riki oh

Genre : gore, action (interdit aux moins de 16 ans en France, interdit aux - 18 ans à Hong Kong)
Année : 1991
Durée : 1h28

Synopsis : Dans un futur proche, un homme est envoyé en prison pour avoir vengé la mort de sa femme.
Dans cet établissement de haute sécurité, il va devenir le porte-parole de prisonniers maltraités et devra affronter les gangs des quatre ailes de la prison ainsi que le sous-directeur et le directeur de la prison.

 

Première critique :

"Prise au sens large, la Catégorie III Hongkongaise ou "interdiction aux moins de 18 ans" créée en 1988 correspond davantage, culturellement parlant, à notre "interdiction aux moins de 16 ans" et réunit des films d'horizons très variés jugés extrêmes, offensant ou trop explicites" (Source : www.cinemasie.com/fr/fiche/dossier/249/). A l'aune de cette définition méticuleuse, la catégorie III signe donc le grand retour de nos pulsions primitives et reptiliennes via des psychopathes spécialistes du bistouri et de l'opinel, des violeurs notoires, des anthropophages qui se délectent de leurs propres clients dans leur restaurant, des viols à satiété, de la torture ad nauseam et de nombreuses allusions au sexe, en particulier au fétichisme et au sadomasochisme.
De facto, la catégorie III revêt donc un aspect phallique, un peu comme si la dictature - sur fond de phallocratie - reprenait le pouvoir dans une société exsangue et consumériste.

Pour les âmes sensibles, prière de quitter leur siège et de retourner gentiment dans leurs pénates. La catégorie III n'est pas spécialement réputée pour sa courtoisie ni sa bienséance. Certes, la catégorie III peut s'enorgueillir de posséder plusieurs classiques incontournables dans sa besace. Les thuriféraires citeront aisément Full Contact (Ringo Lam, 1992), The Untold Story (Herman Yau, 1993), Ebola Syndrome (Herman Yau, 1996), Run and Kill (Billy Tang, 1993), Red To Kill (Billy Tang, 1994), ou encore Camp 731 - Men Behind The Sun (Mou Tun-fei, 1988) parmi les références de la catégorie III. Néanmoins, on relève aussi quelques navets sérieusement avariés, notamment Raped By An Angel (Wong Jin, 1993), The Cat (Lam Nai-Choi, 1992), ou encore Naked Weapon (Ching Siu-Tung, 2002). Alors, dans quelle catégorie peut-on classifier le célébrissime (tout du moins à Hong Kong...) Riki-Oh - The Story of Ricky, réalisé par les soins de Ngai Choi Lam en 1991 ?

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Pour les amateurs de goguenardises et de facéties, Riki-Oh - The Story of Ricky fait partie des chroniques picaresques de Nanarland (Source : http://www.nanarland.com/Chroniques/chronique-storyofricky-story-of-ricky.html). Cette référence n'inaugure pas forcément une très grande indulgence envers ce genre de production funambulesque. A contrario, Riki-Oh - The Story of Ricky jouit d'une solide réputation sur la Toile, en particulier auprès des adulateurs du cinéma bis.
Adapté d'un manga, Riki-Oh, de Masahiko Takakumi, The Story of Ricky partage, à l'inverse, de nombreuses accointances avec un autre manga notoire, Hokuto No Ken, soit Ken le Survivant dans nos contrées hexagonales. Certains amateurs évoquent même une adaptation libre de Ken le Survivant au cinéma.

Certes, contrairement à Ken le Survivant, Riki-Oh ne se déroule pas dans une époque troublée et aux allures post-atomiques et eschatologiques, mais le film repose, peu ou prou, sur une dialectique rédhibitoire, à savoir l'explosion (l'implosion...) d'assaillants molestés par Riki-Oh lui-même. C'est sans doute la raison pour laquelle The Story of Ricky est aussi populaire sur le continent asiatique. Mieux, le long-métrage virulent s'est même exporté dans nos contrées occidentales via une sortie en vidéo. La distribution du film risque de ne pas vous évoquer grand-chose, à moins que vous connaissiez les noms de Fan Siu-Wong, Fan Mei-Sheng, Ho Ka-Kui, Yukari Oshima, Tamba Tetsuro et Gloria Yip ; mais j'en doute...
Attention, SPOILERS ! Dans un futur proche, toutes les prisons ont été privatisées, laissant les détentionnaires libres de tout mouvement durant leur incarcération.

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Riki-Oh, un homme au passé mystérieux, est écroué pour avoir vengé la mort de sa femme. Dans cet établissement de haute sécurité, il va devenir le porte-parole de prisonniers maltraités et devra affronter les gangs des quatre ailes de la prison, ainsi que le sous-directeur et le directeur de la prison. Le jeune homme arbore une force de frappe étonnante. La puissance de ses poings provient de son enseignement martial et trouve sa genèse dans les ultimes arcanes du Qi-Gong, un art ancestral et particulièrement destructeur. Mais malgré sa robustesse, Riki-Oh sera-t-il suffisamment vigoureux pour repousser les attaques de ses offenseurs ? Vous l'avez donc compris.
Riki-Oh - The Story of Ricky ne brille pas spécialement par la qualité de sa trame scénaristique, pour le moins rudimentaire.

