sanguinolentes ou sexuelles. Seuls les décors pourront paraître un peu rébarbatifs mais c'est la storyline qui veut ça. A la composition musicale, j'aurais aimé retrouver Ennio Morricone pour le finish de mon projet mais les honneurs reviendront à Bruno Nicolai qui livre une partition correcte sans être vraiment exceptionnelle. En revanche, nous aurons droit à un casting pour le moins attrayant avec deux têtes très connues qui sont Edwige Fenech et George Hilton toujours aussi bons et sympathiques.
Une mention sera aussi à faire au charismatique Giampiero Albertini campant un enquêteur motivé à mettre la main sur le coupable. Ce n'est pas tous les jours que l'on a droit à une très bonne interprétation du corps policier. On citera aussi la magnifique Annabella Incontrera, Paola Quattrini, Franco Agostini, Oreste Lionello et Ben Carra.

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C'est avec une joie non dissimulée que je suis fier d'arriver au bout de ma rétrospective pour deux raisons. D'une part, j'étais arrivé à un point où la prolonger m'aurait sérieusement lassé. D'autre part, j'ai réussi amplement mon objectif de terminer le tout sur un giallo qui s'immisce sans conteste parmi les meilleures pellicules de ce modeste boulot. Ce qui n'était plus arrivé depuis, quand même, Folie Meurtrière qui date un petit peu. Bon après, pas de quoi non plus hurler au chef-d'oeuvre absolu qui pourrait rivaliser avec les grands classiques de Bava, Argento et Dallamano. Tout ce que l'on peut dire est que Carnimeo, avec Les rendez-vous de Satan, nous livre un giallo honnête, palpitant, riche en émotions et en intensité et offrant des assassinats de qualité.
On reprochera que le genre nous avait habitué à plus de perversion et de nudité et qu'il n'y a pas non plus de fulgurance graphique pour bercer les rétines du spectateur. Si tout avait été de la partie, Les rendez-vous de Satan aurait pu aisément tenir la dragée haute aux meilleurs gialli. Mais ne soyons pas ronchons car on a là un long-métrage recommandable qui a le mérite de ne pas être de la pathétique poudre aux yeux. Ainsi, s'achève ce long périple transalpin qui, je l'espère, aura au moins eu l'ébauche de l'amorce de l'ombre d'un certain intérêt aux yeux de certains.

 

Note : 14/20

 

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26 décembre 2020

Pandémie - 2013 (Résurgence de la grippe aviaire)

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Genre : catastrophe, action
Année : 2013
Durée : 1h27

Synopsis : Près d'une grande métropole, la police découvre, entassés dans un container, des dizaines de corps putréfiés victimes d'un mal mystérieux. Au même moment, un passeur de clandestins, atteint d'un virus inconnu, décède à l'hôpital. Quelques heures plus tard, les urgences de la ville croulent sous l'afflux des malades. Le chaos s'installe. Afin d'enrayer la propagation du virus, les autorités imposent une mise en quarantaine. Tous les habitants sont confinés en zone de sécurité. La tension monte. Certains vont risquer leur vie pour sauver leurs proches, d'autres vont risquer celle des autres pour sauver la leur. Pendant ce temps, un survivant du container court dans la ville... 

La critique :

La fin du monde, l'Armageddon et d'une façon générale l'Apocalypse ont toujours inspiré le noble Septième Art. Dès les années 1910, le cinéma se focalise sur cette menace potentielle et putative qui guette patiemment notre planète, rayant au passage l'intégralité de l'humanité. Les cinéphiles les plus avisés mentionneront sans barguigner le bien nommé La Fin du Monde (August Blom, 1916). Depuis, les temps funestes et eschatologiques sont incessamment réactivés, soit par le passage imminent d'une météorite de taille cyclopéenne (Armageddon, Michael Bay, 1998), une Troisième Guerre mondiale sous l'égide de l'atome et du nucléaire (Le Jour d'Après, Nicholas Meyer, 1983), une humanité en péril qui se délite et se désagrège sans explication rationnelle (Le Sacrifice, Andreï Tarkovski, 1986), des terres infertiles qui paupérisent et affament l'Humanité toute entière (Interstellar, Christopher Nolan, 2014), ou encore par l'arrivée massive et inexpugnable de zombies anthropophages (La Nuit des Morts-Vivants, George A. Romero, 1968).

Mais parfois, la menace n'est pas toujours perceptible. Pis, elle peut même parfois atteindre une taille infinitésimale, en particulier sous une forme virale, par ailleurs capable de muter à une vitesse exponentielle ; et décimant la quasi intégralité de l'humanité. Dans cette optique microbienne, toute une pléthore de longs-métrages existent. Là aussi, les laudateurs les plus avisés n'omettront pas de notifier des oeuvres telles que La Jetée (Chris Marker, 1962), L'armée des 12 singes (Terry Gilliam, 1995), le bien nommé Virus (Kinju Fukasaku, 1980), Alerte ! (Wolfgang Peterson, 1995), Pandemic (John Suits, 2016), Le mystère Andromède (Robert Wise, 1971), ou encore Infectés (Alex et David Pastor, 2009). 
Tous ces films stipulés nous ont alerté - avec plus ou moins de finauderie et de sagacité - sur le risque d'épidémie mondiale (ou pandémie).

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Mais, selon les cinéphiles les plus chevronnés, c'est sans doute le bien nommé (lui aussi...) Contagion (Steven Soderbergh, 2011) qui reste le film le plus réaliste (et crédible) sur ce sujet spinescent. Corrélativement, un autre long-métrage catastrophe fait acte d'obédience auprès des aficionados du genre. Son nom ? Pandémie, réalisée par la diligence de Kim Seong-soo en 2013. Evidemment, un tel intitulé s'inscrit dans le sillage de notre réalité quotidienne, hélas endeuillée par l'actualité et les subséquences meurtrières du Covid 19.
Toutefois, difficile de percevoir à travers ce cas de contamination et de résurgence de la grippe aviaire la moindre accointance avec le virus qui nous intéresse aujourd'hui. De surcroît, Pandémie n'a pas d'aspérités cliniques, évoquant les conséquences de cette inoculation tel un documentaire.

Mais, encore une fois, l'émanation virale provient du territoire asiatique. Pandémie est donc une production plantureuse qui nous vient de la Corée du Sud, avec notamment pour dessein de concurrencer les blockbusters hollywoodiens. Pour l'anecdote superfétatoire, Pandémie est sorti sous plusieurs substantifs, notamment The Flu dans l'idiome de Shakespeare, ou encore Gamgi dans sa langue d'origine. Quant à Kim Seong-soo, le scénariste, producteur et scénariste démarre sa carrière cinématographique vers le milieu des années 1990 via un court-métrage, Dead End (1993), par ailleurs inconnu au bataillon et inédit dans nos contrées hexagonales.
A postériori, le metteur en scène sud-coréen enchaînera avec Run Away (1995), Beat (1997), City of the rising sun (1998), Musa, la princesse du désert (2001), Please, teach me english (2003), Back (2004), ou encore Asura : the city of madness (2016).

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Evidemment, la distribution de Pandémie risque de ne pas vous évoquer grand-chose, à moins que vous connaissiez les noms de Jang Hyuk, Soo Ae, Park Min-ha, Yoo Hae-jin, Ma Dong-seok, Kim Ki-hyun, Lee Hee-joon, Kim Ki-hyeon et Lee Sang-yeob ; mais j'en doute... Pour le reste, Pandémie a reçu les hommages et les révérences de la presse spécialisée. Aux yeux de certains laudateurs, Pandémie n'aurait pas grand-chose à envier aux plus grosses productions américaines. Reste à savoir si ce film catastrophe mérite - ou non - de tels dithyrambes. Réponse à venir dans les lignes éparses de cette chronique... Mais trêve de palabres et de verbiages, et passons à l'exégèse du film.
Attention, SPOILERS ! Près d'une grande métropole, la police découvre, entassés dans un container, des dizaines de corps putréfiés victimes d'un mal mystérieux.

Au même moment, un passeur de clandestins, atteint d'un virus inconnu, décède à l'hôpital. Quelques heures plus tard, les urgences de la ville croulent sous l'afflux des malades. Le chaos s'installe. Afin d'enrayer la propagation du virus, les autorités imposent une mise en quarantaine. Tous les habitants sont confinés en zone de sécurité. La tension monte. Certains vont risquer leur vie pour sauver leurs proches, d'autres vont risquer celle des autres pour sauver la leur. Pendant ce temps, un survivant du container court dans la ville... Avec un tel intitulé, l'écueil était probablement de tomber prestement dans les effervescences et la surenchère. Or, il n'en est rien.
Si Pandémie est bel et bien un blockbuster opulent (pléonasme !), il reste avant tout un divertissement sagace et clairvoyant.

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Pragmatique, le réalisateur, Kim Seong-soo, prend son temps pour planter le décor, la situation, ainsi que ses divers protagonistes. Le spectateur éberlué s'amusera sans doute à relever les contiguïtés matoises entre cette fiction et notre réalité quotidienne, à savoir que les autorités se gaussent éperdument des premiers relents de la pandémie. Or, la situation devient réellement alarmiste lorsque nos scientifiques comprennent qu'ils doivent se colleter avec une nouvelle souche de la grippe aviaire, particulièrement contagieuse. En l'espace de quelques minutes, parfois quelques secondes, les victimes souffrent de nausées, puis d'expectorations glaireuses, avant de suffoquer, puis d'exhaler leur dernier soupir. Ici, le virus n'épargne personne, ni les femmes, ni les hommes, ni les vieillards, ni les enfants. Cependant, Kim Seong-soo se garde bien de verser dans la diatribe sociologique ou politique.
Pandémie se contente de jouer la carte du suspense à tous crins. Sur ce dernier point, ce film catastrophe remplit doctement son office. Hélas, il manque tout de même à cette production clinquante une ou deux saynètes d'action spectaculaires pour susciter vraiment l'adhésion. In fine, le prologue final, en mode doucereux et capillotracté, laissera sans doute quelques pointes de pondération et d'amertume. Non, Pandémie n'est pas le nouveau Contagion (le film de Steven Soderbergh... Bis repetita), mais enjôlera les amateurs patentés de fin du monde et autres élucubrations eschatologiques. En l'état, c'est déjà pas mal...

 

Note : 12/20 

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25 décembre 2020

La Mort a pondu un oeuf (Cot... Cot... Cot... CODAC !)

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Genre : Thriller, giallo, comédie dramatique (interdit aux - 12 ans)

Année : 1968

Durée : 1h30

 

Synopsis :

Anna élève des poulets avec son mari Marco. Elle ignore que celui-ci la trompe avec sa nièce Gabrielle. Les deux amants projettent d'éliminer Anna, mais Gabrielle aime en fait un autre homme, qui découvre que Marco est un tueur de prostituées.

 

La critique :

Les contempteurs patentés du giallo qui ont développé un état d'urticaire très avancé peuvent commencer à sabrer le champagne. En effet, cette longue et harassante rétrospective en arrive quasiment à sa fin et ce sans rajout supplémentaire pour éviter de causer des crises d'apoplexie dans la foulée. Car, et ce n'est pas un délire onirique, nous sommes en face de l'avant-dernier film avant que ce dossier costaud ne se finalise, je l'espère, en apothéose. Mais évoluant en plein dans le cinéma d'exploitation, je ne peux que développer une circonspection tenace au vu de toutes les pellicules un peu fades qu'il m'ait été donné de voir, surtout dernièrement avant que Photo interdite d'une bourgeoise ne relève le niveau par son approche inventive et culottée qui prêtera à un irrémédiable débat. Dans un genre très codifié, le risque est d'opter pour la carte du déjà-vu, du film sans surprise qui repose sur toutes des ficelles usées, d'autant plus si le long-métrage sort dans les années tardives, bien après le boom du giallo qui se fit au tout début des années 70. L'intervalle de 1970 à 1972 étant le plus productif.
Et pourtant, qui aurait cru que le giallo rencontrerait un tel succès après que Mario Bava ait réalisé en 1963 La Fille qui en savait trop, soit l'oeuvre fondatrice du genre qui sera définitivement finalisé avec Six Femmes pour l'Assassin l'année suivante. Enfin, "succès", tout est relatif car on ne peut pas dire que le démarrage fut pétaradant. Il faudra que Dario Argento ne s'en mêle pour que le tout s'emballe.

Mais plutôt que d'évoluer constamment dans l'ère post-trilogie animale de Argento, et si nous revenions un peu en arrière ? Si nous nous jetons dans les bras de la fin des années 60 quand il n'y avait pas encore cette effervescence populaire et que les pellicules sortirent beaucoup plus timidement. Ce n'est pas la première fois que je fais ça. Preuve en est avec Perversion Story, Les Trois visages de la peur et bien sûr les deux grands crus susmentionnés qui forgèrent le thriller policier à l'italienne. Jamais quatre sans cinq comme je suis le seul à le dire car un tout nouveau film a ce divin privilège de bénéficier d'une chronique sur Cinéma Choc. Mais quel nom étrange que La Mort a pondu un oeuf ! Quel autre style et autre pays aurait pu accoucher d'un pareil titre si ce n'est le giallo made in Italia.
Derrière ce projet, un homme que vous avez déjà vu il y a longtemps sur le blog, mais dans un tout autre style qui est le western. Et pas du tout du genre à être mis dans toutes les mains comme pour un Sergio Leone. Son nom Tire encore si tu peux dont la sortie sera entachée d'une rapide interdiction pour cause de violences excessives. Giulio Questi n'avait pas fait dans la dentelle et s'était bien fait remarquer grâce à ça mais, en fin de compte, pour peu de choses, vu que sa carrière ne sera que très courte, s'achevant avec Arcana en 1972, soit seulement trois films. Le reste de sa vie sera dédié à la télévision puis à des courts-métrages fauchés et autofinancés. Bref, une belle dégringolade mais voyons ce qu'il en est de ce La Mort a pondu un oeuf.

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ATTENTION SPOILERS : Anna élève des poulets avec son mari Marco. Elle ignore que celui-ci la trompe avec sa nièce Gabrielle. Les deux amants projettent d'éliminer Anna, mais Gabrielle aime en fait un autre homme, qui découvre que Marco est un tueur de prostituées.

