papillon

Genre : drame, aventure
Année : 1973
Durée : 2h30

Synopsis : Henri "Papillon" Charrière, un malfrat de petite envergure, est jugé à tort pour un meurtre qu'il n'a pas commis. Celui-ci est condamné à vie dans une prison d'une colonie française : le bagne de Cayenne. Mais Papillon n'a qu'une seule idée en tête : s'évader. Malheureusement, ses régulières tentatives sont toujours restées sans réussite. Devant son acharnement, les dirigeants l'envoient sur Devil's Island, une prison dans la prison, dont jamais personne n'a réussi à s'échapper. Une épreuve terrible pour Papillon, qui découvre l'enfer de l'environnement carcéral

La critique :

Franklin J. Schaffner, un autre réalisateur éminent du Septième Art. On lui doit, entre autres, La Planète des Singes (1968), Patton (1970) et le trop méconnu Ces Garçons qui venaient du Brésil (1978). Vient également s'ajouter Papillon, sorti en 1973. On tient probablement là le ou l'un des meilleurs films d'évasion de "prison". Un genre cinématographique qui contient déjà de nombreuses références, notamment Les Evadés (Frank Darabont, 1994), Midnight Express (Alan Parker, 1978), La Grande Evasion (John Sturges, 1963), La Ligne Verte (Frank Darabont, 1999), ou encore Un Prophète (Jacques Audiard, 2009), pour ne citer que ces exemples.
En outre, Papillon est l'adaptation éponyme et autobiographique d'un roman éponyme d'Henri Charrière. 

Cependant, l'opuscule original est sujet à diverses polémiques. Il semblerait, en effet, que le célèbre cacographe se soit attribué des anecdotes et autres tentatives d'évasion de divers bagnards. La distribution du film réunit Steve McQueen, Dustin Hoffman, Victor Jory, Don Gordon, Anthony Zerbe, Gregory Sierra et Woodrow Parfrey. Pour la petite anecdote, la réalisation de Papillon devait être confiée à Roman Polanski. Mais le réalisateur a déjà d'autres projets et tournages en cours à l'époque.
Pour le rôle d'Henri Charrière dit "Papillon", plusieurs acteurs sont envisagés, notamment Jean-Paul Belmondo et Warren Beatty, mais les deux interprètes déclinent poliment l'invitation. 
Certes, Steve McQueen a déjà joué dans La Grande Evasion, un autre grand classique du film de prison. 

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Mais ses contempteurs lui reprochent un jeu trop stéréotypé et un manque flagrant d'expressivité. Qu'à cela ne tienne, le célèbre acteur a bien l'intention de sublimer son jeu et de faire taire les critiques. Attention, SPOILERS ! Henri "Papillon" Charrière, un malfrat de petite envergure, est jugé à tort pour un meurtre qu'il n'a pas commis. Celui-ci est condamné à vie dans une prison d'une colonie française : le bagne de Cayenne. Mais Papillon n'a qu'une seule idée en tête : s'évader.
Malheureusement, ses régulières tentatives sont toujours restées sans réussite. Devant son acharnement, les dirigeants l'envoient sur Devil's Island, une prison dans la prison, dont jamais personne n'a réussi à s'échapper. Une épreuve terrible pour Papillon, qui découvre l'enfer de l'environnement carcéral
. Ou bienvenue sur l'île du Diable !

Certes, à fortiori, Papillon réunit tous les ingrédients du grand film de prison : un homme condamné à tort pour un crime qu'il n'a pas commis (je renvoie au synopsis), ses accointances avec Delga (Dustin Hoffman), un autre prisonnier et des conditions de détention cruelles et inhumaines. Ainsi, la première partie du film est de facture (encore une fois...) classique. Franklin J. Schaffner s'attarde longuement sur le décor qui entoure les deux principaux protagonistes. C'est tout le paradoxe du film.
Alors que les deux prisonniers se trouvent sur une île aux couleurs chatoyantes et paradisiaques, ils sont enfermés dans un bagne et dans les couloirs de l'enfer. A nouveau, Franklin J. Schaffner se focalise largement sur les conditions d'enfermement. 
Henri Charrière et son compagnon d'infortune subissent en permanence les principes rigoristes de matons despotiques et atrabilaires. 

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Surtout, le bagne n'offre aucune possibilité de rédemption. Pis, dans cette prison autocratique, c'est la loi du plus fort, la corruption, le lucre et les trafics qui dictent leurs préceptes fallacieux. Puis, dans sa seconde partie, la film complexifie son récit. Henri Charrière est enfermé dans la prison du silence. Dès lors, c'est une véritable opération de survie qui s'engage. Régulièrement semoncé et rudoyé par les chiourmes, le prisonnier se voit privé de l'usage de la parole.
Alors qu'il gît et meurt de faim dans sa cellule exigüe et parsemée de cafards, Henri se confine dans la folie. Après plusieurs mois de tortures psychologiques, le prisonnier est de retour dans le bagne. Les yeux harassés, le corps cachectique et vacillant, Henri Charrière n'a pourtant rien perdu de son humanité ni de son opiniâtreté.

Une abnégation qui va le conduire sur le chemin de l'évasion avec son ami Delga. C'est la troisième partie du film et aussi la grande force de PapillonLe long-métrage de Franklin J. Schaffner mélange habilement le drame, les diverses tragédies humaines, l'aventure et le survival dans une jungle hostile. L'île Saint-Joseph n'a pas usurpé sa réputation "d'île du Diable". L'évasion du bagne n'est pas forcément la partie la plus difficile. C'est une fois dehors que les choses se compliquent pour Henri et compagnon d'infortune. Les deux évadés doivent échapper à des contrebandiers, ainsi qu'à de nombreux obstacles mettant leur propre vie en péril. Le film se transmute alors en une patenôtre à la liberté.
Puis, contre toute attente, c'est le retour à la case "départ", plus précisément dans cette cellule cruelle et silencieuse. Le destin s'acharnerait-il sur le sort d'Henri "Papillon" ? Les années passent. Inéluctablement. Henri et Delga sont alors déportés dans une autre partie de l'île, à l'écart de la prison de Cayenne. Cette fois-ci, plus aucun moyen de s'évader, à moins de se jeter du haut d'un précipice.
Un pari impossible et inhumain... Sauf pour Henri Charrière... 
Le long-métrage peut notamment s'appuyer sur ses deux excellents interprètes. En outre, le duo Steve McQueen et Dustin Hoffman fonctionne à merveille. Bref, Papillon n'a pas usurpé son statut de grand classique du cinéma.

Note : 18/20

sparklehorse2 Alice In Oliver