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Genre : Pornographie, trash (interdit aux - 18 ans)

Année : 1977

Durée : 1h25

 

Synopsis :

Lorsqu'il était enfant, Timmy a vu sa mère tuer son père alors qu'il tentait de la violenter. L'homme a chuté du haut d'une falaise entraînant avec lui sa femme. Traumatisé à vie, attardé mental, il vit aujourd'hui avec sa mère paralysée suite à ce tragique accident. Cette dernière emploie une jeune infirmière afin qu'elle s'occupe d'elle. Elle lui raconte l'histoire de Timmy, mais ce qu'elle ignore c'est que Timmy est devenu un dangereux assassin en puissance. Il tue tous les couples qu'il voit faire l'amour. Il profite alors des cadavres des jeunes femmes...

 

La critique :

Visiblement, quelque chose a changé en moi pour que l'idée saugrenue de chroniquer un tel film n'apparaisse dans mon esprit mais surtout se concrétise. Depuis tout ce temps passé sur Cinéma Choc, pour ceux qui se rappellent de mes chroniques, j'ai toujours présenté des films très accessibles au public en termes de violence vu que mon endurance, certes très élevée par rapport au commun des mortels, n'a jamais été suffisante pour aborder les pires insanités que j'ai pu découvrir grâce à ce blog unique en son genre. Néanmoins, je me suis attelé à la tâche afin de "célébrer" ma 20ème chronique et vous présenter quelque chose de différent de ce que j'ai l'habitude de chroniquer. Souvenez-vous, à l'époque de l'ancien blog Naveton Cinéma, de la chronique de The Taming of Rebecca qui se révélait être un porno ultra-déviant mâtiné de quelques sévices bien réels donc sans le moindre trucage.
Voici ce qu'on appelle un roughie. Pour ceux qui ont oublié, si je me base sur les dires d'Inthemoodforgore, il s'agit d'un genre pornographique créé par les studios américains Avon Productions entre 1973 et 1983.

Dès le départ, l'idée de m'imaginer pareille chose m'écartait fortement de ce genre de truc, mais la curiosité aidant, couplée à l'idée de se surpasser, a fait que je me suis lancé dans l'aventure pas plus tard qu'hier soir, avant d'aller me jeter dans les bras de Morphée. L'auteur derrière cette pellicule est un petit dérangé du nom de Zebedy Colt, un réalisateur que je ne connais évidemment pas du tout mais qui a créé d'autres films apparemment tout aussi dérangés, tels The Farmer's Daughter ou encore The Devil Inside Her qui, vous vous en doutez, n'ont jamais été visionnés par mes soins.
Si vous vous souvenez un peu de la chronique de The Taming of Rebecca, il a été mentionné que Unwilling Lovers serait à la première place du podium car il contiendrait de véritables scènes de nécrophilie. Est-ce vrai ou faux ? Honnêtement, je suis persuadé qu'il ne s'agit que d'une bête farce, à moins que les acteurs aient réellement été assassinés lors du tournage, ce que je doute fort. Alors vous vous demandez sans doute pourquoi ce film n'est pas chroniqué par les soins de notre spécialiste en films extrêmes du blog qui n'est autre qu'Inthemoodforgore

Unwilling

Pour vous raconter brièvement, il m'avait prévenu que ce film était affreusement surestimé dans les prétendues déviances filmées et qu'il ne comptait pas le chroniquer et il m'a laissé, avec grand plaisir, le soin de chroniquer ce film si j'en avais envie. Je me disais que malgré tout, connaissant son endurance sans limite dans le cinéma underground, j'allais quand même me retrouver face à un déballage de scènes limites. J'avais même eu l'idée de préparer un seau en plus.
Et au final, quoi ? Et bien rien du tout ! Une légère inquiétude présente au moment du visionnage qui retombe plus vite qu'un soufflet. 
ATTENTION SPOILERS : Timmy est un homme psychologiquement retardé après la vision de sa mère tuant son père alors qu'il tentait de la violenter. Cela entraîna, dans la chute, son père qui se tua et sa mère, devenue paralysée des 2 jambes. Néanmoins, Timmy n'est pas devenu l'idiot du village inoffensif, mais au contraire un assassin en puissance, tuant les couples lors de leurs ébats pour ensuite avoir des rapports sexuels avec les cadavres des jeunes femmes. FIN DES SPOILERS

Voilà tout un programme, alléchant qui plus est mais on a au moins, à un cheveu près, un scénario et pas le bête film porno contemporain avec une histoire aussi inexistante que la chaleur en Antarctique (j'étais inspiré en écrivant cela). Bon ok, on peut déjà saluer l'idée du réalisateur qui a pensé un minimum au film avant de le pondre. Néanmoins, c'est quoi ce résultat ? De mémoire, jamais je ne me suis retrouvé face à un film aussi mal filmé et à la caméra, achetée sans doute au déstockage d'un magasin obscur au fin fond d'une ruelle glauque, aussi mal en point. Le film est laid.
La caméra nous offre une image très approximative, très graveleuse avec de légers sauts dans l'image, des brèves bandes blanches légères ou de couleurs apparaissant à l'écran et enfin un écran noir de près de 2 minutes. Qui s'est occupé du montage pour que je lui en colle une ? Après, peut-être que c'est un peu cette marque de fabrique "underground" des roughies mais cela, à mes yeux, n'excuse en rien le fait que le réalisateur se doit d'offrir un minimum de qualité visuelle, même si je me doute que les moyens du bord ne sont pas plus élevés que le salaire mensuel d'un éthiopien. 

