Cinéma Choc

24 mai 2017

Dans Ma Peau (Petite séance d'auto-mutilation)

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Genre : Drame, thriller (interdit aux - 16 ans)

Année : 2002

Durée : 1h30

 

Synopsis : Esther, une trentenaire gaie et ambitieuse, effectue une mission dans un institut de sondage où elle espère bientôt être embauchée. Mais une blessure à la jambe la stoppe dans son élan professionnel et sentimental. Bientôt happée par une pulsion autodestructrice, Esther va lutter pour sauver sa carrière et surtout sa relation amoureuse avec Vincent.

 

La critique :

Fréquemment, quand on pense au cinéma d'horreur, on a souvent tendance à oublier la France qui a toujours été fort hostile à ce style cinématographique et qui n'hésite pas une seconde à descendre, parfois, gratuitement l'un ou l'autre film de ce genre sortant de temps à autre. A ce sujet, on se souviendra longtemps du scandale qui a éclaté au moment de la sortie de Martyrs où bon nombre de pseudo cinéphiles n'y ont vu que du gore voyeuriste. En d'autres termes, la France n'aime pas les films durs, elle n'aime pas les films radicaux et s'est engouffrée depuis trop longtemps dans une bien-pensance absurde. Mais aujourd'hui, nous allons briser ce poncif avec un nouveau thriller issu de l'Hexagone, à savoir Dans Ma Peau, réalisé par Marina De Van. Une oeuvre qui n'aura pas beaucoup fait parler d'elle et reste encore confinée dans l'anonymat. Chose assez étonnante, histoire d'être un peu de mauvaise langue, les critiques applaudiront plutôt bien le film et rien qu'avec ça, on a envie d'en savoir plus et de vérifier la réputation du dit film. Un thriller horrifique français, ça ne sort pas tous les jours donc autant prendre le risque et s'y jeter. Est-ce que Dans Ma Peau remplit le contrat et peut redorer un minimum le blason du cinéma choc français ? Réponse dans la chronique.

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ATTENTION SPOILERS : Âgée d'une trentaine d'années, Esther réalise ce dont on peut rêver à son âge. En mission dans une société d'études de marché, elle réussit à passer chef de projet junior. Elle vit aussi une histoire d'amour avec Laurent avec qui elle envisage d'acheter un logement. Tout va donc bien jusqu'au moment où elle tombe dans le jardin sombre d'une maison où se tient une soirée à laquelle elle participe. Plusieurs heures après sa chute, elle se rend compte qu'elle est vraiment blessée et doit se rendre aux urgences. Elle ne comprend pas pourquoi elle n'a pas senti cette blessure, pourquoi elle n'a pas eu conscience de ce qui se passait dans son corps.
Esther commence alors à se lacérer la peau, comme pour retrouver la présence de son corps. 
Vous l'avez donc compris, on tient là un film intéressant traitant d'un thème trop occulté dans le monde cinématographique traditionnel, qui n'est autre que l'auto-mutilation. Un véritable désordre psychologique où l'individu prend plaisir à se faire mal, à se lacérer et à se faire saigner à un point tel qu'il est impossible pour lui de s'en passer.

Nul doute qu'une telle pratique mise en image pourrait donner lieu à une vraie oeuvre choc. Le résultat est-il à la hauteur de nos attentes ? Oui malgré une opinion assez partagée car l'oeuvre porte en elle plusieurs problèmes gênants mais j'y reviendrai par la suite. Marina De Van nous offre une oeuvre audacieuse et plus intelligente qu'elle n'y paraît. Vous vous attendez à un déluge gore ? Alors vous pouvez passer votre chemin car Dans Ma Peau est avant tout un drame social cruel reposant sur l'analyse de la déchéance d'une femme intègre et menant une belle vie au cours d'un simple accident.
La réalisatrice ne fait pas dans l'artifice et met en scène une bête chute en soirée pouvant arriver à n'importe qui et qui aura des répercussions terribles sur le devenir de cette trentenaire. 
Dans Ma Peau aborde un certain nombre de thématiques liées profondément à l'auto-mutilation avec ce rapport de l'homme à la chair et la perte de contact social qui en résulte.

Esther, se retrouvant face à une situation qui la dépasse du fait de la laideur de sa jambe, va se scarifier d'abord en douceur mais de plus en plus fréquemment et surtout de plus en plus violemment. La réalisatrice élude toute explication rationnelle sur le pourquoi de cette folie. Un propos qui pourra agacer dans l'absolu mais qui n'est pas si idiot que ça car comment fournir une explication tangible sur une folie psychologique ? Difficile de répondre à cette question. Est-ce le fait d'être repoussée par son propre corps après cet accident au point de le dégrader davantage ?
Est-ce que le manque de sensations au moment de la chute fait qu'Esther cherchera à tout prix à retrouver une douleur sensorielle ? Objectivement, on a bien du mal à y répondre et cela pourra être vu comme un défaut rédhibitoire pour certains.

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Plus que tout, l'oeuvre met surtout en avant le mal-être profond d'une personne ne sachant pas réaliser et affronter ce qui lui arrive. Comme dit avant, cela aura une influence très négative sur ses liens sociaux et très vite, Esther s'isolera des autres dans une descente aux enfers d'un rendu crédible, de part la folie faisant de plus en plus corps avec le personnage, comme lors de cette excellente scène du dîner d'entreprise dans un restaurant. L'oeuvre crée le malaise et délivre une ambiance étrange ponctuée de séquences très réalistes de mutilation débouchant parfois sur le cannibalisme.
Comprenez bien que le film, en lui-même, est d'un réalisme saisissant tant dans le déroulement scénaristique jamais exagéré et ne versant jamais dans du gore pour faire du gore, que dans le jeu d'acteurs où on retrouve le très bon Laurent Lucas dans ce mari désarçonné par la situation psychologique de sa femme et Marina De Van, elle-même, incarnant Esther et qui offrira une prestation surprenante de qualité. Ainsi, la réalisatrice est complètement investie dans la peau de son personnage tourmenté par des pulsions auto-destructrices qu'elle n'arrive pas à contrôler et dont l'issue ne fera qu'empirer.

Qu'on se le dise, Dans Ma Peau nous gratifie de très belles qualités mais on observera différents défauts assez gênants. Pour commencer, mais ça tient plus d'un ressenti personnel qu'autre chose, j'ai été assez déçu de l'absence d'explication de cette folie atterissant un peu comme un cheveu dans la soupe sans qu'il n'y ait assez de signes avant coureurs. On aurait aussi aimé que la réalisatrice aille plus loin dans l'analyse de cette grave pulsion qui, tout au long et bien que les différents thèmes soient traités de manière plus que correcte, évoluera un peu trop en superficialité.
Un peu plus de profondeur n'aurait pas été de refus car le thème central est plus que passionnant. On pourra aussi avoir cette impression désagréable d'auto-censure faite par la réalisatrice elle-même pour éviter de trop choquer son audimat. De fait, l'interdiction aux moins de 16 ans peut parfois être un peu exagérée sachant que la mise en scène est loin d'être jusqu'au-boutiste et ne happe pas en permanence le spectateur par la gorge comme on pourrait l'attendre.

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Enfin, mais là je ne partage pas du tout ces reproches, on pourra également reprocher le rythme de la mise en scène parfois fort lent et manquant de gnac sur les bords. Pour autant, la mise en scène est tout ce qu'il y a de plus conventionnelle et ne perd jamais son spectateur ni ne le déçoit car les plans sont toujours travaillés et que le rythme est assez correct. Les scènes violentes sont davantage suggérées et font mouche malgré un manque de puissance parfois décevant. En conclusion, Dans Ma Peau est décidément une oeuvre bien difficile à analyser et qui en déboussolera plus d'un tout en le faisant réfléchir sur ce qu'il a vu et sur la qualité du film. Pour autant, si l'impression est mitigée à la fin du récit avec une fin peu intéressante, cette oeuvre offre des thèmes relativement bien traités bien que manquant un peu de profondeur sur les bords et, fait notable, se détache de toutes lamentations et pleurs abusives propres aux mauvais drames. Il ne fait aucun doute que le film se montre plus difficile d'accès qu'il n'en a l'air et ne plaira pas à tout le monde. De fait, un deuxième visionnage pourra être nécessaire pour se faire un avis définitif sur le long-métrage qui pourra créer facilement le débat.
Un thriller plutôt intéressant mais assez dispensable à mon goût.

 

Note : 12/20

 

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Furie (Le premier film hollywoodien de Fritz Lang)

Furie

 

Genre : Drame, Film noir

Année : 1936

Durée : 1H28

L’histoire : Joe Wilson, un citoyen américain honnête et intègre, part rejoindre sa fiancée. Sur la route, il est arrêté par la police qui l’accuse d’enlèvement. La nouvelle se répand bien vite dans la petite ville et la foule surexcitée réclame un lynchage. Les habitants incendient la prison laissant Wilson pour mort. Plus tard, les journaux publient la preuve de l’innocence de Wilson.

La critique :

Attention chef d’œuvre ! J'ai nommé Furie, réalisé par Fritz Lang en 1936. A l’époque, le réalisateur allemand a déjà un beau palmarès à son actif et est unanimement reconnu. Au milieu des années 30, l’Allemagne est sous le régime nazi, Hitler est au pouvoir. Lang pour sa part déteste ce régime et a longtemps prévenu des dangers de la montée du nazisme à travers ses films. Paradoxalement, le Führer est un grand admirateur de l’œuvre de Lang et prétend même que Metropolis est son film préféré. Hitler propose donc à Lang de réaliser des films de propagande pour les nazis. 
Lang a le cul entre deux chaises, d’un côté il hait l’idéologie nazie, d’un autre côté il sait qu’on ne peut pas dire non à Hitler. Il décide alors de s’exiler aux Etats-Unis. Une fois chez les Américains, il compte bien reprendre son travail de réalisateur.

Cependant, il va découvrir que les libertés sont parfois restreintes par la machine hollywoodienne. Cela ne l’empêche pas de se lancer dans la réalisation de Furie, son premier long-métrage tourné sur le sol américain. Attention SPOILERS ! Joe Wilson est fiancé avec Katherine Grant. Tous deux rêvent de se marier. Mais Katherine doit partir travailler dans une autre ville loin de Joe qui promet de la rejoindre. Alors que Katherine part, Joe rejoint ses deux frères, qu’il tient à l’écart des mauvais coups. Joe est en effet un homme intègre pour qui l’honnêteté prime par-dessus tout.
Les trois frères parviennent à monter un garage et les affaires vont plutôt pérennes. Joe décide alors de rejoindre Katherine en voiture. La route est longue et il s’arrête pour camper. En lisant le journal, il apprend qu’une jeune fille a été enlevée par des kidnappeurs qui réclament une rançon.

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Le lendemain, alors qu’il reprend la route, il est arrêté par un des hommes du shérif de la ville de Strand. Bien vite, il se retrouve suspecté d’avoir participé au kidnapping en raison du fait qu’il est friand des cacahuètes salées, tout comme l’un des ravisseurs d’après les signalements. Amené au bureau du shérif, il se démène mais les événements s’enchaînent. La police se demande pourquoi il a campé dehors en voiture. De plus, elle retrouve sur lui un billet de cinq dollars qui aurait fait partie du lot de la rançon. Joe est emprisonné, de forts soupçons pèsent sur lui.
Bien vite, la rumeur se répand à travers toute la ville. La tension monte alors crescendo. Kirby Dawson, un voyou du coin qui a déjà fait quelques séjours en prison, joue les agitateurs affirmant que la ville doit châtier le kidnappeur dans les plus brefs délais.

Et c’est l’effet boule de neige, la foule se rassemble devant le bureau du shérif et demande à voir le prisonnier. Alors que le shérif essaie de calmer la population, les choses dégénèrent, les projectiles commencent à voler et la foule devient incontrôlable. Les gens de la ville parviennent à prendre le bureau du shérif, mais ne possédant pas la clé des cellules, ils ne parviennent pas à atteindre celle du prisonnier et décident de faire brûler la prison. 
Pendant ce temps, Katherine qui a appris que son mari a été arrêté, se rend sur place et découvre avec horreur son mari derrière les barreaux de sa cellule dans la prison en feu.  Plus tard, les journaux annoncent que les vrais kidnappeurs ont été retrouvés et que la foule a lynché un innocent. Ivres de rage les frères de Joe rêvent de vengeance quand ce dernier apparaît alors au seuil de la porte.

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Il n’est pas mort mais dévasté par la haine. Joe décide de rester caché et de continuer de faire croire à sa mort pour que les lyncheurs soient condamnés à mort lors du procès intenté contre 22 habitants de la ville de Strand. Voilà donc pour l’intrigue du film. J’en ai dit beaucoup, mais c’était le seul moyen pour analyser ce film un minimum. On ne va pas tourner autour du pot, Furie est clairement l’un des plus grands chefs d’œuvres du réalisateur qui signe un film fort et dénonciateur.
Tout d’abord ce qui me chagrine un peu avec les films de Lang, c’est que beaucoup de gens ont tendance à les résumer trop simplement. Par exemple, M le Maudit est résumé à une dénonciation de la montée du nazisme, c’est incroyablement réducteur, surtout pour un film si riche. Idem pour Furie que l'on réduit à une simple dénonciation du lynchage, or c’est beaucoup plus que cela.            

Il faut savoir qu’en Amérique, le lynchage est carrément devenu un mythe, voire un rituel à l’époque. C’est simple, au moment où Furie a été réalisé, l’Amérique comptait déjà pas moins de 6000 lynchages. Clairement pour Fritz Lang, c’est l’occasion de taper fort. Autant dire que le cinéaste a parfaitement saisi l’essence de ce mouvement. Une rumeur qui s’amplifie par le bouche à oreille et une population qui veut seulement se faire une victime. On se souvient de la phrase d’un des lyncheurs : « Allons nous amuser un peu !». L’Amérique profonde en prend pour son grade. 
Furie est une analyse parfaitement réussie du lynchage Cependant sur le sujet, ce film n’est pas être pas autant dénonciateur que M le Maudit, sinon Fritz Lang n’aurait sans doute pas choisi de prendre le schéma classique de l’innocent accusé à tort.

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En fait, Furie va plus loin dans le sens où c’est carrément une analyse sur la folie humaine, la folie de la foule dans un premier temps, mais la folie de la vengeance dans un second temps. Ici, Lang nous dresse le portrait d’un personnage honnête et optimiste qui va découvrir la noirceur de l’homme et qui va lui-même se transformer en un être redoutable. Le personnage de Joe est alors métamorphosé, obstiné par sa vengeance, au point de vouloir se séparer de sa fiancée ou encore de rester caché jusqu’à la fin de ses jours pour faire croire à sa mort, et pour s’assurer du même coup que les lyncheurs trouvent bien le chemin de l’échafaud. Dans Furie, Lang s’attaque à nouveau à un de ses sujets de prédilection, pas tellement le lynchage, pas tellement la vengeance mais plutôt la bestialité de l’homme. 
On se souvient bien sur de la foule de lyncheurs en furie, d’un Joe Wilson ivre de rage et de vengeance.

Bref, Fritz Lang signe un film sombre sur la noirceur de l’âme humaine. Pour le cinéaste, c’est aussi l’occasion de s’en prendre à la société américaine sous ses différents aspects, la police qui arrête un individu pour de simples cacahuètes, ou encore les représentants du gouvernement qui refusent d’envoyer l’armée pour ne pas déplaire à la foule à quelques mois de la campagne électorale. Même la justice est ici représentée de façon sinistre aussi bien du côté de la défense que de l’accusation, les deux parties étant visiblement prêtes à tout pour atteindre leur but.
Furie est donc un film riche qui aborde des thèses passionnantes. Une fois encore, le cinéaste s’impose comme un maître absolu du film noir. Le réalisateur joue avec la lumière et les ombres pour créer une ambiance exceptionnelle, il n’hésite pas à faire des métaphores comme montrer un groupe de poules pour symboliser la foule, ou encore des endroits sombres et déserts pour faire transparaître la folie et la solitude du personnage principal.  

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Le film peut également s’appuyer sur un très bon casting, Sylvia Sydney, Walter Abel et Bruce Cabot entre autres. Mais bien évidemment, on retient surtout la prestation démoniaque de Spencer Tracy qui, une fois encore, prouve qu’il est le ou l’un des meilleurs acteurs de sa génération. L’acteur est totalement investi par son rôle et contribue largement à la métamorphose du personnage. Tous ces éléments font de Furie un chef d’œuvre absolu. Pourtant, on ne peut qu’être un peu déçu quand on sait que le film a souffert du système hollywoodien qui imposa une durée assez courte et un « Happy end » obligatoire. Lang disait lui-même que le film aurait gagné à finir de façon pessimiste. 
De même qu’avec une durée plus importante, la folie de Spencer Tracy aurait pu être beaucoup mieux développée. Malgré ses petits défauts à mettre sur le compte du système hollywoodien, Furie reste un chef d’œuvre qui se range facilement parmi les meilleurs crus du réalisateur.     

  

Note : 18/20

 

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23 mai 2017

Pulp Fiction ("J'abattrai alors le bras d'une terrible colère")

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Genre : Policier, thriller (interdit aux -12 ans)

Année : 1994

Durée : 2h34

 

Synopsis :

L'odyssée sanglante et burlesque de petits malfrats dans la jungle de Hollywood à travers trois histoires qui s'entremêlent.

