la colline a des yeux 1977

Année : 1977
Genre : Horreur (interdit aux - 16 ans)
Durée : 1h30

Synopsis : Il était une fois la famille Carter, composée d'américains moyens qui (paf) se retrouvent en panne au milieu du désert, face à des cannibales sauvages (victimes des radiations selon Aja) qui vont les, hem, "maltraiter", donc en fait les violer, les exploser, les massacrer ! Et quand c'est le cinéaste de Scream et Les Griffes de la Nuit qui s'en charge, je vous laisse deviner le résultat !

La critique : 

Voici venue la publication sur Cinéma Choc de la chronique du meilleur film de Wes Craven : La Colline a des Yeux. Ce film a vraiment une longue histoire ! Il a fait l'objet d'une suite en 1985 par Craven himself, puis a fait l'objet d'un remake par Alexandre Aja en 2006. L'année suivante, c'est un remake de la suite ! On espère qu'un jour, sortira la suite du remake de la suite, ainsi que le préquel du remake de la suite du spin-off de la suite de l'original !
Enfin bon, ce n'est pas encore d'actualité. Quant au remake, il réussit à sauver les meubles (étonnant de la part du réalisateur de Piranhas 3D)... Trêve de bavardages cinéphilo-historiques, rentrons dans les tripes du sujet !

Pour commencer, LA COLLINE A DES YEUX EST UN PUTAIN DE FILM !!! Impossible de dire le contraire, c'est le film que Massacre à la Tronçonneuse (version 1974) aurait dû être ! Ce n'est pas ce choc, cette sensation physique qui transforme le gore en oeuvre d'art, qui fusionne le western et le film d'horreur crasseux (ce que fera Tobe Hooper, rassurez-vous, mais dix ans après dans l'excellent Massacre à la Tronçonneuse 2), pour obtenir un résultat qui déchire, vous étripe les neurones, vous arrache les yeux et vous piétine le bide ! C'est un film qui marque, qui laisse avec un goût de cendre (ou de sable) dans la bouche. C'est aussi un film dont on se souvient pour son "grand méchant" : Jupiter, patriarche monstrueux qui donne autant à gueuler qu'à réfléchir ! 

La force du film de Craven, heureusement, ne tient pas uniquement dans son extrême violence. La grande qualité de l'opus de Craven est en effet de manier, grâce au film d'horreur, une réflexion sur la société. Ancien professeur de philosophie, Craven ne nous transporte pas dans la "Caverne" de Platon, mais devant un portrait au vitriol (un peu exagéré quand même) des américains des seventies !
La photo ci-dessus représente un de ces largués de la société. Et tous les cannibales ressemblent à des gens complètement fous, certes tout à fait dangereux, mais aussi rejetés par la société américaine. Ce sont des types pas intégrés, "out". Est-ce que Craven veut nous dire qu'en n'intégrant pas certaines personnes, on en fait des gens dangereux ? Chacun a son interprétation...
A mes yeux, c'est d'ailleurs aussi une façon de voir de quelle façon les hommes traitent la violence. A travers La Colline A Des Yeux, Wes Craven nous montre des gens touchés par une violence extrême qui renvoient la balle à l'envoyeur. Glorification de l'auto-défense ? La dernière image est un des plans final qui m'a le plus marqué en 16 ans de cinéphilie : un Carter qui brandit une pierre au-dessus d'un des cannibales, pour lui fracasser la tronche, alors qu'il est déjà mort. Image d'une société qui s'acharne sur les plus démunis (les cannibales vivent dans le désert) ? Ha, ha...

Note : 18,5/20 

 

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