Et pourtant, le potentiel était là. Zebedy Colt nous emmène dans un décor bucolique, champêtre où la nature se marie avec les rapports sexuels nous offrant une légèreté qui toucherait le coeur de Dieu en personne, mais nous sommes dans un roughie. Donc cela provoquerait plutôt des hauts le coeur à Dieu face à ces vagins d'une laideur absolue, qui sont à mes yeux le seul truc trash du film. Rien n'est épilé et on a l'impression d'assister à une reconstitution en gros plan du musée du MST, tant on a cette intuition que tout doit être infesté de bactéries douteuses.
Non je ne vous mens pas, j'ai eu l'estomac qui a légèrement tourné à la vue de ces vagins. Bien évidemment, le roughie n'a pas pour prétention d'être beau et ça je m'en doutais. D'ailleurs peut-on vraiment parler de roughie ? A vrai dire, je ne sais pas vraiment car le film n'est globalement qu'un étalage de rapports sexuels, tout ce qu'il y a de plus basique avec son lot de fellations, de cunnilingus et de diverses positions sexuelles avec en prime un plan à trois. Aucun réel sévice n'est présent car même les fellations forcées ne sont pas crédibles. 

Unwilling

Maintenant, l'idée de départ de Unwilling Lovers était la nécrophilie et là on se dit qu'il faut se préparer psychologiquement à avoir des hauts le coeur mais il n'y a que 2 scènes !! 2 scènes !! A la fin, on a cette impression que le réalisateur s'est ouvertement foutu de la gueule des spectateurs et encore, les cadavres sont frais donc il n'y a aucun dégoût à la vue de ces 2 scènes. Non, nous ne sommes pas au niveau de NekromantikDonc pour ceux qui s'attendent à quelque chose de sévèrement gratiné, vous pouvez sans conteste passer votre chemin car si j'y ai survécu sans le moindre problème (si on excepte le problème des vagins), vous y arriverez encore plus que moi.
Après, tout n'est pas à jeter non plus car la bande son nous offre certains bruits et chansons en accord avec cette ambiance étrange et poisseuse toujours présente au cours des 85 minutes de visionnage. Globalement, l'ambiance qui se dégage du film est intéressante et à des kilomètres du porno traditionnel. Peut-on parler de porno hardcore ? Difficile à dire n'étant pas un réel connaisseur, mais je pense que nous pouvons le cataloguer comme tel.

De même, la performance de l'acteur principal, incarné par Zebedy Colt lui-même, est assez remarquable pour être soulignée. Physiquement au poil (tant qu'à sortir des vannes foireuses..) dans le rôle de ce pervers déjanté, il nous offre certains moments de grande émotion. Ainsi comment ne pas parler de cette séquence de nécrophilie pendant que Timmy suce son pouce ? Et cette amplification volontairement exagérée des bruits de succion et de pénétration ? Au final, on en revient presque à trouver en ce porno une parodie involontaire où on glousse devant certaines réactions des acteurs, ce qui enlève davantage le potentiel choc généré au visionnage d'une telle oeuvre.
Pour être clair, le choc n'est pas présent mais le potentiel macabre de la nécrophilie, comme je l'ai souligné avant, est aussi fortement atténué pour nous offrir des scènes de sexe relativement gentillettes et assez peu originales, si on compare à ces autres oeuvres beaucoup plus furieuses en leur genre.

Si le long-métrage se regarde avec un certain plaisir (malgré cette impression de chronique virulente que vous avez lue plus haut) devant la nanardise de l'oeuvre, on est à des années-lumière de la brutalité annoncée et même la psychologie du personnage qui aurait pu être intéressante, tourne aussi à la parodie. Difficile de considérer Unwilling Lovers comme un roughie malgré ses 2 scènes de nécrophilie, mais l'air de rien, il possède 2-3 qualités et malgré tout, même si je l'ai visionné en anglais non sous-titrés, il se démarque des autres films porno standards.
Décevant dans son approche, j'aurais vraiment du mal à le recommander aux amateurs de vrais pornos déviants (il est déviant quand même, n'exagérons pas !) qui seraient logiquement déçus de la relative gentillesse de l'oeuvre. Une chronique plutôt courte mais à vrai dire, j'ai du mal à en dire plus sur ce film et également à lui donner une note.

 

Note : ???

 

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