 

La critique :

On ne présente plus Quentin Tarantino, l'un des plus célèbres réalisateurs contemporains à tel point que la très grande majorité du grand public le connaît lui, ainsi que sa filmographie où chaque film est attendu au tournant et suscite l'attention de tout un chacun. Aussi adulé par certains que détesté par d'autres, Tarantino est l'archétype même du réalisateur qui suscite la polémique, certains lui reprochant d'être un plagieur et d'autres d'être un grand styliste de la violence. Mais encore, la plupart, dont moi, se rejoindront sur le fait que l'âge d'or de son cinéma est définitivement du passé, bien que ses films récents sont loin d'être mauvais. Que soit, l'heure est venue de présenter ce qui est probablement son film le plus célèbre, voire même l'aboutissement de son talent, j'ai nommé Pulp Fiction qui, à sa sortie, provoqua un enthousiasme sans précédent des critiques tant professionnelles que des internautes.
Grand gagnant de la Palme d'Or au Festival de Cannes au grand dam de la médiocre conne du nom de Roselyne Bosch qui le hua au moment de sa récompense, il multiplia les prix à un point tel qu'il rejoignit en 2013 le panthéon du National Film Registry pour son importance culturelle, historique ou esthétique.

Nul doute que le film marqua durablement le monde cinématographique vu qu'il est considéré comme l'un des principaux représentants du cinéma postmoderne et qu'il eut une influence considérable sur de nombreux autres films et dans d'autres domaines culturels (télévision, littérature, musique et même la publicité). Son nom ne tient pas du hasard et provient des pulp magazines, soit un type de revues très populaires dans la première moitié du 20ème siècle aux USA et connues pour leur violence graphique et leurs dialogues incisifs. Un fait notable est que Pulp Fiction s'imposera à sa sortie comme le film le plus rentable de l'histoire à la location devant Terminator 2 et Danse avec les Loups.
Qu'en est-il de la qualité ? L'auteur de Reservoir Dogs a-t-il sorti un film qui mérite sa réputation ? Indubitablement, c'est le cas mais passons à la critique.

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ATTENTION SPOILERS : Pulp Fiction présente 3 histoires entremếlées (Vincent Vega and Marsellus Wallace's Life, The Gold Watch, The Bonnie Situation) dans la jungle d'Hollywood où la destinée de malfrats en tout genre se croiseront au terme de situations toutes plus inattendues que les autres. Deux truands ont pour mission de récupérer une malette au contenu mystérieux et de la rapporter à leur patron, un boxeur gagne un combat prémédité d'avance pour lequel il n'était pas censé sortir gagnant. Une odyssée sanglante où tous n'en sortiront pas vivants.

En d'autres termes, Tarantino nous offre un film ambitieux et loin du style cinématographique classique caractérisé par une seule histoire continue. Ici, nous sommes plongés dans un scénario intelligent en 3 épisodes dans un ordre non-chronologique mais parfaitement simple à suivre, où le spectateur est baladé dans la belle ville de Hollywood en compagnie de membres de la pègre. L'impression de se retrouver face à une bouillie scénaristique faussement intelligente est de mise mais, à notre grand bonheur, Pulp Fiction est bien loin de ça et nous délivre une histoire riche et réellement passionnante malgré un scénario, dans l'absolu, loin d'une certaine forme de complexité et d'originalité.
On ne pourra qu'être charmé par la qualité primordiale de ce qui est le fer de lance de ce récit hors norme multipliant les références liées à la culture populaire, thème très représenté dans le cinéma de Tarantino à l'époque et que l'on pouvait déjà observer dans Reservoir Dogs.

Vous comprendrez bien que Pulp Fiction n'a pas pour vocation de délivrer un quelconque message ou réflexion sur la violence, ce qui, vous en conviendrez, est logique et aurait faussement moraliser un récit qui n'a en aucun cas besoin d'une façade intellectuelle pour justifier son ambiance burlesque et son histoire où la violence y est rendue stylisée. Encore une fois, c'est un thème spécifique à Tarantino et que nous retrouvions, encore une fois, dans Reservoir Dogs. Certaines critiques lui reprocheront ainsi de banaliser la violence et de la rendre "cool" aux yeux du public.
Une belle hypocrise sachant que la société est depuis longtemps exposée à bien pire dans la vie de tous les jours aux travers de médias en tout genre. A ce sujet, on ne pourra que trop dire que le film, en lui-même, est stylisé de A à Z tant dans les décors somptueusement kitsch et typiques du cinéma des années 90 tout comme les dialogues étant un vrai régal à écouter, mais qui pourront se montrer faussement prétentieux pour certains. Indiscutablement, Pulp Fiction est un film pas seulement stylistique mais artistique également.

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Cela rebondira aussi sur la bande sonore, autre point cher au réalisateur, somptueuse également et rajoutant de l'eau à mon moulin avec au programme, Let's Stay Together de Al Green ou encore Girl You'll Be a Woman Soon de Urge Overkill ayant déjà atteint leur réputation de musique culte, en grande partie grâce à leur présence dans le film. Rebondissons maintenant sur les dialogues lâchés par des acteurs complètement investis dans la peau de leur personnage qui fait qu'ils se montreront attachants de part une véritable personnalité et une réelle présence derrière la caméra.
A ce sujet, le traitement force le respect et aucun acteur n'est véritablement éclipsé. Ce long-métrage relancera entre autres la carrière de John Travolta dans le rôle de Vincent Vega, initialement proposé au talentueux Michael Madsen, s'étant illustré avec perfection dans le gangster psychopathe de Reservoir Dogs, qui déclinera et le regrettera sévèrement par la suite. Au casting, on retrouvera d'autres acteurs de prestige de l'époque avec Samuel L. Jackson, Uma Thurman, Bruce Willis, Ving Rhames, Harvey Keitel, Tim Roth, Rosana Arquette et d'autres moins connus comme Maria de Medeiros ou Amanda Plummer. A noter que Quentin Tarantino fera une brève apparition en incarnant un petit truand du nom de Jimmie Dimmick dans une séquence à mourir de rire.
Bref, le casting impressionne et tout cet enchevêtrement d'acteurs apporteront un énorme plus au pedigree du film qui repose beaucoup sur leur prestation souvent exemplaire.

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Un autre point à souligner est l'accumulation assez impressionnante de séquences cultes ponctuant le long-métrage de plus de 150 minutes à la durée passant comme une lettre à la poste. Par exemple, comment oublier le verset 17 du chapitre 25 du livre d'Ezechiel scandé par Jules Winnfield (Samuel L. Jackson) ? Comment oublier ce dialogue entre Marsellus et Butch Coolidge avec Let's Stay Together en fond sonore ? Comment oublier cette séquence burlesque de Mia Wallace en overdose ou encore cet affrontement entre Marsellus et Butch séquestré par 2 homosexuels sadiques ?
Et ce ne sont là quelques scènes dans un océan de séquences mémorables imbriquées dans un récit très jouissif à regarder et se suivant sans le moindre déplaisir. 
En conclusion, Pulp Fiction peut à juste titre être considéré comme l'un des meilleurs voire le meilleur film de Tarantino. Le réalisateur nous livre un réel travail scénaristique rappelant la littérature populaire avec la destinée de tous ces personnages pris dans une spirale de violence où le plaisir et l'humour s'additionnent aisément avec ce style reconnaissable entre mille, multipliant les références qui ne viennent jamais bouffer le film au point d'obtenir un plagiat indigeste. Servi par un casting au poil et une mise en scène soignée et léchée, Pulp Fiction est le témoignage d'une époque révolue où Tarantino était un réalisateur de génie tournant des films où les influences ne venaient jamais éclipser son style. Ainsi, il peut être à juste titre considéré comme un film artistique que l'on ne se lasse pas de regarder et dont le verset 17 restera à jamais dans nos mémoires.

 

Note : 18/20

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Sueurs Froides (Acrophobie)

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Genre : thriller
Année : 1959
Durée : 2h09

Synopsis : Scottie est sujet au vertige, ce qui lui porte préjudice dans son métier de policier. Rendu responsable de la mort d'un de ses collègues, il décide de quitter la police. Une ancienne relation le contacte afin qu'il suive sa femme, possédée selon lui par l'esprit de son aïeule. Scottie s'éprend de la jeune femme et se trouve ballotté par des évènements qu'il ne peut contrôler.

La critique :

Est-il encore nécessaire de présenter Alfred Hitchcock, le maître du suspense ? Si le grand public affectionne tout particulièrement les films des années 1960 (Psychose, Les Oiseaux et Pas de printemps pour Marnie principalement), les admirateurs du cinéaste citent également Rebecca (1940), La Maison du Docteur Edwardes (1945), Les Enchaînés (1946), L'Inconnu du Nord-Express (1951), Le Crime Etait presque parfait (1954), Fenêtre sur Cour (1954), La Main au Collet (1955), L'homme qui en savait trop (1956) et La Mort Aux Trousses (1959).
Vient également s'ajouter Sueurs Froides, sorti en 1959. A l'origine, le long-métrage est l'adaptation d'un opuscule, D'entre les morts, de Boileau-Narcejac.

Si Sueurs Froides fait désormais partie des grands classiques "hitchcockiens", à l'inverse, il rencontrera un succès mitigé au moment de sa sortie. Ce n'est qu'au fil des années que le film va s'octroyer les ferveurs de la critique et de la presse cinéma. A ce sujet, certains fans le considèrent comme le "sommet absolu" du maître du suspense. Un véritable plébiscite qui s'explique, en partie, pour sa maîtrise technique et narrative. En outre, Sueurs Froides va inspirer de nombreux films et plusieurs générations de cinéastes, notamment Chris Marker pour La Jetée (1962), Terry Gilliam pour L'Armée des 12 Singes (1996), ou encore David Lynch pour Lost Highway (1997).
En 2012, un magazine britannique (Sight and Sound) classera Sueurs Froides comme le meilleur film de tous les temps, juste devant Citizen Kane (Orson Welles, 1941), Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sueurs_froides).

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Reste à savoir si le long-métrage mérite un tel dithyrambe. Réponse dans les lignes à venir... La distribution de Sueurs Froides réunit James Stewart, Kim Novak, Barbara Bel Geddes, Tom Helmore, Henry Jones, Raymond Bailey, Ellen Corby et Konstantin Shayne. Attention, SPOILERS ! (1) John Ferguson, surnommé "Scottie", est pris de vertige tandis qu’il poursuit un malfaiteur avec un collègue policier. L’incident vaut la mort de ce dernier et la démission de Ferguson des services de police.
Peu après, une ancienne connaissance de Scottie le contacte afin de lui demander de suivre sa femme, Madeleine, qui semble hantée par l’esprit d’une morte, en l’occurrence sa grand-mère, qui se suicida après avoir sombré dans la folie. Ferguson mène donc son enquête en filant la femme de son ami.

Un jour, il assiste horrifié au plongeon de Madeleine dans la baie de San Francisco. Après l’avoir sauvée, Scottie continue à suivre la jeune femme, mais ils finissent par se rejoindre et poursuivent ensemble leur promenade. Scottie tombe fou amoureux de Madeleine mais hélas, son handicap va coûter une deuxième fois la vie de quelqu’un : toujours hantée par le souvenir de sa grand-mère, Madeleine se jette du haut d’un clocher sous les yeux de Scottie, incapable de la rejoindre...
Psychologiquement anéanti, l’ancien policier est interné. A sa sortie, il va rencontrer Judy, une jeune femme qui ressemble à Madeleine (1). En l'occurrence, difficile de dire si Sueurs Froides est bel et bien le sommet d'Alfred Hitchcock sans minorer l'impact de Psychose, Les Oiseaux et de La Mort aux Trousses, pour ne citer que ces classiques incontournables.

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En l'état, Sueurs Froides est probablement son oeuvre la plus maîtrisée et la plus aboutie. A contrario, l'ambiance glaciale (et glaçante) risque de désarçonner les spectateurs les plus aguerris. Autrement dit, Sueurs Froides n'est pas forcément l'oeuvre la plus accessible du maître du suspense. Visiblement, le réalisateur britannique cherche à décontenancer son audimat via un scénario nébuleux et alambiqué qui va peu à peu s'agencer au fil du récit.
De surcroît, Alfred Hitchcock prend son temps pour planter le décor et ses principaux protagonistes. En outre, le scénario du film se centre sur une triade amoureuse. De facto, avant d'être un thriller, Sueurs Froides s'apparente avant tout à une romance amoureuse. C'est probablement pour cette raison que le film fascine autant Chris Marker et Terry Gilliam (entre autres), qui reprendront peu ou prou le même concept avec La Jetée et L'Armée des 12 Singes.

A juste titre, Sueurs Froides mérite amplement le titre de plongée vertigineuse dans les affres de l'inconscient et de la psychanalyse. Ainsi, le long-métrage se divise en deux parties bien distinctes. La première se résume à une quête effrénée du désir. John Ferguson, qui souffre d'acrophobie (la peur du vide), est chargé d'épier et de surveiller Madeleine, qui semble poursuivie par l'esprit d'une morte (je renvoie au synopsis). Très vite, John s'acoquine et s'énamoure de cette jeune femme belle et énigmatique. Hélas, même après avoir sauvé sa dulcinée d'une mort certaine, John ne peut empêcher l'inévitable. Madeleine se jette du haut d'un clocher. Pour John, cette séquence symbolique et traumatique n'est qu'une réminiscence de son passé. Dès lors, Sueurs Froides se transmute subrepticement en thriller métaphysique. 

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Puis, dans la seconde partie du film, John fait la connaissance de Judy, le parfait sosie de Madeleine. A travers cette femme transformée en véritable poupée fétichiste, John va reproduire la même trajectoire funeste... Avec Sueurs Froides, Alfred Hitchcock aborde de nombreuses thématiques complexes et amphigouriques. En vérité, l'acrophobie sous-jacente n'est qu'un miroir, un leurre et un simulacre des pulsions archaïques et primitives de John Ferguson.
A travers cette quête effrénée d'une femme inaccessible, c'est bien la peur de ne pas être à la hauteur (c'est le cas de le dire...) qui poursuit inlassablement le héros du film. Puis, dans la seconde partie, cette angoisse reptilienne se transmue en jeu de manipulation et de transformation. Judy se doit de revêtir les oripeaux et les plus beaux atours de Madeleine sans jamais barguigner.

Pourtant, la jeune femme est bien destinée à suivre la même trajectoire morbide. Tel est, par ailleurs, l'avertissement rédhibitoire de Madeleine, son index désignant le tronc d'un arbre : "Je suis née ici et je suis morte quelque part par là...". Chaque être humain poursuit son propre fantôme et son propre passé, semble nous dire Alfred Hitchcock... Le maître du suspense se languit lui-même de cette confusion entre les deux personnages féminins. Contre toute attente, Judy accepte cette duplicité et ce cheminement hébéphrénique. A cela, viennent également s'ajouter les thématiques de la mémoire et du temps qui passe, comme si le passé devait inexorablement se rappeler au présent et s'imbriquer sur un avenir chimérique. Pour Alfred Hitchcock, ce sont les morts qui gouvernent les vivants, à l'image du personnage de Madeleine, poursuivant inlassablement la mémoire de John Ferguson.
Bref, un tel film mériterait sans doute un meilleur niveau d'analyse. En l'état, chaque spectateur pourra avoir sa propre interprétation du film. En quelques mots : un vrai coup de maître !

Note : 18.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : http://www.dvdclassik.com/critique/sueurs-froides-hitchcock

22 mai 2017

Star Wars : Episode 6 - Le Retour du Jedi (Repousser le côté obscur)

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Genre : science-fiction
Année : 1983
Durée : 2h13

Synopsis : L'Empire galactique est plus puissant que jamais : la construction de la nouvelle arme, l'Etoile de la Mort, menace l'univers tout entier... Arrêté après la trahison de Lando Calrissian, Han Solo est remis à l'ignoble contrebandier Jabba Le Hutt par le chasseur de primes Boba Fett. Après l'échec d'une première tentative d'évasion menée par la princesse Leia, également arrêtée par Jabba, Luke Skywalker et Lando parviennent à libérer leurs amis. Han, Leia, Chewbacca, C-3PO et Luke, devenu un Jedi, s'envolent dès lors pour une mission d'extrême importance sur la lune forestière d'Endor, afin de détruire le générateur du bouclier de l'Etoile de la Mort et permettre une attaque des pilotes de l'Alliance rebelle. Conscient d'être un danger pour ses compagnons, Luke préfère se rendre aux mains de Dark Vador, son père et ancien Jedi passé du côté obscur de la Force.

La critique :

Etonnant que George Lucas se soit tourné vers Richard Marquand pour réaliser Star Wars : Episode 6 - Le Retour du Jedi en 1983. Le cinéaste gallois débute sa carrière cinématographique dans le petit monde étriqué de la télévision dès 1964. En 1978, il signe son tout premier long-métrage, Psychose Phase 3. Trois ans plus tard, il enchaîne avec un film de guerre, L'Arme à l'oeil, et est immédiatement repéré par George Lucas. Pourtant, Richard Marquand n'était pas le premier choix du producteur américain.
Le Retour du Jedi se doit de conclure la saga lucrative et mercantile en apothéose. Dans un premier temps, Lucas fait appel à l'érudition de Steven Spielberg. Hélas, Lucas est sommé de suivre les précieuses instigations du Syndicat des réalisateurs américains. Une liste de cinéastes est alors proposée - imposée... - à George Lucas.

