female trouble

Genre : comédie dramatique, trash (interdit aux - 16 ans)
Année : 1974
Durée : 1h29

Synopsis : Les parents de Dawn Davenport refusent de lui offrir des chaussures à talons de cha-cha-cha pour Noël. Elle s'enfuit alors de la maison. C'est le début d'un itinéraire trash et chaotique

La critique :

Acteur, réalisateur et professeur de cinéma, John Waters débute sa carrière cinématographique dans les années 1960 via plusieurs courts et moyens métrages méconnus, notamment Roman Candles (1966) et The Diane Linkletter Story (1969). Mais c'est surtout par le biais du long-métrage que John Waters va se faire connaître et ce, dès 1968, avec Mondo Trasho.
A travers cette toute première pellicule, le cinéaste impose déjà son style et affectionne tout particulièrement un penchant pour la provocation, les épigrammes et les pestilences. Il confirme avec Multiple Maniacs en 1970. Hélas, ses deux premiers films restent assez confidentiels. En 1972, il connaît enfin la gloire et la consécration avec Pink Flamingos, une comédie trash tournée avec les moyens du bord et surtout avec une certaine (un certain...) Divine.

Bien qu'affublé d'oripeaux féminins, l'artiste est un homme, un chanteur drag queen et donc un travesti adepte (en tout cas dans les films de John Waters) de la scatologie, l'onanisme et les parties de jambes en l'air. L'acteur devient peu à peu l'égérie du cinéaste. Avec Pink Flamingos, John Waters signe un véritable pamphlet contre la bien-pensance et la société américaine.
John Waters est même condamné à payer une amende pour diverses obscénités affichées à l'écran. Le film provoque à fois les billevesées et l'admiration des critiques et de la profession. Certains contempteurs souhaitent que le réalisateur euphémise quelque peu ses ardeurs. Il n'en est rien. En 1974, John Waters réalise Female Trouble et confirme (à nouveau) son goût pour la polémique et la provocation.

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En ce sens, Female Trouble pourrait être à la fois considéré comme la suite, la séquelle voire même le remake de Pink Flamingos, même si l'histoire se veut très différente. Encore faudrait-il savoir de quelle histoire on parle, tant le film est dépourvu de scénario. Pour ce quatrième long-métrage, John Waters retrouve son acteur fétiche, donc le fameux Divine.
Viennent également s'ajouter David Lochary, Mary Vivian Pearce, Mink Stole et Edith Massey. En outre, le scénario est à la fois simpliste et laconique. Attention, SPOILERS ! Les parents de Dawn Davenport refusent de lui offrir des chaussures à talons de cha-cha-cha pour Noël. Elle s'enfuit alors de la maison et s'éprend d'un alcoolique. Dawn Davenport divorce et supporte de moins en moins les caprices et les hurlements hystériques de sa fille, Taffy, désormais adolescente.

Parallèlement, elle fait la connaissance d'un couple d'artistes. Les deux tourtereaux, en apparence affables et magnanimes, vont exploiter le physique disgracieux de Dawn Davenport. S'ensuit alors toute une série de péripéties ubuesques et rocambolesques. En l'état, difficile de ranger Female Trouble dans une catégorie particulière : Une comédie ? Une comédie dramatique ? Un drame tout court ?
Ou encore une critique au vitriol et sans concession de la bien-pensance et des prémisses de la société consumériste ? Female Trouble est un peu tout cela à la fois. Fidèle à lui-même, John Waters affectionne les séquences trash, ainsi que les conversations sibyllines. Contrairement à Pink Flamingos, le cinéaste élude toute séquence scatologique. Néanmoins, on retrouve toujours quelques scènes de coït. Toutefois, rien de bien sanglant ni de particulièrement érotique ou choquant.

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Dans Female Trouble, tous les personnages sont couards, hideux, fallacieux et de véritables benêts du village. A travers cette ribambelle de protagonistes improbables et farfelus, John Waters se gausse d'une certaine bien-pensance artistique. Finalement, le véritable héros du film, ce n'est pas forcément la fameuse (le fameux...) Divine, plus en forme que jamais.
Fidèle à son style, l'acteur aux incroyables rotondités multiplie les quolibets et agonit sa fille d'injures. Mais l'interprète est évincé par un couple bourgeois confiné dans l'ennui et son quotidien morose. Avec Divine et sa petite famille d'idiots congénitaux, les deux amoureux peuvent enfin s'esclaffer des aventures de ces "freaks". Certes, on relève de nombreuses scènes superflues qui visent avant tout à remplir le long-métrage.

Parallèlement, John Waters s'en donne à coeur joie en multipliant les séquences les plus insensées. 
Personnellement, je suis assez partagé entre la comédie fabuleusement médiocre ou une sorte de sommet trash qui brille par son outrecuidance. Même encore aujourd'hui, le ton reste d'une incroyable condescendance. Cependant, on pourra tout de même regretter l'absence totale de scénario. En l'état, difficile de dire ce que raconte précisément cet OFNI (objet filmique non identifié).
Ensuite, la qualité de l'interprétation laisse sacrément à désirer. A l'image de Divine, en mode pilotage automatique. A sa décharge, les autres acteurs ne font pas beaucoup mieux. Female Trouble dégage donc un amateurisme permanent et totalement assumé. Clairement, John Waters déteste le compromis et le politiquement correct. Une tendance déjà confirmée par le fameux Pink Flamingos, tout de même supérieur à cette petite gaudriole.

Note : ?

sparklehorse2 Alice In Oliver