channel 309

Genre : expérimental, trash, pornographique, extrême (interdit aux - 18 ans)
Année : 2014
Durée : une heure

Synopsis : Quatre épisodes d'un même tournage underground et totalement expérimental. Dans des caves sordides et des bunkers souterrains, un groupe d'individus se livrent à des actes sexuels d'une brutalité extrême, basés sur la souffrance, les humiliations et la plus totale dépravation. Préparez-vous à vivre l'enfer du snuff sexuel selon Blacklava Entertainment... 

La critique :

Avec Channel 309, Cinéma Choc entre dans une nouvelle dimension : celle de l'abjection sans aucune limite. Oui, il faut croire que le sombre quotidien de l'être humain en détresse dans une société déliquescente et dans un monde agonisant ne doit pas suffire à certains réalisateurs. Il leur faut, en plus, ajouter leur touche personnelle de dégénérescence à un tableau déjà bien déprimant... De ce fait, les productions allemandes Blacklava ont décidé d'éditer, il y a peu, ce qui se fait de pire dans le cinéma underground actuel et qui est certainement l'un des films les plus trash jamais réalisés au jour d'aujourd'hui, j'ai nommé Channel 309. Autant vous dire que cet essai filmique immoral et scandaleux mérite sans problème de figurer en bonne place aux côtés (et même au-dessus) d'autres références du genre, telles que Pain Gate : Scrum ou The Taming of Rebecca, pour ne citer que celles-là.
Définitivement, ce film surpasse dans l'avilissement, à peu près tout ce qui a été fait avant sur le circuit dit "classique" de la production cinématographique.

Une heure d'orgie et de décadence absolue, voilà ce que propose le réalisateur italo-américain Marco Malattia, un nouveau venu (encore un) sur la scène du cinéma extrême. Et pour ses débuts, celui-ci frappe un coup gigantesque. Mais, avant tout, quels arguments peut-on avancer pour justifier une telle abomination ? A priori, aucun. Aussi, avant de vous accabler par la description détaillée des multiples insanités proposées durant cette expérience, je tiens à réendosser ma robe d'avocat de la défense pour délivrer une fois de plus mon plaidoyer répété à l'envie lors d'anciennes chroniques de films extrêmes : "Si de tels films existent, c'est bien parce qu'il y a une demande mercantile qui existe elle aussi".
De là à avancer que les auteurs de ces attentats visuels s'inscrivent dans une démarche purement commerciale, il n'y a qu'un pas que l'on a tôt fait de franchir. Car sans nier une certaine recherche (?) de style, on peut légitimement se poser la question de l'utilité cinématographique et artistique de telles infamies. Quoi qu'il en soit, Channel 309 représente un tel sommet de débauche et de violences sexuelles (rarement vues à l'écran) qu'il n'est pas superflu de prévenir les âmes sensibles avec les avertissements d'usage.

 

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Comme disent nos amis anglo-saxons : "Watch at your own risks !". Attention, SPOILERS ! Le film se compose de trois courts-métrages quasiment identiques sur leur forme expérimentale. Filmé en super 8 dans des lieux indéterminés, des individus cagoulés et masqués se livrent à des déferlements d'actes sexuels extrêmes. Un épilogue colorisé conclut la projection de manière encore plus abjecte. Episode 1 : Dans ce premier court-métrage, une femme ligotée est soumise à du bondage et diverses humiliations : ingurgitation forcée d'urine, introduction d'un crochet dans la vagin, réelle éventration dorsale, fist fucking sévère... Tandis qu'un participant affublé d'un masque de démon et d'un pénis doublement percé se fait masturber par deux femmes jusqu'à l'éjaculation...
Episode 2 : Une femme cagoulée grave des inscriptions sur des crânes avant de participer à une brutale séance de triolisme. Au programme : écrasement de poitrine à l'aide d'une barre de fer, urophilie buccale, fellation forcée avec la tête sous l'eau, déstructuration de seins...

Episode 3 : Revejunescence. Ici, l'image est plus nette mais l'action toujours aussi désordonnée. Une femme se met en scène en filmant ses performances et celles de ses partenaires. Toujours un maximum de sexe décadent tourné de manière saccadée et épileptique. En plus des inévitables sodomies, fellations et éjaculations faciales, nous avons droit à une éventration (ventrale, celle-là) et à un incroyable écartèlement du vagin par un appareil de tortures.
Epilogue : Le final mélange couleurs et noir et blanc, et le côté expérimental disparaît. Les acteurs sont toujours masqués et les réjouissances redoublent de perversité et de sadisme. Ainsi, après quelques scènes vomitives et urophiles en guise d'échauffement, le spectateur assistera à un piercing sanglant de tétons, à la flagellation d'une victime attachée à une croix et coiffée d'une couronne d'épines (no comment), à une défection excrémentielle (en gros plan) après sodomie, à un gavage outré de préservatifs usagés, à des anal fist fuking et j'en oublie tellement...