Désappointé, le producteur opte alors pour Richard Marquand, un metteur en scène méconnu du grand public. D'ailleurs, Le Retour du Jedi reste son long-métrage le plus proverbial. Après les succès triomphaux d'Un Nouvel Espoir (1977) et de L'Empire Contre-Attaque (1981), Le Retour du Jedi est attendu impatiemment par les fans. En outre, ce sixième chapitre (mais le troisième dans l'ordre chronologique) se doit d'appâter et de flagorner un large public, de 7 à 77 ans.
C'est sûrement pour cette raison que George Lucas et ses fidèles prosélythes décident d'adjoindre les Ewoks, une tribu de créatures affables et courtoises, à Luke Skywalker et ses ouailles. Pour George Lucas, pas question de changer ni de bouleverser les préceptes établis par les deux précédents volets.

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Pour l'anecdote, ce sixième opus devait initialement s'intituler The Revenge of the Jedi. Mais le titre, jugé trop péjoratif et contradictoire, es finalement abandonné. En l'occurrence, le scénario de Le Retour du Jedi doit évidemment s'inscrire dans le sillage et la continuité de L'Empire Contre-Attaque et se conclure sur l'inévitable pugilat entre Luke Skywalker et son propre patriarche, Dark Vador.
La distribution du film réunit Mark Hamill, Harrison Ford, Carrie Fisher, Billy Dee Williams, Anhony Daniels, Peter Mayhew, Sebastian Shaw, Ian McDiarmid, Frank Oz, James Earl Jones, David Prowse, Alec Guinness et Warwick Davies. Attention, SPOILERS ! L'Empire galactique est plus puissant que jamais : la construction de la nouvelle arme, l'Etoile de la Mort, menace l'univers tout entier...

Arrêté après la trahison de Lando Calrissian, Han Solo est remis à l'ignoble contrebandier Jabba Le Hutt par le chasseur de primes Boba Fett. Après l'échec d'une première tentative d'évasion menée par la princesse Leia, également arrêtée par Jabba, Luke Skywalker et Lando parviennent à libérer leurs amis. Han, Leia, Chewbacca, C-3PO et Luke, devenu un Jedi, s'envolent dès lors pour une mission d'extrême importance sur la lune forestière d'Endor, afin de détruire le générateur du bouclier de l'Etoile de la Mort et permettre une attaque des pilotes de l'Alliance rebelle.
Conscient d'être un danger pour ses compagnons, Luke préfère se rendre aux mains de Dark Vador, son père et ancien Jedi passé du côté obscur de la Force. Dès les premières minutes, le ton quasi martial est donné. 

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Le Retour du Jedi démarre donc sur un rythme effréné. En effet, Luke Skywalker part à la rescousse de Han Solo, prisonnier des griffes - ou plutôt des tentacules vernaculaires - de Jabba Le Hutt. Dès lors, les péripéties de Luke Skywalker et de ses amis se résument à toute une série de rebondissements inopinés. Nul doute que ce sixième chapitre séduira les petits comme les grands. Dans la première version du script, il est prévu que Han Solo décède sous les yeux éplorés de ses fidèles comparses.
Mais pas question de bouleverser le public ni la didactique d'une franchise féérique et surtout "bankable". De facto, notre petite troupe triomphe plutôt facilement des roueries de l'Empereur et de l'Etoile de la Mort, une arme de destruction massive. D'ailleurs, Harrison Ford, en mode cabotinage, a parfaitement saisi toute la subtilité (vacuité ?) de l'entreprise.

Seul Mark Hamill apporte une once de sériosité à son personnage, désormais adoubé en chevalier Jedi.
Certes, par d'habiles stratagèmes, Richard Marquand et George Lucas tentent de minorer le ton enfantin de ce sixième volet via la mort de Yoda, puis celle de Dark Vador qui se regimbe contre le joug de l'Empereur... Désolé pour le Spoiler... En l'état, difficile d'être surpris par les directions de ce sixième opus tant la formule semble éprouvée depuis belle lurette.
Sur la forme, Le Retour du Jedi s'apparente bel et bien à un épisode familial et curieusement inoffensif qui annonce déjà la déclin puis la décrépitude de la prochaine trilogie en forme de prequel. Et pourtant, la magie fonctionne encore et toujours... Essentiellement grâce à l'investissement total de Lucas, bien conscient du potentiel capitalistique et des produits dérivés engendrés par cette franchise science-fictionnelle, à la fois inspirée par les mythologies et les codes des samouraïs.

Note : 14/20

sparklehorse2 Alice In Oliver


21 mai 2017

Ne Vous Retournez Pas (Voir, c'est croire)

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Genre : Drame / Inclassable / Fantastique

Année : 1973

Durée : 1h50 

L'histoire : Suite à la mort tragique de leur fille, un couple tente de se ressourcer à Venise où l'homme a été engagé pour rénover une église. Mais une rencontre avec deux soeurs et une série d'événements étranges vont faire découvrir au couple que leur cauchemar est loin d'être terminé.

La critique :

Nul doute que si un jour, une liste des oeuvres inclassables est créée, Ne Vous Retournez Pas, réalisé par Nicolas Roeg au milieu des années 1970, y figurera parmi les têtes de liste tant ce film s'avère très difficile à définir. A l'origine, il s'agit d'un roman de Daphné Du Maurier, romancière surtout connue pour avoir déja été adaptée par trois fois au cinéma par Alfred Hitchcock : La Taverne De La JamaïqueRebecca et Les Oiseaux. Au casting figurent notamment Donald Sutherland, Julie Christie, Hilary Mason et Leopoldo Trieste. Pour l'anecdote, le réalisateur Nicolas Roeg commença sa carrière comme directeur de la photographie, notamment sur Lawrence D'Arabie et Le Masque De La Mort Rouge, puis, réalisa son premier long-métrage, Performance, à la fin des années 1960, avec une volonté de se démarquer du tout venant.

De nombreux réalisateurs s'inspireront d'ailleurs par la suite du travail de Nicolas Roeg. L'histoire tourne autour d'un couple Anglais, les Baxter, dont la vie bascule le jour où leur petite fille tombe dans le lac à proximité de la maison et se noie, malgré l'intervention de son père qui ne parviendra pas à la sauver. Quelque temps plus tard, le couple décide de partir en villégiature à Venise, histoire de tenter de se remettre du drame. L'homme doit y superviser des travaux sur une église sous l'oeil bienveillant d'un évêque. C'est là que le couple croise, dans un restaurant, deux vieilles dames, en fait des soeurs, dont l'une est aveugle. Voulant les aider, Mme Baxter les suit au toilettes où l'une d'elle lui avoue avoir vu la fillette décédée, assise entre ses parents.
Dès lors, la pauvre mère éplorée commence à participer à des séances de spiritisme, au grand dam de son mari qui ne croit pas à tout cela. Y compris quand l'aveugle tente de prévenir la femme au sujet d'un danger que courrait son époux. 

Charlatanisme ou véritable prédiction ? La réponse viendra dans un final glaçant qui donnera tout son sens à l'histoire. S'il est un film qu'il faut absolument voir jusqu'au bout, c'est bien celui de Nicolas Roeg. Pourtant, autant le dire, la tâche est relativement difficile tant le réalisateur ne facilite absolument pas la comprehension du spectateur, multipliant les scènes, parfois dans le désordre, ou qui se terminent brutalement. Ainsi, une scène d'amour entre les époux Baxter sera constament entrecoupée de gros plans. Tout au long du film, Nicolas Roeg ne cesse de perdre le spectateur volontairement, à l'instar du personnage de Donald Sutherland dans les ruelles d'une ville de Venise, qui n'a jamais paru aussi labyrinthique. Fatalement, on finit par se demander où veut en venir le réalisateur et celui-ci semble constamment naviguer à perte de vue, ce qui n'est bien sûr qu'une impression.

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Pourtant, Nicolas Roeg maintient constamment la tension par petites touches. Ça commence par la terrifiante scène de mort de la fillette, que le réalisateur ponctue avec l'image d'un liquide rouge qui se répand sur une photo, des éléments épars comme ces meurtres à répétition mettant sur les dents la police de Venise, les signes comme la fameuse couleur rouge qui revient souvent (gros plan sur un bonnet d'enfant, rouge, bien sûr), des apparitions comme le visage d'une des soeurs dans un halo de lumière, ou les comportements de certains personnages comme le curé, en passant par ces détails renvoyant sans cesse à la mort de la fillette (le corps sorti de l'eau) et jusqu'à la scène finale que je ne dévoilerai pas.
Oeuvre unique, totalement à contre courant (rappelons que le film est sorti en pleine période des copies de L'exorciste), Ne Vous Retournez Pas est un très grand film, magistralement interprété et à la réalisation diabolique (encore une fois, Venise n'a jamais paru aussi inquiétante). Bref, une oeuvre à découvrir absolument, mais qui, j'insiste, ne plaira pas à tout le monde.

Note : 16/20

titi Titi

Que Viva Mexico ! (Le chef d'oeuvre maudit de Sergueï Eisenstein)

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Genre : Expérimental, Documentaire, Muet

Année : 1932

Durée : 1H25

L’histoire : Histoire et chronique du Mexique à travers divers personnages et divers événements. 

La critique :

Aujourd’hui, nous allons évoquer un des films les plus énigmatiques de l’histoire du cinéma, j’ai nommé Que Viva Mexico ! de Serguei Eisenstein. Un véritable film maudit d’un réalisateur de génie. L’histoire du film en lui-même est entrée dans la légende du septième art. C’est donc à la fois l’histoire du Mexique et l’histoire de l’œuvre en elle-même qui nous sont racontées. En effet, il s’agit là d’une version montée en 1979, soit 44 ans après la réalisation du film. Attention SPOILERS !
Que Viva Mexico ! s’ouvre d’abord sur des images du Mexique. Ensuite, on a droit à une interview de Grigori Aleksandrov, l’assistant réalisateur d’Eisenstein, qui nous raconte la naissance du film. Dans les années 1930, Eisenstein effectue un voyage aux Amériques. Son idée est alors de tourner un film sur « le nouveau continent ».

Malheureusement, le réalisateur russe ne parviendra pas à s’entendre avec Hollywood. Il décide alors de faire un film au Mexique un pays qu’il affectionne particulièrement pour ses richesses culturelles. Le producteur Upton Sinclair, un socialiste millionnaire, accepte de produire le film. Au final, ce qui devait être une œuvre se déroulant au Mexique devient une œuvre sur le Mexique. C’est alors que le film démarre, un film muet en l’occurrence. Cependant, les habituelles planches écrites qui décrivent des éléments tels que les dialogues ou les prologues, sont ici remplacées par une voix-off rajoutée lors du montage en 1979. L’histoire du Mexique est alors évoquée à travers trois chapitres : Fiesta, Sandunga, Maguey
On suit le parcours de différents personnages et divers événements. Un mariage, une corrida, la fête des morts, mais également l’oppression des riches propriétaires dont sont victimes les péons.

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Que Viva Mexico ! se situe donc une fois encore entre le cinéma et le documentaire. Plusieurs scènes sont directement issues de la vie réelle. D’autres ont été jouées par des acteurs étant tous des non-professionnels, ce qui accentue cependant le réalisme. A la fin du film, on retrouve Grigori Aleksandrov qui nous raconte la fin de cette œuvre. A l’époque, Eisenstein et Aleksandrov avaient filmé 70 000 mètres de pellicule. Cependant, Sinclair leur coupa les vivres et récupéra les bandes. 
C’est ainsi que se termina Que Viva Mexico ! Ainsi le quatrième chapitre, initialement prévu et intitulé Soldadera, ne sera pas réalisé. Ce qui est plus d'autant plus regrettable quand on sait que ce chapitre devait raconter la révolution mexicaine. Eisenstein sera littéralement dépossédé de son film et plus jamais, il n’en parlera.

30 ans après la mort de ce génie, les USA permirent à l’URSS de récupérer des rushes. Cependant, il manquait 15 000 mètres de pellicule. Eisenstein était mort, de même qu'Edouard Tissé, le directeur de la photographie, il ne restait plus qu’Aleksandrov. En 1979, ce dernier décida d’effectuer le montage du film avec ce qui était disponible, il sera aidé de la monteuse Esther Tobak. Ils monteront alors le film « tel que l’avait conçu Eisenstein, tel que je me l’imaginais et tel que je me le rappelle » déclare Aleksandov. C’est ainsi que le film sort enfin 44 ans après sa réalisation. 
Au final, le résultat est certes très beau mais forcément décevant quand on pense à ce que cela aurait pu (dû ?) être. On a droit à une grande fresque expérimentale entre la fiction et le documentaire sur le Mexique.

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On retrouve le style du réalisateur qui s’attache aux symboliques. Plus que tout, Eisenstein s’intéresse au folklore local. Il filme ainsi les temples et monuments aztèques de façon magistrale, ainsi que les fiestas mexicaines. Par ailleurs, le réalisateur russe semble particulièrement fasciné par la fête des morts, un événement qui lui permet là encore de jouer avec les symboles pour évoquer certains aspects de la société. Car en effet, Que Viva Mexico ! prend également une dimension critique lorsqu’il montre l’oppression des propriétaires sur les péons avant la révolution. 
Ce chapitre se terminera sur une scène choc dans laquelle des opposants sont enterrés jusqu’aux épaules et sont mis à morts, la tête piétinée par les cavaliers. Une scène forte comme Eisenstein sait les faire. Bien des années plus tard, cette scène trouve des résonnances dans le chef d’œuvre de Fernando Arrabal, Viva La Muerte.

Comme habituellement chez le réalisateur, il n’y a pas vraiment de personnages principaux, Que Viva Mexico ne raconte pas l’histoire de personnes mais l’histoire d’un pays, comme ce fut le cas pour les précédentes œuvres du cinéaste. Que Viva Mexico ! permet donc à Eisenstein de se diriger vers de nouveaux horizons esthétiques et une fois encore, le cinéaste tire largement profit du paysage mexicain et de sa culture pour nous livrer des images somptueuses, parfois étranges et irréelles. Que Viva Mexico ! est vraiment un film à part et difficile à évaluer. 
Cependant, on ne peut que regretter que ce film ne soit pas ce qu’il aurait dû être. A ce propos, l’écrivain Dominique Fernandez déclara : « Il ne monta jamais son film, ce qui aurait peut-être été le plus beau film du monde ». Un film maudit qui a sombré dans l’oubli, mais qui dégage une force particulière. Une vraie curiosité cinéphilique à découvrir.

Note : 16,5/20

vince Vince

20 mai 2017

Le Dernier Exorcisme : Part II (Entre le ridicule et l'ennui)

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Genre : Horreur, épouvante

Année : 2013

Durée : 1h30

L'histoire : Au fin fond de la Louisiane, Une jeune fille est découverte complètement terrifiée et prostrée. Recueillie dans un établissement abritant d'autres adolescentes à problèmes situé à la Nouvelle Orléans, elle tente de reprendre une vie normale et de se reconstruire. Mais son cauchemar est loin d'ètre terminé.

La critique :

On peut clairement se demander ce qui passe par la tête de certains producteurs, responsables à vouloir donner à tout prix des suites à des oeuvres qui ne le justifient pas, hormis l'appat du gain. C'est notamment le cas du film Le Dernier Exorcisme, sorti en 2010 et produit par Eli Roth. Un film qui surfait sur la vague du Found Footage et n'avait rien de vraiment exceptionnel, ni de spécialement enthousiasmant. Pourtant, les résultats au box office sont suffisamment encourageants pour pousser les responsables à lancer un second épisode, donc Le Dernier Exorcisme : Part II, toujours produit par Eli Roth et dans lequel Ashley Bell reprend son personnage, tandis que la mise en scène est cette fois confiée à Ed Glass-Donnelly, dont c'est le second long métrage.
Les auteurs ont laissé tomber le côté documentaire du premier opus, ce qui est une bonne chose tant cette méthode devient de plus en plus souvent un parti pris.

Le film commence avec un bref résumé du premier opus avant de prolonger l'histoire. On retrouve donc Nell Sweetzer, l'adolescente du premier film, traumatisée et découverte après s'être cachée dans un appartement, par les propriétaires. Neill passe donc devant un psychiatre qui tente de comprendre son traumatisme, puis est envoyée à La Nouvelle Orléans, dans l'établissement de John Calder, où se trouvent déjà plusieurs autres filles ayant chacune un passé difficile.
L'adolescente a alors un travail, découvre l'amour et l'amitié avec ses nouvelles camarades et un jeune garçon. Peu à peu, Neill réapprend à vivre. Pourtant, des visions de plus en plus bizarres lui apparaissent. Bientôt, la jeune fille doit se rendre à l'évidence : son cauchemar est loin d'ètre terminé, il ne fait même que commencer.

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Autant le dire sans détour. Non seulement ce second opus ne s'imposait pas (oui je me répète) mais en plus, il s'agit d'un des plus beaux navets de l'année 2013. Si l'idée de ne jamais quitter le personnage central est plutôt bonne, il aurait été également judicieux de soigner autant la mise en scène que le scénario qui tourne rapidement dans le vide. Car dans Le Dernier exorcisme : Part II, on alterne entre l'ennui et le ridicule. Le film s'attarde très longuement sur les visions qui hantent le personnage de Nell, tout en brodant longuement sur des détails sans intérêt.
L'adolescente tombe amoureuse ou demeure la bête noire de ses camarades lorsque celles6ci découvrent son passé. En ce qui concerne les visions, elles se limitent au minimum puisqu'on a des fantômes qui épient la jeune fille ou des personnes qui lui apparaissent en rêve, comme son père.

