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Genre : horreur, trash (interdit aux - 16 ans)
Année : 2010
Durée : 1h16

Synopsis : Junkie et sans domicile fixe, Bunny se prostitue afin de gagner de l’argent pour acheter sa drogue quotidienne. Cependant, sa route croise un jour celle de Hog, un camionneur qui va lui faire regretter amèrement tous ses vices. 

La critique :

Depuis quelques années, les films trash se sont largement démocratisés sur la Toile et en vidéo. Depuis quelques temps, c'est même le concours du long-métrage le plus extrême qui est presque organisé à travers certains forums. Plusieurs titres sont régulièrement évoqués : Snuff 102 (Mariano Peralta, 2007), A Serbian Film (Srdjan Spasojevic, 2010) et Philosophy Of A Knife (Andrey Iskanov, 2009).
Si le long-métrage d'Andrey Iskanov n'a pas usurpé sa réputation (il aurait facilement sa place dans un top 10 des films les plus extrêmes), Snuff 102 et A Serbian Film s'inscrivent davantage dans la grande tendance des deux dernières décennies : le retour du torture porn. Vient également s'ajouter The Bunny Game, réalisé par un certain Adam Rehmier en 2010.

A l'instar de ses devanciers, lui aussi a provoqué le scandale, les avanies et la polémique. Tourné en seulement trente jours en 2008, le film ne sort que deux ans plus tard. Dans un premier temps, The Bunny Game suscite les fadaises, les billevesées et les anathèmes dans divers festivals. C'est ainsi que le long-métrage est carrément banni en Angleterre.
Aux Etats-Unis, The Bunny Game ne sort qu'en 2012 en dvd et en Blu-ray (en édition limitée) et écope d'une classification "X" (donc interdit aux moins de 18 ans chez nous). En France, le film est "seulement" interdit aux moins de 16 ans. Reste à savoir si The Bunny Game est bel et bien l'uppercut annoncé. Réponse dans les lignes à venir.

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Long-métrage indépendant, The Bunny Game ne réunit pas des acteurs très connus, à moins que les noms de Rodleen Getsic, Jeff Renfro, Greg Gilmore et Drettie Page vous disent quelque chose... Mais j'en doute. En outre, le scénario est plutôt laconique et se résume en deux petites lignes. Attention, SPOILERS ! Junkie et sans domicile fixe, Bunny se prostitue afin de gagner de l’argent pour acheter sa drogue quotidienne. Cependant, sa route croise un jour celle de Hog, un camionneur qui va lui faire regretter amèrement tous ses vices. The Bunny Game s'inscrit dans une érotisme assez malsain, souvent proche d'une pornographie certes sadomasochiste, mais plutôt soft dans les images qu'elle propose.
En ce sens, The Bunny Game fait partie de ces épigones de Salo ou les 120 Jours de Sodome (Pier Paolo Pasolini, 1975) et se situe dans la droite lignée de A Serbian Film.

C'est probablement pour cette raison que le film a déclenché les foudres de la censure en Angleterre. Pour le reste, le long-métrage s'apparente à une sorte de psychanalyse à vocation piaculaire dont le but est de faire ressurgir des démons profondément refoulés. L'actrice principale du film, Rodleen Getsic, a elle-même été kidnappée, violée et torturée par un psychopathe.
Egalement coproductrice de The Bunny Game, Rodleen Getsic s'investit totalement dans son personnage, très proche de sa propre réalité, comme si la douleur et la souffrance étaient totalement confondues, ineffables et indissociables. En l'occurrence, difficile réellement de juger la qualité de l'interprétation. Il s'agit davantage d'une performance tant Rodleen Getsic noie l'écran de ses hurlements hystériques. 

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Dès l'introduction, le ton du film est donné. Le long-métrage s'ouvre directement sur une fellation non simulée. Dès les premières minutes, The Bunny Game cherche nûment à étouffer le spectateur. Tourné en noir et blanc, émaillé par quelques dialogues lapidaires, le film montre le quotidien d'une prostituée callipyge, entre les parties de fesses en l'air et la drogue.
Profondément nihiliste et torturé, The Bunny Game affiche une mise en scène âpre, scabreuse et souvent déroutante, à l'image de sa bande son dissonante, sur fond de musique trash et cacophonique. A cela, s'ajoutent une succession d'images violentes, de priapées obscènes et libidineuses multipliant les gros plans sur le visage et les yeux ulcérés de son héroïne.

A tel point que le film côtoie souvent la frénésie et la crise d'épilepsie. Clairement, Adam Rehmier cherche à choquer, à délivrer la claque annoncée et à décontenancer le spectateur. En vain. 
Evidemment, le long-métrage passe à la vitesse supérieure avec l'arrivée de son camionneur psychopathe et pervers. Entre les mains de ce criminel, la jeune femme subit tous les satyriasis de ce malade "dézingué du bulbe".
A partir de là, la jeune actrice Rodleen Getsic s'époumone, tintinnabule, éclate en sanglots, supplie son tortionnaire et se confit peu à peu dans la neurasthénie mentale. 
Pourtant, rien n'y fait. Tous ces effets sonores, tous ces flash en gros plan sur le visage éploré de la junkie ne parviennent jamais à susciter la moindre empathie pour la victime.
Pire encore, ce montage (encore une fois) frénétique ne réussit qu'à provoquer la nausée et d'intenses céphalées. A la fois racoleur et outrancier, The Bunny Game ne justifie son visionnage que pour la performance de son actrice principale. Mais clairement, le film n'est pas l'uppercut annoncé. Loin de là.

 

Note : 07/20

sparklehorse2 Alice In Oliver