Si l'on devait effectuer un top des gialli les plus bizarres balancés sur le marché, nul doute que La Mort a pondu un oeuf pourrait très facilement se hisser parmi les premières places (je n'ose dire LA première place). Beaucoup s'accordent aussi à dire que certains gialli ne méritent pas d'être considérés comme tel et nous pourrions en dire de même pour ce film. L'expérience nous laissant pour le moins dubitatif et même un peu hagard par ce spectacle unique en son genre qui épouse parfois quelques lignes expérimentales. En effet, à la lecture du synopsis, nous sommes loin du serial-killer assassinant des femmes à Londres ou à Rome. Dans le cas présent, nous avons affaire à un couple tout ce qu'il y a de plus normal en apparence. La femme est tenancière d'une entreprise d'élevage de poulets et a avec elle une grosse fortune. Le mari lui se contente d'être juste une tête pensante de la firme sans être pour autant au sommet de la hiérarchie. L'homme n'est pas ici en position de domination sur sa femme.
En parallèle, vit Gabrielle dont la sensualité ne laisse pas Marco indifférent qui entretient aussi une liaison avec elle. Manque de pot pour lui, Anna voit un autre homme, en l'occurrence un publicitaire recruté par l'entreprise et qui a assisté un jour au meurtre d'une prostituée par Marco. Tout porte à croire que nous allons suivre un cheminement scénaristique classique. Mais déjà, dans le concept même de départ, il y a l'idée d'une satire féroce dirigée contre le progrès économique comme un Elio Petri l'aurait fait.

Cette ferme industrielle expérimentale décrit tout ce qui ne va pas selon le réalisateur. L'automatisation de la ligne de production a fait que les travailleurs se sont fait virer sans ménagement par souci de rentabilité financière. Le maître mot des dirigeants et actionnaires calculant chaque pécule afin de toujours plus s'enrichir. En soit, on ne peut pas aller contre le progrès et promouvoir une politique de stagnation, sans quoi nous serions toujours en train de faucher le blé à la serpe dans les champs. Le problème est qu'ici, il n'y a pas de juste milieu, la technologie se transformant de plus en plus en aberration. Les poulets cloîtrés dans des cages microscopiques sont une conséquence du consumérisme fou où il faut toujours plus consommer, où il faut toujours plus posséder, quitte à impacter sur le bien-être des animaux. L'exploitation animale étant l'un des fers de lance qui est toujours autant d'actualité en 2020 malgré quelques réglementations qui n'ont pas entièrement résolues ce problème.
Et comme toujours, se délester le plus possible de main-d'oeuvre pour se lier d'affection à la robotique dont le mode de fonctionnement est plus standardisé, diminue le risque de faire des erreurs. Là aussi, il ne faut pas se la jouer conservateur pour réfréner les avancées technologiques. Sauf que cette thématique vue comme l'un des grands enjeux de l'économie de demain pourrait, à terme, renforcer toujours plus la classe pauvre. Questi posait déjà son inquiétude sur la question.

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L'une des séquences qui tourne le plus en dérision le capitalisme sera celle où nous verrons des poulets sans tête ni ailes. De véritables abominations biologiques mutantes dont on n'a aucune idée de la viabilité de la chose et qui pourtant suscitera l'extatisme des cadres supérieurs qui y voient des économies à faire. Bref, toujours plus loin, jusqu'à l'overdose, jusqu'au rire sardonique mais inquiet que des gens pensent réellement comme ça dans la vraie vie. Seul Marco s'opposera à cette dépravation, lui qui, pourtant, tue des putains sur des accès de folie. Personne n'est totalement à sauver dans l'histoire. On peut soupçonner Marco d'être un poulet en batterie, pris dans l'engrenage d'un monde du travail absurde et d'une vie de famille dingue dont il ne parvient pas à s'extirper.
Ses fantasmes érotico-sadiques seront la manifestation de sa neurasthénie, de sa volonté de tuer l'ambiance crétine qu'il subit, se répercutant sur des victimes sans défense. C'est l'oeuvre d'un fou qui ne l'est pas totalement, mais Questi n'expliquera jamais les raisons de ses pulsions triviales. On suppose mais sans certitude. Certains seront frustrés par la chose. En fin de compte, seuls nos poules seront les êtres les plus sains d'esprit dans cet imbroglio de cervelles tourmentées.

Ce qui aurait pu n'être ni plus ni moins qu'une intrigue tout ce qu'il y a de plus classique se transmue en un pur produit avant-gardiste par un montage atypique et des influences allant renâcler du côté de la Nouvelle Vague française et de la comédie satirique. A dire vrai, si La Mort a pondu un oeuf, a été répertorié dans la case du giallo, on a toutes les peines du monde à être convaincu par sa catégorisation. On retrouve bien les meurtres stylisés, en très faible nombre ceci dit, et un érotisme latent même si les organes génitaux sont dissimulés avec pudeur. Il y a aussi une enquête policière mais elle tient davantage d'une présence éloignée que d'une entité centrale à la trame. Bref, le tout est très approximatif dans son essence et même sur la question du thriller, la perplexité est de la partie. Comment définir exactement La Mort a pondu un oeuf qui, en plus, se permet le toupet de nous entraîner dans un maëlstrom tel que nous finissons par douter des événements réels. Est-ce que tout ce qui se passe est le produit de la réalité ou n'est-ce que le fantasme d'un homme psychologiquement perturbé ?
Le questionnement est permis. Cependant, force est de constater que les faiblesses sont là. Le scénario a le don de partir en vrille au point que le spectateur finisse par ne plus s'y impliquer suffisamment. Se pose aussi le fait que les adulateurs de gialli ressortiront avec un fort arrière-goût au vu d'un gore absent et d'une sexualité chrétienne.

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Même au niveau de la mise en scène et du visuel, La Mort a pondu un oeuf se différencie de la concurrence en multipliant les audaces entre les flous, les décadrages, le montage cut. La dimension amoureuse prépondérante en surprendra plus d'un sans compter des décors assez originaux comme le champ de maïs où les amoureux se promèneront. L'ensemble fonctionne bien et a le mérite d'être dépaysant vis-à-vis de la concurrence. On parlera de la partition sonore de Bruno Maderna dont la composition est totalement aux antipodes de ce que nous avons l'habitude d'entendre dans un giallo. On pourrait presque le voir comme l'anti Ennio Morricone. Si vous avez toujours rêvé avoir un mix entre le flamenco, le free jazz et des sons contemporains d'avant-garde, alors le film aura exaucé vos plus profonds désirs. On tâchera aussi de mentionner un casting très convaincant où nous retrouvons avec grand étonnement le célébrissime Jean-Louis Trintignant.
Autant dire que ça fait bizarre de le voir s'embarquer dans un truc aussi bizarre. Il ne délaissera pas son charisme conférant un charme inattendu. Nous retrouverons aussi Gina Lollobrigida, Ewa Aulin, Jean Sobieski, Renato Romano, Vittorio André, Giulio Donnini et Biagio Pelligra

Décidément, une deuxième chronique un peu plus longue et surtout d'affilée sur un giallo. Il n'aurait pu en être autrement tant La Mort a pondu un oeuf a des choses à dire et que ce billet seul ne saurait dévoiler toutes les facettes d'un film que nous pourrions considérer comme inclassable tant il part dans tous les sens au point où, arrivé à la fin, on ne saurait guère se prononcer dans l'immédiat sur notre ressenti, si nous avons aimé ou non. Toujours est-il qu'il est plus profond que la concurrence en osant s'aventurer sur les dénonciations de tous les travers du capitalisme incontrôlé, promu par une bourgeoisie qui en prend toujours autant dans la tronche. La Mort a pondu un oeuf interroge et nous fait voguer de surprise en surprise jusqu'à un finish tout autant étrange que la totalité de la séance. Sans étonnement, voilà un film qui créera indubitablement le débat et rien que pour cela, ce long-métrage mérite de s'y jeter au moins une fois pour voir quelque chose de (très très) différent.
Certes, tout n'est pas parfait mais, en mettant vos à priori de côté et en laissant la réglementation du giallo dans un petit tiroir fermé à clé, vous pourriez ressortir de là assez secoués, autant par la narration que par le tintamarre des poulets. 

 

Note : 12/20

 

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24 décembre 2020

Retour sur la Nouvelle Vague japonaise

Que vous soyez lecteurs assidus ou occasionnels, la chose ne vous aura pas échappé que Cinéma Choc s'est pris d'une affection toute particulière pour un courant autant méconnu que mésestimé qui est *roulement de tambours* la Nouvelle Vague japonaise. Rassurez-vous, je ne vous torturerai pas une énième fois en procédant à une exégèse de ce pan capital du cinéma nippon. La myriade de chroniques passées a déjà suffisamment bien ancré cela dans votre esprit, pour peu que vous lisiez encore l'habituelle introduction. Et face à une telle rétrospective qui a pris fin tout récemment, avec succès je l'espère, un tour d'horizon sur cinq années de rédaction était la moindre des choses. Et le moins que l'on puisse dire est que ce blog que vous louangez autant que votre famille y a mis tout son coeur pour tenter d'être une petite référence du web francophone. L'objectif est-il réussi selon vous ?
Nous vous laisserons seuls juges de ce projet mené par Alice In Oliver, inthemoodforgore et moi-même qui regroupe, après recensement, tout de même 53 longs-métrages. Au vu de cette quantité plutôt belle et de l'étalement de toutes ces petites oeuvres à travers l'histoire du site, le billet récapitulatif était ni plus ni moins qu'indispensable. Evidemment, inutile de vous dire que tous les candidats sélectionnés devaient répondre un minimum aux exigences de la politique de Cinéma Choc

A noter que dans mon incompétence crasse, j'ai cité La Vengeance est à moi et Sous les cerisiers en fleurs comme faisant partie intégrante de cette Nouvelle Vague alors que ce n'était pas le cas. Veuillez m'excuser pour cette bévue. Je précise aussi que plusieurs de ces films sont toujours inédits chez nous et que, par conséquent, la seule alternative que vous aurez sera un visionnage en VOSTA pour ce qui concerne le format PHYSIQUE (pour peu qu'il soit encore accessible en 2020). Vous aurez plus de chance en passant par la case du téléchargement mais cela ne concernera qu'un nombre extrêmement rachitique de réalisations. Un astérisque vous permettra de les identifier directement.

 

A propos des chansons paillardes au Japon (Nagisa Oshima, 1967)

Assassinat (Masahiro Shinoda, 1964)

Cache-cache Pastoral (Shuji Terayama, 1974) (*)

Confessions d'une épouse (Yasuzo Masumura, 1961) (*)

Contes cruels de la Jeunesse (Nagisa Oshima, 1960)

Coup d'Etat (Yoshishige Yoshida, 1973)

Détective Bureau 2-3 (Seijun Suzuki, 1963)

Double Suicide à Amijima (Masahiro Shinoda, 1969)

Eros + Massacre (Yoshishige Yoshida, 1969)

Fleur Pâle (Masahiro Shinoda, 1964)

Histoire d'une Prostituée (Seijun Suzuki, 1965)

Jetons les livres, sortons dans la rue (Shuji Terayama, 1971) (*)

Journal d'un voleur de Shinjuku (Nagisa Oshima, 1969)

La Barrière de Chair (Seijun Suzuki, 1964)

La Bête Aveugle (Yasuzo Masumura, 1969)

La Chambre Noire (Kirio Urayama, 1983)

La Femme de Seisaku (Yasuzo Masumura, 1965)

La Femme des Sables (Hiroshi Teshigahara, 1964)

La Femme Insecte (Shohei Imamura, 1963)

La Guerre des Espions (Masahiro Shinoda, 1965)

La Jeunesse de la Bête (Seijun Suzuki, 1963)

La Marque du Tueur (Seijun Suzuki, 1967)

La Pendaison (Nagisa Oshima, 1968)

La Vie d'un Tatoué (Seijun Suzuki, 1965)

L'Ange Rouge (Yasuzo Masumura, 1966) (*)

Le Meurtrier de la Jeunesse (Kazuhiko Hasegawa, 1976) (*)

Le Petit Garçon (Nagisa Oshima, 1969)

Le Piège (Nagisa Oshima, 1961)

Le Pornographe (Shohei Imamura, 1966)

Le Traquenard (Hiroshi Teshigahara, 1962)

Le Vagabond de Tokyo (Seijun Suzuki, 1966)

Le Visage d'un Autre (Hiroshi Teshigahara, 1966)

L'Empereur Tomato Ketchup (Shuji Terayama, 1971) (*)

L'Empire des Sens (Nagisa Oshima, 1976)

L'Enterrement du Soleil (Nagisa Oshima, 1960)

L'Evaporation de l'Homme (Shohei Imamura, 1967)

L'Homme (Kaneto Shindo, 1962) (*)

L'Obsédé en plein jour (Nagisa Oshima, 1966)

Les Esprits maléfiques du Japon (Kazuo Kuroki, 1970) (*)

Les Funérailles des Roses (Toshio Matsumoto, 1969) (*)

Les Plaisirs de la Chair (Nagisa Oshima, 1965)

Mandala (Akio Jissoji, 1971) (*)

Mujo (Akio Jissoji, 1970) (*)

Nuit et brouillard au Japon (Nagisa Oshima, 1960)

Pandemonium (Toshio Matsumoto, 1971) (*)

Passion (Yasuzo Masumura, 1964)

Purgatoire Eroïca (Yoshishige Yoshida, 1970)

Silence (Masahiro Shinoda, 1971)

Tatouage (Yasuzo Masumura, 1966)

The Warped Ones (Koreyoshi Kurahara, 1960) (*)

Underworld Beauty (Seijun Suzuki, 1958) (*)

Uta (Akio Jissoji, 1972) (*)

Vivre aujourd'hui, mourir demain (Kaneto Shindo, 1970) (*)

 

Et si jamais l'envie de vous aventurer au-delà de la liste de Cinéma Choc sur des sentiers centrés sur des histoires d'amour ou de famille se faisait sentir, voici une petite liste de films hautement recommandables que je me fais un plaisir de vous apporter en bonus. Il va sans dire que si jamais vous avez une question sur quoi que ce soit, nous nous ferons un plaisir de vous répondre et/ou vous conseiller.

 

Aveux, théories, actrices (Yoshishige Yoshida, 1971)

Cochons et Cuirassés (Shohei Imamura, 1961)

Histoire écrite sur l'eau (Yoshishige Yoshida, 1965)

La Fin d'une Douce Nuit (Yoshishige Yoshida, 1961)

La source thermale d'Akitsu (Yoshishige Yoshida, 1962)

Le Lac des Femmes (Yoshishige Yoshida, 1966)

Le Silence sans ailes (Kazuo Kuroki, 1966)

L'Île Nue (Kaneto Shindo, 1960)

Profond désir des dieux (Shohei Imamura, 1968)

Une jeune fille à la dérive (Kirio Urayama, 1963)

 

En espérant que ce "petit" programme saura susciter votre curiosité et votre envie de découverte.

 

orange-mecanique Taratata

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Prevenge (Une métaphore sur la femme moderne)

prevenge

Genre : horreur, épouvante, slasher (interdit aux - 12 ans)
Année : 2017
Durée : 1h27

Synopsis : Ruth est enceinte de sept mois et, comme de nombreuses futures mères pendant leur grossesse, elle croit pouvoir entendre la voix de son bébé qui s’adresse à elle. À la différence près que sa progéniture l’encourage sur la voie de la folie meurtrière. Portant encore le deuil de son mari disparu quelques mois plus tôt, Ruth accepte d’être formée aux techniques létales par son bambin très persuasif. Elle se lance alors dans une virée sanglante afin d’élimine toute personne amenée à la côtoyer, du propriétaire d’une animalerie au DJ d’un club, en passant par une femme d’affaires solitaire. En plein carnage, le ventre arrondi de Ruth lui sert de parfait alibi : après tout, qui pourrait suspecter d’être une meurtrière sans pitié une femme enceinte au si doux visage ? 