Bref, tout ça est largement sans intérêt et il faudra patienter jusqu'a la dernière partie pour découvrir la seule bonne idée de cette suite, à savoir un exorcisme qui échoue et la solution radicale qui en découle. Malheureusement, on a droit ensuite à des meurtres hors champ et à une fin du monde mal torchée et franchement risible. Enfin, je m'en voudrais de ne pas citer les trois scènes les plus grotesques du film, qui le font allègrement basculer dans le ridicule. 
D'abord, une lévitation où notre diable prouve qu'il est vachement fort, puisqu'on a droit à un acte sexuel avec pénétration alors que Neill garde tout ses vêtements, une autre scène o% Neill balance au démon : "Je vais te tuer" et enfin, une troisième scène qui ne sert à rien, où Neill lèche la joue de sa colocataire, sans qu'on ne sache réellement pourquoi. Bref, Le Dernier exorcisme : Part II ne raconte rien d'intéressant et s'avère rapidement chiant et loin d'être effrayant. Bref, au risque de me répéter, une suite qui ne s'imposait pas et n'apporte strictement rien à son modèle. 

Côte : Navet

titi Titi

Dracula et les Femmes (Dracula surgit d'outre-tombe)

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Genre : horreur, épouvante 
Année : 1968
Durée : 1h32

Synopsis : Dans un village, une jeune femme est retrouvée morte et portant la marque d'un vampire. L'évêque et le curé monte au château de Dracula, l'un deux fait une chute, et se blesse. Le sang coulant de sa blessure réveille le prince des ténèbres enfoui sous la glace. L'homme de Dieu devient son serviteur et l'aide dans ses terribles méfaits.

La critique :

Freddie Francis fait partie de ces honnêtes artisans du cinéma bis qui a oeuvré et participé - soit en tant que cinéaste ou directeur de la photographie - à plusieurs films notoires, notamment La Révolte des Triffides (1962 et aussi son tout premier long-métrage), Le Train des Epouvantes (1965), They came from beyond space (1967), ou encore Les Docteurs et les Assassins (1985). Parallèlement, Freddie Francis suscite les convoitises de la Hammer, une société de production spécialisée dans les films d'épouvante. On lui doit notamment L'Empreinte de Frankenstein (1964) et Dracula et les Femmes (1968). En outre, c'est le cas de Dracula et les Femmes qui nous intéresse aujourd'hui.
Le film est le troisième chapitre d'une saga en huit épisodes - donc une octalogie - débutée en 1958.

Dracula et les Femmes est donc précédé par Le Cauchemar de Dracula (Terence Fisher, 1958), Dracula, prince des Ténèbres (Terence Fisher, 1966) et sera suivi par Une Messe pour Dracula (Peter Sasdy, 1970), Les Cicatrices de Dracula (Roy Ward Baker, 1970), Dracula 73 (Alan Gibson, 1972), Dracula vit toujours à Londres (Alan Gibson, 1974) et Les 7 Vampires d'Or (Roy Ward Baker, 1974). Pour la troisième fois de sa carrière, Christopher Lee endosse derechef la cape et les crocs acérés du célèbre vampire. Viennent également s'ajouter Rupert Davies, Veronica Carlson, Barry Andrews, Barbara Ewing, Ewan Hooper et Michael Ripper.
A l'origine, c'est Terence Fisher qui était envisagé pour réaliser Dracula et les Femmes.

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Mais le cinéaste est victime d'une grave blessure à la jambe avant le tournage (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Dracula_et_les_Femmes). Il est donc remplacé par Freddie Francis qui a déjà officié pour le compte de la Hammer. Attention, SPOILERS ! (1) Un village d'Europe Centrale vit encore dans la terreur du vampirisme depuis qu'une jeune femme fut découverte exsangue dans le clocher de son église. Une année passe après que  Dracula a été anéanti, et Monseigneur Muller, en visite de routine, constate que les paroissiens persistent à déserter le lieu de culte.
Décidé à combattre les superstitions, il entreprend d'exorciser le château du vampire, accompagné du prêtre local, à la foi faiblissante. En chemin, ce dernier, épuisé, se laisse distancer et, à la suite d'une frayeur, fait une chute bénigne, causant un flot de sang qui atteint les lèvres de Dracula, emprisonné dans la glace du torrent.

Le vampire reprend alors « vie » et, avec l'aide du prêtre tenu par son emprise, se rend à Kleinnenberg, exercer sa vengeance sur Monseigneur Muller, ainsi que ses proches, pour avoir osé le bannir de son château (1). Certes, dans les années 1960, la Hammer est encore au faîte de sa gloire. A juste titre, la firme britannique est considérée comme le parangon de l'épouvante. Mais vers le milieu de la même décennie, la Hammer montre déjà quelques sérieux signes d'essoufflement. 
Dès 1968, l'hégémonie de la société britannique est déjà contrariée par une autre forme d'épouvante, cette fois-ci beaucoup plus contemporaine, et marquée par l'arrivée de Rosemary's Baby (Roman Polanski, 1968). Parallèlement, un autre film d'horreur marque durablement les persistances rétiniennes : La Nuit des Morts-Vivants de George A. Romero.

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Dracula, la Momie, le loup-garou et Frankenstein sont priés de retourner dans leurs sépulcres au profit de nouvelles perfidies : l'AntéChrist et les macchabées cannibales. En l'occurrence, la Hammer opte pour un long-métrage de facture classique et laconique. Pas question de prendre des risques. C'est dans ce contexte que la firme mise sur des acteurs bien connus du grand public. Ainsi, Christopher Lee revêt une nouvelle fois les oripeaux de Dracula.
Plus que jamais, le film de Freddie Francis s'échine à reprendre la fameuse dialectique de Nosferatu le Vampire (Friedrich Wilhelm Murnau, 1922). Là aussi, Dracula préfigure cette peur ancestrale. Son aura démoniaque et méphistophélique continue de hanter les habitants d'une petite communauté.

Pour éradiquer cette menace ineffable, deux prêtres sont chargés d'exorciser le château du vampire (je renvoie au synopsis). Hélas, suite à toute une série de péripéties, la créature surgit d'outre-tombe. Narquois, le monstre s'acoquine et s'énamoure d'une certaine Maria Muller, déjà convoitée et courtisée par Paul. Dès lors, le film se transforme rapidement en huis clos anxiogène. Peu de séquences se déroulent finalement en extérieur. L'essentiel du long-métrage prend sa place dans une auberge à la merci et surtout sous les roueries de Dracula, plus cupide que jamais.
Rien à redire sur la performance des acteurs. Derechef, Christopher Lee incarne une créature manipulatrice, pernicieuse et luciférienne. En revanche, la réalisation de Freddie Francis se montre beaucoup trop sobre et conventionnelle pour susciter l'adhésion sur la durée. Ensuite, la conclusion finale se révèle plutôt décevante, annonçant déjà un probable futur chapitre. En l'occurrence, ce nouveau long-métrage sur les turpitudes de son célèbre vampire peine réellement à se renouveler, d'où une impression assez mitigée lors du générique final. Mais ne soyons pas trop sévères, Dracula et les Femmes reste un bon cru de la Hammer, toutefois inférieur à Le Cauchemar de Dracula, soit (probablement) la référence ultime de la saga. Tout à fait recommandable, donc !

Note : 14/20

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(1) Synopsis du film sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Dracula_et_les_Femmes

19 mai 2017

Viva la Muerte (L'imagination fertile d'un enfant)

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Genre : Drame, inclassable (interdit aux - 16 ans)

Année : 1971

Durée : 1h30

 

Synopsis :

La vie d'un adolescent en Espagne à la fin de la guerre civile dont le père, un rouge, a été dénoncé par sa mère.

 

La critique :

Je vous l'ai dit qu'à chaque dixième chronique, je me ferais un plaisir de chroniquer un film plus trash que ce que j'ai l'habitude de faire. Aujourd'hui, l'heureuse oeuvre élue est une étrange chose du nom de Viva La Muerte réalisé en 1971 par le célèbre Fernando Arrabal, à l'origine d'autres films sulfureux tels que le mystique J'irai comme un cheval fou ou encore L'Arbre de Guernica, pour ne citer que deux exemples. Artiste impressionnant de productivité en étant à la fois poète, romancier, essayiste, dramaturge et bien sûr cinéaste, il réalisa 7 longs-métrage, une centaine de pièces de théâtre, 14 romans, plusieurs essais et, tenez-vous bien, près de 800 livres de poésie.
Ca impressionne et on comprend mieux l'imagination inhumaine de ce bonhomme quand l'on visionne ces oeuvres. 
Il sera également confondateur de l'obscur mouvement actionniste Panique avec Alejandro Jodorowsky, Roland Topor et Christian Zeimert et créera également la pièce de théâtre Fando et Lis transmuté en film par Jodorowsky. Néanmoins, ne vous attendez pas à un cinéaste accessible car, comme dit auparavant, son cinéma est sulfureux, et Arrabal rencontrera divers soucis avec la censure française en raison d'une Espagne toujours sous régime Franquiste. Soit, bienvenue dans un cinéma complètement farfelu et maintenant direction la critique !

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ATTENTION SPOILERS : Après la guerre d'Espagne et sous le régime franquiste, Fando, un garçon d’une dizaine d’années, cherche à comprendre pourquoi son père a disparu. Il ne tarde pas à découvrir que c’est sa mère, pieuse catholique, qui a dénoncé son mari antifasciste. Perturbé par ces révélations, Fando va enquêter pour savoir ce qu’est devenu son père. Dans un pays cadenassé par la censure et les interdits religieux, Fando, partagé entre haine et amour pour sa mère et l’espoir de retrouver son père vivant, va enfanter autant de délires sexuels que morbides.
Je vous l'ai dit plus haut : bienvenue dans un cinéma farfelu, hors norme et complètement inimaginable la première fois que l'on s'y jette ! Viva La Muerte est à n'en pas douter un film d'une époque révolue où la libération des moeurs est passée par là, où les cinéastes ne se refusaient quasiment aucune excentricité, toute règle de bienséance étant violemment rudoyées par certains. Arrabal transpose son récit en mettant en première ligne Fando, un jeune garçon évoluant dans une société qu'il ne comprend pas.

Société alors toujours sous la dictature franquiste où les exécutions étaient monnaies courantes afin de se débarrasser de la "vermine rouge". Celui-ci est loin d'être épanoui car son père a été arrêté pour traîtrise à la patrie et que sa mère est tantôt protectrice et tantôt sujette à le maltraiter. Arrabal dénonce et lâche une féroce critique envers ce régime fasciste, tout ce qu'il y a de plus inhumain, n'ayant aucune considération pour le genre humain et s'enfermant dans un délire de violence absurde et de sectarisme disproportionné, la religion ayant une influence considérable à l'époque.
Cette société violente ne sera pas sans conséquence sur la psychologie encore très fragile de Fando et celui-ci ne tarde pas à perdre contact avec la réalité en s'enfermant dans des délires hors normes encore impressionnants près de 45 ans après sa sortie. Le réalisateur ne se censure pas et montre le tout crûment, que ça soit scatophilie, torture, inceste ou encore les mutilations et la nécrophilie. 

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Viva la Muerte est synonyme de déluge graphique où la violence est omniprésente. Un témoignage avant tout de la situation psychologique d'un enfant malmené et dépassé par un mode de vie bâti sur la violence. Arrabal démontre que l'imagination, très fertile, d'un enfant peut donner lieu à la création de pensées toutes plus choquantes les unes que les autres quand celui-ci évolue dans un environnement néfaste, en l'occurrence une société en pleine dérive. La mise en place de l'horreur humaine vue à travers les yeux d'un enfant de 10 ans est rigoureuse. 
Viva La Muerte
peut ainsi se targuer de posséder plusieurs séquences marquantes et d'une violence assez forte à l'image de cavaliers fonçant à toute allure sur le père de Fando enterré dans le sable avec juste sa tête à l'air libre. On pourra aussi parler de cette douloureuse mutilation d'un curé qui mangera ses propres organes génitaux en remerciant le seigneur ou de ce très impressionnant égorgement d'une vache. Et ça ce ne sont qu'une goutte d'eau dans un océan d'infâmie, et je n'ai pas parlé de la scatophilie !

En voyant cela, le fascisme n'est pas seulement critiqué mais la religion également sans oublier l'armée bien sûr. En gros, cette oeuvre est un bouillon de culture fort avant-gardiste et extrêmement acide envers l'Espagne de l'époque. Difficile donc de dire que l'on a "aimé" ce film tant le métrage additionne les délires scandaleux, toujours représentés par des filtres de différentes couleurs donnant un aspect clairement irréel. Jamais la gratuité n'est de mise, Arrabal dépeignant et analysant le portrait d'un jeune enfant incapable de comprendre le sens de toute cette violence et qui se désolidarisera indirectement de tout ceci au fur et à mesure de l'avancée de l'histoire.
Ceci dit, on sera en droit de comprendre les critiques reprochant une débauche excessive de violence. En l'état, difficile de s'imaginer qu'un garçon de cet âge fantasme déjà sur des délires scatophiles et nécrophiles. Je suis un peu resté dubitatif sur l'utilité de ces séquences au début mais au fur et à mesure, on se rend compte que ce n'est pas si idiot que ça.

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La scatophilie sera surtout représentée comme l'irrespect par excellence envers une personne. La scène de la mère déféquant sur le père enfermé dans une cellule en est un exemple frappant. En l'occurrence, on a là un film psychanalytique et hautement symbolique qui en rebutera plus d'un de part son jusqu'au-boutisme, sa nature surréaliste très marquée et sa relative complexité qui mériterait plus qu'une simple chronique. Difficile d'en dire plus car on a un film qui se vit pleinement et qui reste longtemps dans la tête après le visionnage de part toutes les thématiques traitées, y compris cette dualité sentimentale de Fando envers sa mère qui sera partagé entre son amour instinctif et sa haine suite aux mauvais traitements qu'il recevra. A ce sujet, la performance de la mère incarnée par Nùria Espert, à la fois belle et glaciale, est exemplaire. Un jeu d'acteur qui nous sautera aux yeux, là où les autres acteurs seront bien moins marquants, à l'exception de Fando incarné par Mahdi Chaouch, touchant et désemparé.

En conclusion, il ne fait aucun doute que Viva La Muerte est un film très compliqué à analyser et que cette chronique, à elle seule, est bien insuffisante pour mettre en avant tout le potentiel d'un film qui, personnellement, a eu du mal à me faire rentrer dedans mais qui a su par la suite susciter un intérêt non négligeable. Puissant et corrosif dans ses dénonciations, cette oeuvre est l'archétype même d'un film qui dérange et qui est sujet à controverses.
Il ne fait aucun doute que la censure de l'époque ne fut pas exagérée compte tenu du radicalisme de l'oeuvre. Radicalisme encore presque inédit dans le circuit cinématographique traditionnel. Bien que je n'ai pas eu le choc tant attendu, il est évident que Viva La Muerte cumule bon nombre de qualités et plaira sans nul doute aux amateurs d'oeuvres complexes. Un long-métrage, à peu de choses près, inclassable (donc difficile de mettre une note) à réserver toutefois à un public averti bien que Wikipedia mentionne une stupide interdiction aux moins de 12 ans. Croyez-moi, l'interdiction aux moins de 16 ans n'est pas usurpée et on le ressentira très vite dès l'introduction avec ces dessins de tortures avec, en fond sonore, une musique enfantine. Je vous l'avais dit que c'était du cinéma farfelu.

 

Note : ???

 

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The Final ("Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?")

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Genre : horreur, drame (interdit aux - 16 ans)
Année : 2010
Durée : 1h33

Synopsis : Un groupe de lycéens se venge des élèves qui les ont tourmentés jusque-là.

La critique :

Le nom de Joey Stewart risque de ne pas vous évoquer grand-chose et pour cause. Le cinéaste est essentiellement connu pour avoir réalisé plusieurs épisodes de séries télévisées, notamment Walker, Texas Ranger, The Client List, Top Chef, Chase et Inspector Mom. Bref, rien de bien transcendant ni de particulièrement jubilatoire. C'est en 2010 qu'il signe son tout premier long-métrage, à savoir The Final. Inutile de le préciser mais le film n'a pas bénéficié d'une sortie dans les salles obscures et a dû se contenter d'une petite sortie (très) discrète en DTV (direct-to-video).
Ironie du sort, c'est la société Elephant Films qui a publié le long-métrage en dvd et en Blu-ray. Pourquoi ironie du sort ? Tout simplement parce que The Final s'inscrit dans le sillage et la continuité d'Elephant (Gus Van Sant, 2003).

En effet, le film de Joey Stewart s'inspire (en grande partie) d'un terrible fait divers qui concerne le massacre de douze étudiants dans le lycée de Columbine. Toutefois attention, The Final se démarque radicalement d'Elephant puisque le film joue également la carte du torture porn. En l'état, le long-métrage se démarque également de toutes ces productions actuelles qui jouent la carte de la complaisance et de la surenchère. Non, The Final n'est pas un nouvel ersatz de Saw (James Wan, 2004) ni de Hostel (Eli Roth, 2006). De surcroît, le scénario du film opte pour une transposition libre de la fusillade de Columbine.
Si le film s'inspire (encore une fois) de ce terrible fait divers, il adopte une tonalité bien différente sur fond de vindicte adolescente. En outre, la distribution de cette modeste série B ne réunit pas des acteurs très connus du grand public.

