regoregitated sacrifice

Genre : gore, trash, extrême, underground, expérimental, inclassable (interdit aux - 18 ans)
Année : 2008
Durée : 1h06

Synopsis : Angela Aberdeen, 19 ans, actrice porno boulimique, se suicide le 5 avril 1994, le même jour que la rock star Kurt Cobain. Dans son "Voyage" vers l'enfer, elle pénètre dans une dimension parallèle où son cerveau subit une série de visions cauchemardesques. Elle va alors être accompagnée dans sa damnation par deux soeurs siamoises envoyées par le diable afin de tourmenter les humains par le sacrifice de la régurgitation. 


La critique :

Claude Lelouch (mais qu'est-ce qu'il vient faire ici, celui là ?) a dit un jour: "Le pire n'est jamais décevant". En temps normal, je fais aisément ma devise de cette citation. Oui, nombre de bouses cinématographiques se sont révélées jouissives au point de devenir des classiques de la nanardise. D'ailleurs, Naveton Cinema, référence en la matière, regorge (!) de ces pépites inénarrables. Mais le cas de Lucifer Valentine est différent. Avec lui, le pire... hé bien, c'est le pire ! Point barre. 
Vous avez aimé Slaughtered Vomit Dolls ? Ses actrices camées et neurasthéniques, sa caméra qui donnait le tounis et ses incessantes déglutitions? Alors soyez heureux car vous allez adorer Regoregitated Sacrifice. Avec cet opus, deuxième volet de la trilogie Vomit Gore, Lucifer Valentine a voulu choquer le spectateur et à tout prix... Pour cela, le réalisateur (faut le dire vite) américain a sorti l'artillerie lourde: séparation de soeurs siamoises au hachoir, trio lesbien avec femme enceinte, évisceration puis strangulation par les boyaux, dégustation d'urine, introduction d'une araignée dans un vagin cousu par la suite et, surtout, des filles à poil qui passent leur temps à se vomir dessus. Bienvenue dans Regoregitated Sacrifice, une sacrée transe de joyeux pervers qui vont tout mettre en oeuvre pour vous retourner l'estomac !

Alors, effectivement, cet ovni mega trash se positionne sans conteste comme l'une des oeuvres les plus infamantes jamais réalisées. Mais la surenchère dans les excès n'a jamais fait un bon film. Elle en a même fait de sacrément mauvais, Regoregitated Sacrifice par exemple... Attention spoilers: Angela, 19 ans, est une actrice porno boulimique. Elle met fin à ses jours le 5 avril 1994, date du suicide de la star grunge Kurt Cobain. Dès lors, son esprit va se trouver confronté à un déluge de visions malsaines où sexe et souffrance seront intimement liés. Au même moment, deux soeurs siamoises sont envoyées sur terre par le diable afin de tourmenter les humains, les femmes en particulier...
A partir de là, l'histoire se résumera essentiellement à des tortures, actes de barbarie et rapports sexuels consentis ou forcés. Fréquemment, Angela fait des apartés face caméra pour raconter son parcours et les raisons de sa déchéance. On voit également, à la télévision, une petite fille qui semble sortir tout droit d'une vidéo familiale et que l'on devine être Angela.

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Entre temps, d'autres femmes seront soumises aux châtiments par les soeurs siamoises. Ces châtiments, la plupart du temps sexuels, seront accompagnés d'incessants vomissements sur les victimes. Le point culminant de l'abjection sera atteint quant un homme vomira dans le crâne sectionné d'un cadavre, reboira son vomi, le re-vomira et cela, plusieurs fois de suite... écoeurant ! 
Puis, il coiffera le crâne décapité d'un poulpe dont il sucera les tentacules afin de vomir et vomir encore (au fait, si vous êtes à table, bon appétit!). Sans transition, nous débarquerons dans une prairie pour découvrir une maison où les murs sont griffonés de nombreux témoignages d'amour à Kurt Cobain (il faudra m'expliquer le rapport!). Le film s'achèvera par une fellation sanglante prodiguée par Angela sur un homme dont on ne verra pas le visage. 