La critique :

Lorsque l'on invoque le slasher, on songe invariablement aux sagas Vendredi 13, Halloween, Massacre à la Tronçonneuse, Chucky et A nightmare on Elm Street. Si la genèse de ce registre cinématographique acte et officialise sa naissance via Black Christmas (Bob Clark, 1974), on décèle déjà les tous premiers rudiments et les linéaments avec Le Voyeur (Michael Powell, 1960) et Psychose (Alfred Hitchcock, 1960). Mais c'est bien Black Christmas qui impose et érige la figure sociopathique du croquemitaine en amalgamant huis clos, horreur et home invasion anxiogène.
Narquois, John Carpenter réitérera peu ou prou le même syllogisme analogique via Halloween, la nuit des masques (1978). Seule dissimilitude et pas des moindres, le croquemitaine n'a pas vraiment de faciès et incarne le mal absolu.

Factieux et turpide, Michael Myers préfigure cette menace indicible qui vient subrepticement occire et assaillir des étudiants peu farouches. Seule la jolie Laurie Strode, une adulescente pudibonde, échappe de justesse au courroux du psychopathe écervelé. On retrouve également cette pruderie ostentatoire à travers A Nightmare on Elm Street et Vendredi 13. Dans le cas de Vendredi 13 (Sean S. Cunningham, 1980), les animosités se déroulent à la lisière de Crystal Lake. Cette fois-ci, le croquemitaine étrille et estampe des étudiants gouailleurs et ripailleurs.
Narquois, Sean S. Cunningham s'échine à mettre en exergue un tueur en série indicible et énigmatique. Ce dernier n'est autre que Madame Voorhees, une matriarche sévèrement courroucée depuis le décès de son fils Jason.

Prevenge (1)

 

Le corps de l'adulescent monstrueux git quelque part dans les tréfonds de Crystal Lake. Suite au succès pharaonique du premier Vendredi 13, il était logique que le jouvenceau revienne d'entre les morts pour étriller - à son tour - la caste estudiantine. Tel sera, par ailleurs, le principal apanage des chapitres consécutifs. Jason Voorhees devient une figure iconique du cinéma d'horreur. Et peu importe si le célèbre boogeyman est empalé, démembré, écartelé, anatomisé ou encore tuméfié. Durant les années 1980, le slasher est au faîte de sa gloire. 
A leur tour, Michael Myers, Freddy Krueger et autres Leatherface se délectent de jeunes éphèbes qu'ils estampent et étrillent avec une jubilation à peine dissimulée. Corrélativement, le public commence déjà se lasser de ces pellicules peu ou prou analogiques.

Dès la fin des années 1980, le slasher est en berne et peine à retrouver ses lettres de noblesse de naguère. Et c'est ce qu'a parfaitement compris Wes Craven. Plus personne ne semble en mesure de raviver un genre en désuétude. Alors autant s'ébaudir de ces mêmes préceptes qui ont marqué la quintessence du slasher entre la fin des années 1970 et le milieu des années 1980. C'est dans cette nouvelle dialectique que s'inscrit Scream (Wes Craven, 1996), un film d'épouvante qui fait voeu d'obédience à Halloween, la nuit des masques et autres Vendredi 13
La recette se révèle fructueuse, à tel point que Scream se transmute à son tour en saga opulente via trois nouveaux chapitres consécutifs. Mieux, le long-métrage de Wes Craven se décline en slasher prépubère via les succès concomitants d'Urban Legend (Jamie Blanks, 1999) et de Souviens-toi... L'été dernier (Jim Gillespie, 1997).

téléchargement (1)

Toutefois, rien de neuf à l'horizon si ce n'est que le slasher se contente de psalmodier les bonnes recettes de jadis. Etait-il possible d'inventer une nouvelle formule et de redorer le blason de ce registre rébarbatif, voire tautologique ? Oui, semble rétorquer Alice Lowe avec Prevenge, sorti en 2017. En raison de son statut de long-métrage indépendant, Prevenge n'a pas bénéficié d'une distribution dans les salles obscures, tout du moins dans nos contrées hexagonales. Prevenge est donc condamné à se départir par l'entremise du streaming, des festivals et du DTV (direct-to-video). Contrairement aux slashers habituels, Prevenge ne repose pas sur un croquemitaine emblématique.
Ici, le boogeyman n'est autre qu'une parturiente nantie d'affabulations sociopathiques, à tel point que l'on pourrait invoquer une sorte de psychopathie hallucinatoire.

La distribution de ce slasher se compose d'Alice Lowe (donc, à la fois devant et derrière la caméra), Jo Hartley, Gemma Whelan, Kate Dickie, Kayvan Novak, Tom Davis, Dan Renton Skinner, Mike Wozniak, Tom Meeten et Eileen Davies. En l'occurrence, Prevenge se solde par des critiques unanimement panégyristes. Reste à savoir si ce long-métrage horrifique mérite - ou non - de telles courtisaneries. Réponse à venir dans les lignes éparses de cette chronique... Mais trêve de palabres et de verbiages et passons à l'exégèse du film ! Attention, SPOILERS ! Ruth est enceinte de sept mois et, comme de nombreuses futures mères pendant leur grossesse, elle croit pouvoir entendre la voix de son bébé qui s’adresse à elle. À la différence près que sa progéniture l’encourage sur la voie de la folie meurtrière.
Portant encore le deuil de son mari disparu quelques mois plus tôt, Ruth accepte d’être formée aux techniques létales par son bambin très persuasif.

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Elle se lance alors dans une virée sanglante afin d’élimine toute personne amenée à la côtoyer, du propriétaire d’une animalerie au DJ d’un club, en passant par une femme d’affaires solitaire. En plein carnage, le ventre arrondi de Ruth lui sert de parfait alibi : après tout, qui pourrait suspecter d’être une meurtrière sans pitié une femme enceinte au si doux visage ? En outre, Prevenge est le tout premier film d'Alice Lowe. L'artiste érudite fait donc office de noviciat dans le noble et Septième Art, en particulier dans le sérail horrifique. Indubitablement, Prevenge est un film probe et sincère qui propose et suscite plusieurs niveaux de lecture.
Certes, on pourrait légitimement considérer ce slasher comme les subséquences d'une dépression prénatale, avec toutes les introspections que cela inaugure.

Ce n'est pas aléatoire si Prevenge suit les pérégrinations et les susdites élucubrations de son héroïne principale. D'une jeune femme en apparence inoffensive, la mijaurée se transmue subrepticement en psychopathe revêche et acariâtre. Ces déprédations sont essentiellement ourdies et commanditées par son enfant en gestation. Tout du moins, cette analyse parcimonieuse constitue le premier niveau de lecture du film. A moins que Prevenge ne soit une métaphore sur la femme moderne. Tout au long de ses meurtres et de ses équarrissages, la forcenée assaille essentiellement la gente masculine. Cette dernière est priée de s'éteindre sous le courroux de la mégère. 
Sur ce dernier point, Prevenge s'approxime à un slasher profondément misanthrope. Alice Lowe n'épargne personne, que ce soit son héroïne principale, mais aussi ses victimes, qui apparaissent toutes - sans exception - comme des êtres esseulés et débonnaires. Vous l'avez donc compris et même probablement subodoré. Prevenge possède de solides arguties dans sa besace. Toutefois, ce slasher perd de sa prégnance et de sa virulence lors de son ultime segmentation. Dommage... Car sans ces quelques atermoiements, Prevenge aurait pu aisément s'immiscer dans le haut du panier. Mais, en l'état, Prevenge reste un slasher tout à fait convenable et recommandable. Ce fim se bonifiera sans doute au fil des années. A suivre...

 

Note : 13/20 

sparklehorse2 Alice In Oliver

23 décembre 2020

PornGore vol 1 & 2 (Le baroud d'hoRReur d'Inthemoodforgore)

porngore

Genre : dark mixtapes, gore, snuff, pornographiques, trash, extrêmes (interdits de toute diffusion)
Année : 2018
Durée : environ 6 heures

Synopsis : L'infernale trilogie MDPOPE n'est plus seule à "trôner" en haut de la pyramide de l'immondice pelliculaire. En plus des Misanthrope, Registros Fatais 3, Fetus Munchers Vol 1 & 2, vient s'ajouter l'abominable diptyque PornGore pour lui contester le triste titre de "film le plus abject jamais réalisé". Réalisé étant un bien grand mot pour des agencements, des raccords et des saynètes assemblées sans la moindre logique. PornGore : un titre bien quelconque pour des films qui ne le sont pas, mais alors pas du tout. Trash à un niveau stratosphérique, ce duo infernal met à mal, une fois de plus, l'idée que nous nous faisons de l'homme en tant qu'être civilisé. Civilisé... pfff ! C'est inconnu sous nos latitudes, c'est interdit dans le monde entier et ça nous vient de Thaïlande, sous le manteau. Voici PornGore, le chant du cygne d'Inthemood. Alors, accrochez-vous car ça va décoiffer grave...

La critique :

Je n'ai jamais été doué pour les mots compliqués. Ne vous attendez pas à des termes tels que pérorer, déclamer, gloser etc. Je laisse ces subtiles tournures syntaxiques au Maître des lieux, mon ami de longue date, Alice in Oliver. Personnellement, je suis plus brut de décoffrage. Quand j'ai merde à dire, je ne dis pas crotte. Alors oui merde, Cinéma Choc vous inflige ENCORE, et pour une des toutes dernières fois de son histoire, un nouveau death movie. Et vous fermez vos bouches, sinon j'en prends un pour défoncer l'autre ! Bon, je plaisante mais n'était-ce pas là, à Cinéma Choc, son identité première, son ADN, sa raison d'être, lorsqu'il naquit le 1er avril 2015 ? Bien sûr que si ! Nous n'étions pas là pour nous faire des amis (et pourtant, quel succès !). Nous n'étions pas là pour faire plaisir au plus grand nombre, nous n'étions pas là non plus pour plaire aux adolescents boutonneux gavés aux blockbusters décérébrés et brosser dans le sens du poil tous les cinéphiles pré et post-pubères qui ne jurent que par les super-héros Marveliens dont les studios hollywoodiens abreuvent nos écrans depuis plusieurs années.
Pour nous, le cinéma n'est pas ça. Enfin, pas que. Dans le spectre infini du Septième Art qui va de Franck Dubosc à Marlon Brando et de Bruno Mattei à Ingmar Bergman, il en faut pour tous les goûts. Hélas nous, véritables cinéphiles rebelles, constatons qu'avec le temps, le cinéma en tant que création artistique s'est, depuis quelques décennies, dangereusement nivelé par le bas.


Curieusement, alors que les films dérangeants et politiquement incorrects sont mis au banc d'un public qui voudrait peut-être les découvrir, ces oeuvres vouées à l'opprobre et aux gémonies (désolé Olivier, je te l'ai piqué celui-là) sont littéralement bannies pour laisser la place à des niaiseries dont les titres annoncent déjà la couleur de leur insondable bêtise (Papa ou Maman, Il a déjà tes yeux etc..). Plus c'est con, plus ça marche. Et plus de spectateurs se pressent dans les salles (avant le confinement, bien sûr). Y-aurait-il corrélation entre l'imbécilité des spectacles proposés et le QI toujours plus abyssal d'un public qui ne sait plus réfléchir ? Faut-il y voir un reflet de la société qui, elle aussi, de par sa surconsommation de nouvelles technologies, glisse lentement mais sûrement vers la bêtise absolue ? J'ai la faiblesse de le croire. 
Alors, les susnommés (le grand public) nous retorqueront : "Et vos décapitations, vos éviscérations, vos scatophilies, est-ce aussi du cinéma ?". Ça se discute.
Mais nous, au moins, revendiquons le droit à la différence, au refus de l'uniformité et de l'aseptisation d'un art qui n'en est plus un depuis longtemps, hélas. Nous ne nous positionnons d'aucun côté du spectre. Nous c'est en dessous, au sous-sol, que nous nous situons. Là où parmi les rats et les excréments, il n'y a plus de tabous, plus de limites. C'est ici que nous déterrons les immondices filmiques, rejetés avec une pudeur de vierge effarouchée
 par un public qui ne veut surtout pas être bousculé dans ses illusions et ses béates certitudes. Un public qui s'obstine à refuser cette triste réalité que l'actualité lui rappelle pourtant tous les jours : l'homme est la pire créature qui n'ait jamais existée sur cette terre.

Quel paradoxe entre une société de plus en plus violente et un cinéma qui s'échine obstinément à nous proposer des programmes de bisounours ! Comme pour se voiler la face d'une inéluctable vérité... PornGore appartient donc à cette catégorie d'objets visuels non identifiés qui sont tout simplement abjects. Mais quitte à éberluer les âmes sensibles, il existe. Aïe, ça fait mal de prendre la vérité en pleine face, n'est-ce pas ? Attention spoilers : PornGore est une mixtape constituée de deux volets. Mais les deux segments ne se situent absolument pas au même niveau en termes d'abominations. Autant le premier volet est quasiment tout entier tourné vers les actes sexuels extrêmes et les situations dégradantes, le deuxième volet, beaucoup plus hardcore, ne laisse presque pas une minute de répit au spectateur en matière de meurtres, empalements, dépeçages, décapitations en tout genre, démembrements à la tronçonneuse etc. Alors autant vous prévenir : en matière d'agressions visuelles, cet effroyable diptyque balance des ogives nucléaires ! Tiens par exemple et juste pour vous mettre dans l'ambiance : avez-vous déjà vu une grand-mère de 80 balais se faire perforer le fondement à coup de perceuse électrique (Volume 1) ? Ou bien deux gourgandines se faire inonder de la semence d'un cheval après lui avoir prodigué un plaisir buccal (Volume 1) ? Ou encore cette femme indigène embrochée façon Cannibal Holocaust (mais à l'horizontale et non fake) se faire rôtir en méchoui (Volume 2) ?
Je parie que non. Avouez que rien qu'à l'énoncé de ces festivités, on a envie de se jeter à corps perdu dans ce voluptueux spectacle ! Oh, bien sûr, le diptyque connaît aussi quelques creux sur la longueur ; c'est bien normal. Des images aussi banales que de gigantesques bukkakes, de la coprophagie incestueuse ou du snuff animalier (bref, le minimum syndical pour toute dark mixtape qui se respecte) s'immiscent dans le programme pour adoucir quelques instants un programme devenu insoutenable.