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A moins que vous connaissiez les noms de Marc Donato, Jascha Washington, Whitney Hoy, Lindsay Seidel, Laura Ashley, Justin S. Arnold et Travis Tredford ; mais j'en doute... Attention, SPOILERS ! (1) Dans un petit lycée du Texas, un groupe d'adolescents constamment persécutés et humiliés par leurs camarades, organisent un bal de fin d'année pas comme les autres. Triés sur le volet, les élèves les plus populaires sont conviés à une party qui s'annonce la plus mortelle de l'année.
Drogués puis enchaînés, ils y apprendront une leçon qu'ils retiendront jusqu'à leur mort... (1). Indubitablement, on tient un film choc et plus complexe qu'il n'y paraît. Si le massacre se déroule bien à l'extérieur du lycée, et plus particulièrement lors d'un bal de fin d'année (je renvoie au synopsis), les prémisses de l'horreur débutent réellement dans un bahut (à priori) sans histoire.

Ainsi, le scénario de The Final se focalise sur quatre jeunes éphèbes (Emily, Jack, Ravi, Andy et Dane) conspués, rudoyés et régulièrement gourmandés par leurs camarades de lycée. Pour Joey Stewart, la middle-class lycéenne semble se diviser en deux castes radicalement opposés : les petits bourgeois altiers qui réprimandent les plus faibles, et les opprimés condamnés à subir les furibonderies de leurs congénères. Joey Stewart opère également une dichotomie entre ces mêmes adolescents indociles et leurs propres parents. Dans The Final, les adultes sont donc les grands absents du scénario.
C'est seulement lors d'une escapade nocturne que Kurtis, un des lycéens kidnappés, sera de nouveau fait prisonnier par un ancien soldat du Vietnam...

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Par ailleurs, ce n'est forcément la partie la plus éloquente du film... La grande force de The Final repose sur son ton résolument impartial, radical et brut de décoffrage. A aucun moment, Joey Stewart ne prend fait et cause pour ses tortionnaires ni pour ses victimes. S'il est en effet difficile de supporter les tortures perpétrées par notre bande de petits sadiques, il est impossible, en contrepartie, de s'émouvoir pour ces victimes pusillanimes, couardes, rogues, faraudes et prétentiardes.
De facto, il se dégage de The Final une sensation de malaise quasi permanent puisque le spectateur est carrément convié à assister à toute une série d'ignominies dans les règles. Au programme des tristes réjouissances : un sportif aguerri poignardé et paralysé pour le restant de ses jours, une belle adolescente défigurée à l'acide sulfurique, des doigts amputés... et j'en passe !

Le chef de la bande, Dane, invite aussi ses malheureux convives à réflexionner sur la question suivante : "Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?". Evidemment, la question ne trouvera pas de réponse. En outre, les malheureuses victimes de Dane et de sa bande de dégénérés ne piperont pas le moindre mot, condamnés à regarder leurs pairs agonir et exhaler leur dernier soupir. Certes, un tel sujet aurait mérité davantage de méticulosité et surtout une meilleur analyse.
En résumé, Joey Stewart n'est pas Gus Van Sant mais signe une pellicule à la fois révulsante et fascinante. De surcroît, cette vindicte juvénile semble trouver sa genèse dans le délitement de la cellule familiale. Hélas, sur ce dernier point, Joey Stewart se montre curieusement élusif. Au risque de nous répéter, impossible de ne pas penser à Elephant tant les analogies sont évidentes. Bref, on tient là une série B horrifique surprenante qui mérite mieux, et même beaucoup mieux, que son statut de petit film anonyme.

Note : 14.5/20

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(1) Synopsis du film sur : http://www.ecranbis.com/2012/03/final-critique-et-test-dvd.html

18 mai 2017

L'Intendant Sansho (L'odyssée de deux enfants esclaves)

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Genre : Drame

Année : 1954

Durée : 2h04

 

Synopsis :

Le Japon du 11ème siècle. Un gouverneur de province est exilé pour avoir défendu les paysans contre les autorités féodales. Quelques années plus tard, sa femme Tamaki, sa fille Anju et son fils Zushio sont kidnappés en cherchant à le rejoindre. Tamaki est déportée sur une île, alors que les enfants sont jetés dans un camp d esclaves commandé par l’impitoyable intendant Sansho. Dix ans plus tard, Zushio, amer, a oublié les idéaux de compassion de son père mais Anju l’exhorte à ne pas devenir comme Sansho. Anju apprend alors que leur mère pourrait être vivante, et elle prépare un plan d’évasion pour Zushio.

 

La critique :

Encore un come-back sur le blog avec un autre vieux film asiatique mais cette fois-ci, exit Akira Kurosawa et place à Kenji Mizoguchi, autre cinéaste majeur de l'époque avec, également, Ozu. De ce cercle très privé, il est assez surprenant de voir que Mizoguchi n'est pas celui que l'on cite en premier et c'est d'ailleurs même celui qui est cité en dernier par le grand public, je précise (car il est pour ainsi dire et à juste raison idôlatré chez les cinéphiles), quand l'on se cantonne à ces 3 très grands cinéastes. Certes, ses films n'ont pas été autant propulsés sur le devant de la scène que les grands classiques de Kurosawa et Ozu, même s'ils ont rencontré un franc succès, mais on aurait bien tort de ne pas se lancer dans sa filmographie. Socialiste de conviction ayant vécu une enfance plus que difficile, le réalisateur se lance très tôt dans le cinéma où sa véritable carrière ne démarrera, selon lui, que 14 ans après son premier métrage en réalisant l'excellent Les Soeurs de Gion, sorti en 1936.

Pour la petite anecdote, il est assez impressionnant de savoir qu'il tourna près de 70 films entre les années 20 et 30, dont la majorité sont perdus et qui font de Mizoguchi le réalisateur avec le plus de films perdus, à savoir 62 oeuvres sur ses 94 réalisées. Un véritable drame pour les adorateurs du cinéma asiatique. Pour en revenir à ce que je disais, le réalisateur verra sa reconnaissance après la seconde guerre mondiale avec deux oeuvres en faveur du suffrage des femmes. Le sexe féminin est un thème cher à Mizoguchi comme on pourra le voir avec, entre autres, La Rue de la Honte.
Par la suite, ses oeuvres les plus connues émergeront avec Contes de la Lune Vague après la Pluie, Les Amants Crucifiés et, enfin, L'Intendant Sansho, récompensé du prestigieux Lion d'Argent à la Mostra de Venise. Bref, c'est la première chronique sur le blog d'un film de ce réalisateur donc je vais tâcher de lui rendre honneur.

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ATTENTION SPOILERS : Le Japon du XIème siècle. Une femme, Tamaki, traverse la forêt avec son fils de treize ans, Zushio, sa fille de huit ans, Anju et une servante. Six ans auparavant, son mari, gouverneur de la province de Putsu, a été exilé pour avoir pris le parti de paysans dont on exigeait un trop lourd tribut. Au cours de son périple avec ses enfants, Tamaki est capturée par des marchands d'esclaves qui la vendent comme courtisane dans la lointaine île de Sado. Zushio et Anju deviennent les esclaves de l'intendant Sansho qui gère, dans la province de Tango, un domaine appartenant au ministère de la Justice. Ses méthodes sont féroces et impitoyables. Voilà pour les hostilités avec un synopsis intéressant et témoignant d'une époque où le Japon était assiégé par les truands et les marchands d'esclaves.
Mission remplie ? Question stupide car il faudra bien se dire que L'Intendant Sansho est probablement le film le plus ambitieux de toute la filmographie de Mizoguchi avec cette odyssée s'étalant sur une dizaine d'années de 2 jeunes pris dans les tourments d'une société impitoyable et pas si éloignée que ça de l'anarchie.

A ce niveau, le film ne déroge pas à la règle et possède les thèmes chers au réalisateur avec toujours le thème du sexe féminin dans la société, l'exploitation et la misère du petit peuple. Un cinéma directement reconnaissable et loin des chanbara de l'époque. Le cinéma de Mizoguchi est avant tout un cinéma social et cela saute aux yeux. On évolue avec nos personnages dans la pauvreté la plus totale où le "bas-peuple" est exploité sans pitié par des marchands d'esclave avides et sous contrôle direct des ministres du pays. On comprend vite que l'esclavagisme était une norme tout à fait légale comme boire ou manger. Le réalisateur offre une critique acide de cela en plongeant ces deux enfants après la séparation de leurs parents au beau milieu d'un camp d'esclave.
Le cinéaste tient à marquer durablement les esprits à l'époque et nous balance à la face toute la cruauté de ces camps où les prisonniers étaient totalement asservis et voués à n'être que de simples marchandises où les puissants ont le droit de vie et de mort dessus.

Les esclaves travaillent dans des conditions lamentables, n'ont que de maigres repas pour se nourrir, sont apathiques et fragiles et plus encore violemment rudoyés en allant parfois jusqu'à la torture physique. Certes, ces séquences se résumant au marquage au fer rouge, compte tenu de l'époque, sont suggérées mais elles sont traitées et parviennent à procurer un certain malaise face à cette foule impuissante et résignée. L'ambiance est puissante, le réalisme saisissant et la reconstitution de l'époque d'une crédibilité impressionnante. Tout est fait pour nous plonger dans cette époque et ça fonctionne plus que bien. Mizoguchi poussera son film un peu plus loin en traitant de la psychologie d'un individu réduit à l'impuissance face à une situation qui le dépasse et qui ne pourra que perdre ses idéaux en acceptant résigné sa condition ou alors en prenant le parti de l'oppresseur en se rangeant à ses côtés.

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La parabole du fascisme saute directement aux yeux quand on se retrouve face à cela. Certains individus espérant avoir des traitements de faveur en rendant service aux esclavagistes. Le propos dérange et on s'éprend très vite de ces simples personnages au destin brisé, surtout de ce vieillard de 70 ans avec 50 années dans le camp. Ne parler que de cela serait réducteur car le réalisateur, comme je l'ai dit avant, parle et fait vivre en permanence les femmes dans son cinéma et cela se verra avec cette dénonciation crue du trafic de geisha où celles-ci, comme pour les esclaves, seront asservies et torturées s'il le faut. Vous l'avez compris, L'Intendant Sansho est une oeuvre traitant de nombreux sujets sociaux et ce, de manière complète et toujours intelligente sans jamais trop en faire.
On frise le sans faute à ce niveau. 
Mais la mise en scène n'est pas en reste car si le film est forcément posé, Mizoguchi entretient une accroche permanente en créant un film qui se vit pleinement, un film où peu de temps morts sont au rendez-vous et où chaque scène a son importance.

Le fait de superbement mettre en scène une odysée désespérée fait que nous nous attachons aux personnages. Le déroulement du récit est toujours crédible et rondement bien mené. Le scénario est intelligent et on ne peut plus efficace alors que le naufrage aurait pu être de mise entre les mains d'un incompétent. La notion de drame prend vraiment tout son sens avec au menu de nombreuses séquences mélancholiques et touchantes. Difficile de s'ennuyer devant ce film sauf si l'on n'adhère pas au noir et blanc. Car justement parlons en du noir et blanc.
A peu de choses près, on frise encore la perfection ici avec une photographie léchée et tout simplement somptueuse. Une photographie que n'aurait pas renié 
Kurosawa. Chaque plan est pensé et les cadrages souvent larges mettent en scène des décors riches en détails, sans oublier ces plans en forêt qui sont à provoquer une inondation de bave dans son salon. L'Intendant Sansho est un vrai régal visuel et on sent cet attrait, comme pour Kurosawa, de magnifier la nature en la montrant plus belle que l'homme. 

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La bande sonore est à la fois belle et savamment dosée et le jeu d'acteur avec aux commandes Kinuyo Tanaka, Yoshiaki Hanayagi, Kyôko Kagawa ou encore Eitaro Shindo est crédible et jamais exagéré à la différence de nombreux films d'époque plus théâtraux. En conclusion, L'Intendant Sansho est un bijou, un très gros bijou qui fascinera complètement le spectateur pris dans la destinée de deux enfants et une femme de bonne famille exploités sans vergogne et relégués au rang des opprimés. Pas seulement splendide visuellement, il est aussi magnifique et puissant dans les différents propos traités en créant une reconstitution très fidèle de l'époque avec en toile de fond, une critique sans concession de la misère humaine, de l'esclavagisme et des idéaux humains bafoués.
Un véritable film social que tout cinéphile se doit d'avoir vu au moins une fois et qui ne pourra que bouleverser le spectateur tout le long avant de lui asséner un dernier coup de matraque face à ce final magnifique et réellement dramatique (et Dieu sait que je ne suis pas une petite fleur devant un film). Un film majeur du cinéma asiatique, un vrai chef d'oeuvre même et qui confirme tout le talent de ce très grand cinéaste. Je mets très rarement des 18 (la note la plus haute que j'ai donné étant un 19 à Orange Mécanique) mais en l'occurrence, L'Intendant Sansho le mérite amplement. Merci Mizoguchi !!!

 

Note : 18/20

 

orange-mecanique Taratata

Kichiku Dai Enkai (Le Bad Taste nippon ?)

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Genre : horreur, gore, trash (interdit aux - 18 ans à Hong-Kong, interdit aux - 16 ans en France)
Année : 1997
Durée : 1h44

L'histoire : Japon, années 70. Aizawa, le leader charismatique d'un groupe d'étudiants d'extrême gauche, se retrouve en prison pour avoir participé à de violentes émeutes. Il délègue alors ses pouvoirs à Masami, sa petite amie. Celle-ci, mégalomane et nymphomane, entend prendre le contrôle du groupe en couchant avec chacun ses membres. Mais bientôt, l'autorité sans limite de Masami va attiser chez certains, un sentiment de révolte.

La critique :

The Untold Story et Ebola Syndrome peuvent dormir tranquilles. Ce n'est certainement pas ce Kichiku dai enkai qui les contestera, une seule seconde, le titre honorifique de référence de la Catégorie III. Je ne sais plus quel site m'avait "vendu" ce film comme le Bad Taste nippon. A savoir un film amateur assemblé de brics et de broques, fait par des copains mais qui balayait tout sur son passage. Ah bon ? On n'a pas dû voir le même film alors ! Tout d'abord, là où le film de Peter Jackson jouait à fond l'humour potache et donnait dans l'irrévérence assumée, Kichiku dai enkai fait dans le sérieux, très sérieux même. C'est bien simple, pendant plus d'une heure, il ne se passe rien ou presque. 
Nous aurons droit à des discussions interminables et sans intérêt, des danses rituelles moisies et des parties de jambes en l'air soporifiques. Alors sur le côté amateur de cette bouse, là, nous sommes totalement d'accord. C'est filmé avec les pieds, les cadrages ont la tremblotte, l'image est sale et le jeu des acteurs est  remarquablement mauvais. 

Si vous ajoutez à cela un scénario qui fait l'apologie du vide intersidéral, vous obtenez un vrai naufrage. Si je suis à ce point critique, c'est que la déception qui résulte de ce film est à la hauteur de l'attente que j'avais fondé en lui. On aurait pu s'attendre à une analyse politique, même succincte, des mouvements contestataires qui ont secoué le Japon dans les années 70. On aurait pu croire, au moins, à un semblant d'une reconstitution fidèle de l'époque dans la mise en scène. 
Rien du tout... L'action se passe soit entre quatre murs, soit en forêt, donc dans des décors neutres. Je passe aussi rapidement sur le fait que les acteurs soient tous fringués à la dernière mode... des années 2000 ! Attention spoilers : Aizawa, le leader d'un groupe d'étudiants gauchistes, se retrouve en prison pour trouble à l'ordre public. Il délègue alors son leadership à Masami, sa copine et seule fille du groupe.

 

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Manipulatrice, mégalo et très portée sur la chose, celle-ci entreprend de séduire chaque étudiant pour mieux les contrôler et maintenir ainsi sur eux, une certaine emprise psychologique. Pendant qu'Aizawa se suicide au fond de sa cellule (sans que l'on sache pourquoi), Yamane, le seul qui soit resté lucide et indépendant, tente de créer un semblant de rébellion au sein du groupe. Cependant, Masami exerce un tel pouvoir sur les autres qu'elle les convainc sans peine d'emmener Yamane en forêt afin de le supprimer. A partir de là, bienvenue dans "Nimportenawak Land" ! 
Après avoir subi quelques tortures d'un minimum syndical, Yamane se fera exploser la tronche par Yokazaki, le plus fidèle admirateur de Masami. Le crâne se retrouvera à moitié décapité (d'où la référence foireuse à Bad Taste). C'est à ce moment-là que le gore entre en scène, il était temps.

Par contre le scénario, lui (enfin ce qui faisait office de scénario), fout le camp définitivement. Ainsi chaque membre du groupe pète littéralement les plombs à tour de rôle dans une joyeuse et sanglante cacophonie. Enfin, cacophonie est une façon de parler puisqu'après une première partie de film incroyablement bavarde, la deuxième partie est quasiment dénuée de tout dialogue. Bref, Masami après s'être envoyée en l'air une dernière fois, se fera dézinguer comme les autres, par un coup de fusil à l'entre jambes. Seul survivant de ce massacre, Fujiwara, un apprenti samouraï, qui restera seul à manier son sabre dans le vide tandis qu'apparaît le générique de fin. Ouf, pas trop tôt.
Les Catégories III sont des films vraiment très particuliers. Mis à part leur quota obligatoire de sexe, de sang et de déviances amorales, aucun lien ne les relie réellement entre eux. Dans ce pot pourri d'extrémités cinématographiques, on trouve tout et n'importe quoi.

