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Genre : horreur, gore, trash (interdit aux - 16 ans)
Année : 2011
Durée : 1h22

Synopsis : Le jeune homme Arkin, après avoir échappé aux griffes vicieuses d'un serial killer surnommé "le collectionneur", doit se résoudre à aller sauver la fille d'un père fortuné, qui a été enlevée par ce fou dangereux

La critique :

Marcus Dunstan est loin d'être un inconnu dans le milieu du cinéma gore et horrifique. Tout d'abord scénariste, il écrit les scripts de Feast, Feast 2 : Sloppy Seconds et Feast 3 : The happy finish. Les trois films rencontrent un certain succès en vidéo et surtout auprès des amateurs d'effusions sanguinaires. Néanmoins, c'est surtout sa participation (toujours en tant que scénariste) à Saw 4, Saw 5, Saw 6 et Saw 3D qui va lancer définitivement sa carrière.
En 2009, Marcus Dunstan décide enfin de passer derrière la caméra avec The Collector. Dans un premier temps, le réalisateur écrit un premier scénario conçu comme la préquelle de Saw premier du nom. Mais les producteurs s'opposent à cette idée qu'ils jugent saugrenue.

Le concept du métrage évolue au fil des écritures. Dans un premier temps, le film doit s'intituler The Midnight Man. Ce sera finalement The Collector. On reconnaît tout de suite l'influence de Saw et de ses nombreux épisodes : des pièges diaboliques, des tortures à profusion, une horreur qui se déroule en huis clos et un psychopathe énigmatique et insaisissable.
Telle est la recette de The Collector. Contre toute attente, la formule est d'une redoutable efficacité. A tel point que Marcus Dunstan envisage très vite une suite, The Collection, sortie en 2011. Fidèle à lui-même, Marcus Dunstan est toujours l'auteur du scénario, écrit avec la collaboration de Patrick Melton. La distribution du film réunit Josh Stewart (déjà présent dans le premier volet), Lee Tergesen, Christopher McDonald, Emma Fitzpatrick et Randall Archer.

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The Collection reprend là où les choses s'étaient arrêtées dans le premier chapitre. Attention, SPOILERS ! Détenu dans une malle par un mystérieux tueur, Arkin parvient à s’échapper durant un massacre aux proportions dantesques. Hospitalisé et sous bonne garde de la police, il est toutefois contraint d’aider les hommes de main d’un homme fortuné dont la fille unique a été enlevée par le tueur.
Arkin et quelques hommes en armes vont alors se jeter dans la gueule du loup en entrant dans le repaire du tueur ! Bref, on prend les mêmes et on recommence ! La seule différence, et elle est de taille, c'est que l'action se déroule dans l'antre du collectionneur lui-même. En outre, le repère du psychopathe ressemble à un agrégat de pièces détachées humaines transformé en salle d'opérations chirurgicales à coeur ouvert !

Le criminel semble vouer une passion dévorante pour les insectes et les araignées. Fort du succès du premier volet, Marcus Dunstan dispose de moyens plus conséquents. En l'occurrence, cette suite s'apparente à une nouvelle fête foraine de l'horreur. Sur ce dernier point, The Collection n'est pas sans rappeler les derniers chapitres de la saga Saw, eux aussi transformés en "Luna Parc" du gore.
Néanmoins, contrairement à ses modèles, The Collection ne sombre jamais dans le ridicule. Vous avez aimé le premier ? Alors, vous devriez logiquement apprécier cette suite, peu ou prou du même niveau. Dès les premières minute du générique, Marcus Dunstan a le mérite de présenter les inimitiés. 
Après les événements du premier, le Collectionneur est devenu le psychopathe le plus recherché des Etats-Unis.

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Qu'à cela ne tienne, le maniaque du scalpel et du bistouri ne tarde pas à se manifester. Arkin, à la fois le larron et le héros du premier volet, doit à nouveau affronter le psychopathe cagoulé. Entre temps, le criminel a déjà kidnappé la jeune fille d'un homme d'affaires cossu. D'emblée, Marcus Dunstan nous propose une séquence de tripailles dans une boîte de nuit à coup de moissonneuse batteuse.
Clairement, le cinéaste et cacographe ne fait pas dans la dentelle. Conscient que l'effet de surprise ne sera plus au rendez-vous, le réalisateur multiplie les pièges sanguinaires et démoniaques. Jamais à court d'idées, Marcus Dunstan va directement à l'essentiel en plongeant ses protagonistes dans la demeure vermoulue et labyrinthique du Collectionneur.

Plus fun, plus gore et plus dégénéré que son prédécesseur, The Collection reste toutefois assez laconique sur les véritables intentions de son psychopathe "dézingué du bulbe". Certes, on relève encore de nombreuses séquences solidement troussées. La vraie star du film, c'est évidemment le Collectionneur lui-même. Néanmoins, dans le rôle d'Arkin, Josh Stewart se transforme en vengeur de la veuve et de l'orphelin. Le tueur trouve enfin un adversaire à sa mesure.
L'affrontement entre les deux hommes tient les promesses annoncées. Contrairement à Saw et ses tristes épigones, The Collection nous épargne les longues homélies d'un psychopathe lapidaire qui préfère s'exprimer avec la lame de son opinel. Un choix judicieux qui permet au film de s'éloigner du carcan établi par Saw et tous ses succédanés.

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Cependant, The Collection n'est pas exempt de tout reproche. Certes, le film se montre particulièrement généreux et délivre largement son lot de réjouissances gores et machiavéliques. Paradoxalement, le film ne parvient jamais à susciter le moindre frisson. La faute à un script abscons et sans grand intérêt. A force d'accumuler les séquences d'hémoglobine, Marcus Dunstan et son équipe ne parviennent jamais à masquer l'absence totale de scénario. Ici, peu ou prou de surprises et de rebondissements. 
Certes, Marcus Dunstan est un fervent admirateur du cinéma de Dario Argento, un réalisateur auquel il rend largement hommage à travers The Collection. Hélas, la comparaison s'arrête bien là. Enfin, on relève de nombreuses incohérences. Par exemple, Arkin se montre plus compétent que la police pour retrouver la piste du serial killer... Bref, si The Collection se montre plutôt convaincant en termes de tripailles et autres effusions sanguinaires, cette suite se révèle (au final) assez inutile.

Note : 12/20

sparklehorse2 Alice In Oliver