the descent part 2

Genre : horreur, gore (interdit aux - 12 ans)
Année : 2009
Durée : 1h33

Synopsis : Rescapée d'une expédition spéléologique, Sarah émerge seule des grottes des Appalaches, traumatisée par les événements. 24 heures plus tard, le shérif local l'oblige à redescendre sous terre afin de guider l'équipe de secours qui cherche désespérément ses cinq amies disparues. Alors que le groupe s'enfonce dans les profondeurs, Sarah commence à réaliser toute l'horreur de cette mission. Le danger qui les guette, tapi dans les ténèbres de la grotte, est encore plus féroce que celui auquel Sarah a survécu.

La critique :

2005. Sortie de The Descent dans les salles obscures. Avec Saw (James Wan, 2004) et Hostel (Eli Roth, 2006), le film de Neil Marshall devient la nouvelle égérie du cinéma horrifique. Contrairement à ses augustes prédécesseurs, The Descent ne joue pas la carte du torture porn. Nouvelles tendances, nouvelles moeurs. Les hommes sont évincés par des femmes qui organisent une expédition spéléologique dans une grotte habitée par des créatures voraces.
Surtout, la tension monte crescendo jusque l'inexorable. Avant de se colleter avec les monstres anthropomorphiques, les jeunes héroïnes doivent affronter leurs peurs archaïques, mais aussi leurs propres souvenirs. A l'image de Sarah, seule rescapée d'un accident de voiture qui a tué son mari et sa fille un an auparavant.  

La grotte de Neil Marshall se transmute alors en Allégorie de la CaverneSarah est rattrapée par ses fantômes et ses propres démons, telles des ombres qui sourdent des nimbes de l'enfer. Difficile, dans ce contexte, de distinguer la réalité du fantasme. Désormais, ce sont les femmes qui chassent et s'empoignent dans un endroit énigmatique, obombré et claustré par des parois vespérales. Conscient du potentiel de son sujet, Neil Marshall confie à Jon Harris le soin de réaliser une suite, donc The Descent - Part 2, sortie en 2009.
Contre toute attente, le cinéaste choisit de ne pas rempiler derrière la caméra. Néanmoins, soucieux de la qualité de ce second chapitre, il décide de superviser les opérations. Jon Harris se doit de respecter l'essence du premier opus. 

the-descent-part-2-image5

Reste à savoir si The Descent - Part 2 va être capable ou non de renouveler son sujet. Réponse dans les lignes à venir. La distribution du film réunit Shauna McDonald, Natalie Mendoza, Gavan O'Herlihy, Anna Skellern et Joshua Dallas. Attention, SPOILERS ! Rescapée d'une expédition spéléologique, Sarah émerge seule des grottes des Appalaches, traumatisée par les événements.
24 heures plus tard, le shérif local l'oblige à redescendre sous terre afin de guider l'équipe de secours qui cherche désespérément ses cinq amies disparues. Alors que le groupe s'enfonce dans les profondeurs, Sarah commence à réaliser toute l'horreur de cette mission. Le danger qui les guette, tapi dans les ténèbres de la grotte, est encore plus féroce que celui auquel Sarah a survécu.

Premier constat : The Descent - Part 2 reprend les choses là où elles s'étaient arrêtées dans le premier. Seule différence et pas des moindres, cette suite reprend la fin américaine, donc l'une des conclusions alternatives. Sarah est donc la seule survivante de l'expédition spéléologique (je renvoie au synopsis). Jon Harris a choisi de rompre avec la conclusion européenne, une fin énigmatique et polysémique, suscitant plus d'interrogations que de réponses.
Le script de The Descent - Part 2 démarre donc une heure après les faits du premier chapitre. Faute de réelles nouveautés, Jon Harris joue la carte de l'amnésie. 
Sarah vient à peine de sortir de la caverne mortuaire, mais elle ne conserve plus aucun souvenir de sa terrible bataille avec les créatures. Un oxymore. 

hqdefault

Vous l'avez donc compris. Le film n'est pas exempt de tout reproche et multiplie les incohérences. Dès les premières minutes de bobine, le long-métrage a déjà évincé son sujet. On comprend mieux pourquoi Neil Marshall a décidé d'observer le tournage en catimini. En outre, The Descent - Part 2 se contente de marcher dans le sillage de son modèle. Le film ressemble étrangement à toutes ces productions horrifiques modernes, avec son lot d'action, d'aventures, de tripailles et de situations rocambolesques, sans pour autant renouveler son concept.
The Descent - Part 2 est-il si médiocre pour autant ? La réponse est heureusement négative, à condition de le regarder pour ce qu'il est, à savoir un modeste succédané du film de Neil Marshall. Contrairement à son auguste prédécesseur, Jon Harris ne s'embarrasse plus avec la psychologie de ses différents protagonistes.

Bref, tout ce qui faisait, en grande partie, l'attrait du premier volet, est ici évincé pour viser avant tout l'efficacité. Seule surprise. Les hommes sont de retour dans ce second chapitre. Eux aussi viennent s'inviter aux inimitiés. Pas pour longtemps. Derechef, The Descent - Part 2 redevient ce film horrifique revendiquant cette hégémonie féministe. En l'occurrence, le portrait de nos participants masculins n'est pas spécialement dithyrambique. Soit ils sont condamnés à servir de menu fretin aux mystérieuses créatures, soit ils sont décrits comme des êtres couards, turpides et séditieux. 
A nouveau, ce sont Sarah et ses compagnes d'infortune qui se transmuent en phallus vindicatifs. 
C'est sans doute l'aspect le plus intéressant de The Descent - Part 2. Dommage que cette thématique ne soit pas davantage développée par un Jon Harris dogmatique. Ne vous attendez donc pas à une nouvelle Allégorie platonicienne au profit d'une production calibrée, néanmoins supérieure à la moyenne habituelle. Ma note finale pourra donc paraître clémente.

 

Note : 12/20

sparklehorse2 Alice In Oliver