enfer mécanique 1977

Genre : épouvante, horreur, fantastique (interdit aux - 12 ans)
Année : 1977
Durée : 1h36

Synopsis : Est-ce un fantôme, un démon ou le diable lui-même? Le shérif Wade Parent est en mission afin d'arrêter une berline noire monstrueuse qui a commencé à terroriser les habitants d'une petite ville du Nouveau-Mexique. Personne ne sait d'où elle vient et surtout qui la conduit. Ce qu'ils savent cependant c'est que cette berline qui provoque la terreur dans le village doit être détruite avant qu'il ne soit trop tard. 

La critique :

Evidemment, tout le monde connaît Christine, réalisé par John Carpenter en 1983. Ou l'histoire d'une voiture diabolique, probablement habitée par le mal, et qui s'empare de l'esprit (fragile) d'un jeune éphèbe, décimant plusieurs étudiants sur sa route. Avant Christine, le cinéma d'épouvante s'était déjà accaparé le fameux bolide avec Enfer Mécanique d'Elliot Silverstein en 1977.
On pourrait presque considérer le film comme une (très) libre adaptation du célèbre roman de Stephen King (donc le même Christine, au cas où vous n'auriez pas compris...). Dans les années 1970, le road movie est plus que jamais d'actualité et connaît un succès fulgurant dans les salles obscures. 
C'est par exemple le cas de Duel (Steven Spielberg, 1971) et de La Course à la Mort de l'An 2000 (Paul Bartel, 1975).

Enfer Mécanique est probablement influencé par Les Dents de la Mer (Steven Spielberg, 1975), le requin prédateur se transmutant en une voiture énigmatique, débarquant de nulle part. L'automobile démoniaque du film est une Lincoln Continental Mark III 1971, transformée par le concepteur George Barris, qui avait déjà fabriqué la célèbre Batmobile pour la série télévisée Batman
La distribution du film réunit James Brolin, Kathleen Lloyd, John Marley, R.G. Armstrong et Ronny Cox. Certes, à priori, le scénario d'Enfer Mécanique est plutôt laconique. 
Attention, SPOILERS ! A Santa Ynez, dans une communauté fictive située dans l'État de l'Utah, une énorme berline noire roule à tombeau ouvert sur la route du désert.

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Elle frappe d'abord deux cyclistes dans les montagnes, puis un auto-stoppeur aux abords de la ville. Les policiers du comté, menés par le shérif Everett et le capitaine Wade Parent, commencent l'enquête. Blessé dans un affrontement, Wade sort de l'hôpital et établit un plan pour se débarrasser de la voiture diabolique. Avec Enfer Mécanique, Elliot Silverstein invente une nouvelle forme de terreur au cinéma : le bolide hanté par un esprit démoniaque, même si le réalisateur s'inspire (beaucoup) de Duel (que j'ai déjà cité). Déjà à l'époque, Steven Spielberg transformait son véhicule (en l'occurrence un camion) en une sorte de démon incube version motorisée, débarquant de nulle part et semant la mort et la désolation.
Enfer Mécanique fait partie de ces petites séries B horrifiques méconnues du grand public. Les fans de voitures diaboliques citeront naturellement Christine sans forcément connaître le film d'Elliot Silverstein.

Reste à savoir si Enfer Mécanique (The Car de son titre original) justifie (ou non) son visionnage. Heureusement, la réponse est plutôt positive même si on lui préférera largement le long-métrage de John Carpenter. Ici point d'étudiant libidineux. Les inimitiés se déroulent dans une petite communauté fictive des Etats-Unis et principalement sur des routes à la fois désertiques et chaotiques.
Plus que jamais, Enfer Mécanique a une vrai connotation eschatologique avec ce bolide qui écrase tout sur son passage et qui semble provenir du néant. A l'instar de la belle Christine, elle aussi a un caractère bien trempé et surtout meurtrier. Gare à ne pas défier ou à invectiver le véhicule ! Au fur et à mesure, la berline teintée de noir dévoile ses étranges pouvoirs. 

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Confrontée des policiers vindicatifs, la Lincoln Continental effectue plusieurs tonneaux et écrase ses assaillants. Puis, c'est l'épouse du shérif Wade qui est nûment transpercée dans sa propre maison par la voiture machiavélique. Espiègle, l'automobile est dotée d'une intelligence hors du commun. Elle est insensible aux balles et ne craint pas le courroux des habitants de la communauté.
Lorsqu'elle surgit de nulle part, ses klaxons retentissent avant de disparaître à nouveau dans les ténèbres. Autant le dire tout de suite. L'intérêt d'Enfer Mécanique repose essentiellement sur sa berline de service, soit la vraie star du film. Les personnages humains sont un peu trop caricaturaux et stéréotypés pour susciter l'empathie, à l'image du shérif Wade, bon père de famille et amoureux de sa femme.

D'ailleurs, lorsque celle-ci exhale son dernier soupir, Wade est à peine émoustillé par le meurtre pourtant atroce de son énamourée. Le film est également victime de sérieuses baisses de rythme. Le long-métrage perd sérieusement de son intérêt lorsque nos protagonistes dissertent, hypostasient et ratiocinent. Elliot Silverstein ne nous épargne pas les longues conversations sibyllines.
Conscient des limites de son scénario, le réalisateur repart à l'assaut avec son bolide destructeur et annonciateur de la mort. 
Le long-métrage contient plusieurs séquences d'action solidement troussées, à l'image de ce défilé de majorettes qui se transforme très vite en bain de sang. Néanmoins, difficile de s'extasier ou de ressentir le moindre effroi devant cette pellicule impécunieuse.
Bref, on tient une série B fantastique et d'épouvante plutôt sympathique, à défaut d'être indispensable.

 

Note : 11/20

sparklehorse2 Alice In Oliver