 

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Vous aurez deviné sans peine où je situe Kichikai dai enkai. Reste les scènes gore me direz-vous. Si vous ne vous êtes pas endormi avant, vous aurez la "chance" d'y assister. D'un bon niveau, sans être transcendants, les effets spéciaux assurent l'essentiel. N'oublions pas que le film date de 1997 et que de ce fait, nous sommes en droit d'attendre qu'ils tiennent la route. C'est heureusement le cas parce que pour le reste, il n'y a pas grand-chose à sauver. Peut-être cette scène où Masami lèche de façon explicite une tête de poulet mort. Ou alors cette allusion non dissimulée à Flowers of flesh and blood lors de la scène finale, où notre "héroïne" se retrouve étripaillée devant son bourreau contemplatif. Bof, bien pauvre tout ça. Poussif et sans imagination, Kuchiku dai enkai semble être l'oeuvre d'un réalisateur paresseux. Avec un scénario inexistant, des acteurs dégénérés et une intention artistique proche du zéro absolu, ce film flirte avec le néant et ce ne sont pas les rares scènes chocs qui lui évitent de boire la tasse (de saké évidemment). On m'avait présenté ce film comme une bombe, je n'ai vu qu'un pétard mouillé jusqu'à l'os. En conclusion, un navet prétentieux et racoleur qui patauge dans une rare médiocrité. 
A éviter.


Côte : Navet

 

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17 mai 2017

Les films trash, gore, chocs et violents : Cinquième et dernière partie

!!!!!! Comme certains d'entre vous ont peut-être pu le remarquer, la liste emblématique des films violents de Cinéma Choc a rencontré un très gros bug lié à un problème d'affichage des couvertures de chaque film. Chose qui n'est pas très pratique si l'on veut jeter un coup d'oeil de temps en temps, quand on ne sait pas trop quoi regarder comme film. C'est donc avec grand plaisir que je remets la liste flambante neuve à l'ordre du jour avec toutes les belles affiches disponibles. Evidemment, il n'y a aucun changement vraiment notable à l'exception de l'entrée de nouveaux films dans la catégorie 3 que je me suis permis d'ajouter ainsi que 2 dans la catégorie des films chocs. En espérant que cela vous aidera. !!!!!

 

Ainsi, la liste des films trash, violents, gore et/ou extrêmes se divise désormais en plusieurs billets. La première partie pour la catégorie 3, donc les films les plus exigeants en matière d'érubescence, la seconde partie pour catégorie 2 qui euphémise un peu les ardeurs, la troisième partie pour la catégorie 1, la quatrième partie pour les films chocs et/ou violents psychologiquement, et la cinquième partie qui comprend à la fois les films gore mais peu choquants et les nanars et/ou les navets.

 

Très gore mais pas choquants finalement :

 

 

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Bone Sickness, Braindead, Premutos, Re-Animator, Tokyo Gore Police, The Machine Girl, Evil Dead, Poultrygeist-Night of the chicken dead, The Toxic Avenger, The Toxic Avenger 3, The Toxic Avenger 4, Das Komabrutale Duell, The Wizard of gore, Le retour des morts vivants 3, Vibroboy, Adam Chaplin, Chainsaw Maid, Chainsaw Maid 2, Bad Taste: du gore, du gore et toujours du gore ! Les films présents ci-dessus se démarquent surtout par le nombre de litres de sang versé. Ce sont souvent des films amusants à regarder mais pas des nanars non plus. On trouve même des bons films, à l'image de Re-Animator, Evil Dead et de Braindead.

 

Films très violents mais mauvais :

 

 

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Baise-moi, The Bunny Game, Exitus Interruptus, Exitus 2: house of pain, The Green Elephant, Horror Cannibal, Horror Cannibal 2, The Human Centipede 2, I spit on your corpse and i piss on your grave, The Necro Files 2, Nikos the empaler, Pénitencier de femmes, Saw 3, Slaughter Disc, Snuff, Virus Cannibale, KZ9 Camp d'Extermination, Emanuelle et les derniers cannibales, I Spit on your grave 2, The Poughkeepsie Tapes, Décadence, Le sadique à la tronçonneuse, 100 Tears, Bloodsucking Freaks, Welcome to the Jungle, Redneck Zombies, Ratman, The Mother, La petite Mort, La Nuit de la Mort, Scar 3D, Men Behind the Sun 3, L'Amérique Interdite, L'Amérique Interdite 2, Shocking Asia, Ilsa la louve des SS, Ilsa tigresse du goulag, L'Avion de l'Apocalypse, Faces of death fact or fiction ?, Cradle of Fear, Kichiku Dai Enkai, Violent Shit, Violent Shit infantry of doom, Viol la grande peur, Zombie Bloodbath, Feast 2, Feast 3, Fascination, Zombie Ass Toilet of the Dead, Zombie 4, Saw 4, Saw 5, Saw 6, The Urge to Kill, Urotsukidoji 2, Urotsukidoji 3, Urotsukidoji 4, Massacre à la tronçonneuse 4, The Rage, Cannibal Kitchen, Blood Dinner, Chainsaw Maid 3, Hatchet 3, L.A. Zombie, Horrible, Détour Mortel 2, Détour Mortel 3, Détour Mortel 4, Détour Mortel 5, Fantacide, Face à la Mort 3, Face à la Mort 4, Faces of Gore, Zombie Strippers, Une virée en enfer 2, Une virée en enfer 3, Nurse, Run ! Bitch ! Run !, Dark Clown, Brigade des moeurs, All Night Long, Carver, Anatomie de l'enfer, Eat the schoolgirl, A hole in my heart, Penance : certes, les films présents dans cette catégorie sont souvent très gores. Seul problème, et pas des moindres, ce sont soit des navets, soit des nanars. Vous remarquerez que l'on trouve quelques films de Bruno Mattei: Virus Cannibale, Horror Cannibal et Pénitencier de femmes
D'autres films jouent la carte de la surenchère, en mélangeant le gore et la pornographie. C'est par exemple les cas de Exitus Interruptus, Exitus 2 ou encore de Slaughter Disc. Hélas, ces films sont tellement médiocres qu'ils finissent par louper leur cible.
Pour certains films, leurs affiches mentionnent des noms différents. C'est par exemple le cas de Pieces qui devient (en français) Le Sadique à la Tronçonneuse, et de Cannibal Ferox 2 qui devient (toujours en français) Massacre dans la vallée des dinosaures. Pour la photo juste à côté de Cannibal Kitchen, il s'agit de Chainsaw Maid 3.

Transformers 2 : La Revanche (Lobotomie cinéphilique)

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Genre : science-fiction, action 
Année : 2009
Durée : 2h31

Synopsis : Deux ans se sont écoulés depuis que Sam Witwicky a sauvé l'univers d'une bataille décisive entre les deux clans rivaux de robots extraterrestres. Malgré ses exploits, Sam reste un adolescent préoccupé par les soucis des jeunes gens de son âge : alors qu'il s'apprête à entrer à l'université, il doit se séparer de sa petite amie Mikaela et de ses parents pour la première fois de sa vie. Il lui faut aussi tenter d'expliquer son départ à son nouvel ami, le robot Bumblebee. Sam aspire à vivre une vie normale d'étudiant, mais il doit tourner le dos à son destin pour y parvenir. Si Sam a fait ce qu'il a pu pour tirer un trait sur le conflit qui a eu lieu à Mission City et revenir à ses préoccupations quotidiennes, la guerre entre les Autobots et les Decepticons, tout en étant classée secret défense, a entraîné plusieurs changements. Le Secteur 7 a ainsi été dissout et son plus fidèle soldat, l'agent Simmons, a été révoqué sans ménagement. Résultat : une nouvelle agence, NEST, a été mise en place. 

La critique :

2007. Une année qui a sonné le toxin de la société Hasbro et son hégémonie iiréfragable sur la planète Hollywood avec Transformers premier du nom. Véritable parangon du cinéma d'action, le réalisateur et producteur américain, Michael Bay, se joint aux opérations sous les précieuses instigations de Steven Spielberg. Le scénario ? Une guerre entre Autobots et Decepticons sur notre bonne vieille planète. Evidemment, les humains et surtout les Américains viennent s'ajouter aux belligérances, le tout sous le regard hébété d'un vulgaire quidam, Sam Witwicky (Shia LaBeouf), qui se retrouve malgré lui avec le sort du monde entre les mains.
Parallèlement, cet étudiant téméraire s'acoquine et s'énamoure avec la belle Mikaela (Megan Fox). Pas facile de concilier la fin des temps avec des amourettes éphémères.

Qu'à cela ne tienne, non seulement, Sam parvient à séduire Mikaela mais à contrarier les vils desseins de Mégatron (le chef des Decepticons), ennemi juré d'Optimus Prime (le chef des Autobots). Depuis les événements du premier volet, les Transformers sont devenus les nouveaux pacificateurs de notre société moderne et civilisée, tout en obéissant servilement aux intérêt de l'Oncle Sam... Telle est l'introduction racoleuse de Transformers 2 : la Revanche, toujours réalisé par Michael Bay en 2009. Le réalisateur tient enfin sa nouvelle égérie et surtout une nouvelle saga lucrative et mercantile.
Le but sera tout simplement d'exploiter à satiété les aventures numériques et robotiques d'Optimus Prime et de sa bande d'androïdes dégénérés. Dès 2008, Michael Bay et ses fidèles prosélythes s'attellent à l'écriture du scénario de Transformers 2.

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Mais cette fois-ci, le producteur ne peut plus compter sur l'érudition de Steven Spielberg. Qu'à cela ne tienne, à l'instar du premier chapitre, Transformers 2 se soldera, à son tour, par un succès triomphal dans le monde entier. La société de jouets Hasbro jubile et voit ses recettes progresser de façon pharaonique. A cela, s'ajoutent bien évidemment tous les produits dérivés. Pour Michael Bay, c'est l'occasion ou jamais de déployer toute l'armada américaine.
Une autre façon de flagorner l'Oncle Sam. A contrario, les critiques et la presse se montrent beaucoup moins panégyriques. Le long-métrage est même nommé plusieurs fois aux Razzie Awards pour sa cancrerie et sa médiocrité. Transformers 2 mérite-t-il une telle opprobre ? Réponse dans les lignes à venir...

Hormis Shia LaBeaouf et Megan Fox déjà mentionnés, la distribution du film réunit Josh Duhamel, Tyrese Gibson, John Turturro, Ramon Rodriguez, Kevin Dunn et Julie White. Attention, SPOILERS ! Deux ans se sont écoulés depuis que Sam Witwicky a sauvé l'univers d'une bataille décisive entre les deux clans rivaux de robots extraterrestres. Malgré ses exploits, Sam reste un adolescent préoccupé par les soucis des jeunes gens de son âge : alors qu'il s'apprête à entrer à l'université, il doit se séparer de sa petite amie Mikaela et de ses parents pour la première fois de sa vie.
Il lui faut aussi tenter d'expliquer son départ à son nouvel ami, le robot Bumblebee. Sam aspire à vivre une vie normale d'étudiant, mais il doit tourner le dos à son destin pour y parvenir.

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Si Sam a fait ce qu'il a pu pour tirer un trait sur le conflit qui a eu lieu à Mission City et revenir à ses préoccupations quotidiennes, la guerre entre les Autobots et les Decepticons, tout en étant classée secret défense, a entraîné plusieurs changements. Le Secteur 7 a ainsi été dissout et son plus fidèle soldat, l'agent Simmons, a été révoqué sans ménagement. Résultat : une nouvelle agence, NEST, a été mise en place. Alors, quoi de neuf sur la planète "Transformers" ?
Certes, les détracteurs du premier Transformers auraient pu penser, avec beaucoup d'ingénuité, que Michael Bay rectifieraient les bourdes du premier volet. Une chimère. Que les choses soient claires. Transformers 2 : la Revanche se révèle encore plus fastidieux et grandiloquent que son auguste épigone.

Un exploit en somme. Certes, on n'attendait pas forcément grand-chose de ce deuxième opus. En l'état, il semblerait que Michael Bay affectionne tout particulièrement ce bon vieil adage : "Plus c'est gros, plus c'est bon !". De facto, le cinéaste mise avant tout sur l'avalanche d'effets spéciaux. Qui dit numéro 2, dit aussi deux fois plus de robots, deux fois plus d'action, deux fois fois plus de cascades, deux fois plus de conflagrations et deux fois plus d'empoignades, le tout corseté et administré sur plus de deux heures et demie de vide intersidéral.
Tel est le terme qui sied le mieux à cette pellicule anémique. En vérité, difficile de décrire, avec une réelle méticulosité, le scénario de Transformers 2, tant ce dernier brille par son obsolescence. En l'état, impossible de s'attacher à ces cyborgs idiots et gargantuesques en pleine belligérance.

De surcroît, Michael Bay ne réédite pas les fulgurances et les tonitruances de la séquence finale du premier chapitre. D'où l'impression de visionner une suite qui tourne continûment dans le vide. Même les séquences de bastons se révèlent caduques et surannées. Il faudra donc supporter les conversations sibyllines et les dialogues abscons ("Je vais te tuer Optimus Prime !") de robots destructeurs, ainsi que les rebondissements inopinés qui se distinguent essentiellement par leur inanité (la mort d'Optimus Prime pour assister finalement à sa renaissance... Même chose pour Sam Witwicky...). 
Dans ce carcan filmique et scénaristique, seuls quelques acteurs à visage humain parviennent encore à susciter une once d'intérêt. A l'image de ce pauvre John Turturro, hélas beaucoup trop timoré pour sauver ce "naveton" de la catastrophe annoncée.

Côte : Navet 

sparklehorse2 Alice In Oliver

16 mai 2017

Les Nerfs à Vif - 1991 (Fricassée d'avocat sauce harcèlement)

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Genre : Judiciaire, thriller (interdit aux - 12 ans)

Année : 1991

Durée : 2h08

 

Synopsis :

Max Cady, condamné à quatorze années de prison pour viol et voie de fait sur une mineure, est à nouveau libre. Avec détermination et rigueur, il entreprend de se venger de l'avocat Sam Bowden, qu'il estime responsable de son incarcération.

 

La critique :

A de nombreuses reprises, j'ai tempêté sur le fait que le thriller était un genre très difficile à mettre en scène et qu'actuellement, l'Occident avait cette faculté de souvent se rétamer quand un film de ce genre sort. Pour briser ces poncifs, il faut remonter en arrière, pas trop longtemps, mais bien avant que l'appât du gain soit une priorité dans le domaine cinématographique. A ce niveau, les années 90 sont des années de choix pour trouver un bon compromis entre thriller pas trop vieux et qualité certaine. C'est dans ces années-là que nombre de thrillers se sont hissés au rang de film de grande qualité, voire même de grand classique du cinéma. L'un des réalisateurs qui a le plus contribué à ce phénomène et apporté ses lettres de noblesse à ce style est le très connu Martin Scorsese, auteur de grands classiques tels Les Affranchis, Taxi Driver, Raging Bull ou encore Shutter Island et Le Loup de Wall Street dans sa période contemporaine. Vient également s'ajouter le film d'aujourd'hui, donc Les Nerfs à Vif, qui, curieusement, n'est pas le premier film que l'on cite quand on parle de la filmographie du bonhomme et qui est le remake du film éponyme sorti en 1962 avec le grand Robert Mitchum dans le rôle du prisonnier.

Ainsi, le tournage du film fut un peu mouvementé dans ses prémisses vu que c'était d'abord Steven Spielberg qui était sollicité pour le projet, mais qui se désista pour se concentrer pleinement sur La Liste de Schindler. Il proposa alors Martin Scorsese pour le réaliser et le convaincra, après plus d'un an d'arguments, de le faire. Il lira à 3 reprises le script original mais le détesta à chaque fois car la famille Bowden était trop heureuse alors qu'il la voulait misérable. Qu'à cela ne tienne, le projet naquit et sera nommé aux Oscars en 1992 dans la catégorie de meilleur acteur pour Robert de Niro et de meilleure actrice dans un second rôle pour Juliette Lewis. Bref, du Scorsese et des critiques élogieuses ne peuvent qu'attirer. Maintenant passons à la critique. ATTENTION SPOILERS : Max Cady vient de passer quatorze ans dans un pénitencier, reconnu coupable du viol et du meurtre d'une adolescente.
Il n'a qu'une idée en tête : se venger de l'avocat, Sam Bowden, qui l'a jadis fait condamner. Cady est persuadé que Bowden a fait disparaître des pièces du dossier d'instruction afin de s'assurer de sa condamnation. L'ancien détenu s'installe en Floride, dans la petite ville où vivent Sam, sa femme Leigh et leur fille Danielle et va très vite s'immiscer dans leur vie et les harceler de plus en plus.

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Un synopsis diablement efficace et intriguant que voici, signé Scorsese. Le film est-il à la hauteur de nos attentes ? Sans surprise, je vous dis Oui et même 3 fois Oui car, malgré son absence plutôt fréquente dans les premiers noms de la filmographie du réalisateur, Les Nerfs à Vif démontre tout le potentiel du cinéaste et se hérisse facilement parmi ses meilleures oeuvres. En cause, une relation sous tension de 2 personnages que tout oppose entre un ex-truand rendu coupable de viol et de meurtre et de l'autre, un avocat intègre. Pour autant, Scorsese ne met pas de barrière morale entre ces deux individus car l'avocat pas si intègre que ça est avant tout lâche, malhonnête mais surtout infidèle, en entretenant une relation extraconjuguale. De fait, il n'y a pas de bon et de méchant et ces deux personnages sont à mettre dans le même sac, aux dépens de la femme et de la fille du mari.
On est loin du thriller tout gentil en se rapprochant davantage vers un thriller judiciaire sombre et psychopathique.

