american guinea pig

Genre : gore, trash, extrême (interdit aux - 18 ans)
Année : 2014
Durée : 1h13

Synopsis : Deux jeunes femmes se promènent tranquillement. Elles montent dans leur voiture qui, soudain, laisse échapper une épaisse fumée. Un homme surgit alors de la banquette arrière et les kidnappe. Emmenées dans un hangar où elles sont ligotées et allongées, elles se retrouvent prisonnières et à la merci d'un groupe de réalisateurs de snuff movies agissant pour le compte d'une mystérieuse organisation.  

La critique :

Le voici qui est arrivé enfin et depuis peu en France, l'un des films les plus attendus par les amateurs de cinéma extrême. J'ai nommé American Guinea Pig : Bouquet of Guts and Gore. Véritable cadeau offert par les producteurs de la société Unearthed Films aux fanatiques du genre, ce film représente en théorie le premier d'une franchise à venir. Un film ultra gore qui réjouira sans nul doute les adeptes d'un cinéma très généreux en débauche de tripailles. Le titre évoque évidemment le célébrissime Guinea Pig : Flowers of Flesh and Blood, vrai faux snuff movie japonais qui défraya la chronique dans les années 1980.
Vous avez certainement entendu parler de cette histoire où l'acteur Charlie Sheen, après avoir visionné ce film, envoya la cassette au FBI, croyant avoir été le témoin de véritables meurtres... Reste à savoir si l'hommage rendu par le réalisateur américain Stephen Biro était à la hauteur de l'original. Et la réponse est oui. Cent fois oui. American Guinea Pig est même nettement supérieur à son homologue japonais, ce qui au vu des trente ans qui les séparent, est relativement logique.

Une chose est certaine, le réalisateur joue à fond la carte du réalisme et de l'underground. Et il réussit aisément son pari puisqu'après quelques instants de projection, le malaise s'installe inévitablement chez le spectateur. Aucune musique, un fond sonore composé de quelques murmures imperceptibles, des images granuleuses passant sans cesse du 16mm à la vidéo, des moments de décrochage à l'aide d'écran rouge vieilli et trois acteurs masqués qui limitent les échanges au maximum.
Question ambiance, on a vraiment l'impression d'assister à un snuff en direct. Quant au film en lui-même, s'il s'abstient de tout débordement sexuel et de déviances malsaines, il n'en constitue pas moins une énorme boucherie. Attention, SPOILERS ! Deux jeunes femmes discutent et se promènent dans les rues d'une petite ville tranquille. Quand elles veulent faire démarrer leur voiture, celle-ci se met à dégager une épaisse fumée. Un homme masqué surgit alors de la banquette arrière et les kidnappe. Quelques instants plus tard, elles se retrouvent dans un hangar, attachées chacune à un lit, séquestrées par trois hommes masqués, dont leur ravisseur.

 

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Au pied des lits, un établi est disposé avec de nombreux instruments de torture : scie, pinces, sécateur... Les jeunes femmes viennent d'être choisies comme les victimes d'un snuff movie. Un homme de forte corpulence portant un masque de démon leur administre quelques gouttes d'une drogue anesthésiante qui les laisse hébétées, mais conscientes. Puis, il affûte un hachoir tandis que ses deux complices commencent à filmer la scène. Les malheureuses vont assister impuissantes à leur atroce démembrement.
Saluons l'initiative de Stephen Biro. Le réalisateur n'est pas là pour plaisante et envoie la marchandise sans aucun compromis. American Guinea Pig annonce du sanglant et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il tient toutes ses promesses : oeil cisaillé façon Bunuel, découpage de membres en gros plans, éviscération avec étalement d'organes, tranchage de mâchoire avec langue apparente et même un soupçon de cannibalisme quand le bourreau croque à pleines dents un coeur qui palpite encore (yes !).

73 minutes de bobine, soixante-dix minutes de gore. Rien à dire, le contrat est plus que rempli. Le film s'affiche comme un nouveau poids lourd du genre. American Guinea Pig se démarque des productions américaines actuelles par son atmosphère sale, glauque, et son ultra réalisme. Dans ce genre de production, il ne faut pas s'attendre à un scénario bien original. L'action se concentre donc uniquement sur les atrocités commises par les trois bourreaux qui semblent procéder à une cérémonie quasi mystique, où chaque geste est réfléchi selon un rite sacrificiel bien précis.
Par certains aspects, on pourrait y voir quelques similitudes avec le monstrueux Tumbling Doll of Flesh, mais sans les débordements pornographiques de ce dernier. Stephen Biro connaît bien ses classiques et a vite intégré les codes du nightmare movie (film cauchemar). Cauchemar, c'est le mot qu'il faut employer pour décrire la dernière scène du film. Ainsi, après avoir éparpillé ses deux premières victimes, on peut voir l'homme au masque de démon installer un jeune enfant et un bébé sur deux lits individuels.

 

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Le dénouement inéluctable fait froid dans le dos et l'on n'ose imaginer les images intolérables qui vont suivre... Et à ce moment-là, le générique de fin arrive. Ouf. Sans verser une goutte de sang ni tomber dans le trash outrancier façon A Serbian Film, le réalisateur achève le spectateur dans le peu de confort qui lui restait. Biro n'oublie pas d'ajouter une petite touche humoristique lorsque les tortionnaires préparent les colis contenant les cassettes des meurtres, à destination de leurs mystérieux commanditaires.
Sur l'un des colis, on peut apercevoir furtivement l'adresse de Charlie Sheen... S'il fallait à tout prix trouver un défaut au film, on pourrait noter une approximation au niveau des effets spéciaux lors du découpage de mâchoire, puisque l'on voit assez nettement qu'il s'agit d'un mannequin. C'est vraiment la seule fausse note de ce métrage qui se veut être, avant tout, une déclaration d'amour (!) à tous les passionnés de cinéma d'horreur.

Si la future franchise est au diapason de ce premier opus, ceux-ci ont vraiment de quoi se réjouir. Appelé sans aucun doute à devenir culte chez les amateurs de cinéma extrême, American Guinea Pig : Bouquet of Guts and Gore envoie un gros uppercut à la face du spectateur et place la barre proche du top. Que ce soit en termes de violence graphique ou d'ambiance morbide, le métrage de Stephen Biro se positionne dans le haut du panier des oeuvres gores de ces vingt dernières années.
Personnellement, je le considère comme nettement supérieur à un film comme Grotesque, déjà très sévèrement gratiné. Comme quoi, il faut aller chercher du côté des oeuvres japonaises, références en la matière, pour établir une comparaison. C'est tout à l'honneur de ce film, pourtant garanti 100 % américain.

Note : 16.5/20

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