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Genre : Historique, drame

Année : 2010

Durée : 1h55

 

Synopsis : 1942. Joseph a onze ans. Et ce matin de juin, il doit aller à l'école, une étoile Jaune cousue sur sa poitrine... Il reçoit les encouragements d'un voisin brocanteur. Les railleries d'une boulangère. Entre bienveillance et mépris, Jo, ses copains juifs comme lui, leurs familles, apprennent la vie dans un Paris occupé, sur la Butte Montmartre, où ils ont trouvé refuge. Du moins le croient-ils, jusqu'à ce matin de 16 juillet 1942, où leur fragile bonheur bascule... Du Vélodrome d'Hiver, où 13 000 raflés sont entassés, au camp de Beaune-La-Rolande, de Vichy à la terrasse du Berghof, La Rafle suit les destins réels des victimes et des bourreaux. De ceux qui ont orchestré. De ceux qui ont eu confiance. De ceux qui ont fui. De ceux qui se sont opposés. Tous les personnages du film ont existé. Tous les événements, même les plus extrêmes, ont eu lieu cet été 1942.

 

La critique : 

Sérieusement, vous ne trouvez pas ce synopsis à mourir de rire ? On sent déjà là le film calibré pour faire pleurer dans les chaumières tant c'est niais, mais bon je m'égare déjà dès le début de la chronique. Non plus sérieusement, et comme vous le savez, le cinéma français actuel est en perte de vitesse en se cantonnant à des films de production moyenne, oscillant la plupart du temps entre des comédies à l'humour lourdingue, des drames soporifiques qui ne racontent rien et des comédies dramatiques stéréotypées. Néanmoins, la CSC et d'autres organismes n'hésitent pas à financer un maximum de films tentant, tant bien que mal, de rentabiliser leur investissement. Donc cela n'étonnera personne si on se retrouve avec des films assez classiques en général. Dans tout ce melting pot peu attrayant, n'oublions pas le salaire des acteurs principaux raflant des sommes colossales pour une prestation, la plupart du temps, au ras des pâquerettes. Bien évidemment, on trouve encore des exceptions, mais il faut se tourner vers un cinéma plus confidentiel, et on comprend donc les diatribes habituelles du grand public qui sont du style : "Le cinéma français est ennuyeux", "Le cinéma français est nul".
Pourquoi je vous parle de ça ? Parce que nous allons retrouver toutes les caractéristiques clés de ce cinéma plongeant dans La Rafle. Et croyez-moi, vous n'êtes pas au bout de vos surprises (ou de vos peines dans ce cas-là). Bref, nous sommes bien loin du très grand cinéma français d'époque avec des artistes comme Truffaut, Renais, Godard, Carné, pour ne citer que ceux-là. 

La Rafle prend ici, à première vue, un tournant différent du classicisme actuel observé en nous contant l'histoire d'un terrible fait étant intervenu sous la collaboration française, j'ai nommé la rafle du Vélodrome d'Hiver ou Veld'Hiv, une abréviation courante. Ce fait engendra la mort de plus de 10 000 Juifs dont près de 4000 enfants et deviendra par la suite l'un des actes les plus honteux du régime de Vichy (et on comprend pourquoi...). Un seul film du nom de Elle s'appelle Sarah, aborde ce sujet difficile.
Et début 2010, le cinéma français s'y attelle avec Roselyne Bosch aux commandes et Dieu seul sait qu'un sujet bien traité comme celui-ci aurait pu donner lieu à un petit bijou. Malheureusement, la réalisatrice derrière ce projet n'est pas n'importe qui. D'ailleurs, je trouve bon de rappeler un peu le personnage détestable qui nous pondra cette abomination cinématographique. Par quoi commencer ? Par le fait que Roselyne Bosch aurait hué Tarantino à Cannes lors de la remise de la palme d'Or pour son célèbre et culte Pulp Fiction. Par le fait (voir le titre de la chronique, "Ma critique va-t-elle faire l'objet d'un procès ?") qu'elle assigna en justice Selenie.fr qui osa démonter son film (bonjour la liberté d'expression). Par le fait qu'elle dira ouvertement que ceux qui ne pleurent pas devant sa Rafle rejoignent Hitler en pensée. Ci joint, le fameux article en parlant : http://www.filmdeculte.com/cinema/actualite/JUSTICE-Rose-Bosch-perd-son-proces-au-sujet-de-La-Rafle-17310.html