Ainsi, le premier opus nous offre deux scènes assez interminables. La première présente une femme qui se délecte de ses excréments lors d'un dîner solitaire et coprophagique au final bien gore. La seconde, un homme qui se fait quelques douceurs en introduisant des boules explosives dans son anus en dilatation maximale et ruisselant d'hémoglobine. Après ces amusants petits intermèdes, PornGore vol 1 finit tout de même sur du très lourd : durant une grosse demi-heure, nous subissons des éclatements de tronches à la chaîne en hyper ralenti. Un nombre incalculable de têtes explosées au fusil à pompe sont ainsi filmées de telle manière que l'on puisse voir dans les moindres détails les expressions prises par les visages au moment de l'impact de la première balle. Déformations à l'extrême des faciès, yeux exorbités au sens premier du terme, nez s'enfonçant au creux de la figure, cervelles jaillissant des boîtes crâniennes ; ces séquences sont réellement impressionnantes !
Ça va vous ? On tient le coup ? Bon tant mieux car PornGore vol 1 n'est qu'un aimable hors d'oeuvre en comparaison de son (faux) jumeau. De son côté, PornGore vol 2 délaisse les outrances sexuelles (sauf en toute fin de métrage) pour se consacrer uniquement aux exécutions. Et la plupart sont d'une impensable barbarie. Sur ce point, cette compilation tient sans problème la dragée haute aux MDPOPE, Ogrish Collection et autres Fetus Munchers.

Des exemples ? Monceaux de cadavres d'enfants éparpillés nettoyés au karcher, foetus taillés en tranches par des lascars encagoulés (à des fins qu'il vaut mieux ne pas connaître), nombreuses vidéos du tristement célèbre "El Blog del Narco" où des individus sont questionné(e)s et violenté(e)s avant d'être lentement découpé(e)s en quartiers de viande face caméra. Et comme en Amérique du Sud, on voue un véritable culte au football (RIP Maradona !), que pensez-vous que les narco-trafiquants fassent avec la tête de leurs victimes ? Règlements de comptes entre gangs de favelas brésiliennes avec d'innombrables meurtres de gamins par armes à feu, couple surpris en flagrant délit d'adultère lynché à coups de pieds, puis décapité par le mari cocu et trois de ses amis etc. Mais l'exaction la plus choquante reste, et de loin, le martyr d'une adolescente d'environ une quinzaine d'années, suppliciée à coups de couteau puis égorgée et décapitée au cutter par un gamin à peine plus âgé qu'elle.
Et il en faut du temps pour couper une tête avec une toute petite lame. La vision de son calvaire est simplement insoutenable. Croyez-moi, c'est très très long quelques minutes dans ces circonstances... 
Que dire après tant d'infamies ? Rien ; laissons le silence cicatriser nos douleurs. Car tout ou presque, a déjà été écrit, dénoncé, condamné au sujet de ces pellicules apocalyptiques sur Cinéma Choc.

Reste encore et toujours la saveur âpre, le goût amer de la haine viscérale que nous pouvons (devons) ressentir envers ceux qui, quelles qu'en soient leurs raisons, s'avilissent à de telles abominations. Par quelle bassesse d'âme, par quelle pourriture intérieure faut-il être gangrené pour commettre ces atrocités, le plus souvent gratuitement ? Quand la soi-disant évolution, le soi-disant progrès entraînent avec eux de tels comportements, il y aurait vraiment de quoi réviser leurs significations. Voici ce qu'a fait de certains, ce monde d'hyper connexions, d'immédiateté et de glorioles éphémères. La bascule des valeurs ne date certes pas d'hier mais force est de constater qu'avec ces dark mixtapes, toutes plus atroces les unes que les autres, on peut se rendre compte que la déchéance de l'homme s'est accélérée à vitesse grand V ; surtout ces dernières années. Et dites-vous bien que bon nombre de death movies comparables peu ou prou aux PornGore sont passées au travers les mailles du filet du blog.
Dites-vous bien que vous avez échappé aux diptyques Fetus Munchers et Mondo Gore, à Sangre Y Plomo, à Agonizing Death, à Death : When Life Ends, à Death Files Isis, à Abnormal Humanity et à tant d'autres compilations propres à vous faire régurgiter votre repas. Le sommet de la monstruosité étant sans aucun doute l'apanage du cauchemardesque "Gehenna Of A Garbage World", pellicule effroyable qui navigue dans les eaux très troubles du Darknet et qui ferait passer les PornGore pour un téléfilm de Noël. No comment.

Mais quelle est donc la finalité de toutes ces insanités visuelles ? Quel est donc le but de cette incessante course à l'échalote dans le "toujours plus" ? Aucun ? Pas sûr. Car paradoxalement, le fait même d'exister s'il est bien entendu, désastreux d'un point de vue éthique, peut constituer un "bienfait" au point de vue ethnologique. Hautement condamnables par le principe de leur voyeurisme mortifère, ces "films" nous mettent face à nos responsabilités. Face à l'innommable, notre sentiment "d'êtres civilisés" en prend en sacré coup. Mais s'ils n'avaient obtenu de nous le fait de prendre, ne serait-ce qu'un instant, conscience de la petitesse de notre état et de l'infinie faiblesse de notre condition, ces attentats visuels auraient au moins servi à quelque chose. Mais le pessimiste notoire que je suis, a de très sérieux doutes à ce sujet. Nous voyons, nous blâmons mais nous passons très vite à autre chose. Ainsi sommes-nous... Mais que penseront de nous les générations futures en visionnant de telles ignominies ; si tenté qu'elles n'aient pas été détruites auparavant ? Des bêtes sans foi ni loi s'adonnant à leurs plus bas instincts ; voilà pour qui nous passerons à leurs yeux.
En espérant qu'eux-mêmes ne sombrent pas plus bas encore dans cette fosse d'immoralité sordide. Hélas, lorsqu'on voit comment se comporte la jeunesse actuelle qui se complet dans une ultra violence banalisée, on se dit tout de même que l'avenir de l'espèce humaine est bien mal barré ! 
Enfin, l'espoir fait vivre. Oui mais voilà : y-a-t-il encore un soupçon d'espoir en ce (très) bas monde ?

Note : ???

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Photo interdite d'une bourgeoise (Souriez, vous êtes violée)

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Genre : Thriller, drame, giallo (interdit aux - 12 ans)

Année : 1970

Durée : 1h35

 

Synopsis :

Minou, jeune femme prude et insatisfaite, est mariée à l'industriel Peter. A l'opposé de Minou, son amie Dominique est une femme libre et sensuelle qui se livre à des jeux érotiques au cours desquels elle se photographie en compagnie d'amants. Accusant Peter de meurtre, un maître chanteur exige de Minou son corps pour prix de son silence.

 

La critique :

Qu'est-ce que je pourrais bien encore vous dire, histoire d'espérer que vous lisiez les deux petits paragraphes qui servent d'introduction ? Ah, que nous sommes à nouveau face à un giallo, mais je pense que vous avez dû remarquer le nom italien sur la pochette très vintage ! Oui mais encore... Ah oui, qu'il me tarde de recenser combien de gialli se sont retrouvés en tout sur Cinéma Choc lorsque cette rétrospective prendra fin dans (seulement) deux chroniques après celle-ci. Le dénouement est imminent comme vous pouvez le constater, ce qui devra à n'en point douter faire sabrer le champagne chez nos trois fidèles lecteurs (en comptant les auteurs eux-mêmes). Bon, sinon quoi d'autre ? Eh bien que tout démarre en 1963 avec... Je sais, je sais que vous connaissez la mélodie par coeur mais pensez un peu aux (mal)chanceux qui ne nous auraient pas encore découverts et ne connaîtraient, peut-être, même pas encore les grandes lignes historiques du giallo.
Donc je disais, en 1963, Mario Bava claqua dans le paysage transalpin ce qui sera le brouillon ou plutôt l'oeuvre fondatrice de ce cinéma d'exploitation aussi appelé le thriller policier à l'italienne. Son nom ? La Fille qui en savait trop. L'année suivante, Six Femmes pour l'Assassin introduira le célèbre meurtrier masqué tenant une arme blanche dans sa main gantée de noir. Succès retentissant à la clé mais ce genre ne rencontre pas encore le succès escompté. Dario Argento se chargera de remettre au goût du jour le giallo avec sa trilogie animale qui débute avec L'Oiseau au Plumage de Cristal

Le tout début des années 1970 sera la période du boom du giallo où un peu de tout et de n'importe quoi sortira dans la foulée, respectant scrupuleusement ou moins l'esprit très réglementé du style. Il y a du bon et du moins bon. Certains noms ressortent grâce à leur érudition ou au contraire grâce à leur médiocrité. C'était une époque dorée qui verra une belle partie des classiques surgir. Sauf que, depuis quelques temps, le manque de pépites se fait furieusement ressentir. On ne peut pas dire que ma rétrospective déchaîne les passions, votre chroniqueur traversant une période de disette qui l'énerve de plus en plus entre deux gialli d'une fadeur notoire de Duccio Tessari, La Tarentule au ventre noir et son potentiel gâché et finalement Nue pour l'Assassin qui tenait plus de l'escroquerie qu'autre chose. Mon dévolu se jeta sur un des derniers noms de ma liste d'avant devenue rachitique : Photo interdite d'une bourgeoise. Un titre aussi séduisant qu'intrigant mais j'ai appris qu'il ne faut jamais se fier à un bel emballage de départ qui pouvait vite s'illustrer comme de la poudre aux yeux.
La Tarentule au ventre noir m'a rappelé combien cette règle devait être suivie. Derrière cet énième giallo se cache Luciano Ercoli, un modeste artisan du cinéma bis à la carrière très éphémère puisqu'on ne lui compte seulement que huit films. Parmi ceux-ci, deux autres gialli qui sont Nuits d'Amour et d'Epouvante et La mort caresse à minuit. Dans mon infinie mansuétude, je vous épargnerai encore des rajouts supplémentaires.

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ATTENTION SPOILER : Minou, jeune femme prude et insatisfaite, est mariée à l'industriel Peter. A l'opposé de Minou, son amie Dominique est une femme libre et sensuelle qui se livre à des jeux érotiques au cours desquels elle se photographie en compagnie d'amants. Accusant Peter de meurtre, un maître chanteur exige de Minou son corps pour prix de son silence.

Pourtant, l'idée d'explorer en profondeur sa filmographie ne m'aurait pas déplu mais je ne vous cache pas commencer à saturer dangereusement du giallo. Et puis, quand on entend que ce ne sont pas des gialli qui se prennent au sérieux, nonobstant leur bonne qualité, je me disais que faire l'impasse ne serait pas un mal. Vous devez savoir que Cinéma Choc préfère la noirceur au comique. Bref, Photo interdite d'une bourgeoise a l'honneur de sortir juste avant l'explosion du genre que l'on peut situer plus spécifiquement en 1971 et 1972. Si les bases ont été posées, Ercoli ne va pas y prêter allégeance, optant plutôt pour la carte du vrai faux giallo que des bonhommes comme Duccio Tessari l'ont fait, mais en moins bien et plus soporifique. A la différence du traditionnel serial-killer ciblant l'entourage d'une personne en particulier et terrorisant de surcroît la ville, cela ne sera pas le cas ici. Plus élaborée, la trame se déroule comme souvent dans l'univers bourgeois qu'il dépeint comme étant loin d'être d'une intégrité morale sans faille. Certes, le luxe et le raffinement sont comme souvent de la partie mais ils n'occultent pas les travers de ces gens entre soif d'enrichissement à tout prix avec l'industriel Pieter et les moeurs délurées de Dominique qui se complait dans des relations sexuelles libres dans l'esprit de la libération sexuelle.

La seule personne qui soit au-dessus de ça est la splendide Minou et sa chevelure d'un roux éclatant qui aura la malchance de faire une rencontre très désagréable un soir en sortant de chez elle. Prise à parti par un homme menaçant, il lui dira de bon coeur que son mari est un assassin et qu'elle ferait mieux de l'écouter pour éviter que la situation ne dégénère. L'argent ne l'intéresse pas le moins du monde. Ce qu'il veut est assouvir ses pulsions dépravées de domination sur notre pauvre Minou bien forcée d'obtempérer face à la détermination sans faille du maître chanteur. En effet, elle ne peut faire échapper de son esprit les révélations reçues en pleine poire qui sont étrangement concordantes. Les doutes envers son mari sont ce qui permettra à l'homme de faire de Minou son esclave, la torturant psychologiquement pour l'assujettir. Délaissée par Pieter plus concentré sur la santé financière chancelante de son entreprise que sur sa vie sentimentale, le rapport érotique avec son ravisseur qui usera de pratiques sadomasochistes flagrantes la marquera en profondeur. Ercoli joue de cette ambiguïté au point que nous douterons de la répulsion que Minou a envers ce pervers. Les scènes filmées la montrant dans un état de transe. 
En filmant la sculpture du diable éclairée de rouge vif, le réalisateur mêle le désir qui s'éprend de la relique maléfique. 

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Ercoli va faire de son Photo interdite d'une bourgeoise un film audacieux de machination et de perversion où l'immoralité est poussée bien plus loin que la plupart des gialli qui suivront même les années suivantes. L'emprise sans partage d'un homme qui va faire d'une femme innocente son objet qu'il martyrisera par pur plaisir sadique en dérangera plus d'un (ou d'une en l'occurrence). Mais attention, gare à ne pas s'attendre à des étalages d'attributs féminins à tout bout de champ. Ercoli n'a pas pour but de faire du racolage et c'est tout à son honneur, même si on aurait espéré un peu plus de provocation. Pour le gore, là les aficionados pourront voir ailleurs car pas un seul meurtre n'est filmé, le sang ne coulant quasiment pas. De quoi refroidir les ardeurs des téméraires.
Dans l'absolu, ce n'est pas un problème car le rythme prenant et l'intensité qui découlent du mystère ambiant font que l'on passe au-dessus de ça. Cette absence de meurtres stylisés est ce qui placera le film un peu à part dans le giallo. Alors qu'est-ce qui empêche Photo interdite d'une bourgeoise de pouvoir prétendre à se mesurer aux plus grands gialli ?

La réponse réside dans un bel enrobage dissimulant, en creusant un peu, un scénario qui aurait pu être mieux exploité et qui est bourré de maladresses. Ce ressenti sautera aux yeux à la fin film où des questions subsistent. Pourtant, quelle excellente idée de faire plonger Minou dans la folie en la torturant via son croquemitaine insaisissable. Cela empêchait justement cette idée de verser dans une vacuité scénaristique qui aurait totalement ruiné le potentiel évident du titre. La détérioration mentale de son actrice principale est d'une étonnante crédibilité, donnant un ton nouveau à Photo interdite d'une bourgeoise qui opte plus pour le giallo cérébral que pour le giallo conventionnel. Cette technique à double-tranchant s'avérera payante, mais pas suffisamment pour que l'on en arrive à lâcher un "Waw !" arrivé à la fin. Et Dieu sait qu'en poussant le vice un peu plus loin en termes d'outrecuidance (même si le niveau est honorable), en conjugaison avec l'atmosphère de manipulations et de pensées incertaines en place, on aurait eu un giallo coup de poing, en plus de la storyline qu'il aurait fallu remanier. 