Il faut drôlement s'accrocher pour suivre pareille histoire et, surtout pour trouver un sens à cette litanie de tableaux obscènes ! Si j'ai tout bien compris (ce qui est loin d'être sûr), Lucifer Valentine nous propose sa vision bien personnelle d'un enfer lubrique et dégénéré. Cependant, j'avoue que j'ai laissé tomber toute idée de cohérence, le film étant lui même un immense foutoir. 
A ce niveau, on est en droit de se poser quelques questions sur la santé mentale de notre cher ami Valentine. Le côté expérimental de son oeuvre ne lui donne pas tous les droits. Pourtant, il a clairement pris celui de satisfaire ses fantasmes morbides. Où veut-il en venir ? Nulle part. Quel est son but ? Aucun. Pour moi, ce film n'est rien d'autre qu'un very bad trip dans l'esprit dérangé d'un réalisateur qui ne prend son pied que dans la dépravation et la souillure de ses actrices impudiques. 

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Je serai également sévère avec la réalisation. Si je reconnais, de bonne grâce, quelques efforts sur les jeux de lumière ou les cadrages inventifs, la mise en scène de ce film est un véritable attentat au septième art. D'ailleurs, peut-on vraiment parler de mise en scène ? Avec son absence de trame scénaristique et sa succession de saynètes incroyablement confuses, Regoregitated Sacrifice se rapproche beaucoup plus du bordel (des)organisé que d'une réalisation cinématographique. Idem au niveau de l'interprétation qui tend plus à la performance qu'au vrai jeu d'acteur. 
Dans ce chaos (pour ne pas dire naufrage), on peut relever toutefois deux points positifs: la qualité des effets gore, convaincants pour un film au budget si microscopique, et une certaine recherche dans l'esthétisme. Les scènes passent fréquemment de la couleur au noir et blanc, alternent l'hyper ralenti et rythme frénétique, et des filtres satinés sont utilisés. Mais c'est quand même bien faible tout ça.


Slaughtered Vomit Dolls
 n'était donc qu'un apéritif. Ce deuxième volet de la trilogie va beaucoup plus loin dans l'outrage à la personne et dans l'humiliation de l'être humain. Regoregitated Sacrifice est l'oeuvre la plus trash et décadente de Lucifer Valentine et s'adresse à un public adulte exclusivement. Le film flirte très souvent avec la pornographie pour y plonger carrément dans son final. 
Sa violence dégradante peut vraiment heurter le spectateur non averti. C'est aussi l'opus le plus réussi du réalisateur, ce qui vous donne un aperçu de la médiocrité de l'ensemble de l'oeuvre. L'impasse est donc vivement conseillée, même pour les amateurs de films extrêmes. A ceux là, je conseillerai plutôt de lorgner vers le cinéma beaucoup plus fun d'un Costes ou d'un Yamanouchi. Et à Monsieur Lucifer Valentine, je conseillerai amicalement d'aller se faire soigner d'urgence. 

Côte : Navet

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Seconde critique :

Coup de tonnerre sur la Toile, en particulier dans le petit monde du cinéma trash et extrême ! En 2006, Lucifer Valentine réalise une bombe. Son nom ? Slaughtered Vomit Dolls, soit "l'histoire" (vraiment un terme à guillemeter et à minorer) d'une adolescente en plein marasme, victime d'hallucinations sataniques et se confinant peu à peu dans l'émétophilie, la souffrance et la décrépitude.
Par son cynisme, ses images chocs et sa mise en scène anxiogène et épileptique, Slaughtered Vomit Dolls provoque à la fois les louanges et les quolibets. Soit on aime, soit on déteste. D'un côté, il y a ceux qui plébiscitent un OFNI (objet filmique non identifié) underground, expérimental, ésotérique et totalement inclassable. De l'autre, le film recueille évidemment son lot de critiques et de contempteurs.

Ces derniers fustigent et vitupèrent un long-métrage brutal, volontairement outrancier et ne délivrant (finalement) aucun message. Certes, pour ce qui est du fond ou d'une idéologie sous-jacente, on pourra toujours gloser, pérorer ou hypostasier sur les réelles intentions de Lucifer Valentine. En 2008, le réalisateur narquois et indocile répond à ses détracteurs avec ReGOREgitated Sacrifice, second volet de la tétralogie. Inutile de mentionner les acteurs, tous inconnus au bataillon.
Seule Ameara LaVey, déjà présente dans le premier volet, tient à nouveau le rôle principal, toujours dans un carcan sonore et inaudible et dans une profusion d'images sanglantes ; de quoi vous retourner l'estomac, les tripes et même les intestins ! Vous avez détesté le premier chapitre ? Alors passez votre chemin et merci d'aller faire un petit tour !

