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Genre : horreur, gore, trash (interdit aux - 16 ans)
Année : 2010
Durée : 1h19

Synopsis : La vie d'un jeune couple se transforme en enfer lorsque leur fils unique est kidnappé et retrouvé mort... Obsédés par un profond sentiment de vengeance, le couple trouve l'opportunité de kidnapper le meurtrier de leur fils

La critique :

Le milieu des années 2000 ou l'apothéose du torture porn. Avec Saw (2004) et Hostel (2006), James Wan et Eli Roth obtiennent deux immenses succès. Nanti d'un modeste budget, les deux films cartonnent non seulement dans les salles mais aussi en vidéo. Les fans jubilent. Les deux longs-métrages seront suivis par de nombreux épisodes, en particulier Saw, jusqu'à sombrer dans l'outrance et la caricature.
Les deux productions inspirent également toute une pléthore de succédanés. Ainsi, chaque métrage tente d'apporter sa modeste pierre à un édifice déjà chancelant. Ce ne sont pas les exemples qui manquent : The Human Centipede (Tom Six, 2009) et ses suites avariées, Détour Mortel (Rob Schmidt, 2004) et ses nombreux volets surannés, The Collection (Marcus Dunstan, 2009), I Want To Die (Alaistair Orr, 2010), Farmhouse (George Bessudo, 2008), ou encore Train (Gideon Raff, 2008), pour ne citer que ceux-là.

Vient également s'ajouter The Tortured, réalisé par Robert Lieberman en 2010. Le cinéaste est surtout connu pour avoir signé de nombreux téléfilms. Il officie dans le cinéma depuis la fin des années 1970. Probablement appâté par le lucre et la tendance du torture porn, le réalisateur vient donc nous proposer une nouvelle copie de Saw, affublée d'une vengeance parentale, thème sur lequel nous reviendrons.
The Tortured est également produit par la société Lions Gate, donc les mêmes qui nous ont déjà servi Saw et Hostel. La firme est donc devenue la véritable spécialiste du film sanguinaire. La distribution de The Tortured réunit Erika Christensen, Jesse Metcalfe et Bill Moseley. Petite production, donc petit casting. Visiblement, The Tortured n'a pas pour ambition de venir contrarier la concurrence.

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Reste à savoir ce que le scénario nous propose de nouveau ou pas... Attention, SPOILERS ! (1) Craig, laisse son fils unique Benjamin dans le jardin pour aller chercher de la crème solaire. Au même moment, un psychopathe pénètre dans le jardin et enlève Benjamin sous ses yeux. Craig n'a pas le temps de rattraper la camionnette car le kidnappeur a accéléré.
La police l'a retrouvé mort chez le suspect, atrocement mutilé. Le tueur, arrêté par la police, est déclaré coupable de meurtre et reçoit une sentence légère déposée par le tribunal. Scandalisée par la clémence de la justice, Élise, la mère de l'enfant, complétement aveuglée par la peine et la colère, demande à Craig de lui fournir une arme pour tuer le meurtrier de leur fils.

Craig ayant refusé, elle quitte la maison. Mais quelque temps après, il change d'avis et décide avec Élise de kidnapper le présumé meurtrier pour l'emmener dans un endroit isolé afin de le torturer à mort pour que le tueur subisse le même sort que Benjamin (1). Alors, quoi de neuf au tableau de bord ? En l'occurrence, The Tortured part d'un postulat assez simple, mais plutôt efficace et sujet à de nombreuses controverses. En gros, que feriez-vous si vous vous retrouviez face à l'assassin de votre fils ?
Le couple formé par Craig et Elise semble avoir trouvé la panacée. La réponse : le torturer, le dilapider, le noyer, le charcuter, le supplicier, l'opérer, le rudoyer et l'électrocuter jusqu'à ce que mort s'ensuive. En vérité, le scénario de The Tortured n'est pas sans rappeler celui des Sept jours du Talion (Patrick Senécal, 2010).

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Les deux films sont sortis la même année. Seule différence, et pas des moindres, le film de Patrick Senécal se montrait beaucoup plus pertinent et éloquent dans son approche de la vindicte parentale. En outre, The Tortured n'est qu'un torture porn supplémentaire servi et produit par Lions Gate. Premier constat : le couple formé par Erika Christensen et Jesse Metcalfe ne présente aucun intérêt ou presque. Le spectateur est convié à suivre les pérégrinations d'un couple cossu et lambda.
Elise est une mère éplorée. Craig est un bon père de famille et très amoureux de son épouse. Bref, le long-métrage n'évite pas le piège de la caricature. Impression corroborée par sa vision d'un justice américaine partiale et inique. Certes, l'assassin est condamné à une lourde peine de prison. Pas assez aux yeux d'Elise et de Craig. 

Les deux tourtereaux estiment que le meurtrier doit périr mais aussi souffrir à coup de bistouri et de scalpel. Une promotion à peine déguisée de la peine de mort. Bref, le meurtrier est kidnappé par le couple en sanglots. Le psychopathe a eu l'outrecuidance de mutiler leur fils. A son tour de subir le courroux parental ! Niveau gore, rien de transcendant ni de très original non plus, même si on assiste à plusieurs opérations chirurgicales. Dès lors, Robert Lieberman se focalise sur la psychologie des deux bourreaux.
Craig tâtonne, le concept de The Tortured s'amenuise pour se confiner dans le film d'horreur bancal. Seule séquence relativement efficace : la simulation de la noyade, certes de facture classique, mais toujours aussi redoutable et efficace. Evidemment, la révélation finale, peu surprenante par ailleurs, a le mérite de susciter de nouvelles interrogations. Toutefois, en l'état, The Tortured ne parvient jamais à transcender son sujet et se suit avec un ennui poli. Que dire de plus ?

Note : 08.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsys du film sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Tortured