Boogeymanposter

Genre : horreur, slasher (interdit aux - 16 ans au moment de sa sortie, interdit aux - 12 ans aujourd'hui)
Année : 1980
Durée : 1h22

Synopsis : Lacey et Willy n’ont pas eu une enfance facile. Leur père est disparu dans la brume et leur mère couche à gauche et à droite. Un soir, alors que leur mère est avec un homme bizarre, les enfants les espionnent et se font prendre. Pour avoir la paix, l’homme attache Willy au lit et poursuit son coït. Lacey libère donc Willy et ce dernier assassine l’homme. Vingt ans plus tard, après avoir reçu une lettre de leur mère, Lacey et Willy se remémorent cette malheureuse nuit et de mystérieux meurtres commencent à se produire autour d’eux.  

La critique :

L'origine du slasher remonte probablement aux années 1960. Psychose (Alfred Hitchcock, 1960) et Le Voyeur (Michael Powell, 1960) marquent un tournant rédhibitoire dans le thriller et le cinéma d'horreur. Puis en 1974, Black Christmas (Bob Clark) et Massacre à la Tronçonneuse (Tobe Hooper) lancent véritablement les inimitiés. Désormais, le meurtrier est un boucher masqué, muni d'un opinel et même d'une tronçonneuse érubescente. Mais c'est surtout en 1978 que le slasher va connaître sa quintessence avec la sortie d'Halloween, la nuit des masques.
A l'époque, le film de John Carpenter marque durablement les esprits. Nanti d'un budget famélique, le long-métrage remporte un immense succès aux Etats-Unis.

Le film peut notamment s'appuyer sur un psychopathe emblématique, Michael Myers, qui assassine, supplice, torture et dilapide plusieurs étudiants le soir d'Halloween. Il devient alors le bras droit du "Mal". Surtout, cette nouvelle figure de la terreur se cache derrière un masque d'albâtre. Le long-métrage inspire évidemment de nombreux succédanés, entre autres, Vendredi 13 (Sean S. Cunningham, 1980) et Les Griffes de la Nuit (Wes Craven, 1984).
Après Michael Myers, Jason Voorhees et Freddy Krueger deviennent à leur tour des créatures de cauchemar. Parallèlement, d'autres slashers tentent de s'imposer dans ce marché rentable et souvent sanguinaire. C'est par exemple le cas de Maniac (William Lustig, 1980), Carnage (Tony Maylam, 1981), Le bal de l'horreur (Paul Lynch, 1980) ou encore de Meurtres à la St-Valentin (George Mihalka, 1981).

boogeyman-green-eye1-no-bars

Vient également s'ajouter The Boogeyman, réalisé par Ulli Lommel en 1980. Certes, le nom de ce cinéaste allemand ne doit pas vous évoquer grand-chose. Pourtant, le scénariste et réalisateur possède une filmographie prolifique, foisonnante et exhaustive. Hélas, Ulli Lommel est souvent considéré comme un petit tâcheron par les critiques et la presse cinéma. A ce jour, The Boogeyman reste son film le plus notoire. 
A contrario, le long-métrage est rarement cité parmi les grandes références du cinéma d'horreur et plus particulièrement du slasher.
Certes, The Boogeyman est disponible en dvd mais dans une édition limitée (seulement 1000 exemplaires). Au moment de sa sortie, le film parviendra néanmoins à s'imposer dans les vidéos clubs. Les irréductibles du slasher le considèrent même comme un film culte.

La distribution de The Boogeyman réunit Suzanna Love, Ron James, John Carradine, Nicholas Love et Raymond Boyden. Attention, SPOILERS ! (1) Lacey et Willy n’ont pas eu une enfance facile. Leur père est disparu dans la brume et leur mère couche à gauche et à droite. Un soir, alors que leur mère est avec un homme bizarre, les enfants les espionnent et se font prendre.
Pour avoir la paix, l’homme attache Willy au lit et poursuit son coït. Lacey libère donc Willy et ce dernier assassine l’homme. Vingt ans plus tard, après avoir reçu une lettre de leur mère, Lacey et Willy se remémorent cette malheureuse nuit et de mystérieux meurtres commencent à se produire autour d’eux. (1) Dès l'introduction, The Boogeyman a le mérite de présenter les inimitiés.

boogey

Un jeune gosse (Willy) tue l'amant de sa mère. Depuis cet événement tragique, Willy s'est enfermé dans le mutisme et le silence. Ca ne vous rappelle pas l'introduction d'un autre slasher ? Oui il s'agit bel et bien d'Halloween, la nuit des masques. En outre, The Boogeyman bouffe un peu... beaucoup... énormément à tous les râteliers et surtout aux grands classiques du cinéma horrifique : un soupçon d'Halloween (comme je viens de le préciser dans un précédent chapitre...), une once de Vendredi 13 par son ambiance un brin bucolique et son climat anxiogène, une dose de L'Exorciste (William Friedkin, 1973) et quelques relents d'Amityville, la maison du Diable (Stuart Rosenberg, 1979).
Hélas, et vous vous en doutez, la comparaison s'arrête bien là.

Certes, Ulli Lommel cherche à se démarquer de ses augustes prédécesseurs, avec une petite touche de paranormal. Malheureusement, en dépit de ses bonnes intentions, le long-métrage se confine bien souvent dans des situations ubuesques et rocambolesques. The Boogeyman souffre notamment d'un scénario abscons qui ne parvient jamais (ou presque) à transcender son sujet.
Le film est-il une catastrophe pour autant ? En l'occurrence, The Boogeyman demeure, malgré de nombreux écueils, un slasher tout à fait honorable et sympathique ; à condition de fermer les yeux sur son caractère prosaïque et obsolète. Le long-métrage a tout de même bien souffert du poids des années. Niveau interprétation, les deux acteurs principaux, Suzanna Love (dans le rôle de Lacey) et Ron James (dans le rôle de Willy), font le job. Sans plus.
A défaut de privilégier les meurtres et les effusions sanguinaires, Ulli Lommel mise davantage sur une tension qui va monter crescendo. Sur ce dernier point, le réalisateur connaît parfaitement ses classiques et signe (encore une fois) un slasher probe et plutôt recommandable, surtout pour les fans invétérés du genre. Les autres pourront aisément passer leur chemin.

Note : 10.5/20

 

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1)  Synopsis du film : http://www.horreur-web.com/boogeyman1980.html