 

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Là où Ercoli s'est plus que bien débrouillé, c'est sur le visuel de son film qui n'a rien à envier aux panthéons du genre. D'un raffinement certain et magnifié par des plans construits et précis, les décors sont autant prestigieux qu'inquiétants. Le point culminant étant l'appartement du détraqué dont l'ambiance gothique qui y règne renvoie à Argento et Bava. A la différence de certains gialli vus, il n'y a pas cet amateurisme que l'on ressent. Le réalisateur sait ce qu'il veut faire et le pari fut amplement réussi. Ennio Morricone est une fois de plus parmi nous avec une partition sonore toujours aussi belle. Sauf que l'on finit par vite s'en lasser tant elle est utilisée parfois presque jusqu'à l'overdose.
Dommage de ne pas avoir su faire preuve de pondération sur ce coup. L'on finira par un mot sur un casting de qualité relativement honorable. La beauté de Dagmar Lassender crève l'écran, tout en parvenant à crédibiliser son personnage qui est de plus en plus au bord de péter les plombs. On saluera aussi la présence de Simon Andreu, Nieves Navarro, Pier Paolo Capponi, Osvaldo Genazzani et Salvador Huguet.

Je suis assez étonné d'avoir pondu une chronique de giallo beaucoup plus longue que d'accoutumée. Y avait-il tant de choses à dire de plus en comparaison des autres ? Il faut croire que oui car il ne me semble pas vous avoir raconté ce que j'ai fait de ma journée. Même si ce n'est pas non plus très jojo, je ne peux cacher ma satisfaction d'être sorti de cette période de misère giallesque dans laquelle j'étais engoncé. Toutefois, ne vous méprenez pas car je ne vends pas de manière dithyrambique Photo interdite d'une bourgeoise. Si la qualité globale est satisfaisante, il y a cette petite gnac qui manque au long-métrage sans oublier son histoire finalement très décevante, tournant en eau de boudin quand la lumière est faite sur tous les événements qui ont frappé notre petite Minou.
Mais si l'on part du principe de ne pas tenir la dernière pépite et en abaissant un peu son niveau d'exigence, Photo interdite d'une bourgeoise pourrait être un prétendant de choix à vous recommander, ne fut-ce que pour son approche singulière qui mérite d'être découverte au moins une fois. Ceci dit, je ne sais pas si cette sortie du long tunnel de déception parcouru est à l'origine d'un engouement que certains jugerons irrationnel ou non.

 

Note : 13/20

 

orange-mecanique Taratata

 

22 décembre 2020

Turistas - Paradise Lost (Hostel Chapitre 4 : voyage au Brésil)

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Genre : horreur, gore, trash, torture porn (interdit aux - 16 ans)
Année : 2006
Durée : 1h29

Synopsis : Un groupe de jeunes touristes est victime d'un accident d'autocar au beau milieu du Brésil. Fidèles à leur réputation, ils décident de faire la fête sur une plage voisine plutôt que d'attendre de l'aide. Cette décision s'avère catastrophique lorsque le lendemain matin, le groupe se réveille après s'être fait droguer et piller ! Face à leur vulnérabilité, un dénommé Kiko leur offre de les héberger dans la maison de son oncle le temps d'éclaircir cette histoire. Or, il s'avère que le bon samaritain les mène droit dans la gueule du loup : un docteur adepte du trafic d'organes. 

La critique :

Comme une évidence, presque une pantalonnade. Lorsque l'on invoque le néologisme du "torture porn", on songe invariablement à Saw (James Wan, 2004) et Hostel (Eli Roth, 2006). Dans le cas du premier film susdénommé, James Wan adapte un court-métrage éponyme qu'il avait lui-même réalisé. Dixit les propres aveux de l'auteur démiurgique, Saw n'avait pas pour velléité de toiser les firmaments des oriflammes. A l'origine, il s'agit d'une série B impécunieuse qui amalgame sans fard huis clos, torture porn, thriller, horreur et une enquête policière conçue comme une sorte de puzzle démoniaque, avec ses pièges, ses supplices et ses multiples collatérales. 
Pourtant, cette formule surannée flagorne les thuriféraires du cinéma gore. Paradoxalement, Saw n'a rien inventé et réitère les recettes éculées de naguère.

James Wan n'a jamais caché sa dilection pour Massacre à la Tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974), La Colline A Des Yeux (Wes Craven, 1977), ou encore La Dernière Maison sur la Gauche (Wes Craven, 1972). Toujours la même antienne... Saw défie tous les pronostics et caracole en tête de peloton lors de sa sortie en salles. Aux yeux des producteurs, Saw constitue la nouvelle manne providentielle. Ces derniers exhortent James Wan à signer de nouvelles suites consécutives. Mais le metteur en scène n'a cure des instigations, voire des objurgations de ses financeurs. 
James Wan affectionne davantage l'épouvante de jadis. Impression corroborée par ses longs-métrages suivants, notamment Dead Silence (2007), Insidious (2011), Insidious - Chapitre 2 (2013), Conjuring - Les Dossiers Warren (2013) et Conjuring - Le Cas Endfield (2016).

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Que soit. En raison de son succès pharaonique, Saw premier du nom va se transmuter en une franchise lucrative et opportuniste, hélas cornaquée par toute une série de tâcherons patentés. En l'occurrence, Hostel obliquera - peu ou prou - vers la même trajectoire. Dans le film d'Eli Roth, c'est une étrange organisation qui s'adonne à la capture, puis à la torture de touristes dans un pays d'Europe de l'Est. Hostel signe donc la résurgence des tortures de l'Inquisition, toutefois sous l'angle du capitalisme et du consumérisme à tous crins. 
Si le premier chapitre s'approxime à un film d'horreur potache et égrillard, le second volet, sobrement intitulé Hostel - Chapitre 2 (2007), affine davantage son syllogisme morbide. La franchise échoit alors entre les mains de Scott Spiegel via un inévitable Hostel - Chapitre 3 (2011).

Ce sera l'opus de trop. Le long-métrage ne sortira même pas au cinéma et écumera les bacs via le support vidéo. Mais peu importe, Saw et Hostel relancent la mode galvaudeuse du torture porn. En résulte toute une panoplie de productions peu ou prou analogiques. Les thuriféraires de ce registre cinématographique n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles que The Collector (Marcus Dunstan, 2009), Excision (Richard Bates Jr., 2012), Pernicious (James Cullen Bressack, 2015), Perseveration (Adam Sotelo, 2012), Hoboken Hollow (Glen Stephens, 2006), Living Death (Erin Berry, 2006), Captivity (Roland Joffé, 2007), Borderland (Zev Berman, 2008), The Torturer (Lamberto Bava, 2006), Seed (Uwe Boll, 2007), ou encore See No Evil (Gregory Dark, 2006) parmi les longs-métrages notables et éventuellement notoires. 

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Vient également s'additionner Turistas, réalisé par la diligence de John Stockwell en 2006. Pour l'anecdote superfétatoire, le film est également connu sous le cryptonyme de Paradise Lost. A la fois acteur, scénariste, cinéaste et producteur, John Stockwell démarre sa carrière - en tant que metteur en scène - vers le milieu des années 1980 via Under Cover (1987), par ailleurs inconnu au bataillon et inédit dans nos contrées hexagonales. A postériori, il enchaînera avec Tricheurs ! (2000), Blue Crush (2002), Bleu d'enfer (2005), Middle of Nowhere (2008), Cat Run (2011), Dark Tide (2012), In The Blood (2014), Kickboxer - Vengeance (2016), Countdown (2016), ou encore Riposte Armée (2017). Pas besoin d'être omniscient ni extralucide pour subodorer les accointances entre John Stockwell et le cinéma bis. En l'état, l'artiste éclectique reste un honnête artisan de la production adventice.

Rien de génial ni de réellement catastrophique dans cette filmographie erratique. A l'instar de Hostel, Turistas s'inspire lui aussi (et prétendument...) de faits réels, une information toutefois à minorer. Toujours est-il que ce torture porn n'éludera pas le couperet de la polémique. Selon les autorités brésiliennes, Turistas serait un film profondément xénophobe. A contrario, le long-métrage ne fait pas spécialement l'apologie de ses principaux protagonistes. Tous sont issus du territoire américain et sont unanimement semoncés comme des consuméristes patentés. En l'occurrence, Turistas apparaît comme un torture porn assez mineur aux yeux des spécialistes chevronnés.
Pis, pour certains contempteurs, Paradise Lost ne serait qu'un ixième succédané d'Hostel, à la seule différence que les inimitiés ne se déroulent plus dans un pays d'Europe de l'Est, mais sur les terres brésiliennes.

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Reste à savoir si Turistas mérite - ou non - qu'on s'y attarde. Réponse à venir dans les lignes éparses de cette chronique... La distribution du film se compose de Josh Duhamel, Melissa George, Olivia Wilde, Desmond Askew, Beau Garrett, Max Brown, Agles Steib, Miguel Lunardi, Lucy Ramos, Andrés Leal et Diego Santiago. Attention, SPOILERS ! Un groupe de jeunes touristes est victime d'un accident d'autocar au beau milieu du Brésil. Fidèles à leur réputation, ils décident de faire la fête sur une plage voisine plutôt que d'attendre de l'aide. Cette décision s'avère catastrophique lorsque le lendemain matin, le groupe se réveille après s'être fait droguer et piller !
Face à leur vulnérabilité, un dénommé Kiko leur offre de les héberger dans la maison de son oncle le temps d'éclaircir cette histoire.

Or, il s'avère que le bon samaritain les mène droit dans la gueule du loup : un docteur adepte du trafic d'organes. Certes, on n'attendait pas spécialement grand-chose, ou alors peu ou prou, de ce torture porn subsidiaire. Autant l'annoncer sans ambages. Ce n'est pas Turistas qui risque de faire ciller l'hégémonie rogue de Saw et Hostel. Le préambule nous promet un torture porn âpre et sanguinolent via une séquence de bistouri et d'anatomie chirurgicale pour amorcer les inimitiés. Puis, subrepticement, le métrage prend son temps pour planter le décor et ses personnages. Pour une fois, nos touristes infortunés sont plutôt crédibles. La principale carence incombe à une mise en scène indolente et soporative. Il faudra donc faire preuve de longanimité et patienter un long moment avant d'assister à de nouvelles belligérances. Face à une concurrence apoplectique et plutôt munificente en termes de scabrosités, Turistas se montre beaucoup trop pingre et parcimonieux.
Contre toute attente, ce n'est pas sur les supplications et les tortures que Turistas dénote, mais bel et bien lors de sa segmentation "survival". 
Pour le reste, pas grand-chose à signaler au menu des tristes réjouissances, si ce n'est une énucléation de circonstance et une autre séance d'équarrissage à coeur ouvert. Mais c'est trop peu, vraiment trop peu pour sauver ce torture porn falot et plutôt indigeste sur la durée.

 

Note : 08.5/20 

sparklehorse2 Alice In Oliver

21 décembre 2020

Passion - 1964 (Dans la chaleur de l'étreinte des corps)

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Genre : Drame (interdit aux - 16 ans)

Année : 1964

Durée : 1h31

 

Synopsis :

Sonoko, issue d'une riche famille bourgeoise, est mariée à un grand avocat. Ne sachant comment occuper ses journées, elle décide de prendre des cours de dessin à l'université. C'est là qu'elle rencontre Mitsuko qui devient secrètement sa muse et bientôt son amante. Bravant moeurs et mari, Sonoko est prête aux pires extrêmes pour garder Mistuko auprès d'elle. Mais la belle Mitsuko joue peut-être un double jeu avec Eijiro, son amant. C'est alors que doutes et machinations diverses entrent en jeu.

 

La critique :

Nous pouvons officiellement le dire. La longue et passionnante rétrospective dédiée à la Nouvelle Vague japonaise vient d'entrer véritablement dans son dernier tournant pour, je l'espère, finaliser ce travail en apothéose. Mais attention, il ne s'agit pas ici de chroniquer un dernier long-métrage mais bien un avant-dernier, un imprévu s'y étant ajouté en dernière minute. Un de plus ou de moins me direz vous, ce cycle étant friand des rencontres imprévues pour mon plus grand bonheur. Pour le vôtre, je ferai preuve de circonspection. En tant que dernier chapitre de la Nouvelle Vague, il aurait été impensable de ne pas finir sur mon réalisateur fétiche, celui qui m'a le plus bousculé dans ma découverte de ce courant largement mésestimé et peu mis en valeur.
Yasuzo Masumura, un nom qui est synonyme de la présence d'étoiles dans mes yeux quand j'en entends parler (c'est-à-dire presque jamais). Un nom qui aurait pu devenir une immense source d'inspiration si j'avais voulu devenir cinéaste. Titan du cinéma nippon, son oeuvre majeure de 57 films a profondément marqué le Septième Art national auquel se rajoute un parcours atypique au demeurant entre des études faites en Italie grâce à une bourse où il aura pour professeur Michelangelo Antonioni et ensuite un poste d'assistant-réalisateur auprès de Kenji Mizoguchi et Kon Ichikawa. Il n'épousera les codes ni de l'un ni de l'autre, dès 1957 où une rupture de ton se fait avec le classicisme encore fort dominant. 

Entre insolence, perversité sublimée et critique acide du capitalisme, Masumura préfigure la Nouvelle Vague japonaise à venir dont il pourrait bien être le tout premier représentant historique, celui duquel tout a émergé, un peu comme Mario Bava et le giallo. En dépit de son importance capitale, cela ne fut pas plus probant que ça aux yeux des maisons d'édition qui distribueront pathétiquement un nombre rachitique de sa filmographie qui, à l'instar de Seijun Suzuki, est encore largement inédite dans nos contrées. Une erreur impardonnable quand on songe aux rares immersions de certaines entreprises aventureuses qui mettront à jour de véritables chefs-d'oeuvre oubliés. La Bête Aveugle, L'Ange Rouge et La Femme de Seisaku reçurent leur concert de dithyrambes généralisées des rares critiques à les avoir vues. Opinions que je partage totalement, il n'y a qu'à voir l'extatisme de mes chroniques sur chacune de ces pépites. Je me montrais, toutefois, un peu plus pondéré sur le cas Tatouage qui n'usurpait, cependant, pas sa qualité de très bon film.
Quatre titres auraient été désespérant pour s'arrêter à Masumura sur Cinéma Choc. Il fallait du mieux que je pouvais gonfler ce chiffre. Et c'est ainsi que Passion débarque après un long moment à végéter dans mon disque dur, attendant ma décision de boucler ma rétrospective avec ce nom sacré : Yasuzo Masumura.

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ATTENTION SPOILERS : Sonoko, issue d'une riche famille bourgeoise, est mariée à un grand avocat. Ne sachant comment occuper ses journées, elle décide de prendre des cours de dessin à l'université. C'est là qu'elle rencontre Mitsuko qui devient secrètement sa muse et bientôt son amante. Bravant moeurs et mari, Sonoko est prête aux pires extrêmes pour garder Mistuko auprès d'elle. Mais la belle Mitsuko joue peut-être un double jeu avec Eijiro, son amant. C'est alors que doutes et machinations diverses entrent en jeu.

