Guinea

Genre : horreur, gore, trash (interdit aux - 18 ans)
Année : 1989
Durée : 51 minutes

Synopsis : Un scientifique nain cherche à sauver sa soeur mourante par tous les moyens et des expérimentations plus tordues les unes que les autres.

La critique :

Les Guinea Pig ou cette série de sept films asiatiques (en l'occurrence japonais) très controversés, notamment pour leur apologie de l'horreur, mais pas seulement. En 1985, c'est Devil's Experiment qui choque l'audimat et suscite les anathèmes. Le moyen-métrage serait (vraiment à mettre au conditionnel...) un vrai "snuff movie". Le réalisateur, Satoru Ogura, aurait reçu une cassette d'un fan anonyme chez lui, relatant le supplice et les dernières heures d'une jeune femme battue, humiliée et rudoyée par de mystérieux agresseurs. Le calvaire se terminera dans un bain de sang et plus précisément par l'énucléation de l'oeil gauche de la jeune femme.
Fin de la vidéo. C'est avec cette toute première galette sanguinolente que la série Guinea Pig va asseoir sa notoriété.

Notoriété confirmée avec la sortie de Flower of Flesh and Blood dans la foulée (donc toujours en 1985). Le moyen-métrage reprend peu ou prou le même concept, à quelques nuances près. Parallèlement à ces deux films trash et extrêmes, d'autres moyens-métrages sont produits quelques années plus tard. C'est par exemple le cas d'Android Of Notre Dame, réalisé par Kazuhito Kuramoto en 1989.
Cinquième film de la série, Android Of Notre Dame est loin de faire l'unanimité chez les fans. Ici point de snuff movie. Le moyen-métrage s'apparente à une sorte de relecture du mythe de Frankenstein. A la seule différence que le célèbre chirurgien, cuistre et despotique, a été évincé par un nain asiatique. Le scénario n'est donc pas le gros point fort du film et se résume en une seule petite ligne.

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Attention, SPOILERS ! Un scientifique, nain de son état, cherche à sauver sa soeur mourante par tous les moyens et des expérimentations plus tordues les unes que les autres. Sinon, c'est tout ? Oui c'est tout. Ou presque. Android of Notre Dame se résume essentiellement à toute une pléthore d'expérimentations ubuesques. Notre héros principal assassine des personnes au hasard.
Grâce à ses recherches méticuleuses, il espère sauver sa soeur d'une maladie à priori incurable. Parallèlement, le scientifique est bientôt menacé par un de ses congénères. Ce dernier cherche à s'accaparer le fruit et le résultat de ces diverses expérimentations. Aussitôt dit, aussitôt fait. Notre nain vindicatif assaille son concurrent et le réduit à une sorte de cerveau vivant.

Par certains aspects, Android Of Notre Dame n'est pas sans rappeler Le Cerveau Qui Ne Voulait Pas Mourir, un nanar hors norme réalisé par Joseph Green en 1962. Dès lors, Android of Notre Dame se transmute en gaudriole licencieuse, potache, gore et égrillarde. Faute de scénario, Kazuhito Kuramoto accumule les séquences sanglantes. Au programme : une extraction d'une langue en plastique (on se croirait presque dans "Docteur Maboul !"), divers démembrements (mais rien de bien choquant non plus, à moins d'être totalement réfractaire aux prothèses en latex), du vomi qui surgit à l'écran et enfin, un cerveau qui n'en fait qu'à sa tête (oui je sais...) !
Certes, les amateurs de ce genre de cinéma pourront éventuellement être séduits par cette pellicule impécunieuse. 

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Encore faudra-t-il fermer les yeux sur les effets spéciaux peu éloquents, il faut bien le dire. Visiblement, le réalisateur aime les prothèses de mannequin en caoutchouc, hélas visibles à l'écran. Certes, le public adolescent sera peut-être effrayé par la profusion de sauce tomate en guise d'effusions sanguinaires. En l'état, difficile de prendre Android of Notre Dame au sérieux.
Quant à l'interdiction aux moins de 18 ans, Android of Notre Dame bénéficie surtout de la réputation de Flower of Flesh and Blood, qui a définitivement marqué les esprits. Paradoxalement, ce cinquième moyen-métrage annonce aussi le déclin de la série. Par la suite, il sera suivi par Devil Doctor Woman, une autre grivoiserie, qui se confira elle aussi dans le gore et la décadence.
Seul petit bémol, et pas des moindres, Android of Notre Dame ne dégage aucun style ni aucune personnalité. 
Ce petit film de 51 minutes (chronomètre en main) frise l'amateurisme et n'a même pas le charme d'un bon vieux nanar. Inutile aussi de mentionner les acteurs, unanimement médiocres. Même le twist final est raté. Curieux... ce moyen-métrage qui vient aussi renifler du côté de Re-Animator (Stuart Gordon, 1985), le talent et l'imagination en moins.
Chronique court aujourd'hui, mais sincèrement, je ne vois pas quoi dire de plus sur cet infâme navet.

Côte : Navet

sparklehorse2 Alice In Oliver