1334

Genre : Inclassable, expérimental (interdit aux - 16 ans)

Année : 2012

Durée : 17 min

 

Synopsis :

Un court film explorant les événements sombres qui suivirent l'achèvement du film Pig et le suicide de Rozz Williams. Une métaphore macabre sur les réels évènements qui prirent place en 1998.

La critique :

 

Bon, je sais que vous êtes tous en train de vous demander ce qu'il s'est passé pour que je me mette à chroniquer un film de ce genre et je n'en ai de toute façon pas la moindre idée. C'est un peu par hasard et par je ne sais quelle raison que je suis tombé sur ce film via Internet. D'abord intrigué par cette pochette qui a le mérite de vous mettre particulièrement à l'aise, j'ai remarqué une photographie assez époustouflante pour un court-métrage de ce genre affichée par des images mises en ligne.
Il y a des films comme ça qui vous intriguent sans que vous ne sachiez pourquoi. J'en ai eu l'exemple notamment avec
Mondo Weirdo. Vous vous douterez que cette critique sera plutôt courte compte tenu de la relative courte durée de cette bizarrerie louche. En effet, ce court-métrage, comme vous avez pu le voir, revient sur les événements qui eurent lieu après le tournage du film Pig, court-métrage chroniqué par notre spécialiste en films chocs, rares et expérimentaux, j'ai nommé Inthemoodforgore.
Ce film atteignait des sommets de sadisme et de trash où le chanteur Rozz Williams interprétait un bourreau torturant une victime consentante et sans trucages Messieurs !! L'infamie était telle que je n'ai de toute façon pas tenue= à la voir étant donné ma faible endurance pour les vrais films extrêmes et pas ceux vendus par une population trouvant en Saw ou Hostel, les abominations les plus affreuses que l'humanité ait faite.

 

Bref, 1334 se présente en quelque sorte comme la suite spirituelle de Pig. Réalisé par le même énergumène du nom de Nico B, qui fut visiblement fort marqué par le tragique suicide de Rozz Williams, l'idée est donc de lui "rendre hommage" par le biais d'une métaphore cinématographique totalement hallucinante se basant, d'après ce que j'ai pu lire, sur la lettre de suicide faite peu avant de passer à l'acte. Il est nécessaire, pour une meilleure "compréhension" du récit, de la lire avant ou après (c'est vous qui voyez) le visionnage et c'est dans ma grande bonté que j'ai décidé de vous la passer en fin de chronique. Bien sûr, elle est malheureusement en anglais.

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Le film débute, comme vous pouvez le voir avec cette image, par le suicide par pendaison justement d'un homme, qu'on devine être le chanteur, affublé d'un masque étrange. Suite à cet événement, on est amené à suivre l'histoire d'un homme insistant en appelant au téléphone, une dispute avec sa compagne (je suppose) suivi de sa compagne derrière des barreaux, un long silence où l'homme et une femme qu'on ne connaît pas, restent prostrés dans un silence de plomb. Ensuite, suivra une séquence sur un canari, une étrange fumée envahissant la demeure, une voiture roulant sur une route inconnue conduite par un homme à lunettes, une discussion entre nos 2 compagnons, une scène où ils sont couchés dans un lit et se mettent à trembler pour finir enfin par un surprenant tranchage de gorge auto-infligé au rasoir par ce même homme qui se retrouvera projeté dans un monde inhabituel.
La fin du film s'achevant sur le drapeau américain brûlant avec en toile de fond d'étranges silhouettes. Aucun générique de début (le film commençant avec 1334 d'indiqué) comme de fin n'est présent.

Vous n'avez rien compris ? Moi non plus. Moi qui voulais une expérience particulièrement originale, je fus servi en beauté. Dénué de toute structure narrative cohérente, dénué de tout dialogue malgré une voix électronique d'outre-tombe de cette femme assise devant une table et réalisé dans un noir et blanc superbe, le film nous frappe et nous intrigue. La photographie est exemplaire et le noir et blanc se transformera en contraste fort prononcé lors des scènes de couple.
Un gros point sera également attribué à l'ambiance sonore faite d'une main de maître et qui contribue à ce climat pesant et austère. Je ne vais pas vous préciser que nous sommes face à un court-métrage glauque et malsain qui m'aurait presque donné envie de me mater l'intégrale des Bisounours après.

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Et c'est là que nous pouvons faire un parallèle très intéressant avec Pig qui nous montre que nous ne sommes pas dans une suite complètement hors sujet. On retrouvera toujours cette même fascination pour la mort et la douleur qui semblent comme inhérentes à la condition humaine. On retrouvera également une allusion au nazisme avec non pas le portrait d'Hitler, mais le drapeau à la croix gammée affiché dans la chambre de ce qu'on devine être le chanteur, sans oublier ces cartes aux symboles à mi-chemin entre la religion et le satanisme. Plus encore, on retrouvera dès le début, le livre "Why God premit evil ?" à l'origine des exactions commises sur la victime consentante dans Pig.
Vous l'aurez compris, nous ne sommes pas devant un film joyeux. Si l'allusion à Pig, expérience de sadisme assez impressionnante, m'a fait peur dans un premier temps, j'ai été surpris de ne voir aucune quelconque forme de trash et de gore si l'on excepte le tranchage de gorge au rasoir. N'ayez crainte,
1334 n'est qu'une pure expérience sensorielle réalisée sans doute sous substances illicites. D'ailleurs pourquoi ce nom 1334 justement ? Il semblerait que le chanteur faisait souvent référence à cette date qui correspondrait à l'année la plus meurtrière de l'épidémie de peste noire.

Du coup, la dernière scène où le personnage évolue dans un monde étrange en compagnie d'une dame affublée d'une combinaison de protection pourrait peut-être faire référence à cette date. La tonalité moyenâgeuse du décor pourrait confirmer cela mais le doute reste persistant et l'on ne sait que trop peu quoi penser de ce film. Les pistes sont brouillées du début jusqu'à la fin. Est-ce que cet homme mystérieux apparaissant peu après la séquence du suicide est le même ? Selon la lettre écrite, l'amour aurait détruit le chanteur et nous sommes justement face à ces scènes de couple. Est-ce vraiment le cas ? On ne peut qu'émettre des suppositions face à un long-métrage de ce genre.
Si le coeur vous en dit, et si vous avez été subjugué par Pig, alors vous pouvez toujours vous essayer à cette curiosité cinématographique de premier choix. Malgré sa très courte durée, 1334 captive et nous intrigue constamment avec en bonus un patriotisme piétiné lors de la scène du drapeau américain incendié soulignant cette volonté du réalisateur à adresser un immense doigt d'honneur à une société qu'il répudie. Compte tenu du climat particulièrement austère, l'interdiction aux moins de 16 ans me semble parfaitement justifiée. C'est ici que s'achève ma première chronique d'un cinéma différent de ce que j'ai l'habitude de chroniquer. Vous ne serez dès lors pas surpris de voir qu'il est impossible de donner une quelconque note à ce truc empreint d'un désespoir et d'un nihilisme assez marqués. 

Ci-joint la fameuse lettre de suicide en anglais qui nous en apprendra un peu plus sur cette histoire :

http://nanachi.tripod.com/letter.html

 

Note : ???

 

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