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Genre : biopic, arts martiaux
Durée : 3h55
Année : 2011

L'histoire : Le parcours exceptionnel de Bruce Lee, de ses années d’apprentissage à son triomphe planétaire, de ses débuts à Honk Kong à son arrivée aux Etats-Unis, de sa jeunesse à sa mort tragique, illustrant la légende de combats plus vraies que nature. 

La critique :

Est-il encore nécessaire d'évoquer l'illustre carrière de Bruce Lee, hélas décédé en 1973 à l'âge de 32 ans ? Plus de quarante ans après sa mort, le petit dragon reste toujours la référence du film d'arts martiaux. Souvent imité mais jamais égalé. Peu de temps après son décès, les producteurs fangeux et mercantiles créent et inventent un nouveau genre : la bruceploitation.
Non Bruce Lee n'est pas mort. Contre toute attente, la supercherie fonctionne. Des pseudos sosies aux noms pittoresques (Bruce Li, Bruce Le ou encore Bruce Ly) sont censés remplacer le Petit Dragon dans des productions souvent douteuses : Le jeu de la mort 2, Bruce contre-attaque, The Clones of Bruce Lee ou encore Les 6 épreuves de la mort sont autant de films qui tentent de ressusciter le mythe.

Ce filon juteux s'épuise vers le milieu des années 1980. En 1993, Rob Cohen réalise un biopic, Dragon : l'histoire de Bruce Lee. Hélas, et à juste titre, cette biographie irénique est jugée peu éloquente par les fans et la presse cinéma. La vie mouvementée du Petit Dragon serait-elle inadaptable au cinéma ? En 2010, Raymond Yip signe Bruce Lee, Naissance d'une légende.
A nouveau, le film essuie un camouflet de la part des critiques peu enthousiastes envers ce biopic. En 2008, Li Wenqi décide de consacrer une mini-série télévisée à la gloriole de l'acteur chinois. Cette série est connue à la fois sous le nom de La Mémoire du Dragon et de La Légende de Bruce Lee. Dans un premier temps, Li Wenqi réalise une première série de 50 épisodes de 45 minutes (La légende de Bruce Lee).

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Cette fois-ci, la presse se montre unanimement panégyrique et salue le travail du cinéaste. Qu'à cela ne tienne, Li Wenqi décide de condenser les épisodes de la série à travers un téléfilm de 185 minutes environ. Bienvenue dans La Mémoire du Dragon ! La distribution de ce téléfilm réunit Danny Chan Kwok Kwan, Michelle Lang, Ray Park, Michael Jay White, Gary Daniels et Mark Dacascos.
Dans ce casting, on retrouve de nombreuses figures mythiques de films d'action et d'arts martiaux. Quant à Danny Chan Kwok Kwan, il est chargé d'interpréter l'illustre Petit Dragon. Un rôle pour le moins difficile, le piège étant de sombrer dans la caricature. L'acteur est évidemment choisi pour sa ressemblance frappante avec l'artiste martial. En l'occurrence, contrairement à toutes ces anciennes stars de la Bruceploitation, Danny Chan Kwok Kwan est le vraie sosie de Bruce Lee.

En outre, l'interprète ne se contente pas d'imiter et/ou de reprendre les fameuses mimiques du Petit Dragon. Danny Kwan Kwok Chan s'approprie totalement le personnage. Lui aussi est un artiste accompli et émérite dans les disciplines du Taekwendo et du free fight. Est-il le digne épigone de Bruce Lee ? La réponse est heureusement positive. Sur ce dernier point, La Mémoire du Dragon se révèle largement supérieur au très médiocre Dragon, l'histoire de Bruce Lee.
Quant au scénario, peu ou prou de surprises puisqu'il s'agit de revisiter le mythe, sa vie, son parcours et sa mort. Attention, SPOILERS ! L'histoire exceptionnelle de Bruce Lee, de ses années d’apprentissage à son triomphe planétaire, de ses débuts à Honk Kong à son arrivée aux Etats-Unis, de sa jeunesse à sa mort tragique, illustrant la légende de combats plus vraies que nature.

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Contre toute attente, le réalisateur, Li Wenqi, choisit d'illustrer la vie du Petit Dragon en se focalisant sur les principaux événements de sa vie. Le téléfilm commence sur un tournoi de karaté organisé aux Etats-Unis et réunissant les meilleurs combattants du moment. Pour Bruce Lee, c'est l'occasion ou jamais de faire triompher sa discipline, le Jeet Kune Do, un art martial que le Petit Dragon veut imposer au monde entier, une technique ultime et de parfaite osmose entre le corps et l'esprit.
Au grand dam de ses contempteurs, des maîtres chinois eux aussi installés et expatriés chez l'Oncle Sam. Les arts martiaux asiatiques doivent rester l'apanage des disciples de Shaolin. Telle est la dynamique principale de La Mémoire du Dragon.

A partir de là, cette mini-série télévisée se divise en deux parties bien distinctes. La première se résume à une sorte de parcours initiatique. Tout d'abord danseur de tango, Bruce Lee est injustement rudoyé par quelques camarades de lycée. Vindicatif, il s'entraîne tous les jours et reçoit l'enseignement d'un maître spécialisé dans le kung-fu. Rapidement, Bruce Lee montre des capacités étonnantes et multiplie les acrobaties les plus insensées.
Non seulement le jeune élève est doué mais il se montre particulièrement opiniâtre. Devenu à son tour un artiste martial accompli, il fait néanmoins preuve d'arrogance. Ce qui a le don d'agacer ses nombreux contempteurs. Très vite, Bruce Lee devient l'adversaire à battre, celui qui doit être à humilié à tout prix.

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Hâbleur, le jeune homme défie plusieurs maîtres d'arts martiaux en combat singulier. Il triomphe toujours (mais souvent difficilement) de ses augustes adversaires. En l'occurrence, La Mémoire du Dragon n'est pas spécialement dithyrambique avec cet homme à la fois rogue, tenace et vénal. Après avoir longtemps subi les anathèmes et les billevesées des producteurs aux Etats-Unis, Bruce Lee compte bien s'accaparer et triompher du petit monde d'Hollywood. Lui aussi devient une sorte de capitaliste spécialisé dans les bourre-pif. Le téléfilm évoque rapidement les tournages de ses films les plus populaires.
Sur ce dernier point, Li Wenqi se montre plutôt timoré et élusif. Il préfère privilégier la psychologie de son personnage principal. Certes, on relève parfois quelques anachronismes. Cependant, cette mini-série possède de solides arguments, entre autres l'extraordinaire performance de Danny Chan Kwok Kwan, et de nombreuses combats homériques. Bref, on tient là une adaptation de qualité, celle qui rend enfin hommage à l'aura, à la pugnacité et au charisme du Petit Dragon.

Note : 15/20

 

sparklehorse2 Alice In Oliver