de l'ombre à la lumière

Genre : drame, boxe 
Année : 2005
Durée : 2h24

Synopsis : Autrefois boxeur prometteur, Jim Braddock s'est vu contraint d'abandonner la compétition après une série de défaites. Alors que l'Amérique sombre dans la Grande Dépression, Jim accepte n'importe quel petit boulot pour faire vivre sa femme Mae et leurs enfants. Il n'abandonne pourtant pas l'espoir de remonter un jour sur le ring. Grâce à une annulation de dernière minute, Jim est appelé à combattre le deuxième challenger mondial, et à la stupéfaction générale, il gagne au troisième round. Malgré son poids inférieur à celui de ses adversaires et des blessures répétées aux mains, il accumule les victoires. Portant les espoirs et les rêves des plus démunis, celui que l'on surnomme désormais "Cinderella Man" s'apprête à affronter Max Baer, le redoutable champion du monde qui a déjà tué deux hommes en combat. 

La critique :

La boxe au cinéma. Ou une grande histoire d'amour entre le "Noble Art" et celui du Septième Art. Le célèbre sport a inspiré de nombreux films au cinéma. Comment ne pas citer la saga Rocky, Ali (Michael Mann, 2001), Raging Bull (Martin Scorsese, 1980), Million Dollar Baby (Clint Eastwood, 2005), ou encore Hurricane Carter (Norman Jewison, 1999) ? Hormis Million Dollar Baby, tous ces films se focalisent sur une légende de la boxe : de Jake LaMotta en passant par Mohamed Ali...
Même Rocky Balboa, un personnage fictif, s'inspire de la vie de Chuck Wepner. Vient également s'ajouter De l'Ombre à la Lumière, réalisé par Ron Howard en 2005. Le long-métrage retrace la vie de James J. Braddock, le champion du monde poids lourds de 1935 à 1937.

Si sa carrière en amateur est une réussite, son passage en professionnel est beaucoup plus chaotique. Braddock se blesse à plusieurs reprises. Certes, il gagne plusieurs matches, essentiellement contre des ringards et/ou des boxeurs de seconde zone. A l'instar de la plèbe et de la populace, Braddock va traverser et subir la crise financière de 1929, donc la "Grande Dépression", thématique sur laquelle nous reviendrons. Quant à Ron Howard, réalisateur du film, il reste un cinéaste inégal, capable des pires inepties (Splash, Le Grinch et Da Vinci Code).
A contrario, on lui doit quelques bons films, notamment Willow (1988), Frost/Nixon (2008) et Un homme d'exception (2001). En l'occurrence, De l'Ombre à la Lumière est son premier film sur le monde de la boxe. 

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L'action, les crochets et les uppercuts ne sont pas vraiment son style de prédilection. La distribution du film réunit Russell Crowe, Renée Zellweger, Paul Giamatti, Craig Bierko, Paddy Considine, Bruce McGill et David Huband. Attention, SPOILERS ! Autrefois boxeur prometteur, Jim Braddock s'est vu contraint d'abandonner la compétition après une série de défaites. Alors que l'Amérique sombre dans la Grande Dépression, Jim accepte n'importe quel petit boulot pour faire vivre sa femme Mae et leurs enfants.
Il n'abandonne pourtant pas l'espoir de remonter un jour sur le ring. Grâce à une annulation de dernière minute, Jim est appelé à combattre le deuxième challenger mondial, et à la stupéfaction générale, il gagne au troisième round. Malgré son poids inférieur à celui de ses adversaires et des blessures répétées aux mains, il accumule les victoires.

Portant les espoirs et les rêves des plus démunis, celui que l'on surnomme désormais "Cinderella Man" s'apprête à affronter Max Baer, le redoutable champion du monde qui a déjà tué deux hommes en combat. Dans le film, le redoutable Max Baer est décrit comme un boxeur fallacieux, inspirant la mort, la peur et la terreur auprès de ses adversaires. Or, dans la réalité, le sportif était plutôt respecté dans la profession. Certes, comme le mentionne le film, l'athlète a bien tué un de ses assaillants en combat singulier, mais Max Baer ne s'en remettra jamais.
Il n'est pas le boxeur couard et séditieux décrit par Ron Howard. En outre, De l'Ombre à la Lumière sortira dans l'indifférence générale et se soldera par un bide commercial.

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Les deux heures et presque 25 minutes de bobine ont probablement rebuté les spectateurs dans les salles. Pourtant, à l'époque, Ron Howard est encore auréolé par le succès d'Un Homme d'Exception, déjà avec Russel Crowe. Réalisateur prolifique, Ron Howard reste une sorte d'autodidacte qui peut s'attaquer à divers registres : le fantastique, l'heroic fantasy, la comédie goguenarde, le drame, l'action et évidemment la boxe... L'échec du film repose peut-être sur les épaules de son personnage principal, donc James J. Braddock, surnommé "Jim" par son proche entourage.
Clairement, "Jim" Braddock n'est pas Jake LaMotta. Bon père de famille, amoureux de sa femme, probe et travailleur opiniâtre, l'homme vit des moments difficiles marqués par l'impécuniosité, les dettes et les matches de seconde zone.

Désormais trentenaire, sa gloire éphémère appartient au passé. Certes, "Jim" ferraille encore sur les rings, mais son dernier combat a provoqué les railleries et les quolibets des spectateurs. "Jim" est prié de raccrocher les gants. Une autre bataille s'engage, celle de "La Grande Dépression" avec cette plèbe exploitée par les marchés financiers. Alangui mais jamais abattu. Telle est la rhétorique de notre ancien boxeur. En réalité, le portrait angélique de "Jim Braddock" ne présente guère d'intérêt.
Dans un premier temps, la boxe n'est qu'une toile secondaire du film. Conscient du faible potentiel de son personnage et incapable d'exploiter la dimension historique d'une époque en plein marasme, Ron Howard décide promptement de rempiler vers le ring. C'est tout le paradoxe de l'intitulé du film.

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Si l'époque en question présente bien des jeux d'ombres et de lumière, le portrait de "Jim" Braddock reste toujours sous les feux de la rampe. Jusqu'ici en déveine, le boxeur obtient enfin sa chance. Son entraîneur (Paul Giamatti) lui trouve enfin un match contre un top 5 mondial. Avant le combat, les pronostics annoncent "Jim" Braddock perdant, au mieux dès le second round.
Contre toute attente, "Jim" retrouve sa fougue, sa vaillance et sa hargne de jadis et étale prestement son adversaire du soir. Revoici "Jim Braddock" de retour sur les rings ! Mieux, après plusieurs victoires, il doit affronter Max Baer, le champion du monde en titre. Indubitablement, le sujet inspire Ron Howard, très en forme pour l'occasion. Les matches de boxe ne manquent pas de percussion ni de rythme. Le réalisateur nous convie à visiter la psyché de son boxeur au courage inébranlable.
On relève ainsi plusieurs moments graves et réussis, notamment lorsque "Jim" Braddock quémande quelques pièces pour subvenir aux besoins de sa famille. Ensuite, le combat final tient toutes ses promesses. Enfin, le long-métrage peut s'appuyer sur d'excellents acteurs, Russell Crowe en tête. Certes, Ron Howard réalise un film simple, très éloigné (justement) des lumières hollywoodiennes et du consumérisme. Retour à la simplicité, à ce cinéma de naguère, celui désormais voué à l'opprobre et aux gémonies. 

Note : 14.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver