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Genre : horreur, gore, thriller (interdit aux - 16 ans)
Année : 2004
Durée : 1h44

Synopsis : Deux hommes se réveillent enchaînés au mur d'une salle de bains. Ils ignorent où ils sont et ne se connaissent pas. Ils savent juste que l'un doit absolument tuer l'autre, sinon dans moins de huit heures, ils seront exécutés tous les deux... Voici l'une des situations imaginées par un machiavélique maître criminel qui impose à ses victimes des choix auxquels personne ne souhaite jamais être confronté un jour. Un détective est chargé de l'enquête.  

La critique :

Chaque décennie est marquée par une ou plusieurs sagas horrifiques à succès. Dans les années 1980, ce sont Halloween, Freddy et Vendredi 13 qui cartonnent en vidéo et dans les salles obscures. En 1990, c'est au tour de Scream, d'Urban Legend et de Souviens-toi... l'été dernier de reprendre le flambeau. Mais le public commence sérieusement à se lasser des slashers avec un croquemitaine complètement cht'arbé. Incontestablement, les années 2000 seront marquées par le succès incroyable et inattendu de Saw au cinéma. Avec Hostel, réalisé par Eli Roth en 2005, le film de James Wan démocratise le torture porn dans les salles obscures. Mieux encore, Saw et Hostel engendrent respectivement de véritables sagas horrifiques et de nombreux succédanés, la plupart du temps avariés.

D'ailleurs, Saw, premier du nom, sera le seul et unique épisode réalisé par James Wan. Le cinéaste ne cédera pas à la gloire et à la pression des producteurs mercantiles. James Wan sera même dépassé par le succès de ce premier volet. Doté d'un budget modeste (à peine 1 200 000 dollars), Saw recueille plus de cent millions de recettes au box-office.
Le long-métrage devient le nouveau phénomène horrifique. En revanche, les critiques sont plus nuancées et évoquent le nouveau film d'horreur pour adolescents en manque de sensations fortes. En l'occurrence, Saw va engendrer six nouvelles suites. Autant le dire tout de suite. Ce premier chapitre reste, à ce jour, le meilleur épisode de la saga, et de loin.

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Certains fans exultent et jubilent. Saw est même considéré comme un film culte. Reste à savoir si le long-métrage justifie (ou non) sa réputation. Réponse dans les lignes à venir ! Au niveau de la distribution, Saw réunit Danny Glover, Cary Elwes, Leigh Whannell, Monica Potter, Ken Leung, Michael Emerson, Shawnee Smith et Tobin Bell. Attention, SPOILERS !
Deux hommes se réveillent enchaînés au mur d’une salle de bains. Ils ignorent où ils sont et ne se connaissent pas. Ils savent juste que l’un doit absolument tuer l’autre, auquel cas dans moins de huit heures ils seront exécutés tous les deux. Mais qui se cache derrière cette machination ? Peut-être un tueur (ou peut-être pas). Pendant ce temps, deux flics mènent l’enquête et ne seront pas au bout de leurs surprises.

James Wan invente un nouveau tueur machiavélique au cinéma. Son nom ? Jigsaw, en français, le tueur au puzzle. En l'occurrence, James Wan réalise un long-métrage assez finaud qui oscille entre plusieurs genres : l'horreur, le thriller, l'enquête policière et plusieurs séquences assez gores. Sur la forme, Saw ressemble à une véritable recette de cuisine cinématographique.
Au niveau de la mise en scène, le film se distingue par toute une succession de flashbacks qui visent clairement à promener le spectateur jusqu'à la révélation finale. Le long-métrage entretient largement le mystère et multiplie les fausses pistes sur l'identité du criminel.

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L'essentiel de l'action se déroule dans une pièce feutrée dans laquelle deux hommes sont enfermés et enchaînés. Pour s'en sortir, ils doivent résoudre plusieurs énigmes. Saw repose également sur toute une série de rebondissements, mais aussi sur des règles bien précises. Certes, le film parvient à tenir en haleine jusqu'à son twist final. Il est aussi ponctué par plusieurs moments de bravoure et des séquences de torture destinées à marquer les esprits.
Saw peut également s'appuyer sur un scénario tortueux et particulièrement retors. Ici, tout est mis en oeuvre pour encourager le spectateur à regarder le film plusieurs fois afin de délier les différentes ficelles qui ponctuent le récit sur la durée. Par certains aspects, le concept de Saw n'est pas sans rappeler celui de Seven, réalisé par David Fincher.

Lui aussi repose sur un serial killer aussi ingénieux que machiavélique. La seule différence, c'est que Saw ne s'entoure pas d'une dimension religieuse, mais joue parfois la carte de la philosophie de comptoir. Ainsi, chaque victime du tueur au puzzle est jugée comme une personne qui mérite de mourir, en tout cas, d'être punie. Cependant, chacune d'entre elles a une petite chance de s'en sortir. 
Encore faut-il résoudre les énigmes et les pièges tendus par Jigsaw. Hélas, ce premier épisode sera lui aussi la propre victime de son immense succès. Incontestablement, le long-métrage possède de sérieux atouts dans sa besace (façon de parler...). Dans l'ensemble, le film reste tout de même assez stéréotypé et un peu trop calibré pour susciter réellement l'intérêt.
Il vise clairement à séduire un public adolescent, de plus en plus exigeant en termes de gore, de trash et de tortures sadiques. J'avoue ne pas être un grand fan de ce premier opus, même si, encore une fois, je reconnais ses qualités. Mais on a vraiment trop entendu parler de ce film au profit d'autres productions horrifiques, souvent supérieures, et sorties durant la même décennie.
A mon avis, Saw ne mérite pas son statut de film culte, ni celui du meilleur film d'horreur de ses dix dernières années. Ma note finale pourra donc paraître un peu sévère...

Note: 12.5/20

 

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