galaxie de la terreur

Genre : science-fiction, horreur (interdit aux - 12 ans)
Année : 1982
Durée : 1h20

Synopsis : Sur la planète Morganthus, l'équipage d'une unité spatiale disparaît subitement. Un vaisseau de sauvetage y est envoyé mais ne trouve aucun survivant sur place. Dans le but d'en savoir plus, les sauveteurs explorent les environs sur Morganthus et s'introduisent dans une gigantesque et terrifiante pyramide

La critique :

1979. Deux ans après la sortie de Star Wars : La Guerre des Etoiles (George Lucas), le cinéma de science-fiction vient de prendre un second uppercut en pleine face avec Alien : le huitième passager (Ridley Scott). En outre, le film possède de solides références, notamment 2001, l'Odyssée de l'Espace (Stanley Kubrick, 1968) et le méconnu La Planète des Vampires (Mario Bava, 1965).
Surtout, Alien : le huitième passager est un savant mélange entre science-fiction et horreur. Il marque une rupture rédhibitoire avec La Guerre des Etoiles. Ici point de combats chevaleresques ni de batailles homériques dans l'espace. En outre, l'univers devient un vaste champ isolé et claustrophobique nimbé par l'aura comminatoire d'une étrange créature : le xénomorphe.

Alien : le huitième passager devient vite un classique et une référence incontournable. Le long-métrage de Ridley Scott inspire de nombreux succédanés, la plupart du temps surannés : Alien, la créature des abysses (Antonio Margheriti, 1985), Alien 3000 (Jeff Leroy, 2006), Alien vs Hunter (Scott Harper, 2007), Creepozoids (David DeCoteau, 1987), Metamorphosis, the alien factor (Glenn Takakjian, 1993), ou encore Contamination (Luigi Cozzi, 1980).
Vient également s'ajouter La Galaxie de la Terreur, réalisé par Bruce D. Clark en 1981. Le long-métrage est produit par un certain Roger Corman, le pape du cinéma bis. En l'occurrence, celui-ci profite justement du succès du premier Alien et s'adjoint les services de James Cameron, encore méconnu à l'époque. Formé (entre autres...) par Roger Corman, James Cameron sévit en tant que second réalisateur.

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Quelques années plus tard (en 1986 pour être précis), il deviendra à son tour l'illustre réalisateur d'Aliens, le Retour, donc la suite du premier chapitre. On pourrait presque considérer La Galaxie de la Terreur comme le brouillon d'Aliens, le Retour. Aux côtés de James Cameron, on retrouve d'autres noms prestigieux, notamment Tony Randel, le futur papa de Hellraiser 2 (1988), et Bill Paxton, chargé de la construction des décors.
Encore aujourd'hui, La Galaxie de la Terreur reste assez méconnu du grand public. Toutefois, le film reste une référence incontournable pour de nombreux férus du cinéma bis. Il préfigure le scénario d'Alien Vs. Predator (Paul W.S. Anderson, 2004), dont l'action se déroule elle aussi dans une pyramide en déshérence.

Ensuite, La Galaxie de la Terreur va connaître un certain succès en vidéo et va même engendrer une suite, Mutant (Alan Holzman, 1982). 
La distribution du film réunit Edward Albert, Robert Englund, Zalman King, Ray Walston, Grace Zabriskie et Sid Haig. Attention, SPOILERS ! (1) Le vaisseau spatial « Rebus » s'est posé sur une planète pour une raison inconnue, et tout signe de vie semble y avoir disparu. Apprenant la nouvelle, le Maître semble soulager, et décide d'envoyer un vaisseau de secours dont il sélectionne lui-même l'équipage. Arrivé sur place, et après un atterrissage mouvementé, l'équipage découvre le vaisseau perdu, et quelques cadavres. Mais plus étrange, une pyramide mystérieuse brouille tous leurs équipements et les empêche de partir. Pire : les membres de l'équipage meurent les uns après les autres, tuées par de mystérieuses créatures (1). 

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Autant le dire tout de suite, parmi les nombreux ersatz d'Alien : le huitième passagerLa Galaxie de la Terreur reste probablement la production la plus éloquente. A condition de voir le film pour ce qu'il est : une série B assez fantasque et pittoresque, très inspirée par l'univers de la bande dessinée. Il suffit de prendre l'affiche du film pour s'en convaincre, avec ce monstre volatile nanti d'une tête en forme de crâne d'un squelette humain, qui assaille une jeune femme à moitié dépoitraillée.
En outre, le long-métrage tient les promesses annoncées par son affiche truculente. Dans La Galaxie de la Terreur, point de mise en tension ni de longue présentation de ses protagonistes humains. Dès les premières secondes, des astronautes sont attaqués et assassinés par des créatures sanguinaires.

Puis direction vers une pyramide ancestrale et énigmatique où se tapissent des extraterrestres aux intentions bellicistes. Le cauchemar peut enfin commencer. A l'instar d'Alien : le huitième passager, on retrouve ce savant mélange entre science-fiction et horreur. La Galaxie de la Terreur, c'est aussi cette conjonction de futures stars du grand écran. Nous avons déjà cité James Cameron et Bill Paxton. Mais comment ne pas évoquer Robert Englund, le futur interprète de Freddy Krueger ?
Certes, Roger Corman et sa petite équipe ne disposent pas d'un budget illimité. Pourtant, on sent un certain effort aux niveau des décors (cauchemardesques), des effets spéciaux et sur le design des créatures polymorphiques. On relève également quelques séquences sanglantes et peu ragoûtantes, à l'image de cette jeune femme totalement dévêtue et violée par une larve gigantesque.

 

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Le long-métrage puise également son inspiration chez Fred Wilcox et son chef d'oeuvre science-fictionnel, Planète Interdite. Dans La Galaxie de la Terreur, on retrouve aussi ce lien intrinsèque entre des forces obscures et surnaturelles et les inimitiés qui se déroulent dans une pyramide. En outre, Bruce D. Clark se montre volontairement élusif sur certaines considérations philosophiques pourtant intéressantes, à l'image de ces dédales oblongues qui parsèment les parois de l'édifice.
On pourrait presque y voir une curieuse juxtaposition entre l'univers réel et des mondes parallèles qui échappent à toute logique humaine. Hélas, Bruce D. Clark n'approfondit pas forcément son sujet et se concentre davantage sur les belligérances. En résulte une série B assez futile dans l'ensemble. Toutefois, La Galaxie de la Terreur devrait logiquement ravir les amateurs du cinéma bis.
Ma note finale pourra donc paraître assez généreuse.

Note : 13/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Galaxie_de_la_terreur