poltergeist 1982

Genr: horreur, épouvante (interdit aux - 16 ans)
Année : 1982
Durée : 2h10

Synopsis : L'heureuse famille Freeling mène une vie tranquille et prospère dans la petite ville de Cuesta Verde. Cependant, leur maison devient le théâtre d'étranges phénomènes quand des objets commencent à se déplacer et que le sol se met à trembler. Une nuit, la petite Carol Anne disparaît et se met à communiquer avec ses parents à travers la télévision. Les Freeling font alors appel à un parapsychologue. 

La critique :

La carrière cinématographique de Tobe Hooper démarre en 1974 avec le terrible et non moins terrifiant Massacre à la Tronçonneuse. Premier film et déjà un premier chef d'oeuvre du genre horrifique. Le long-métrage marque une rupture rédhibitoire dans le cinéma horrifique. S'inspirant d'un fait divers (Ed Gein, surnommé le boucher de Plainfield), Massacre à la Tronçonneuse devient le nouveau parangon d'un cinéma jugé extrême. Un oxymore pour ce long-métrage certes malsain, mais qui élude toute effusion sanguinaire. Pourtant, le film est carrément banni dans plusieurs pays et interdit aux moins de 18 ans dans d'autres contrées. Tobe Hooper confirme cette prédilection pour le cinéma choc et polémique avec ses films suivants, notamment Le Crocodile de la Mort (1977), Massacres dans le train fantômes (1981), avant de s'enliser dans des productions douteuses et racoleuses.

Des films tels que The Mangler (1995), L'invasion vient de Mars (1986), Crocodile (2000) et The Mortuary (2005) le relèguent promptement aux oubliettes. 
Finalement, après Massacre à la Tronçonneuse, le cinéaste cuistre et condescendant ne retrouvera jamais la fougue et la virulence du passé. C'est sûrement pour cette raison qu'il fait appel à Steven Spielberg pour écrire, produire et réaliser Poltergeist en 1982. Soit la même année de sortie que E.T. L'Extra-Terrestre, toujours sous l'égide de "Spielby". A juste titre, certains contempteurs considèrent Poltergeist comme un film réalisé par Steven Spielberg et non par Tobe Hooper.
Une hypothèse corroborée par les crédits du film et par "Spielby" lui-même, qui affirme dogmatique : "Tobe n'est pas le genre d'homme... responsable. Si une question était posée et que la réponse ne la suivait pas immédiatement, je sautais dedans et proposais ce que nous pourrions faire. Tobe acquiescerait d'un signe de tête, et naissait ainsi le processus de collaboration".

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En vérité, pendant le tournage de Poltergeist, Tobe Hooper n'est qu'un faire-valoir, un simulacre de réalisateur alors en plein marasme et qui peine à trouver un second souffle au début des années 1980. Inlassablement poursuivi par le spectre de Massacre à la Tronçonneuse, le célèbre cinéaste se contente de suivre les directives de Steven Spielberg. A contrario, certains amis et producteurs éminents soutiennent Tobe Hooper. Finalement, Poltergeist serait le fruit et la richesse d'une collaboration créative entre deux réalisateurs de génie. Un dithyrambe qui arrive à point nommé pour l'intéressé.
La distribution du film réunit Craig T. Nelson, JoBeth Williams, Dominique Dunne, Oliver Robins, Heather O'Rourke, Zelda Rubinstein et Beatrice Straight. Au moment de sa sortie, Poltergeist obtient un immense succès dans les salles, ainsi que des critiques unanimement panégyriques.

Aujourd'hui, le long-métrage est même classé en 80e position des 100 films d'épouvante les plus effrayants jamais réalisés. Une réputation corroborée par le tournage du film lui-même et émaillé par de nombreux incidents inexplicables. Succès oblige. Plusieurs suites sont tournées dans la foulée. La petite Heather O'Rourke est toujours de la partie pour Poltergeist 2 (Brian Gibson, 1986).
Hélas, la fillette est victime d'une grave maladie et doit subir une intervention chirurgicale durant le tournage de Poltergeist 3 (Gary Sherman, 1988). Heather O'Rourke meurt des suites de sa maladie. Et son décès alimente les rumeurs sur cette saga horrifique. La trilogie serait-elle à son tour victime d'une malédiction infrangible ? Tous ces paralogismes contribuent à la notoriété de la franchise. 

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Poltergeist premier du nom appartient désormais à la culture populaire américaine. Souvent imité mais jamais égalé, à l'image de son triste remake homonyme sorti en 2015. Reste à savoir si la réputation de Poltergeist est bel et bien justifiée. Réponse dans les lignes à venir... Attention, SPOILERS ! Steven et Diane Freeling vivent une vie tranquille dans un nouveau quartier de la Californie. 
Steven est un brillant agent immobilier et Diane une femme au foyer épanouie qui prend soin de ses trois enfants : 
Dana, Robbie et Carol-Anne. Carol-Anne se réveille une nuit et converse avec le téléviseur qui a commencé à transmettre des parasites. La nuit suivante, c'est le même rituel pour la fillette qui se fixe devant le téléviseur. Soudain, une apparition se dégage de l'écran de télévision et disparaît dans le mur.

La petite Carol Anne disparaît et se met à communiquer avec ses parents à travers la télévision. Les Freeling font alors appel à un parapsychologue. Autant le dire tout de suite. On tient là un véritable classique du genre épouvante. En outre, l'aura de Steven Spielberg semble inhérente au succès du film. On reconnaît d'emblée l'empreinte indéfectible du cinéaste, avec cet intérêt pour une famille américaine lambda, ce côté tout d'abord féérique qui amuse dans un premier temps les protagonistes, via des objets qui se déplacent tout seuls dans la maison ; puis un esprit maléfique et de plus en plus comminatoire.
La demeure se transmute soudainement en antre de l'horreur, notamment avec cet arbre gigantesque dont les branches oblongues et agressives se déploient à travers les fenêtres d'une chambre. Puis, c'est un technicien féru de paranormal qui se dilacère le visage devant un miroir... 

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Bref, hormis ce passage un peu gore et terrifiant, l'empreinte de Tobe Hooper reste assez discrète et furtive dans le film. La grande force de Poltergeist réside dans ce confinement résidentiel, une sorte de huis clos à "toit ouvert" (si j'ose dire) et aux prises avec des forces inexpugnables. Pour "Spielby" et Tobe Hooper, c'est l'occasion ou jamais de tancer une famille américaine lambda aux prises avec des esprits qui la dépassent, comme si cette cellule familiale était menacée de péricliter lors de la nouvelle décennie.
D'ailleurs, ce n'est pas un hasard. Pour sauver Carol-Anne et l'ensemble de leur famille, le père et la mère doivent s'allier et finalement se retrouver pour franchir ce palier menant vers le pays des ténèbres. Une fois les inimitiés présentées, Steven Spielberg et son fidèle acolyte happent littéralement le spectateur à la gorge. Le film contient de nombreuses séquences de frousse solidement troussées.
Dommage, sur la forme, que le long-métrage soit (parfois...) aussi consensuel et familial. Encore une fois, le manque d'implication de Tobe Hooper se fait furieusement sentir. Son style glauque, abrupt et radical, mélangé aux roueries de Spielberg pour appâter le spectateur lambda, aurait pu conduire le film vers d'autres contrées encore plus cauchemardesques. Mais ne soyons pas trop sévères, on tient là un grand film d'épouvante !

Note : 16.5/20

 

sparklehorse2 Alice In Oliver