Passion, un nom aussi court qu'intense pour qui saura exprimer le véritable sens de ce mot. Quand un thaumaturge comme Masumura, souvent été décrit comme LE cinéaste japonais de la tragédie, s'en empare, nous ne pouvons détourner les yeux. Une thématique qu'il exploitera amplement dans les années suivantes avec les films que j'ai précédemment mentionnés. En l'occurrence, le film est l'adaptation d'un roman du très célèbre écrivain Jun'ichiro Tanizaki qui rencontrera encore les honneurs du réalisateur avec Tatouage et Un Amour Insensé qui seront là aussi des adaptations cinématographiques du romancier. Masumura, qui n'a jamais caché son avant-gardisme inouï pour l'époque, a fait de Passion un long-métrage à la réputation sulfureuse qui bouscula énormément la morale de l'époque. Il faut dire que représenter l'amour entre deux personnes du même sexe n'était pas de bon ton en 1964, pas seulement au Japon mais aussi chez nous. Rappelons que la libération sexuelle n'était pas encore d'actualité et que le genre insolent du pinku-eiga commençait tout doucement à se faire connaître.
Doté d'un courage sans faille, Masumura va larguer une véritable bombe qui a dû à coup sûr en choquer plus d'un par ses nombreux outrages aux valeurs d'un autre temps. L'intrigue démarre sur le mariage raté entre Sonoko, issue d'une famille richissime, et Kakiuchi, bénéficiant d'une place confortable dans un monde du travail d'après-guerre.

Masumura fait voler en éclat la famille traditionnelle et les rapports de force en place. Malgré son statut, Kakiuchi n'est aucunement un dominant. Vivant chez la famille de sa femme, chaque faux-pas peut lui valoir d'être exclu du foyer. Sonoko tient les rênes de leur union sacrée, rendant docile son mari. Cette révolution contraste avec la société patriarcale encore en vigueur qui étouffait la femme, la cantonnant au rôle d'être dévoué à tenir le foyer, à élever les enfants, tandis que son homme ramenait le pain à table. Un mode de vie vain que Passion envoie balayer d'un grand revers de main. Au lieu de s'occuper d'enfants, elle préfère prendre des cours de dessins pour occuper ses journées, vivant dans l'amertume de sa condition de femme délaissée. Sa rencontre avec Mitsuko va donner naissance à des sentiments qu'elle n'avait encore jamais éprouvés pour quiconque.
Un premier amour naissant entre deux femmes oubliées. Une passion de deux nymphes qui fuiront leur vie monotone pour se jeter dans un amour vrai défiant les conventions. Kakiuchi, totalement désarmé, ne pourra interférer dans ce couple caché aux yeux de tous, de peur de tout perdre. Impuissant face à une histoire qui le dépasse, il ne se doute pas que lui et Sonoko plongeront dans une mécanique de manipulation où personne ne semble être ce qu'il est vraiment.

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Passion dupe son assemblée qui s'attendait à une romance charnelle de deux femmes qui se découvrent en toute innocence, dans la chambre de Sonoko qui, en tant que peintre, voit pour la première fois de sa vie son idéal à mettre sur toile. La beauté angélique de Mitsuko est l'épicentre de ce désir passionnel, renvoyant à la figure divine. Vue comme une déesse apportant le soleil dans sa propre vie, elle est une échappatoire inespérée vers des jours meilleurs. Mitsuko, par sa capacité à faire perdre ses moyens à son âme soeur, épouse la figure fantastique, intouchable, celle qui fait chavirer les coeurs jusqu'à rendre fou. Telle une drogue dure, son corps rend dépendant quiconque osera le contempler. Une preuve évidente lorsque Sonoko exigera de Mitsuko qu'elle se dévêtisse complètement pour finalement la contempler telle la divinité qu'elle est. On voit à quel point Masumura est un fervent dramaturge et in fine un adulateur de la mise en scène théâtrale d'inspiration shakespearienne, scrutant cette passion effrénée et irréductible peu importe l'adversité et les doutes qui finiront par faire plonger tous les acteurs du carré amoureux. Car la vérité est toujours horrible à entendre avec Masumura dont la romance ici présente rime inévitablement avec décadence.

Cette décadence est avant tout morale. Chacun se servira de l'autre pour combler ses désirs, sa propre passion. On épouse les valeurs individualistes et on finit par consommer l'autre par tous les moyens possibles. Finalement, la perversité ne réside pas dans l'attirance lesbienne mais bien dans les réactions peu éthiques de chaque protagoniste. La simple attraction magnétique des corps féminins l'un envers l'autre est finalement la chose la plus inoffensive. Filmée avec pudeur, elle n'occulte pour autant pas une sensualité qui ne peut laisser indifférent. Car ce n'est pas tant cet amour interdit pour l'époque qui est dérangeant mais bien les desseins de chacun qui pourrissent la passion originelle. Passion laisse de nombreuses zones d'ombre dans son sillage, ne nous expliquant jamais vraiment les motivations de chacun. Cette dévotion à l'égocentrisme n'est-elle qu'une manière de vouloir exister en étant le centre de l'attention de chacun ? Comme de coutume avec cet artisan, le coup de poing est rencontré mais n'est pas aussi intense que ses plus grandes réussites.
Par exemple, nous aurions aimé avoir plus de scènes pures entre Sonoko et Mitsuko de la même force de frappe que la séquence où elles se dénudent dans la chambre sans jamais que le tout ne devienne racoleur. L'autre point qui pourra faire tiquer est une construction narrative un poil trop tortueuse dont les rebondissements pourront lasser sur la durée tant les motivations de chacun ne cessent d'être troubles même quand on pense les avoir cernées.

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Au niveau du visuel, le style du réalisateur se ressent avec ces couleurs pastel et son minimalisme. Déjà en 1964, Masumura possédait son érudition de metteur en scène que nous connaissons tous. Caméra habile au programme, précision des plans, surtout quand il est question des corps nus de Mitsuko et Sonoko s'entrelaçant, jeux d'ombres et de lumières travaillés. Tous les compteurs sont au vert. Grosse mention à la partition sonore où les mélodies désespérées se succèdent sans jamais flirter avec la saturation et surtout le larmoyant à outrance. Le cinéaste n'a pas besoin de s'abaisser à des manoeuvres aussi puériles et fausses pour que l'émotion ne surgisse. Enfin, et c'est là que tout l'aspect théâtral se fera ressentir, outre la gestion des espaces et des décors, c'est sur l'interprétation des acteurs surjouant volontairement leur rôle. Ca plaira ou non mais force est de reconnaître que ce n'est pas dénué de charme. Après, pour le réalisme, vous repasserez, sans surprise...
Les laudateurs retrouveront des têtes connues et plébiscitées de la Nouvelle Vague parmi lesquels la sublime Ayako Wakao dont le charme galvanise toujours autant la foule. Nous retrouverons Kyoko Kishida et ses lèvres que l'on jurerait être botoxées, Eiji Funakoshi, Yusuke Kawazu, Kyu Sazanka et Ken Mitsuda. Peu de personnages sont de la partie.

C'est toujours un grand moment pour moi de me plonger dans un nouveau film du Dieu Yasuzo Masumura tant il m'a fait passer par une myriade de sentiments à chacune de ses rares pellicules à avoir eu le privilège d'être exploitées chez nous. Sans surprise, je suis ressorti comblé d'une séance toujours aussi touchante que cruelle où la passion n'est pas toujours synonyme de bonheur. Reflétant mille et une facettes mais toujours un même sens, elle sera à l'origine de la désagrégation de l'extase des sens et de l'horreur psychologique qui peut découler de ceux qui auront eu le malheur de se jeter dans une spirale infernale. L'inéluctable fin n'en sera que plus tragique, faisant rejaillir une dernière fois toute la rigidité d'une société japonaise. On peut alors voir en Passion une dévotion de Masumura envers un féminisme encore très pauvre où les femmes doivent avoir le droit de jouir de leurs propres privilèges et de goûter à la liberté. Si ce cru ne parvient pas à se hisser au même rang que La Bête Aveugle, L'Ange Rouge et La Femme de Seisaku, il serait fort dommage de faire l'impasse sur ce film du cinéaste japonais de la tragédie dont le dégoût à l'égard de l'anonymat dans lequel il est cantonné n'en est que plus intense.

 

Note : 16/20

 

orange-mecanique Taratata

 

20 décembre 2020

Mosquito - 1995 (Saletés d'insectes ! Saletés de moustiques !)

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Genre : horreur, science-fiction
Année : 1995
Durée : 1h33

Synopsis : Une mystérieuse capsule extraterrestre s’écrase de la forêt du Michigan et génère une étrange mutation génétique. Dans toute la région, les habitants sont sauvagement attaqués par des moustiques géants de 2 mètres d’envergure en quête de sang humain. 

La critique :

 

Vous l'avez sans doute constaté, renâclé et même subodoré. De temps à autre, Cinéma Choc aime se polariser sur le genre "agression animale". Que les adulateurs du blog (mais enfin, qui sont-ils ?) se rassérènent. Via cette chronique, nous ne commettrons pas l'offense d'itérer la genèse et l'historique de ce sous-registre du cinéma bis et d'exploitation. En l'occurrence, c'est le succès pharaonique de Les Dents de la Mer (Steven Spielberg, 1975) qui va attribuer ses lettres de noblesse à un genre à la fois carnassier et rutilant. Ainsi, requins, crocodiliens, piranhas, poissons voraces et autres crotales affamés vont devenir les principaux leitmotivs du cinéma horrifique. 
Impression corroborée par les sorties de Piranhas (Joe Dante, 1978), La Mort au large (Enzo G. Castellari, 1981), la saga Lake Placid (initiée par Steve Miner en 1999), Orca (Michael Anderson, 1977), Frankenfish (Mark A.Z. Dippé, 2004), ou encore Peur Bleue (Renny Harlin, 1999).

Du statut de blockbuster, l'agression animale va subrepticement se transmuter en série B impécunieuse. Bientôt, l'océan doit s'évincer et se phagocyter pour laisser sa place à une menace diligentée sur notre bon sol terrestre. Nos amis les insectes seront évidemment les précieux convives de ce genre iconoclaste et tout d'abord sous le joug des radiations atomiques et nucléaires. Ainsi, Them ! Des Monstres Attaquent la Ville (Gordon Douglas, 1954), La Chose surgit des Ténèbres (Nathan Juran, 1957) et Beginning of the End (Bert I. Gordon, 1957) annoncent des temps peu cléments et assujettis à la menace radioactive. Parfois même, nos chers insectes sont les victimes infortunées des expériences humaines. Preuve en est avec les sorties concomitantes de La Mouche Noire (Kurt Neumann, 1958), Le Retour de la Mouche (Edward Bernds, 1959) et La Malédiction de la Mouche (Don Sharp, 1965).

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Que ce soit les cafards hideux et miteux (Voyage au bout de l'horreur, Terence H. Winckless, 1988), les abeilles tueuses et venimeuses (L'inévitable catastrophe, Irwin Allen, 1978), les guêpes hargneuses (Deadly Swarm, Paul Andresen, 2003), ou encore les moustiques gloutons et plantureux (l'inénarrable Skeeter, Clark Brandon, 1993), toutes ces productions adventices expriment cette peur indicible de la fin du monde. Un jour ou l'autre, l'espèce humaine sera éradiquée et supplantée par une nouvelle espèce dominante. Bon gré mal gré, l'agression animale est corrélée avec la dialectique darwinienne. Et nos amis les moustiques dans tout ça ?
En l'occurrence, ces derniers sont plutôt rarissimes dans le cinéma. Hormis Skeeter, précédemment susdénommé, nos maringouins se sont montrés plutôt timorés...

A l'exception peut-être de Mosquito, réalisé par la diligence de Gary Jones en 1995. Pour l'anecdote superfétatoire, les Culicidés forment une famille d'insectes appelée Calidae. Plus d'une centaine d'espèces (111 pour être précis) seraient répertoriées à travers le monde. Voilà, ça c'était pour le petit cours d'entomologie ! Quant à Gary Jones, j'avoue avoir trouvé très peu d'informations sur ce cinéaste polymathique. A fortiori, selon nos sources, plutôt pingres pour l'occasion, Gary Jones serait un expert chevronné de la série B.
Hormis Mosquito, le metteur en scène a également supervisé les tournages de Spiders (2000), Boogeyman 3 (2008), Jolly Roger - Massacre at Cutter's Crove (2005), Ballista (2009), The Dead Matter (2009), ou encore Axe Giant - The Wrath of Paul Bunyan (2013).

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Evidemment, en raison de son statut de série B désargentée, Mosquito n'a pas bénéficié d'une sortie dans les salles obscures. A contrario, le métrage s'est rapidement octroyé le statut de film culte auprès des aficionados de "nanars". En outre, Mosquito a trouvé une place privilégiée dans les coursives truculentes du site Nanarland (Source : https://www.nanarland.com/Chroniques/chronique-mosquito-mosquito.html). Reste à savoir si Mosquito mérite - ou non - qu'on s'y attarde, nonobstant son statut de facétie sur pellicule. Réponse à venir dans les lignes éparses de cette chronique... La distribution de cette série B risque de ne pas vous évoquer grand-chose, à moins que vous connaissiez les noms de Tim Lovelace, Rachel Loiselle, Steve Dixon, Ron Asheton, Gunnar Hansen, Mike Hard, Kenny Mugwump, John Reneaud, Josh Becker, Margaret Gomoll et Guy Sanville ; mais j'en doute...

Attention, SPOILERS ! Une mystérieuse capsule extraterrestre s’écrase de la forêt du Michigan et génère une étrange mutation génétique. Dans toute la région, les habitants sont sauvagement attaqués par des moustiques géants de 2 mètres d’envergure en quête de sang humain. Autant l'annoncer sans ambages. Mosquito n'a pas usurpé son statut de nanar écervelé. Oui, nos moustiques plantureux sont issus de l'espace intersidéral. Nos chers insectes dolichocéphales sont donc de vils extraterrestres ! Tel est le préambule farfelu de Mosquito.
Mais il convient tout de même de souligner la vacuité des dialogues. Deux amis percutent malencontreusement un volatile de plus de deux mètres. 
Première réflexion et pas des moindres : "Qu'est-ce que c'était comme oiseau ?". 