L'histoire pourrait se résumer ainsi : un spécialiste des arts martiaux est emprisonné et passe son temps à se colleter avec une armada de garde-chiourmes et de réclusionnaires. Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout ! Enfin presque... Car Riki-Oh possède cette fougue, cette ingéniosité et cette tonitruance qui l'érigent d'emblée parmi ces bisseries complètement décérébrées. Le ton est donné lorsque le héros impudent explose un bibendum à main nues, le poing de Ricky faisant ressurgir l'estomac et les intestins de l'infortuné... Dès lors, le héros en déveine passe son temps à régler ses comptes, puis à s'empoigner avec des gangs subalternes. Ces derniers sont même suppléés par des surveillants de pénitencier tout aussi excentriques et psychopathiques.
L'intérêt de Riki-Oh repose donc cet étalage de barbaque à satiété. Extatique, le cinéaste, Ngai Choi Lam déborde d'imagination.  

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La moindre insulte et/ou la moindre moquerie sont systématiquement synonymes de tripailles et d'effusions sanguinaires. Euphorique, Ngai Choi Lam, ne nous épargne aucune excentricité et accumule les saynètes d'hémoglobine à une vitesse fulgurante. Nanti d'un budget impécunieux, le film dérive ponctuellement vers la profusion de sauce tomate, de prothèses, puis de crânes confectionnés en caoutchouc pour émailler une pellicule totalement débridée. Paradoxalement, Riki-Oh - The Story of Ricky s'exclut presque automatiquement de la case des nanars écervelés.
Sur le fond comme sur la forme, le long-métrage s'apparente à une gigantesque orgie sanguinolente qui peut néanmoins s'enhardir d'une étonnante sagacité.
Contrairement aux autres films de la catégorie III, The Story of Ricky ne met pas en exergue une quelconque diatribe de la société asiatique, ni la moindre tendance sociopathique comme la résultante de nos pulsions archaïques. En filigrane, Riki-Oh se permet une critique élusive du système consumériste via cette dérive vers la privatisation. Cependant, cette admonestation reste vraiment évasive, Ngai Choi Lam préférant se polariser sur les animosités. Sur ce dernier point, le réalisateur se montre plutôt magnanime.
Au menu des tristes réjouissances, le film propose plusieurs énucléations, un coup poing qui passe à travers la mâchoire, des étalages de viscères et d'intestins et, in fine, un directeur de prison qui se métamorphose en créature protéiforme. Riki-Oh ne badine pas avec la marchandise, mais ne devrait pas non plus offusquer son audimat en raison de son aspect hâbleur et grand-guignolesque. Bref, une telle bisserie ne pouvait qu'attiser notre philanthropie.

 

Note : 12.5/20

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Seconde critique :

Les films hongkongais de la catégorie 3 sont légion et n'hésitent pas à choquer son auditoire comme Men behind the sun, The untold story ou encore Red to kill. Mais Riki-Oh : Story of ricky fait exception à la règle. Riki-oh est l'adaptation d'un manga paru entre 1988 et 1990. ATTENTION SPOILERS ! Un car de police emmène des condamnés dans une prison afin de purger leur peine.
Parmi ce groupe, se trouve Ricky, accusé du meurtre d'un dealer qui a assassiné sa femme. Dans cet établissement de haute sécurité, Ricky prend conscience qu'il devra user de ses poings pour survivre. Dans cette prison privatisée, les gangs s'en donnent à coeur joie et agressent les autres détenus sans que les matons n'interviennent. Bref, c'est la loi du plus fort qui règne !

Ricky aide un codétenu et se fait agresser par un gan. Il enfonce alors une planche couverte de clous sur le visage de leur chef. Mais à son tour, le codétenu est rudoyé par les matons de la prison sous les ordres du chef du gang. Humilié il se suicide. Ricky se jure de le venger. L'un des sbires du chef du gang se bat avec Ricky, mais ce dernier le terrasse sans souci avec un coup de poing transperçant son ventre.
Ricky est envoyé dans le bureau du sous-directeur. Il est alors frappé et l'humilié mais Ricky réplique en détruisant son bureau. Pour se venger, le sous-directeur de la prison demande à un membre du gang de tuer le jeune homme. Ricky remporte évidemment le combat en assénant un coup mortel au crâne. Le but est alors d'éliminer Ricky, devenu trop dangereux aux yeux du directeur.

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Lors du combat ultime contre ce dernier, transformé en colosse, Ricky parvient à prendre la fuite. Ce film ne manque pas d'effets gore : énucléations, éviscérations, démembrements et autres sévices sont légion et raviront (à moitié) les fans du cinéma trash. Oui à moitié car certains effets ne sont pas toujours réussis et les trucages sont souvent risibles. Le métrage alterne les séquences pénitentiaires et les flashbacks, notamment l'entraînement de Ricky avec son maître ou encore la mort de sa compagne. The Story of Ricky fait penser à l'univers du manga Ken le survivant, à la seule différence que l'histoire se situe dans un milieu carcéral. Le film veut tellement bien faire qu'il tombe malheureusement dans la caricature en multipliant les scènes farfelues, comme par exemple la transformation du directeur de la prison lors du combat final. Ricky fait un noeud avec son tendon après avoir reçu un coup de couteau. Dans une autre séquence, c'est un combattant qui tente de l'étrangler avec ses intestins. 
Ces scènes épiques sont nombreuses. Le personnage de Ricky est un étrange croisement entre Ken le survivant et Liu Kang du jeu vidéo Mortal kombat. Il frappe et démembre ses adversaires avec une telle aisance qu'il ferait passer Steven Seagal pour un enfant de choeur. Bien qu'étant un film de la catégorie 3, The Story of Ricky ne parvient pas à choquer son audimat et provoque surtout l'hilarité. Malgré ses défauts, The Story of ricky reste avant tout un délire cinématographique jubilatoire.

 

Côte : nanar

 

Leatherface1974 Gegeartist