Et c'est précisément le narcissisme et la mauvaise foi émanant du corps de cette réalisatrice de bas-étage qui me donne envie de lui démontrer par A+B (ce que je vais faire dans cette chronique) que son film est l'une des plus grandes insultes faites à la 2ème guerre mondiale et par la même occasion, l'un des pires films de guerre. Il fallait oser la sortir cette phrase en discriminant ouvertement ceux qui n'ont pas pleuré devant son film. Mais pour qui se prend-elle ?
Pour Spielberg, Polanski ou Renais qui nous ont sorti les superbes La Liste de Schindler, Le Pianiste et Nuit et Brouillard ? Et encore, même ces génies n'ont pas osé lâcher une telle phrase. Je ne savais pas que les larmes étaient un synonyme d'empathie envers les déportés mais dans ce cas précis, comment être ému face à un film aussi médiocre ? On se croirait en plein sous l'emprise de la Gestapo et sa police de la pensée car selon elle, il faudrait aimer son film et tous ceux qui n'y adhèrent pas seraient des monstres. Belle mentalité madame, ce n'est pas très "Charlie" tout ça. 

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Sans plus tarder, il est bon de rappeler un peu le sujet principal du film SPOILER : Joseph, comme bien d'autres de ses camarades, partage son temps dans la France occupée entre l'école et les distractions mais un jour, le gouvernement français procédera à la tristement célèbre Rafle du Vel d'Hiv. Le film nous conte les derniers instants de ces déportés entre le Vélodrome d'Hiver et le camp de Beaune-la-Rolande avant la destination finale qui est Auschwitz FIN DU SPOILER.
Bref, inutile de nous lâcher un synopsis dégoulinant de tristesse alors qu'il suffisait de faire quelque chose de simple comme Spielberg l'a fait avec son superbe La Liste de Schindler. Je ferai d'ailleurs plusieurs parallèles intéressant avec ce film vu qu'il se rapproche plus de l'immondice chroniquée ici que les deux autres chefs d'oeuvres cités avant. 

Pour commencer, ce qui frappe directement à première vue, c'est que l'on sait parfaitement bien le type de film qui sera pondu : un long-métrage historique où l'émotion facile, à la place de la réalité et la neutralité historique, sera au centre du récit. Et déjà rien qu'avec ça, on sait que c'est très très mal parti. Le fait de placer volontairement les enfants au centre du film fournit déjà les caractéristiques du procédé honteux utilisé pour tirer des larmes au grand public.
D'ailleurs presque tout le film se fera du point de vue des enfants et c'est déjà là que nous voyons le manque de respect phénoménal envers les victimes de cette tragédie en occultant presque le point de vue des adultes ou des personnes âgées dans le but vain d'attendrir et de faire pleurer. Et cette réalisatrice ose donner des leçons de morale aux autres ? C'est ça qui était bien dans La Liste de Schindler où Spielberg mettait en scène de façon neutre son récit avec différents points de vue sans verser dans le sentimentalisme exacerbé et le manichéisme répugnant qui sont les fers de lance de La Rafle.
Ici, les nazis et les français sont très méchants et les Juifs sont très gentils. Je sais bien que les français ne sont pas blancs dans cette histoire, mais le fait de les faire passer pour les pires ordures du système solaire m'a bien fait rire. 

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Inutile de revenir sur la prestation unanimement médiocre des acteurs qui ne mettent aucune conviction et ne croient même pas en ce projet, entre un Jean Reno apathique, une Mélanie Laurent se reconvertissant en Mère Thérésa et un Gad Elmaleh absent. Bien entendu, la prestation des enfants ne convainc pas non plus vu qu'ils n'ont aucun charisme et qu'on ne s'attache pas à eux. A la limite, la réalisation et les cadrages sont plutôt corrects, mais ça s'arrête là. Les intentions du film sont évidentes : il faut à tout prix attendrir un public conquis à la cause du film via un tas de procédés ridicules.
Au risque de me répéter, mettre en scène presque exclusivement des enfants souligne déjà le fait de flatter les émotions basses mais pas seulement. Par exemple, pourquoi avoir mis dans le tas un petit garçon qui zozote ? Etait-ce nécessaire d'en faire des tonnes ?