Plus encore, Scorsese met en scène de façon audacieuse et réfléchie la lente dégradation de cette famille, en apparence normale, filant le parfait bonheur dans une villa luxueuse. Il confrontera également cet avocat bipolaire dans ce besoin de faire régner la justice mais qui falsifia le rapport de Max Cady face à l'apparition de ce même psychopathe le harcelant. La référence aux films Les Chiens de Paille saute directement aux yeux quand son éthique commencera à vaciller et que ce sentiment de vengeance, de violence et d'animosité prendra le dessus sur les valeurs qu'il défendait.
A peu de choses près, on peut parler de réelle descente aux enfers psychologique et celle-ci sera réalisée de manière brillante voire même excellente. Si le propos et les différents thèmes traités sont très bien pensés et mis en scène avec toute la maestria habituelle du réalisateur, la construction scénaristique est de très bonne facture. Les temps morts sont rares et le suspense est à la fois permanent et incisif. On est directement pris dans le feu de l'action au travers de ces 128 minutes de bobine qui passeront comme une lettre à la poste.

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Scorsese ne fait pas dans la dentelle et parsème son film de séquences inoubliables comme celle, proposée par De Niro, où celui-ci mord violemment la joue de la maîtresse de Bowden pour en cracher un morceau. Le thème de prédateur sexuel prend ici tout son sens et ce n'est pas la séquence entre la petite Juliette et Max Cady dans l'auditorium qui dira le contraire. Une scène puissante, inoubliable mais avant tout très dérangeante.

L'interdiction aux moins de 12 ans est loin d'être exagérée et la violence tant physique que psychologique est en permanence aux abonnés présents. La dernière séquence dans les marécages en est un témoignage frappant. A ce niveau, on sera surpris de tout le talent du réalisateur à filmer de manière efficace son récit sans que la caméra ne devienne gênante. Les plans et cadrages sont toujours bien pensés et la photographie est plus qu'agréable en plus d'une bande sonore adéquate pour les moments tantôt calmes et tantôt de suspens et de tension. L'architecture du film est globalement irréprochable et ça, il convient de le souligner. Mais cette chronique ne pourrait être convenable si l'on n'abordait pas le jeu d'acteur, l'autre grand point du film. Ainsi, Robert de Niro dans la peau de Max Cady est tout simplement bluffant en apportant un charisme certain à son personnage qui renforce ce côté psychopathe.
Chacune de ses apparitions impressionne et j'irai jusqu'à dire que Les Nerfs à Vif est l'un des films où De Niro a le plus crevé l'écran. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien qu'il est souvent cité parmi les plus grands méchants.

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Et croyez-moi qu'il aura vraiment vécu son personnage en déboursant 5000$ à un dentiste pour transformer sa dentition comme s'il avait passé 10 ans en prison et en se tatouant avec des teintures végétales. Il travaillera aussi sa musculature jusqu'à obtenir 3% de masse graisseuse. Voilà l'exemple d'un acteur culte. De son côté, Nick Nolte est exemplaire aussi et fait grandement vivre son personnage à travers un jeu d'acteur travaillé et surtout très crédible. Jessica Lange et Juliette Lewis offriront aussi une performance plus qu'honorable. Comprenez bien que, si De Niro est bien sûr le plus marquant de tous, les acteurs sont totalement investis et offrent une excellente prestation.
En conclusion, Les Nerfs à Vif est un excellent thriller sombre et violent où le scénario est redoutable de part sa mise en scène et les thématiques traitées apportant une profondeur certaine au long-métrage. Alors quand la photographie est belle et que le jeu d'acteur frise la perfection, on ne peut être que enthousiaste et applaudir le film à la fin de la projection. Nul doute que Les Nerfs à Vif est un des plus grands thrillers de Scorsese et mériterait la même reconnaissance que Les Affranchis ou Taxi Driver. Un must que tout fan de thriller se doit d'avoir vu au moins une fois. A la fin, on ne saura qu'être trop d'accord avec cette célèbre citation de Hitchcock : "Meilleur est le méchant, meilleur est le film".

 

Note : 17/20

 

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Grave Encounters 2 ("The death awaits")

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Genre : horreur, épouvante (interdit aux - 12 ans)
Année : 2012
Durée : 1h35

Synopsis : Un étudiant en cinéma qui est obsédé par le film "Grave Encounters" décide, avec ses amis, de se rendre dans l'hôpital représenté dans le long métrage. 

La critique :

Pour ceux qui vénèrent, déifient et sacralisent les films sur des activités paranormales et démonologiques, ils connaissent forcément le nom de Grave Encounters, réalisé par "The Vicious Brothers" en 2011. Si le long-métrage n'a pas bénéficié d'une sortie dans les salles obscures, il est largement plébiscité par les fans, les médias et les réseaux sociaux. Après Paranormal Activity (Oren Peli, 2009), Conjuring : les dossiers Warren (James Wan, 2013) et Insidious (James Wan, 2011), Grave Encounters devient le nouveau parangon du genre horrifique.
A l'instar du film d'Oren Peli, Grave Encounters s'inscrit dans le sillage et la continuité du found-footage. Mais, au moins, le film des Vicious Brothers a le mérite de se démarquer de la concurrence.

Ici, point d'atermoiement sur la psyché des protagonistes. Grave Encounters va directement à l'essentiel et a le mérite de présenter rapidement les inimitiés. En outre, ce sont des fantômes démoniaques qui semblent hanter un hôpital psychiatrique à l'abandon depuis plusieurs décennies. Très vite, l'endroit comminatoire se transmute en labyrinthe interminable et morbide. Finalement, les Vicious Brothers ne font qu'appliquer, à la lettre et à la virgule près, la recette anônnée par Le Projet Blair Witch (Eduardo Sanchez et Daniel Myrick, 1999) ; à la seule différence que les animosités ne se déroulent plus dans une forêt ensorcelée, mais dans un lieu claustré et nimbé par des forces lucifériennes.
Suite à ce succès inopiné, un second chapitre, donc Grave Encounters 2, est rapidement envisagé.

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Les Vicious Brothers décident de céder leur place à un certain John Poliquin, totalement inconnu au bataillon. Mais les deux frères participent activement à l'écriture de ce second volet. Derechef, Grave Encounters 2 se solde par un succès commercial par l'intermédiaire du DTV (direct-to-video). A tel point qu'un troisième opus est déjà en cours de tournage, tout du moins, aux dernières nouvelles. A contrario, Grave Encounters 2 recueille des avis presque unanimement défavorables.
La grande majorité des critiques tance une suite fastidieuse et inutile. Reste à savoir si Grave Encounters 2 est bel et bien la déconvenue annoncée. Réponse dans les lignes à venir... La distribution du film réunit Richard Harmon, Leanne Lapp, Sean Rogerson, Dylan Payfair et Stephanie Bennett.

Attention, SPOILERS ! Alex est un jeune étudiant en cinéma obsédé par le film Grave Encounters qui a rencontré un énorme succès par le biais des réseaux sociaux. Le long-métrage des Vicious Brothers est devenu le nouvel apanage du genre épouvante. Après une enquête précautionneuse, Alex convainc plusieurs de ses amis de se rendre directement sur les lieux du tournage, donc dans l'asile psychiatrique à la réputation ténébreuse. Sur place, Alex et ses comparses retrouvent Sean Rogerson, le seul survivant du premier film... Plus de quinze années se sont écoulées depuis la sortie de Le Projet Blair WitchMais le film d'Eduardo Sanchez et de Daniel Myrick continue de hanter et d'imprimer sa marque indébile sur les nombreuses productions horrifiques.
En l'occurrence, Grave Encounters 2 se contenter d'anônner la recette éculée du fameux Projet Blair Witch et reprend aussi la formule avariée de son auguste prédécesseur. 

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Certes, par d'habiles stratagèmes, John Poliquin, une sorte de vulgaire tâcheron outrecuidant, tente de renouveler un concept déjà famélique via l'existence d'univers parallèles. En outre, le scénario de Grave Encounters 2 brille surtout par sa vacuité et son inanité. La première partie du film se distingue essentiellement par son obsolescence. Ainsi, durant presque trente longues minutes, John Poliquin nous convie à suivre les pérégrinations (fêtardes) de plusieurs étudiants en cinéma. Sur ce dernier point, cette suite ne fait pas spécialement dans la pudeur.
Le premier Grave Encounters serait carrément le meilleur film d'horreur de tous les temps. Puis, après une longue séance de beuverie et de consommation de substances illicites, nos héros se rendent enfin sur place.

Début de la seconde partie. Cette fois-ci, John Poliquin opte pour un ton beaucoup plus classique et conventionnel. On se surprend tout de même à frémir et à virevolter sur son siège par d'habiles procédés parfois subtilement amenés. 
Toutefois, rien de neuf sous les projecteurs. Encore une fois, le cinéaste ne fait que reprendre la recette pérorée par les Vicious Brothers. Ainsi, chacun des protagonistes est condamné à exhaler son dernier soupir dans d'atroces circonstances, invariablement taraudé par des spectres sourdant de nulle part. Malheureusement, difficile de s'extasier devant nouvelle historiette sur fond de manipulation, d'activité paranormale et de vengeance.
Comprenez : les fantômes vindicatifs veulent eux aussi s'expatrier dans notre monde réel et utilisent, à des fins cupides, la caméra d'Alex ainsi que les réseaux sociaux... On croit rêver... Finalement, ce dernier et ses congénères ne sont que les instruments des roueries et des complots savamment ourdis par des présences lucifériennes... 
Ou lorsque le cinéma indépendant ne sait plus quoi inventer pour nous faire tressaillir... Bref, si Grave Encounters 2 n'est pas forcément un navet, il se rapproche dangereusement du canular indigeste.

Note : 07/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

15 mai 2017

Les films chocs et/ou violents psychologiquement : catégorie 1 (Quatrième partie)

!!!!!! Comme certains d'entre vous ont peut-être pu le remarquer, la liste emblématique des films violents de Cinéma Choc a rencontré un très gros bug lié à un problème d'affichage des couvertures de chaque film. Chose qui n'est pas très pratique si l'on veut jeter un coup d'oeil de temps en temps, quand on ne sait pas trop quoi regarder comme film. C'est donc avec grand plaisir que je remets la liste flambante neuve à l'ordre du jour avec toutes les belles affiches disponibles. Evidemment, il n'y a aucun changement vraiment notable à l'exception de l'entrée de nouveaux films dans la catégorie 3 que je me suis permis d'ajouter ainsi que 2 dans la catégorie des films chocs. En espérant que cela vous aidera. !!!!!

Ainsi, la liste des films trash, violents, gore et/ou extrêmes se divise désormais en plusieurs billets. La première partie pour la catégorie 3, donc les films les plus exigeants en matière d'érubescence, la seconde partie pour catégorie 2 qui euphémise un peu les ardeurs, la troisième partie pour la catégorie 1, la quatrième partie pour les films chocs et/ou violents psychologiquement, et la cinquième partie qui comprend à la fois les films gore mais peu choquants et les nanars et/ou les navets.

 

Films chocs :

 

 

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Day of the animals, Eraserhead, L'étrangleur de Boston, Funny Games (1997), La Grande Bouffe, Henry portrait d'un serial killer, I spit on yout grave (1978), Moi Christiane F. 13 ans droguée prostituée..., Mondo Cane, Nails, Old Boy, Requiem pour un massacre, A Rebours, Thundercrack !, Tetsuo the iron man, Les Valseuses, Visions of Suffering, Portier de Nuit, Gummo, Sweet Movie, Hellraiser-Le Pacte, Dream Home, Marquis de Sade-Justine, 964 Pinocchio, La Horde Sauvage: Pour Funny GamesMondo Cane 2, Les Yeux sans visage, Tetsuo 2, Tetsuo 3, Apocalypse Now, Le voyeur, The Wicker Man (1973), Tueurs Nés, Le vieux fusil, L'armée des Ombres, Le triomphe de la volonté, Suicide Club, Threads, Le jour d'après (1983), Série Noire, Le Tambour, Taxi Driver, Sa majesté des mouches, Red State, Rampage sniper en liberté, Possession (1981), Polissons et galipettes, Mondo Cane 2, Les 7 jours du talion, Benny's Video, Baxter, Crash, La bombe, Chopper, Death Tube, Canine, L'Âge d'Or, Persona, Necromentia, Mais ne nous délivrez pas du mal, Midnight Express, Festen, Le jeu de la mort (2010), Evilenko, Elephant L'aveu, Délivrance, Combat Shock, Class 1984, Haxan la sorcellerie à travers les âges, Le dernier tango à Paris, Dead Man's Shoes, Gomorra, Le Grand Silence, Incubus, 2000 Maniacs, Baby Blood, L'Amour violé, 8 mm, Mother's day (1980), Osterman Week End, Déjà Mort, Spetters, Ténèbres, Bonnie and Clyde, De Nuremberg à Nuremberg, Les statues meurent aussi, Macadam Cowboy, Shock, La mémoire meurtrie, Maladolescenza, La résidence, Female Trouble, Lune Froide, L'immoralita, La bête, Shortbus, Incarnation, Au nom du fils, La petite soeur du Diable, La philosophie dans le boudoir, Found, Les Crimes de Snowtown. Pour Funny Games, j'ai choisi de mettre la première version puisque le remake est la copie exacte de son modèle. 
Après, on ne trouve pas nécessairement des films trashs dans cette catégorie mais souvent des drames, entre autres Requiem pour un Massacre, La Grande Bouffe ou encore Moi Christiane F. 13 ans droguée prostituée. Pour Mondo Cane, sa place est sûrement discutable. Néanmoins, sans ce film, pas de Face à la Mort ni de Cannibal Holocaust. Et il était logique d'évoquer au moins un film de Sam Peckinpah dans cette catégorie avec le sublime mais néanmoins très violent La Horde Sauvage. Pour ce qui est de l'affiche à côté de Shortbus, il s'agit de la série de courts-métrages Incarnation.

Phantasm (Tremblez devant "The Tall Man" !)

Phantasm

 

Genre : horreur, fantastique (interdit aux - 12 ans)
Année : 1979

Durée : 1h28

Synopsis : Jody 24 ans et Mike de 10 ans son cadet sont deux frères qui ont perdu leurs parents très tôt. L'aîné fait partie d'un groupe avec ses amis Ritchie et Tommy. Lorsque ce dernier meurt dans des circonstances mystérieuses, Jody et Ritchie se retrouvent aux funérailles. Mais la morgue, dirigée par un énigmatique croque-mort géant, semble recéler bien des mystères. Le jeune Mike assiste alors à des événements qui vont attiser sa curiosité et l'entraîner, lui et ses amis, dans une aventure cauchemardesque. 

La critique :

Hé oui, au bout de plusieurs mois d'absence en tant que chroniqueur, je suis de retour. Mais ce retour se fera en douceur. Quel paradoxe pour un dégénéré de la pellicule ! Je vous demanderai donc d'être très indulgent sur la qualité pour le moins douteuse de cette chronique vu que je suis quelque peu rouillé, pour ne pas dire proche de la casse niveau inspiration. Aujourd'hui, n'ayez crainte. Point de film extrême au programme. Films qui m'ont valu une réputation de cinéphile psychopathe, il est vrai, non usurpée. Non aujourd'hui, c'est d'un petit classique du cinéma fantastique que j'aimerais vous parler, à savoir Phantasm, réalisé en 1979 par Don Coscarelli. Coscarelli avait 24 ans lorsqu'il a réalisé cette oeuvre étrange.
Aurait-il pu se douter que son premier essai serait le meilleur de sa filmographie ? Pas sûr... Phantasm est une oeuvre qui joue pleinement sur les peurs enfantines : le noir, la mort, les êtres malveillants, les bâtisses isolées et surtout la présence cauchemardesque d'un croque-mort effrayant, The Tall Man, interprété par Angus Scrimm.

Avec le temps et à travers la franchise Phantasm qui s'instaura par la suite, The Tall Man acquit une très grande notoriété, à tel point qu'il est considéré comme l'un des boogeymen les plus terrifiants de l'histoire du cinéma. Mis à part Angus Scrimm, les autres acteurs au générique sont d'illustres inconnus. Attention, SPOILERS ! Judy et son frère Mike ont perdu leurs parents très jeunes. L'aîné fait partie d'un groupe de rock amateur et s'occupe de son mieux de son cadet.
Tommy, un des membres du groupe, meurt lors de circonstances mystérieuses. Les obsèques se déroulent dans un vaste funérarium isolé où sévit un croque-mort géant à la mine patibulaire. Tenu à l'écart de la cérémonie, Mike surprend au travers de ses jumelles le croque-mort soulever seul le cercueil avec une facilité déconcertante. Poussé par la curiosité, il s'introduit dans la morgue la nuit suivante. Dès son arrivée, il est confronté à des événements inexplicables, surnaturels même.

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Il découvre un univers parallèle où l'immense croque-mort règne en maître absolu sur des êtres étranges, où une sphère métallique voltige dans les couloirs du bâtiment afin de percer le crâne des visiteurs trop curieux. Echappé d'extrême justesse à cette nuit infernale, Mike court raconter son aventure à Jody. Au début incrédule, le frère aîné va bien être obligé de se rendre à l'évidence, et l'existence des deux frangins ainsi que celle de leur ami Reggie, va basculer dans une autre dimension.
Si l'on analyse froidement la chose, Phantasm n'est ni plus ni moins qu'une bonne série B à la réalisation certes très inventive, mais pour le moins brouillonnne. Le manque de moyens saute aux yeux (ainsi la scène où un insecte mécanique attaque les protagonistes frise le ridicule) et le film emprunte des chemins torturés et sinueux pour arriver à ses fins : faire flipper le spectateur. Et pourtant, au fil des décennies, ce film est devenu un véritable objet de culte chez les amateurs de fantastique. Pourquoi ?