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Il est vrai qu'il n'est pas rare de renverser un oiseau aussi opulent, surtout au volant de son automobile ! A ces discussions oiseuses, viennent également se ramifier quelques persiflages triviaux. D'après vous, quelle est la fourrure préférée de la gente féminine ? Réponse : la chatte, s'écrie un bibendum avant de se faire occire, puis darder par un moustique de passage. Contre toute attente, cette série B potache a une vraie connotation lubrique et sexuelle. Ainsi, les moustiques mâles et femelles assaillent leurs victimes dans des tentes de camping. Gare à ne pas exposer votre arrière-train, encore moins votre cavité anale, sous peine d'être transpercé par le dard du moustique satyriasique !
Vous l'avez donc compris et même probablement subodoré. Avec Mosquito, Gary Jones ne recule derrière aucune excentricité. Pour concevoir nos chers volatiles, l'ancien technicien des effets spéciaux a recours, soit à la stop-motion, soit aux bons vieux câbles mécaniques, hélas probablement activés par des spécialistes avinés. Tout un programme ! Paradoxalement, force est de constater que l'on ne s'ennuie jamais. A chaque saynète éhontée, s'adjoint une nouvelle séquence encore plus loufoque et calamiteuse. Indubitablement, nous voici en présence d'un nanar haut de gamme. Mais attention, tout de même, cette série B obsolète estourbit durablement les persistances rétiniennes !

 

Côte : Nanar

sparklehorse2 Alice In Oliver

19 décembre 2020

F.U.B.A.R (Apocalypse Now)

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Genre : dark mixtape, horreur, pornographique, trash, extrême (interdit aux - 18 ans/ Darknet)
Année : 2014
Durée : 54 minutes

Synopsis : En moins d'une heure chrono, le monstrueux F.U.B.A.R pulvérise la quasi-totalité des shockumentaries et dark mixtapes disponibles sur le "marché" pourtant de plus en plus florissant des death movies. Rarement une vidéo aura été aussi loin dans l'ignominie et la décadence. Au-delà de toutes limites morales, au-delà de toute barrières éthiques, cet engin visuel innommable défie l'entendement. Prêts à en prendre plein la tronche ? Alors, enfilez vos casques et ajustez vos protège-dents, c'est parti...

La critique :

Pour son avant dernière chronique, votre serviteur a comme souvent voulu mettre les petits plats dans les grands. Vous me connaissez, je ne viens plus beaucoup (enfin beaucoup moins qu'avant) sur Cinéma Choc mais lorsque je fais le voyage, c'est rarement en touriste. Et aujourd'hui, je ne suis pas venu seul. Je me suis donc permis d'amener un ami avec moi. Et celui-ci est très très méchant. Attention, ne vous approchez pas trop : vous pourriez le regretter amèrement ! Autant vous le dire de suite, F.U.B.A.R évolue dans les plus hautes sphères des infamies cinématographiques, en compagnie des sempiternelles "références" que nous connaissons tous bien à présent. Dans sa conception, le film, d'une durée limitée à 54 minutes, est une mixtape. Et non un shockumentary.
La différence entre les deux, que l'on a souvent tendance à confondre dans un même genre (le Death Movie), tient à ce que les shockumentaries se veulent "instructifs" (enfin tout du moins, au début de leur éclosion) et consacrent la durée de leurs métrages à l'étude des moeurs, us et coutumes d'un homme ou d'un pays. Parce qu'il fascine autant qu'il révulse, le genre de prédilection de ces films est bien sûr, la mort.

Filmée sous toutes les coutures, la fin de vie a été maintes fois le sujet d'un shockumentary célèbre. Mondo Cane (1962) le précurseur, Des Morts (1979), Orozco The Embalmer (2001), la trilogie Death Files et consorts sont des shockumentaries. Bien au contraire, nulle logique dans la mixtape qui elle, se contente d'aligner des saynètes outrageantes sans aucun rapport les unes avec les autres. Les trilogies MDPOPE (2013-2019) et Registros Fatais (2012), ou encore les infâmes diptyques Fetus Munchers (2016) et PornGore (2018) sont des mixtapes. Ou plutôt des Dark Mixtapes au vu leurs ignobles contenus. C'est aussi le cas qui nous intéresse aujourd'hui, à savoir le très énigmatique F.U.B.A.R dont le concepteur reste inconnu à ce jour. L'objet visuel qui lui serait le plus comparable serait sans nul doute The Whore Church. Mais ici s'arrête net la comparaison.
Là où The Whore Church (une merveille d'inventivité par ailleurs) jouait à fond sur le décalage entre humour décomplexé et ultra violence, F.U.B.A.R lui, ne joue pas : il fracasse, il massacre, il défonce tout sur son passage, éparpillant façon puzzle le peu de résistance et de moralité qu'il reste au spectateur ; s'il lui en reste. Ici, pas une once d'humour, pas une seconde de répit dans l'ignominie. C'est un déluge ininterrompu d'images toutes plus scabreuses les unes que les autres qui déferle sans nous laisser le temps de respirer.

Aussi facile à trouver que la combinaison gagnante de l'Euro Million, c'est peu dire que F.U.B.A.R ne court pas les sites même les plus improbables. Le Darknet est son royaume et c'est en priorité dans les profondeurs du Web qu'il vous faudra vous aventurer pour éventuellement, le déterrer de son ultra confidentialité. C'est donc un énième événement sur Cinéma Choc que cette chronique d'un film dont il n'a jamais été fait mention nulle part sur le Net. Au bout de cinq ans, vous commencez à en avoir l'habitude ! Mais que peut donc signifier l'acronyme F.U.B.A.R ? Trois explications s'offrent à nous. La première est un terme militaire provenant tout droit la Seconde Guerre Mondiale. Lorsque les GI's américains se retrouvaient dans un bourbier inextricable, à cours de solutions pour contrer l'ennemi, ils envoyaient à leurs commandements le message "FUBAR" soit "Fouled Up Beyond All Recognition". Ce qui signifiait littéralement "Détruits au-delà de toute identification".
Puis, au fil des décennies, cet acronyme argotique guerrier garda son appellation mais dévia trivialement de son sens initial pour s'appliquer aux problèmes informatiques. "FUBAR" signifiait à présent "Bousillé au-delà de toute réparation". Lorsque votre ordinateur avait chopé un méchant virus, par exemple. Mais dans la situation qui nous intéresse et pour en revenir au film lui-même, le terme F.U.B.A.R va encore accentuer son côté anormal en se déclinant en "Fucked Up Beyond All Repairs", c'est-à-dire "Dérangé au-delà de toute imagination". Et c'est bien de cela dont il s'agit dans cette monstrueuse mixtape.

Du dérangement mental d'êtres humains qui n'ont d'humain que l'apparence, et qui s'adonnent à des actes d'une ignoble perversité en prenant une délectation non dissimulée à se salir (au sens propre comme au figuré) dans une immoralité sans bornes. Bienvenue dans le monde dégénéré de F.U.B.A.R... Attention spoilers : Commençons par le point négatif du métrage : sur 54 minutes, un bon quart d'heure est consacré à des passages que les "Hard Viewers" (c'est-à-dire les accrocs des films extrêmes) connaissent bien. Ainsi, la scatologie est en grande partie représentée par des insertions de "MASD-004" et des "Gusomilk", la zoophilie aquatique, par de nombreuses fulgurances du "Genki 18" de Daikichi Amano, les performances mortifères par des extraits du documentaire "Sick the life and death of Bob Flanagan Supermasochist" et l'émétophilie nous est présentée au travers la "célèbre" Vomit Trilogy de Lucifer Valentine. Autre "faiblesse" : ceux qui s'attendraient à un déluge de gore, de massacres en règle et de décapitations à la chaîne en seront pour leurs frais.
Peu d'effusions d'hémoglobine. Seuls quelques passages rougissent la pellicule mais ils sont gratinés. Non, dans F.U.B.A.R on ne patauge pas dans des marécages de sang, c'est plutôt l'âme que l'on souille de tout son vice. Et vicieuse, cette péloche du diable l'est au-delà de l'imaginable ! Commençons doucement le programme des festivités : taillades de prépuce aux lames de rasoir suivies d'une éjaculation faciale sanglante, "lesbiannisme" entre une jouvencelle nippone et une femelle lévrier (extrait du méga rarissime "Genki 01 Love By The Scalpel Dog"), pipe à crack introduite dans l'anus, couture de vagin au fil d'acier puis suspension de la victime clouée à des planches de bois, autre suspension et extension maximale d'un homme par toutes les parties de son corps (paupières, joues, torse, testicules et molets) au moyen de petits crocs de boucher, orgies familiales etc.

Le métrage passe au niveau supérieur lorsqu'il présente des séquences que l'on ne peut décemment voir que sur le Darknet. Ainsi, les rares personnes qui ont pu voir Mortuary of The Dead, le premier segment de Ensuring Your Place In Hell, seront surpris que les deux lascars qui s'étaient introduits par effraction dans cette mystérieuse morgue brésilienne, aient continué leurs profanations de cadavres bien au-delà de la diffusion "officielle" proposée dans EYPIH. L'un d'eux saisit le visage découpé d'un vieillard et lui impose une fellation post mortem. Atroce ! L'ignominie se poursuit quand il s'empare d'une main squelettique pour se pratiquer une masturbation venue d'outre-tombe. De la nécrophilie en bonne et due forme ! Après un passage dans les "Red Rooms" du Deep Web où nous assisterons aux réelles énucléations et décapitations d'un homme fraîchement décédé, nous aurons droit à la visite du fameux goulag où les russes se sont soi-disant livrés à des expériences sur le sommeil (ou le manque de sommeil, plutôt) par l'intermédiaire d'un gaz psychotrope. Au bout de quelques jours, les cobayes auraient muté en monstres qui n'avaient plus rien d'humains (voir photo).
Mais cet événement n'est rien de plus qu'une légende urbaine, une pure invitation du Net. Autre légende mais véridique celle-ci, la fameuse VHS maudite "Animal Farmdont le mythe remonte aux débuts des années 80 et qui met en scène une hardeuse copulant avec toutes sortes d'animaux fermiers. Jusqu'à preuve du contraire, F.U.B.A.R est la seule anthologie à présenter un extrait de cet objet absolument introuvable.

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Véritable clou du spectacle et point d'orgue du métrage : la fabuleuse mais horrible performance de l'actrice porno danoise Bodil Joensen (décédée à 41 ans à cause de son style de vie très particulier) qui prodiguera une longue gâterie à un énorme cochon avant que l'animal ne s'introduise en elle. Dites donc, c'est vrai qu'ils ont le sexe en tire-bouchon, ces bestiaux-là ! Face à de telles déviances, je préfère terminer les spoilers par un peu d'humour afin de dédramatiser ces situations scandaleuses car franchement, il y aurait plutôt plus de quoi pleurer devant une telle déferlante de boue et d'immoralité. Voici donc F.U.B.A.R, une des dernières aberrations filmiques que j'ai pu dénicher par l'intermédiaire de mon fidèle correspondant et ami Ronald Klein, dont on ne soulignera jamais assez l'importance qu'il a eu pour nous à Cinéma Choc, dans l'apport de films extrêmes. Cette dark mixtape nous fait, en tout cas, comprendre deux choses. La première est que la mode des compilations dégueulasses est loin d'être terminée, bien au contraire. Et autant vous prévenir de suite, vous en subirez une autre (et d'un tout autre calibre que celui-ci) lors de ma prochaine et toute dernière chronique.
La deuxième est comme je l'avais noté dans mon précédent article sur Sander Cage, que ces pellicules ordurières, à priori sans autre raison d'existence que de surpasser la concurrence en termes de salapories, représentent le côté sombre d'une époque où tout va à veau-l'eau, où toutes notions de dignité, de morale et d'humanité ont disparu peu à peu.

Nous en revenons encore et toujours au fameux "Quart d'heure de célébrité" d'Andy Warhol. Lorsque de parfaits inconnus à la santé mentale défaillante, pour ne pas dire de lourds cas pathologiques, se mettent en scène en accomplissant des actions insensées pour mieux se faire mousser aux yeux d'un hypothétique public. Faut-il être abruti au dernier degré pour croire que l'on va s'extasier sur un quidam qui se cloue les testicules ou qui dépèce un chien vivant (NB : cet acte monstrueux ne se déroule pas dans F.U.B.A.R mais dans Registros Fatais 3) ? Tout cela démontre une fois de plus le dysfonctionnement intellectuel qui s'est insidieusement immiscé dans les cerveaux. Hormis la dégénérescence des protagonistes qui y participent, pourquoi donc des péloches incendiaires comme F.U.B.A.R existent-elles et se multiplient-elles ? J'aurais tendance à émettre l'hypothèse de la cocotte-minute.
Quézaco ? C'est simple : la société actuelle dirigée par des technocrates coincés du fion s'est considérablement aseptisée depuis deux bonnes décennies. Entre les fameux "Fumer Tue", "À Consommer Avec Modération" et tant d'autres niaiseries, nos dirigeants nous infantilisent et nous maintiennent engoncés dans un politiquement correct auquel il nous faudrait adhérer à tout prix.

Ajoutez à cela, les cohortes d'associations bien-pensantes prêtent à se jeter sur tout individu qui ne trouve pas grâce à leurs yeux. Et la cocotte-minute explose ! Il arrive donc que certains n'en pouvant plus de cet ordre moralisateur, prennent l'exact contre-pied et lâchent les chevaux de l'amoralité. C'est aussi bien sûr, le cas dans le cinéma. Répondant aux comédies fadasses, aux blockbusters foireux et aux oeuvres d'auteur où l'on entrave que tchi, certains énergumènes pètent les plombs et traduisent leur colère dans leurs euh... films. F.U.B.A.R est un parfait exemple de l'abjection à l'état pur conçu dans le but de choquer mais aussi qui sait, pour faire un gros doigt d'honneur à ce monde de zombies où chacun a perdu ses repères et dont nos dirigeants s'acharnent à nous faire croire qu'il y fait encore bon vivre. F.U.B.A.R ou la démonstration jusqu'au-boutiste de la fureur des hommes qui gerbent à la face de la bienséance. Et ça putain, ça fait du bien par les temps qui courent !

Note : WTF/20 

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Nue pour l'Assassin (Chic en tenue ensanglantée)

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Genre : Thriller, giallo, érotique (interdit aux - 16 ans)

Année : 1975

Durée : 1h34

 

Synopsis :

Suite à la mort mystérieuse d'une jeune top model lors d'un avortement clandestin, les meurtres à l'arme blanche se multiplient au sein de l'agence Albatros, où elle travaillait. Avec l'aide de sa maîtresse Magda, le photographe Carlo Bianchi tente de démasquer l'assassin, un être étrange vêtu d'une combinaison de cuir noir et d'un casque de moto.