 

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Vous avez la nausée ? Normal. Ce film va loin, très loin, trop loin. En une heure de bobine, il accumule à peu près les pires excès dont l'homme peut se rendre coupable. Par le fait, il atteint des sommets vertigineux dans le vice à tel point que, pour vous donner une idées de ces extrémités outrageantes, une "oeuvre" salement gerbante comme Corps de Chasse ressemble en comparaison à un gentil Disney. Avec Channel 309, c'est une véritable bombe atomique que les VLF Laboratories de Marco Malattia ont balancé dans le milieu underground. Et Blacklava Entertainment à qui l'on doit la diffusion de nombreux films extrêmes, ne s'est bien sûr pas fait prier pour se faire de la publicité en produisant cet ovni giga hardcore.
Evidemment, et comme je le précisais avant dans la chronique, on peut se poser sérieusement la question sur l'intérêt d'une telle chose. Personnellement, je n'y vois qu'un étalage ostentatoire de fantasmes malsains de la part d'un réalisateur en proie avec ses propres démons. Un réalisateur qui, par le biais d'images toujours plus choquantes, flatte par la même occasion les plus vils instincts d'un public demandeur d'émotions toujours plus fortes.

Sur le fond, Channel 309 ne raconte rien sinon une litanie ininterrompue d'actes de souillure innommables, faisant en quelque sorte l'apologie d'une forme d'esclavagisme de l'obscénité. Le tout baignant dans une forte connotation sataniste. Dans sa forme, le film risque de donner des sacrés maux de tête aux spectateurs. Jouant de manière outrancière sur le côté expérimental, Malattia liquéfie sa posture scénaristique jusqu'à l'écoeurement. Gros plans, coupures d'images, multi accélérés, incohérence des situations d'un plan à l'autre et, par-dessus tout, un vacarme assourdissant de bruits indéfinis qui vous concasse les oreilles. Pour les courageux qui voudraient se lancer, prière de visionner le film en coupant le son. De toute façon, il n'y a aucun dialogue.
Dans une atmosphère digne de la cassette maudite de The Ring, Marco Malattia joue avec les nerfs du spectateur. Images épileptiques et floues, bande granuleuse, noir et blanc usé, faux raccords, mouche se baladant sur l'écran (tiens, tiens...) et bande son ultra agressive qui martyrise nos tympans et qui parvient à instaurer un terrifiant chaos psychologique.

 

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Certains pourront voir dans cette oeuvre extrême comme un lointain descendant de l'incroyable Mondo Weirdo, réalisé 25 ans plus tôt, mais avec un niveau de violence et de transgression multiplié par mille. Sorti tout droit de l'esprit torturé de Marco Malattia, Channel 309 joue la carte de la démesure à outrance. Démesure dans les violences sexuelles, démesure dans la barbarie des actes, démesure dans la violence du contenu. Bref, nous tenons là un objet surpuissant dans l'ignominie.
Cet engin délictueux nous ramènerait presque 35 ans en arrière lorsque les roughies d'outre Atlantique régnaient en maître sur le cinéma trash mondial. Depuis, les Allemands et surtout les Japonais ont pris de l'avance. Certainement lassés de se retrouver loin dans le rétroviseur de leurs concurrents en matière d'extrémités filmiques, les réalisateurs américains underground ont décidé de remettre les choses au point avec cette oeuvre d'une incroyable puissance bestiale.
Entre fiction nauséabonde et réalité dégénérée, Marco Malattia nous fait naviguer dans la dimension infernale d'un cauchemar crasseux et hypnotique dont le spectateur, fut-il le plus endurci, aura bien du mal à se relever. Monstrueux d'insanités, Channel 309 révulsera le public bien-pensant établi dans ses certitudes, mais pourrait bien fasciner contre leur gré, les rares téméraires qui tenteront l'expérience. Un seul mot : Apocalyptique !

Note : ???

 

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Trailer du "film" sur : http://www.xvideos.com/video7886921/channel_309_-acausal_broadcast_1-_web-trailer_04.2014