En revoyant le film, on comprend que, malgré tous ses défauts, Phantasm possède un atout majeur : il fait peur au sens viscéral du terme. Oscillant constamment entre chimère et réalité, ce film nous plonge dans un monde surréaliste. Un monde comme on s'en inventait lorsqu'on était gamin avant de s'endormir dans le noir. Wes Craven reprendra d'ailleurs un peu les mêmes codes lorsqu'il réalisera Les Griffes de la Nuit. Les événements qui se déroulent sous nos yeux sont-ils tangibles ou ne sont-ils que le fruit de la trop fertile imagination du jeune Mike ?
Le réalisateur brouille les pistes à loisir jusqu'à en abuser un peu trop même. Ici, le scénario n'a pas pour vocation d'être crédible mais de nous faire ressentir un maximum de frissons (et ça marche), de nous mettre en quelque sorte à la place du jeune Mike qui se trouve confronté à des événements qui le dépassent. Coscarelli met le paquet dans les symboliques des peurs enfouies en chaque enfant qui sommeille en nous : une morgue mystérieuse, des nains morts-vivants, une boule sphérique qui vrille les cervelles et surtout un croque-mort, superbement interprété par l'impressionnant Angus Scrimm, qui procure une floppée de sueurs froides tout au long du métrage.

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Le tout est foisonnant, chaotique mais qu'importe, le spectateur pris dans ce maelström de situations improbables se prend au jeu et finit par adhérer à cette histoire qui part un peu dans tous les sens. Phantasm est donc un digne représentant de ce que l'on caractérisait autrefois comme un film d'épouvante. Hélas, plus jamais dans les films suivants, Don Coscarelli ne parviendra à retrouver ses sommets d'angoisse. Quoique Phantasm 2 soit tout à fait recommandable.
Loin d'être aussi connu que Halloween et Vendredi 13, ses congénères de la même époque, Phantasm mérite vraiment le détour car rarement un film fantastique n'aura été aussi original et déroutant. Si vous ne l'avez jamais vu, je vous invite à le découvrir d'urgence, d'autant plus que le dvd français vient enfin de sortir après des années d'attente. Mais attention, pour bien apprécier ce film, il conviendra de le regarder seul, dans le noir, en retrouvant son âme d'enfant et d'essayer de se souvenir de ce qui nous faisait vraiment peur au moment de fermer les yeux quand nous étions gosses...

Note : 15.5/20

TumblingDollOfFlesh Inthemoodforgore

14 mai 2017

Les plus grands nanars : le Top 50 d'Inthemoodforgore

Dans sa définition basique, le nanar est un mauvais film, voire un très mauvais film, voire un film incroyablement désastreux... mais sympathique. Oui, de ces oeuvres calamiteuses se dégage chez le spectateur et de manière inexplicable, un sentiment de compassion et même d'adhésion. Nombre de cinéphiles se sont d'ailleurs spécialisés dans ce genre bien précis. On les appelle "nanardeurs", "bisseux" ou encore "zedards". En ce qui concerne le nanar, les deux sites français de référence restent définitivement Nanarland (le bien nommé) et feu Naveton Cinéma, créé en 2011 par notre chef bien aimé, Alice In Oliver, et qui a cessé toute activité en novembre 2014.
A l'instar de mes précédents classements sur les films trash, extrêmes et scandaleux et sur les films barges, inclassables et expérimentaux, je me suis amusé à établir un Top 50 des plus les plus catastrophiquement savoureux que j'ai pu visionner. Une petite annotation accompagne chacun d'entre eux. Quant aux 10 premiers, ils ont le droit à quelques lignes de commentaire supplémentaire qui situeront exactement le niveau de "nanardise" de ces "oeuvres". Bonne lecture !

1. Turkish Star Wars (Cetin Inanç, 1982)

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Qui d'autre que ce nanar turc hors du commun aurait pu se retrouver en tête de ce classement ? LE monument du genre. Le seul, l'unique, l'inénarrable Turkish Star Wars est ce qui se fait de mieux (ou de pire, c'est selon) dans la débilité et l'amateurisme. Au programme, plagiats musicaux et cinématographiques, monstres en mousse, costumes grotesques, décors en carton-pâte, bagarre à pisser de rire, un "Alain Delon" turc au sourire ultra-brite et à l'oeil malicieux qui bondit sur ses adversaires par sauts trempolinesques. Rien, strictement rien n'est épargné au spectateur. A ce niveau de nullité, ce n'est plus de l'incompétence, c'est du génie !

2. Crocodile Fury (Ted Kingsbrook, 1988)

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Un sérieux rival (et pour dire le seul) pour Turkish Star Wars. Le site Nanarland l'a même placé en tête de son classement. Il faut dire qu'il a de très solides arguments à faire valoir : une histoire kafkaïenne mêlant tous les genres, un montage complètement "nazebroque", des acteurs asiatiques avec des noms américains et surtout un crocodile en caoutchouc fermenté au possible à qui le héros murmure des mots doux pour apaiser son appétit gargantuesque. Bref, un véritable morceau d'anthologie...

3. Super Inframan (Shan Hua, 1975)

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C'est sans aucun problème que cet objet filmique non identifié (OFNI) se hisse sur le podium du classement. Nous tenons là un engin qui éparpille façon puzzle à peu près tout ce que le cinéma a pu engendrer de crétineries redoutables. Retrouvez votre âme d'enfant et plongez-vous avec délice dans ce festival d'extraterrestres en pyjamas, de dragons moisis et de monstres de carnaval tous plus ridicules les uns que les autres. Un nanar surpuissant.

4.  Robo Vampire (Joe Livingstone, 1988)

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Avec Robo Vampire, nous pénétrons dans une autre dimension, celle des nanars hors norme qui défient la logique et dépassent l'entendement. Au programme, un Robocop low cost, des vampires-zombies affublés de gants de toilette et des maquillages d'un ridicule absolu. Quant à l'histoire, s'il s'en trouve parmi vous qui y ont compris quelque chose, qu'il me téléphone d'urgence ! Canapé, pizzas et potes éméchés obligatoires pour apprécier ce "chef d'oeuvre" à sa juste valeur.

5. Devil Story - Il était une fois le Diable (Bernard Launois, 1985)

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A mon humble avis, le plus gros nanar français de tous les temps. Clairement réalisé sous substances illicites, Devil Story réalise la prouesse de faire passer les films de Max Pécas pour du Bergman. Des acteurs unanimement exécrables, une histoire à dormir debout et un réalisateur compètement à l'ouest qui filme avec les pieds. Non, décidément, Bernard Launois nous propose un spectacle aux frontières de l'irréel.

6. Eaux Sauvages (Paul W. Kener, 1979)

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Nanar de légende, ce maître-étalon du "portnawak" accumule les scènes d'un vide abyssal et les dialogues dégénérés pour les porter à un niveau de stupidité inaccessibles au commun des mortels. De deux choses l'une : soit les dialoguistes du film original avaient 5 grammes d'alcool dans le sang, soit ce sont les doubleurs français qui s'étaient envoyé une sévère biture avant leur taf. Le film est disponible en VF sur YouTube, jetez-vous y dessus, c'est cadeau !

7. Myra Breckenridge (Michael Sarne, 1970)

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Lointain ancêtre de Priscilla folle du désert et considéré par beaucoup d'observateurs comme l'un des pires films jamais réalisés, Myra Breckenridge est un nanar absolument phénoménal. Bénéficiant d'un casting de has been cinq étoiles (Mae West qui joue les pin-ups à 77 ans !) et kitsch à un niveau stratosphérique, ce film va vous faire tourner la tête. Je vous avertis : risque sévère de persistance rétinienne...

8. White Fire aka Vivre pour Survivre (Jean-Marie Pallardy, 1985)

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Rien à dire, ce film anglo-franco-turc mérite largement son classement. Tout simplement prodigieux de ridicule. White Fire atteint des sommets de crétinisme et démantibule sans la moindre difficulté 99.99 % de la concurrence nanardesque. Allez donc faire un tour sur YouTube et jetez un coup d'oeil (entre autres) sur la baston à la tronçonneuse. Attention, c'est vraiment du lourd...

9. L'Homme Puma aka L'incroyable homme puma (Alberto De Martino, 1980)

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Superman de pacotille au charisme de bigorneau, l'homme puma voltige dans les airs suspendu par des fils visibles à l'écran. Si l'on ajoute à cela des bagarres aussi pitoyables que ridicules, on obtient une aberration filmique. Mais pourquoi diable cet acteur très sérieux qu'était Donald Pleasence s'est-il fourvoyé dans cette aventure ? Réponse : il faut bien payer ses impôts...

10. Les hommes d'une autre planète (Chen Hun Ming, 1976)

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Avec cette ICTA (Improbabilité Cinématographique Totalement Aware), on entre dans la catégorie des très gros poids lourds du nanar. Un scénario stupide, des acteurs affligeants, des effets spéciaux (ah, ah) élaborés par des techniciens sortis d'un chômage de longue durée et des combats fascinants de crétinerie entre monstres moisis. Bref, un vrai bonheur !

11. Le Clandestin (Greydon Clarh, 1988)

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Très connu des nanardeurs, ce film fortement ranci du trognon atteint le néant artistique avec un rare savoir-faire. Avec en prime la présence d'un chat le plus moisi que vous aurez l'occasion de voir de toute votre existence.

12. Hitman le Cobra (Godfrey Ho, 1987)

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- "Philip, je sais où tu te caches ! Viens ici que je te bute enculé !"
- Ta gueule, sale enculé !"
Classique du nanar qui suinte le derche, Hitman le Cobra reste évidemment incontournable.

13. Blood Freak (Steve Hawkes § Brad F. Grinter, 1972)

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Un vétéran du Vietnam ingurgite des volailles gavées d'OGM et se transforme en créature monstrueuse mi-homme mi-dindon. Tout est dans le pitch. Colossal d'abusrdité !

14. Plan 9 From Outer Space (Ed Wood, 1959)

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Le classique des classiques. Longtemps considéré comme le nanar ultime. Pas la peine de faire l'article, tout le monde le connaît.

15. L'attaque de la moussaka géante (Panos H. Koutras, 1999)

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Le titre en lui-même est annonciateur d'un gigantesque nanar. Et le film ne déçoit aucunement sur ce point. Tout simplement énorme !

16. La revanche de Samson (Sisoro Gautama Putra, 1985)

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Sévèrement lobotomisé de la bulbe, ce film indonésien nous offre un festival de dialogues nullissimes, d'acteurs à fausses moustaches et un cyclope fortement avarié.

17. Das Komabrutale Duell (Heiko Fipper, 1999)

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Un scénario incompréhensible, des bagarres ahurissantes de mollesse, des jets de sang orangés. Le nanar le plus gore de l'histoire du cinéma.

18. Ricky-Oh The Story of Ricky (Ngai Choi Lam, 1991)

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Ken le survivant made in Hong-Kong. De la barbaque hachée menue. Une vraie tuerie nanardeuse !

19. Horror Cannibal (Bruno Mattei, 2003)

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Mattei se plagie lui-même par de nombreux stock-shots de Virus Cannibale. Inénarrable de nullité donc génial.

20. Maniac (Dwain Esper, 1934)

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L'histoire de Frankenstein revisité par un réalisateur encore plus mauvais qu'Ed Wood, ça fait rêver non ?

21. Postal (Uwe Boll, 2007)

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Le réalisateur teuton pète une fois de plus un câble dans cette adaptation du jeu vidéo éponyme. Pour info, Ben Laden fait partie du casting...

22. I Love Snuff (Jean-Louis Costes, 1996)

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Fauché, amateur, vulgaire, ordurier, porno. C'est tout ? Non, c'est du Jean-Louis Costes. Et c'est pour ça que ce film est génial...

23. Sharknado (Anthony C. Ferrante, 2013)

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Les productions Asylum accablent le spectateur par un spectacle désopilant d'imbécilité : des requins qui volent, des CGI foireux et un casting de bras cassés.

24. Virus Cannibale (Bruno Mattei, 1980)

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N'oublions pas ce cher Bruno, le roi du Z, sans qui ce classement serait forcément incomplet !

25. Killer Klowns From Outer Space (Stephen Chiodo, 1988)

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J'ai une tendresse particulière pour ce nanar qui mêle horreut et débilité avec un talent certain.

26. Le retour des tomates tueuses (John De Bello, 1988)

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Rien que pour le plaisir de revoir un George Clooney jeune et frisotté dans une histoire affligeante de bêtise.

27. Un million d'années avant J.C. (Don Chaffey, 1966)

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La bombe atomique Raquel Welsh en peau de bête, ça le fait grave. Sinon le film ? Ah, ah, ah !

28. The Necro Files (Matt Jaissle, 1997)

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Si vous voulez voir un bébé zombie tout pourri volant en quête de chair fraîche, c'est ici que ça se passe...

29. Invasion of the Saucer Men (Edward L. Khan, 1957)

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Le film qui a inspiré Tim Burton pour ses extraterrestres à tête de chou fleur dans Mars Attacks ! Moisi à souhait.

30. Bad Taste (Peter Jackson, 1987)

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Les débuts complètement déjantés et ultra gore d'un Peter Jackson encore étudiant. Un régal. Cultissime !

31. C'est facile et ça peut rapporter 20 ans (Jean Luret, 1983)

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Quand on a deux experts du genre comme Michel Galabru et Robert Castel sous la main, c'est facile aussi de faire un nanar...

32. Le Professeur Foldingue (Tom Shadyac, 1996)

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Osez me dire que vous n'avez pas rigolé devant la scène du repas de "famille" d'Eddie Murphy ?

33. Les Sous-Doués (Claude Zidi, 1980)

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Qui n'a jamais vu Daniel Auteuil et sa bande en train d'essayer de tricher au bac ? Un classique de la comédie potache.

34. Ils sont fous ces sorciers (Georges Lautner, 1978)

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Jean Lefebvre et Henri Guybet en franchouillards maraboutés pour avoir pissé sur un totem sacré, ça vaut le coup d'oeil.

35. The Deadly Spawn (Douglas McKeown, 1983)

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Petit joyau fun et décalé de la SF made in 80's. Réalisé avec trois bouts de ficelle mais très divertissant.

36. Ogroff aka Mad Mutilator (Norbert Moutier, 1983)

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Aux confins de l'amateurisme le plus absolu, ce film d'horreur ultra fauché est l'objet d'un véritable culte chez les amateurs de Z.

37. The Toxic Avenger (Michael Herz § Lloyd Kaufman, 1984)

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C'est kitsch, c'est gore, c'est sexy. Le must des productions Troma.

38. Brice de Nice (James Huth, 2004)

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Alors Brice, ça farte ? Jean Dujardin en surfeur demeuré plus vrai que nature. Un phénomène de société à sa sortie.

39. Y-a-t-il un pilote dans l'avion ? (Jim Abrahams, David § Jerry Zucker, 1980)

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Une pléiade de stars défile dans ce film culte. Une avalanche ininterrompue de gags aussi débiles que jouissifs.

40. The Necro Files 2 (Ron Carlo, 2003)

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Un zombie obsédé sexuel très sérieusement membré veut venger la mort de son frère...

41. Décadence (Jean-Clément Gunte, 1998)

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Un ovni sanguinolent à l'interprétation totalement surréaliste. Le gore helvète, ça envoie grave...

42. La soupe aux choux (Jean Girault, 1981)

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Ah, De Funès et Carmet qui pètent sous les étoiles... Quel grand moment de poésie !

43. It conquered the world (Roger Corman, 1956)

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Au programme, un extraterrestre avarié à mi-chemin entre le tronc d'arbre et le chapeau de clown... C'est du lourd. Merci Monsieur Corman !

44. La Mort au Large (Enzo G. Castellari, 1981)

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Les Dents de la Mer du (très) pauvre. Pitoyable mais rigolo.

45. L'équipée du Cannonball (Hal Needham, 1981)

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Burt Reynolds, Jackie Chan et Roger Moore dans un film court-circuité des neurones, vous en rêviez ? Hal Needham l'a fait.

46. Le Chêne d'Allouville aka Ils sont fous ces Normands (Serge Pénard, 1981)

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Ultra recherché en vidéo, ce film sympathique bénéficie de la présence de trois nanardeurs de premier ordre : Jean Lefebvre, Bernard Menez et Henri Guybet.

47. On n'est pas sorti de l'auberge (Max Pécas, 1982)

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Obligé d'avoir un Max Pécas dans ce classement...

48. Porky's (Bob Clark, 1982)

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Teen movie déjanté des heighties, Porky's fait se rencontrer l'univers de Russ Meyer avec celui d'American Pie !

49. Les diplômés du dernier rang (Christian Gion, 1982)

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Surfant sur la vague du succès de Les Sous-Doués, Bruel et Galabru en font des tonnes. Nul mais marrant.

50. Nuits de Cauchemar (Kevin Connor, 1980)

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A la limite du nanar, cette perle d'humour macabre est devenue un petit classique de l'horreur.

 

Hors classement : Cyber Tracker 2 (Richard Pepin, 1995)

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Ceux qui avaient lu ma chronique sur ce film savent que je ne l'ai pas vu. C'est donc en toute logique qu'il figure hors classement. Mais les commentaires des "chanceux" (et surtout courageux) qui l'ont visionné sont unanimes : cet objet mutant qui mélange impunément Alien, Robocop et Bioman dépasse l'imagination dans le n'importe quoi.

 

Top 50 établi par :

TumblingDollOfFlesh Inthemoodforgore