vomit enema extasy

 

Genre : pornographique, trash, extrême (interdit aux moins de 18 ans)
Année : 2009
Durée : 3h20

Synopsis : Dix "tableaux" d'une vingtaine de minutes chacun, mettant en scène des jeunes femmes qui se livrent à des orgies émétophiles ou urophiles, tandis que d'autres subissent d'innommables tortures sexuelles de la part de bourreaux impassibles. 

La critique :

Décidément depuis quelque temps, dans le petit monde du cinéma extrême, les choses évoluent à toute vitesse. Ainsi, vous pouvez oublier les récents Pain Gate : Scrum et autres Channel 309 car voici qu'ils sont déjà à mettre au rayon des "antiquités". Dépassés, pulvérisés, atomisés par l'invraisemblable Vomit Enema Extasy (ou "Ecstasy"), dont je propose aujourd'hui de faire la connaissance. Ne parlons même pas de l'anthologie vomitive de Lucifer Valentine qui ressemble à Blanche Neige en comparaison de cette abomination nippone. D'ailleurs à ce niveau d'abjection et de perversité, peut-on encore parler de cinéma ? Ignominie filmique serait un terme beaucoup plus approprié.
Je ne peux donc que conseiller amicalement aux personnes sensibles de passer leur tour et de faire l'impasse sur cette chronique. Je ne leur en voudrai pas... Revenons aux origines. En 1998, Shinji Imaoka engendre une série ultra violente de sept films où des jeunes femmes subissaient des tortures non simulées par des satires pour le moins perturbés des neurones.

En plus de cela, elles devaient se soumettre à des actes sexuels dégradants qu'un floutage maladroit de l'image parvenait difficilement à cacher. Son nom ? Eccentric Psycho Cinema. Authentiquement underground, férocement hardcore, ce pionnier va ouvrir la voie à toutes les déviances possibles et imaginables sur pellicules, et particulièrement au Japon, son pays d'origine. Dès la fin des années 1990 d'obscurs réalisateurs (doit-on vraiment les qualifier ainsi ?) vont saisir le filon et ne plus le lâcher. Ainsi, naîtront des franchises toutes pls ignobles les unes que les autres : Masd, GSKD, Genki, Pain Gate pour ne citer que les connues... Enfin connues, tout est relatif concernant ces oeuvres nébuleuses et totalement confidentielles. Vomit Enema Extasy a suivi, lui, un cheminement quelque peu différent puisque ce "film" et ses dérivés ne doivent leur existence qu'à l'imagination pervertie d'un seul homme : Tohjiro. Autoproclamé "meilleur réalisateur pornographique du monde", ce cinéaste mégalomane, après avoir déjà effectué une longue carrière dans le X, créa la société de production Dogma en 2001.
Au programme, de pornographie encore et toujours, bien sûr. Mais loin de se contenter d'une pornographie ordinaire, Tohjiro décide d'abolir toutes les frontières de la normalité en ajoutant des scènes comprenant des actes d'une répugnance et d'une dépravation inimaginables.

Alors autant vous prévenir tout de suite, mieux vaut ne pas lire les spoilers qui vont suivre si vous avez les nerfs fragiles... Attention, SPOILERS ! La projection débute par une interview de Tohjiro lui-même, hélas incompréhensible puisque non sous-titrée. Juste après et sans transition, le spectateur se retrouve immédiatement plongé dans le vif du sujet avec plus d'une heure ininterrompue d'actes sexuels d'une violence extrême. Des "tableaux" mettant en scène des jeunes femmes sévèrement ligotées, soumises à des fellations en "gorge profonde" destinées non pas à une quelconque recherche de plaisir, mais uniquement à faire vomir (et le plus abondamment possible) les malheureuses, prisonnières d'un scénario scabreux, uniforme et répété à l'envie.
Inutile de préciser donc que les séquences d'émétophilie se succèdent à une cadence industrielle : vomissements sur la caméra ou dégoulinant sur le sexe érectile du partenaire, vomissements glaireux, filandreux, constitués de restes alimentaires ou carrément mélangés au sperme de l'homme, lorsque celui-ci impose à la fille une éjaculation buccale, comme c'est le cas la plupart du temps. Les jeunes femmes endurent aussi des pénétrations vaginales et anales par de monstrueuses seringues remplies d'un liquide jaunâtre et visqueux qu'elles sont obligées d'expulser à grands coups de jets dorés. Le tout est évidemment détaillé sous toutes les coutures.

