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Genre : action, thriller 
Année : 1976
Durée : 1h55

Synopsis : 1976. Finale du championnat de Super Bowl entre Los Angeles et Baltimore. Dans l'immense stade du Memorial Coliseum de Los Angeles, 91 000 spectateurs se pressent pour suivre l'événement sportif de l'année. Parmi eux, un tireur mystérieux et déterminé. Son but ? Tuer un maximum de personnes choisies complètement par hasard. Dans l'urgence, deux super flics que tout oppose vont devoir unir leurs forces pour empêcher m'inévitable carnage. 

La critique :

Mais oui, je suis capable de m'intéresser à autre chose que de la tripaille, du vomi ou des déjections excrémentielles ! Histoire de faire taire les mauvaises langues, qui souligneront peut-être que je ne représente qu'un cinéma répugnant et intolérable pour le commun des mortels, j'ai décidé aujourd'hui de vous proposer un film tout public. J'en veux pour preuve ses nombreuses diffusions à la télévision, les dimanches soirs, dans les années 1980.
Un Tueur dans la Foule est un pur produit estampillé seventies où rien ne manque : les costards à carreaux, les cols pelle à tarte, les brushings impeccables et surtout deux stars. Deux stars mythiques qui, bien qu'elles soient du même (bon) côté de l'histoire, vont devoir confronter leur égo par le biais d'un scénario concocté par Edward Humme et mis en scène par Larry Pierce. A ma droite, Charlton Heston, monolithique derrière ses lunettes de soleil, mâchoire serrée, imperturbable. A ma gauche, John Cassavetes, héroïque père de famille et armé jusqu'aux dents.

Deux super flics. Le premier interprète le Capitaine de police chargé de la sécurité aux alentours du stade. Le second tient le rôle d'un policier d'élite, commandant les forces spéciales d'intervention, appelé à la rescousse quand les événements vont commencer à dégénérer. Autant le dire tout de suite, le film est loin de tenir les promesses puisque Larry Pierce, faute de compétences suffisantes, n'arrive pas à nous faire adhérer à un film pourtant prometteur. Un sniper fou caché parmi 91 000 personnes, dans un des stades les plus emblématiques des Etats-Unis, l'histoire a de quoi accrocher.
La présence de deux super stars à la tête d'un casting trois étoiles (Gena Rowlands, Martin Baslam, Beau Bridges) aurait dû être le gage d'un très bon film. Hélas, il n'en est rien. La faute principalement à un manque flagrant d'action et à de trop nombreuses déviations scénaristiques. En effet, au lieu de se concentrer sur les trois personnages principaux (les deux flics et le tueur), le réalisateur se disperse à loisir au gré de différentes histoires dans l'histoire.

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Ces pulps qui n'ont rien à voir entre eux et qui n'ont guère d'intérêt, perturbent la trame principale et font que, finalement, on se désintéresse assez vite du véritable fil narratif. Attention, SPOILERS ! Du haut de sa chambre d'hôtel, un homme tire et abat un cycliste qui roulait tranquillement une centaine de mètres en contrebas. Le tireur quitte immédiatement l'hôtel pour prendre la direction du Los Angeles Memorial Coliseum. En ce jour de finale de Super Bowl, le stade sera plein à craquer de 91 000 personnes, dont le maire de la ville. Le Président des Etats-Unis lui-même doit venir assister au match.
Après avoir empoisonné les chiens de garde, le mystérieux tueur parvient à se positionner au sommet de l'édifice, d'où il aura une vue imprenable sur la foule. Mais l'individu est très vite repéré par les caméras de surveillance. Aussitôt alerté par le directeur du stade, Sam McKeever (Martin Balsam), le capitaine Peter Helly (Charlton Heston) vont tout mettre en oeuvre pour arrêter le forcené. Mais lorsque ce dernier commence à abattre le responsable de sécurité du stade, Helly doit se résoudre à faire appel au sergent Chris Buttons (John Cassavetes), qui dirige les forces spéciales d'intervention.

Ensemble, ils vont tenter d'arrêter le tueur fou avant qu'il ne commence à faire un carnage. Mais quelques minutes avant la fin du match, les premiers coups de feu retentissent... Larry Pierce n'a jamais été un cador. L'essentiel de sa carrière aura été effectuée pour la télévision et Un Tueur dans la Foule restera l'oeuvre la plus notable dans sa filmographie. Cela situe le (relatif) faible niveau de ce cinéaste. En ce qui concerne le film qui nous intéresse aujourd'hui, Pierce, de par ses hésitations et égarements, livre une oeuvre bancale qui oscille constamment entre le thriller d'action et la bluette sentimentale.
En effet, les multiples petites histoires introduites pour agrémenter (combler ?) un scénario pour le moins léger, ne font pas avancer le propos d'un iota. Du couple de quinquagénaires qui s'interroge à n'en plus finir sur ses peines de coeur, du joueur invétéré menacé de mort par un créancier, du beau gosse qui drague la copine d'un autre, du jeune père qui a bien du mal à gérer ses gamins pénibles... Pendant que le réalisateur s'attarde à nous présenter ces saynètes totalement inutiles, on perd de vue le principal, c'est-à-dire le fonctionnement du sniper et la mise en place de l'intervention par les deux super flics.

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Bien sûr, le film se rattrape un peu sur son final en offrant quelques beaux moments de tension et surtout une séquence de panique générale dans le stade assez joliment mise en scène. C'est tout de même bien mince pour un métrage de près de deux heures. Hélas, le film se terminera en eau de boudin puisque nous ne saurons jamais le secret du tueur, qui rendra son dernier souffle avant d'avouer ses mystérieuses motivations. Là encore, une déception. Venons-en à présent aux acteurs et notamment aux deux grandes stars du film. C'est peu dire que Charlton a l'air de s'intéresser à son rôle comme à sa première chaussette. Toujours charismatique, il effectue une prestation en totale roue libre et se contente du minimum syndical en ne cessant de grommeler derrière ses Ray Ban.
John Cassavetes, lui, y met plus du sien mais on le sent comme gêné aux entournures par ce contre-emploi. En effet, l'acteur était beaucoup plus habitué à évoluer dans des films d'auteurs ou indépendants et lui non plus, ne convainc pas dans la grosse machine de Larry Pierce. 
Il ne faudra donc pas espérer d'étincelles dans les quelques scènes, parfaitement oubliables, où les deux acteurs se font face...
Ne vous méprenez pas. Malgré les nombreuses réticences, Un Tueur dans la Foule est loin d'être un navet. C'est juste un déception. A cause d'un casting sous employé et d'une intrigue bridée, le film de Larry Pierce n'arrive pas à convaincre. 
C'est vraiment dommage car le Los Angeles Memorial Coliseum (qui verra les exploits de Carl Lewis lors des J.O., huit ans plus tard) constitue un site exceptionnel pour établir une action à suspense. Au final, un goût d'inachevé ressort de ce film qui aurait certainement pu s'avérer d'un tout autre calibre sous la direction d'un réalisateur plus talentueux.

Note : 11/20