Ce n'est pas faire du vrai cinéma ça et on retrouvera à plusieurs reprises des prestations d'un ridicule rare, entre la boulangère antisémite, la femme faisant le gai dans la rue et qui criera "MIOU MIOU" pour alerter les résidents, ou les soldats chargés de les surveiller et qui n'hésiteront pas à s'embourber dans le pathétique. Cela ira du pervers qui se fera mener en bateau par une Juive un peu trop jolie, ou de la tête de bébé de service qui giflera un garçon qui crache sa soupe.
C'est grossier et lamentable d'en arriver à oser mettre en scène de telles prestations et de tels clichés. Mais le summum sera la première prestation du fameux Adolf Hitler, on se croirait presque dans une caricature tant c'est mal joué et volontairement exagéré. 

N'oublions évidemment pas le traditionnel violon accompagné de sa douloureuse note de piano lors des scènes sensées être tristes. Finalement, Roselyne Bosch ne dénonce absolument rien ou pas grand-chose en versant dans le politiquement correct, en censurant au plus possible les exactions de l'époque (à grande échelle, on notera un suicide et un tir de sommation, rien que ça !).
On est donc à des années-lumière de La Liste de Schindler qui nous offrait une mise en scène viscérale, réelle et très dure sans verser dans le sentimentalisme facile. Cela permettait la construction d'un film nous poursuivant longtemps après le visionnage et qui dénonçait sans artifices la réalité des camps de concentration. Dès le début du film, on voit des Juifs souriant, naïfs et au coeur léger. Bref, il n'y a pas grand-chose à retenir de La Rafle. C'est le néant absolu et jamais Roselyne Bosch ne met en scène l'horreur des camps et même du Vélodrome d'Hiver. 

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Et c'est là que l'on voit toute la malfaisance de quelqu'un comme Roselyne Bosch à s'emparer d'un sujet grave, à le massacrer en le parasitant par de l'émotion facile et à le défendre ensuite bec et ongle contre ceux qui lui trouveraient des défauts. Il n'y a pas la moindre neutralité historique et pas la moindre intelligence ni subtilité. La réalisatrice prend ouvertement ses spectateurs pour des cons en rajoutant des caisses et des caisses, à viser l'émotion facile.
Et bien sûr, on n'y échappera pas à cette revendication ouverte à la création d'un pays juif, serait-ce de la propagande volontaire ? Je préfère ne pas me lancer sur cette pente glissante. Et puis cette fameuse phrase "lutter contre Hitler, c'est lutter contre l'Antéchrist" mais s'il vous plaît, quelqu'un a pensé à ce film avant de torcher quelque chose d'aussi pitoyable ?
Ici on se retrouve avec un pamphlet insidieux insultant ouvertement l'Allemagne et la France et en omettant qu'une résistance dans ces deux pays était bien présente. Ce film n'est rien d'autre qu'une lettre de haine ouverte et le pire, c'est qu'on laisse passer ça. On vient hurler et polémiquer quand un titre comme Martyrs sort dans les salles de cinéma, mais on se couche et on ne dit rien face à La Rafle qui multiplie les approximations.

Finalement, la chose la plus révoltante dans le monde du cinéma, ce ne sont pas les films ultra-violents sans morale cantonnés à la confidentialité, mais bien des films lancés à grande échelle vouant une haine sans limite et manquant de considération envers les victimes de l'époque en traitant d'une réelle tragédie. Jamais le film ne sortira de cette lourdeur permanente, de son manque de subtilité et de son manichéisme stupide. Il se montre vide de sens et ne dénonce même pas son propre sujet.
Tout ce qu'il sait faire, c'est cracher son venin en disant que les français de l'époque étaient lâches et méchants. Je suis quelqu'un de très ouvert dans le monde du cinéma en encourageant la transgression et le politiquement incorrect quand il est traité de façon intelligente ou au 3ème degré. Vous vous en douterez, ce film est, sans mauvais jeux de mot, une purge et à fuir comme la peste. Et je finirai par une petite incohérence où la réalisatrice mentionne qu'aucun des enfants déportés ne survécut. Mais surprise, dans le film, le garçon blond et le petit qui zozote survivent. 

Côte : Navet, ce serait lui faire trop d'honneur que de noter ça  

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