Dans la deuxième partie du métrage, Tohjiro imagine une série de séquences débauchées absolument écoeurantes. Au cours de ces situations, des performeuses se livrent à un lesbianisme vomitif de nature à secouer l'estomac du spectateur le plus résistant. En même temps qu'elles se caressent langoureusement, les demoiselles se vomissent copieusement dans la bouche, sur le visage ou le sexe. A l'occasion, elles remplissent également de grandes soupières de leurs déglutitions qu'elles s'empressent de ré-ingurgiter aussitôt. Le final est identique : les deux protagonistes s'embrassent, énamourées, en pataugeant dans un marécage de vomi. Les tableaux suivants remettent les hommes en scènes, toujours plus imperturbables et violents, au gré de scènes dégradantes pour les pauvres filles saucissonnées et suspendues comme des jambons, condamnées à avaler le contenu de gigantesques seringues remplies de l'urine de leurs bourreaux. Le dernier tableau revient à un porno plus "classique" avec deux jeunes filles qui pratiquent une fellation, tout en prenant soin de se dégueuler dessus jusqu'à saturation.
Inutile de préciser que tout cela est évidemment réalisé sans trucages...

Quel poète ce Tihjiro ! Quelle délicatesse ! Le summum du raffinement. Trêve de plaisanterie, Vomit Enema Extasy est un scandale sur pellicule. Un déshonneur filmique absolu. En ce qui me concerne, cette infamie cinématographique (?) représente le dernier pas de l'homme dans sa régression vers un avilissement total. Que veut donc prouver Tohjiro ? Si c'est le titre de réalisateur le plus dégueulasse qui l'intéresse, on pourra toujours lui décerner la palme, et sans contestation possible.
Aucun parmi des réalisateurs comme Waters, Dora, Iskanov, Valentine ou Malattia, pourtant réputés comme des maîtres en la matière, ne parvient loin s'en faut, aux sommets (aux bas-fonds, devrais-je plutôt dire) d'immondices proposées dans Vomit Enema Extasy. Sur ce point-là, Tohjiro ressort vainqueur par K.O. Etrange société japonaise... Une société et des moeurs incompréhensibles du point de vue des Occidentaux, où les contacts physiques sont inconvenants, où deux amoureux qui se baladent dans la rue main dans la main sont regardés comme des bêtes curieuses, et où les parties génitales des acteurs sont automatiquement floutées dans les films pour les adultes.

Dans ces mêmes films par contre, certains cinéastes s'autorisent tous les excès en défonçant allègrement les barrières de la décence et de la moralité. Tohjiro est de ceux-là. Curieux personnage en vérité, plus proche du gourou illuminé que du metteur en scène. Sinon, que penser de Vomit Enema Extasy ? Evidemment, cet ovni ultra rarissime se pose (provisoirement) comme la référence ultime des films trash sur Cinéma Choc. Comment pourrait-il en être autrement ? Artistiquement parlant, l'oeuvre est juste bonne à jeter à la poubelle, avec le sac à vomi qui ne manquera pas de l'accompagner.
Une fois encore, se posera la question de l'utilité d'une telle... chose. Et comme toujours, la même réponse : aucune. Où s'arrêtera donc cette perversité, cette décadence, cette décomposition des moeurs ? Impure abomination, Vomit Enema Extasy démantibule littéralement l'état identitaire de la femme et remet fortement en cause son statut égalitaire vis-à-vis de l'homme. Ici, elle n'est plus considérée en tant qu'être humain mais comme un objet de plaisir que l'on peut souiller à loisir et brutaliser en tout impunité.

Les hommes, mâles dominateurs et tout puissants, tiennent une place minimaliste dans la mise en scène. On voit d'ailleurs très rarement leurs visages. L'essentiel pour Tohjiro, étant d'exposer face à la caméra, des "femelles" en situation d'entière soumission et d'humiliation totale. Et quand les hommes ne sont pas présents, le réalisateur s'arrange tout de même pour filmer deux femmes qui s'humilient mutuellement. Non décidément, l'ignominie ne connaît plus aucune limite.
Vous croyez avoir tout vu ? Vous n'avez encore rien vu. Durant 202 minutes cauchemardesques, Tohjiro vous marquera au fer rouge par des images abominables qu'il vous sera très difficile d'oublier. Parce que Vomit Enema Extasy représente ni plus ni moins qu'un voyage au coeur des instincts les plus pervers de l'être humain et des bassesses les plus dégénérées dont son esprit peut être capable. Au-delà de l'abjection. Bien au-delà.

Note : ???

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