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genre: thriller (interdit aux - 12 ans)
année: 2015
durée: 1h49

l'histoire: Jerry vit à Milton, petite ville américaine bien tranquille où il travaille dans une usine de baignoires. Célibataire, il n’est pas solitaire pour autant dans la mesure où il s’entend très bien avec son chat, M. Moustache, et son chien, Bosco. Jerry voit régulièrement sa psy, aussi charmante que compréhensive, à qui il révèle un jour qu’il apprécie de plus en plus Fiona - la délicieuse Anglaise qui travaille à la comptabilité de l’usine. Bref, tout se passe bien dans sa vie plutôt ordinaire - du moins tant qu’il n’oublie pas de prendre ses médicaments.

La critique :

On n'avait quasiment plus entendu parler (ou presque) de Marjanne Satrapi depuis l'adaptation de sa fameuse bande dessinée, le superbe Persepolis. La cinéaste, scénariste et dessinatrice est donc de retour avec un nouveau film, The Voices, actuellement dans les salles de cinéma. Au niveau de la distribution, le film réunit Ryan Reynolds, Gemma Arterton, Anna Kendrick et Jacki Weaver.
Avant de sortir dans les salles obscures, The Voices a été présenté dans plusieurs festivals: Sundance, l'étrange festival ou encore Gérardmer. C'est d'ailleurs à Gérardmer que le film remportera le prix du public et le prix du jury, ex-aequo avec Ex-Machina, réalisé par Alex Garland.

Le thriller n'est pas vraiment le genre de prédilection de Marjane Satrapi. La réalisation de The Voices représente donc un véritable défi pour la réalisatrice. Ensuite, son dernier long-métrage en date, La bande de Jotas, n'a pas spécialement convaincu. Le scénario de The Voices est écrit par un certain Michael R. Perry, connu pour avoir écrit le script de Paranormal Activity 2 (Aïe !).
Heureusement, le scénariste se montre beaucoup plus inspiré pour l'occasion. Attention, SPOILERS ! Jerry vit à Milton, petite ville américaine bien tranquille où il travaille dans une usine de baignoires. Célibataire, il n’est pas solitaire pour autant dans la mesure où il s’entend très bien avec son chat, M. Moustache, et son chien, Bosco.

 

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Jerry voit régulièrement sa psy, aussi charmante que compréhensive, à qui il révèle un jour qu’il apprécie de plus en plus Fiona - la délicieuse Anglaise qui travaille à la comptabilité de l’usine. Bref, tout se passe bien dans sa vie plutôt ordinaire - du moins tant qu’il n’oublie pas de prendre ses médicaments.
Indéniablement, Ryan Reynolds est la star de The Voices (pas l'émission... le film hein... Oui, je sais... Elle était facile !) et porte le film à lui tout seul sur ses larges épaules. Dans un premier temps, The Voices prend les allures d'une comédie noire et n'est pas sans rappeler le concept de Docteur Dolittle, Eddie Murphy en moins (Ouf !).

Il est donc bien question ici de psychopathie, d'aliénation mentale mais aussi de schizophrénie, et donc de l'altération d'un esprit définitivement malade. En proie à la dépersonnalisation et perdant peu à peu tout contact avec la réalité, Jerry (Ryan Reynolds) va se transformer en sérial killer abominable, n'ayant pas conscience de la gravité et de la sauvagerie de ses actes.
Plutôt que de tomber dans les clichés habituels (le psychopathe isolé socialement), Marjane Satrapi nous présente un homme en apparence simple, un brin nigaud, mais parfaitement intégré dans notre société moderne.

 

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Mieux encore, Marjane Satrapi s'inspire de l'univers du cartoon via les interventions d'un chien et d'un chat, représentant la bonne et la mauvaise conscience de Jerry. Cet esprit cartoonesque permet, en quelque sorte, de dédiaboliser un personnage à priori très antipathique. Dans un rôle à contre-emploi, Ryan Reynolds s'en sort à merveille. Les autres acteurs font eux aussi leur job.
Marjane Satrapi fait aussi le choix de se mettre à distance des crimes abominables perpétrés par son personnage principal. En l'occurrence, c'est un peu dommage, le film perdant ainsi de son originalité et d'une certaine forme d'audace et de spontanéité. Cet aspect "tout public", ce qui est à nuancer puisque le film est interdit aux moins de 12 ans, amoindrit l'impact du film. Force est de constater que la réalisatrice aurait pu exploiter encore davantage son sujet, ainsi que son "héros" psychopathe.
En effet, c'est lorsque le film verse volontairement dans l'humour noir, l'horreur et le grandguignolesque qu'il prend toute sa saveur.

Note: 12.5/20

 

sparklehorse2 Alice In Oliver