 

La critique :

Maintenant que j'eus l'excellente idée d'intégrer un compteur au nombre restant de chroniques à venir sur le giallo, il est, peut-être, probable que vous encaissiez mieux chaque jour qui passe un billet rédigé avec amour par mes soins. Un billet qui tourne autour de mon plus gros travail de chroniqueur cynique qui s'est lancé dans un projet qu'il ne pensait pas être si conséquent. Tout du moins, en termes d'accessibilité pour son maigre budget. Certaines petites pellicules m'ayant même donné pas mal de fil à retordre pour les obtenir, au prix parfois d'un désappointement flagrant arrivé au générique de fin. En gros, ça valait parfois bien la peine de se décarcasser pour tomber sur un résultat tout juste passable. Mais dans un travail axé sur le cinéma d'exploitation, il ne faut pas s'attendre à tomber sur des miracles cinématographiques à chaque fois, loin de là.
Car oui, le giallo fait partie de cette catégorie, voyant ses origines démarrer avec le talentueux Mario Bava que certains ont fini par ne plus aimer tant je vous casse les pieds avec ça. La Fille qui en savait trop est l'oeuvre où tout va commencer, considérée comme fondatrice du courant en posant les bases élémentaires. Six Femmes pour l'Assassin se chargera l'année suivante d'intégrer son croquemitaine de service en accouchant de l'un des meilleurs giallo sortis à ce jour. 

Après quelques années de disette, on put compter sur Dario Argento pour relancer le genre au tout début des années 70 voyant le giallo devenir un véritable phénomène de société pour tous les cinéphiles férus de sang et de belles poitrines privées de leur soutien-gorge. Chacun tente à sa manière d'apporter sa pierre à l'édifice, même si ça implique de se vautrer littéralement dans un abîme de médiocrité. Umberto Lenzi peut en témoigner et vous aussi qui avez lu trois billets lui ayant été offerts. Ce qui est encore de trop pour un tâcheron comme lui. Les profanes ont tendance à relier le giallo au trio Bava, Argento et Fulci mais c'est oublier d'autres personnalités dont la réputation chez les spécialistes n'est plus à faire entre Sergio Martino, Massimo Dallamano ou Aldo Lado. Après un tour d'horizon chez eux, il aurait été impensable de ne pas offrir de tribune aux plus confidentiels.
La grande surprise ayant été La Dame rouge tua sept fois d'Emilio Miraglia, le reste étant parfois correct, parfois décevant, parfois aussi insipide qu'une pizza surgelée premier prix. Et on ne peut pas dire que ces derniers temps furent à la joie, entre deux gialli de Duccio Tessari d'une fadeur notoire et une La Tarentule au ventre noir dont le manque de consistance se faisait de plus en plus ressentir sur la durée. Je plaçais alors un certain espoir envers Andrea Bianchi qui s'est spécialisé toute sa vie dans le cinéma bis. Le giallo ne lui échappa pas avec sa seule et unique incursion du nom de Nue pour l'Assassin.

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ATTENTION SPOILERS : Suite à la mort mystérieuse d'une jeune top model lors d'un avortement clandestin, les meurtres à l'arme blanche se multiplient au sein de l'agence Albatros, où elle travaillait. Avec l'aide de sa maîtresse Magda, le photographe Carlo Bianchi tente de démasquer l'assassin, un être étrange vêtu d'une combinaison de cuir noir et d'un casque de moto.

Rappelons une chose. Le début des années 70 représente l'apogée du giallo. Nombreux sont ceux qui tentent des trucs, ouvrent de nouvelles voies dans un genre très balisé, suivant des codes stricts. Arriver après la bataille, c'est prendre le risque de se voir poser une étiquette "déjà-vu" sur sa pellicule. En 1975, des hectolitres d'eau ont coulé sous les ponts, minant par une pression beaucoup plus importante les téméraires qui auraient la prétention de se mesurer à ceux qui ont déjà largement fait leur preuve entretemps. Bianchi devait certainement le savoir avant d'accoucher d'une histoire dans la plus pure tradition giallesque qui démarre même admirablement bien avec un avortement clandestin filmé de manière dérangeante qui se finira de la pire des manières par le décès de la demoiselle. Un potentiel clin d'oeil à l'excellent Mais... qu'avez-vous fait à Solange ?.
Maquillé en mort accidentelle, de peur d'avoir sur soi l'ire de la justice dans une Italie où il n'y avait pas encore de légalisation de l'avortement, ceux-ci ne se doutent pas d'avoir appuyer sur le bouton de démarrage d'une succession de meurtres en série perpétrés par un fou habillé d'une combinaison de motard et du casque de rigueur. Visiblement, Bianchi est plus qu'admiratif du travail de Dallamano puisque son look rappelle directement le très bon La Lame Infernale. Avec un générique de début efficace et un premier meurtre sensationnel filmé de loin sans pour autant cacher l'extrême violence, tous les compteurs sont au vert.

L'heure est à la rencontre de Carlo, un photographe un poil en rut, faisant la connaissance de la très sensuelle Lucia d'une manière que pas beaucoup d'hommes n'auraient refusés. Quoi de mieux de garder contact avec elle en la faisant rentrer dans un studio de photographie de luxe où il lui promet une carrière de modèle photo. Albatros, tel est le nom de l'entreprise, va pour autant être ciblé par ce mystérieux assassin dont les motivations derrière chaque crime commis des membres du studio sont troubles. Nue pour l'Assassin n'est pas dépourvu d'un certain potentiel et il aurait pu devenir un très bon giallo s'il ne s'était pas retrouvé entre les mains d'Andrea Bianchi dont les fautes de goûts se multiplient à vitesse grand V. Filmer les travers de ce monde qui repose en grande partie sur le superficiel avec ses stars jetables est bien mais quand c'est filmé de manière aussi poussif et sans subtilité quelconque, ça casse. Les hommes du milieu passent pour des gros porcs lubriques qui voient toutes ces pin-up comme de la viande à consommer sans modération et les femmes, de leur côté, ont deux neurones qui se battent en duel et se regardent sans cesse en chien de faïence. Du cliché et encore du cliché.

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Qu'à cela ne tienne, on peut encore fermer les yeux sur un univers très sympathique mais mal exploité. Sauf que ce n'est pas le seul truc qui ne tienne pas la route. Bien au contraire ! Il ne faudra pas bien longtemps pour voir que Bianchi ne maîtrise pas un scénario qu'il n'a de toute façon pas vraiment construit. Un peu à la manière d'un réalisateur désintéressé, il ne parvient pas à intégrer un semblant de suspense dans une intrigue peu savoureuse, sans trop d'enjeux et encore moins de révélations en tout genre. Les scènes de tension, où sont-elles ? C'est d'ailleurs un miracle que l'on parvienne à arriver au bout sans 50 bâillements dans la foulée mais pour arriver à quoi ? Du vent s'achevant sur un final tout aussi plat que le reste de l'aventure qui osera intégrer des séquences connes dont celle du petit gros pleurant de ne pas savoir b**der qui en est la plus emblématique.
Alors, face à une trame narrative bateau et une enquête policière totalement inexistante, que reste-t-il à Bianchi pour essayer de faire vendre son film ? Rien ne vaut de verser dans le racolage et la saturation ad vitam aeternam de scènes érotiques dont l'omniprésence justifiera l'interdiction aux moins de 16 ans. Le problème est que le cinéaste n'a pas le sens de la pondération, tentant de reposer tout son projet sur du cul et encore du cul gratuit où les actrices se désapent autant qu'elles respirent. Au moins, les exécutions nombreuses et sanglantes relèveront le niveau.

Ce n'est pas non plus très folichon dans un visuel loin de bercer les rétines. Baignant dans le monde de la photographie, la moindre des choses aurait été d'accorder une attention toute particulière à esthétiser les décors comme un Michelangelo Antonioni l'aurait fait. En vain, rien à se mettre sous la dent, si ce n'est une image digne d'un téléfilm de France 2 un après-midi de dimanche pluvieux. Après, il faut reconnaître qu'il n'y a pas de problème dans le montage et que la caméra est habile mais bon... Exit le très regretté Ennio Morricone à la bande son pour faire place à Berto Pisano qui nous livre une composition musicale tout à fait correcte sans pour autant s'élever au niveau du Maître italien susmentionné. On achèvera le paragraphe sur un casting généralement de piètre qualité où seules Edwige Fenech et Femi Benussi se démarquent. Beaucoup des filles ne sont là que pour leur bonne loterie génétique. Quant à Nino Castelnuovo, il ne possède pas le charisme d'un George Hilton. Les autres offriront un rôle de série B. On mentionnera Solvi Stubing, Amanda, Franco Diogene, Lucio Como et Erna Schurer.

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Ce n'est pas encore aujourd'hui que je vais avoir le plaisir de ressortir du marasme que je traverse actuellement dans ma rétrospective. On m'aurait fait subir un pareil enchaînement il y a quelques années quand je n'avais pas adhéré aux codes du giallo, j'aurais probablement banni à vie ce genre. Nue pour l'Assassin, s'il est un pur giallo, ne lui fait pas honneur et crache allègrement sur son concept. Bianchi se fout ouvertement de son scénario car seuls le gore et l'érotisme le font vibrer. Or, il semble oublier qu'un film est un tout et que snober l'une des composantes les plus importantes pour verser dans le putassier ne fait pas un bon film. On reste en effet sensible à l'efficacité à la violence des meurtres et à l'étalage de beaux corps féminins mais pour quoi derrière ?
Rien, pas grand-chose. Nue pour l'Assassin est aussi superficiel que le monde de la photographie et s'il y a bien un truc que je déteste, c'est que l'on se foute éperdument de ma tronche avec des artifices aussi faciles que du sexe pour cacher une inanité scénaristique. Si Bianchi voulait en arriver à ce constat, alors tout le mérite peut lui être attribué mais nous savons tous qu'il avait autre chose en tête. Si tout du moins, il avait seulement un truc en tête en réalisant cette oeuvre sans intérêt.

 

Note : 08/20

 

Gialli restants : 3

 

orange-mecanique Taratata

 

18 décembre 2020

MECANIX (Tu regardes ce film et tu te tais !)

 

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Réalisateur : Rémy M. Larochelle

Distribution : Stéphane Bilodeau, Julie-Anne Côté, Janie Delorme, Philippe Chabot

Année : 2003

Durée : 1H10

Genre : Fantastique, horreur

 

Pour l’anecdote, ce film demanda quatre années d’efforts, d’un coût de 75 000 dollars, distribué par la boîte de Stephen Biro, et sélectionné au festival Fantasia 2004. Ce film est influencé par le dessinateur Dave Mc Kean (black dog, violent cases… à lire véritablement) et les dessins de Camille Rose Garcia.

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Synopsis :

Mecanix raconte l'histoire des derniers êtres humains forcés d'être des esclaves de créatures étranges qui gouvernent ce monde devenu inquiétant. Une seule chose perturbe ces créatures : l'embryon de l'univers, l'origine de tout, seul espoir pour les humains de se libérer de cet environnement mécanique avant qu'ils ne meurent tous. L'embryon que les bêtes craignent est caché dans le dernier homme né libre...

 

La critique :

 

Amis de la contre-culture, de l’ICPCE, admirateurs d’un cinéma voguant vers un ailleurs cauchemardesque déstabilisant nos acquis, nos espérances, nos croyances, un cinéma s’aventurant tel un Magellan au gré des océans inconnus dans un cérébral cortex humanoïde, voici une des quintessences cinématographiques enfantée en 2003 par l'artiste Rémy M. Larochelle (son unique film à ce jour). Sont invoqués dans cette famille transgressive et expérimentale David Lynch, Shinya Tsukamoto , les frères Quay, des réalisateurs « impurs » dénouant tout certitude quant à notre dimension humaine, répondant ainsi à la définition de CREATEURS. Nous voici plongés dans un univers post-apocalyptique de nombreuses créatures sont animées en stop-motion.
Un cinéma rappelant les effets spéciaux de Le monde perdu (The Lost World), film américain de Harry O.Hoyt réalisé en 1925, KING KONG réalisé par Merian Caldwell Cooper et Ernest Beaumont Schoedsack (1933), et les magnifiques stop-motion d’un certain Ray  Harryhausen.

Film intemporel tant l'image est sciemment vieillie, aux teintes sépia, et agrémenté d’une bande son hypnotique. Toi, l’incertain sapiens, cherchant un sens de vie, lisant pléthore d’oeuvres humanistes, admirant des Picturaux tableaux, et regardant moult films underground, voici un des GRAAL cinématographique quasi inconnu où seuls quelques chercheurs cinéphiles et distributeurs oseront s’aventurer, qu’ils en soient remerciés (le film est disponible sur yggtorrent, je somme tout être pensif à visionner cela). Mecanix s’inscrit illico parmi les chefs d’oeuvre underground de ce cosmos (je crois à la théorie des multivers !) s’apparentant ainsi au fameux Begotten, Pig et Tetsuo. Nous baignons dans une dimension inconnue, le champ des possibles peut ainsi démarrer… Que le spectacle commence : le rideau s’ouvre et...

« Il était une fois... », ainsi débute ce conte mécanisé aux créatures déformées et mécaniques évoluant dans un paysage post-apocalyptique où l’Homme est tombé dans l'esclavage de ces monstrueuses bêtes. Nous est proposé un univers terrifiant convoquant l’univers cyberpunk voire steampunk ; véritable cauchemar dystopique, ces horribles créatures craignent un élément appelé l'Embryon, l'origine de tout, qui pourrait donner un dernier espoir à l'Homme pour se sauver de ce monde désagrégé.

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Un scientifique (un ersatz de Mengele) à la solde de ces créatures charcutera sans état d’âme des abdomens de cobayes afin de trouver ce mythique embryon. Volontairement glauques et dérangeantes, ces scènes remuent notre sensible inconscient, il en sera ainsi pour des volatiles. Film à la beauté macabre, aux décors fabuleux, aux dessins faits à la main (parfois), conférant au métrage une mystique majesté. Une main apparaissant comme dans un rêve au milieu d'une séquence hallucinatoire montrant une femme divinisée en plein milieu d'une forêt, simplement magnifique. Vous n’oublierez jamais dès l’embryon dévoilé l’envahissement de plantes et de feuilles sur ces êtres mécanisés, de par les cadrages stylisés et ce, sous couvert d’une tonitruante bande sonore.

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L’embryon, espoir ultime de l'être humain n'est autre que la N....E ! Tant de symbolisme traverse cet unique film de par la fusion des êtres mécanisés et de la nature, Mecanix plongera le spectateur dans un monde inconnu où la peur, l’horreur seront de mises : un monde qui enfantera un renouveau, mais lequel ? Comment s’échapper d’une telle horreur ? Comment renaître philosophiquement parlant ?

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L’embryon délivrera-t-il l’homme de sa servitude ? S’agit-il d’une nouvelle genèse ? Toute exégèse est possible. Au regard des dernières phrases du film : "Heureux jusqu'à l'extrémité de ses cauchemars", Mecanix laisse entrevoir que l’homme serait responsable dudit monde dans lequel il crapahute. Ce film de 1h10 vous transportera dans un ailleurs fantasmagorique enfoui dans vos profondeurs abyssales où règnent d’ultimes cauchemars insoupçonnés. Film unique, oeuvre d’art, fascinant, n’en jetez plus, REGARDEZ…Asseyez-vous confortablement, éteignez toute lumière, oubliez tout souci, ainsi débute l’histoire…

Il était une fois…

 

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NOTE : L’art ne se note pas

 

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