Toujours la même ritournelle. Pour les autres, donc ceux et celles qui ont adoré le premier opus, ils retrouveront l'essence et l'univers de Slaughtered Vomit Dolls. Le scénario de ReGOREgitated Sacrifice ? Un leurre ou plutôt un simulacre. Attention, SPOILERS ! Angela Aberdeen, 19 ans, actrice porno boulimique, se suicide le 5 avril 1994, le même jour que la rock star Kurt Cobain.
Dans son "voyage" vers l'enfer, elle pénètre dans une dimension parallèle où son cerveau subit une série de visions cauchemardesques. Elle va alors être accompagnée dans sa damnation par deux soeurs siamoises envoyées par le diable afin de tourmenter les humains par le sacrifice de la régurgitation. Plus qu'un véritable scénario, Lucifer Valentine nous convie dans un cauchemar inextricable ; où les corps ensanglantés, éructant à la fois leurs boyaux et leurs intestins, s'enchevêtrent, se dilapident et s'évaporent sous la caméra peu compatissante du cinéaste.

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Les premières minutes de ReGOREgitated Sacrifice ont le mérite de présenter les inimitiés. Souvenez-vous. Slaughtered Vomit Dolls se terminait dans le supplice, le suicide puis le glas d'Angela Aberdeen, laissant le spectateur groggy et abasourdi. Lucifer Valentine poursuit les animosités. Au détour de plusieurs images furtives faisant largement référence au premier opus, le cinéaste reprend les "ingrédients" (si j'ose dire) de son auguste prédécesseur.
Cette fois-ci, ce sont deux soeurs siamoises, curieusement réunies par une excroissance au niveau du visage, qui se prélassent, se dévêtissent et s'énamourent devant la caméra de Lucifer Valentine. Puis les deux jeunes femmes se retrouvent aux côtés de la fameuse Angela Aberdeen. Ensemble, les actrices érotomanes s'embrassent langoureusement et s'adonnent à une toute une série d'agapes et de lubricités.

Le long-métrage oscille davantage vers la pornographie trash. Que les fans se rassurent. Les séquences à caractère émétophilique s'enchaînent à une vitesse fulgurante et toujours dans une cacophonie générale. Certes, Lucifer Valentine continue d'explorer la psyché malade et en déliquescence de son héroïne principale. Il est toujours question (plus ou moins) de viol, de prostitution et d'une longue déréliction menant inévitablement vers l'agonie, la décomposition et les chairs putrescentes.
De facto, inutile de parler réellement d'acteurs (ou plutôt d'actrices en l'occurrence), mais surtout de performeurs (performeuses...) se livrant aux pires obscénités et ignominies. Parmi les séquences les plus abominables, comment ne pas évoquer l'interminable supplice d'une jeune femme anonyme ?

Ligotée, torturée et suppliciée, cette dernière subit les foudres et les attaques récurrentes des deux soeurs siamoises. Celles-ci mutilent le corps de la jeune femme et dilacèrent ses boyaux dans la frénésie générale. A chaque fois, le rituel satanique se termine dans les pestilences et les jets (à profusion) de vomi. L'objectif n'est pas seulement de rejeter toute la mixture contenue à l'intérieur du corps, mais de créer un état quasi catatonique et d'alanguissement inextinguible.
Autre saynète peu ragoûtante : le sacrifice d'une autre jeune femme. Je passe à nouveau et volontairement sur les rejets vomitifs et émétiques des divers protagonistes, ainsi que sur les différents rituels sanglants pratiqués sur cette dernière (parmi lesquels on retrouve une once de cannibalisme). Vous l'avez donc compris. A travers ReGOREgitated Sacrifice, Lucifer Valentine nous convie dans un trip hardcore. Les actrices (ou plutôt les performeuses, encore une fois...) sont soumises à tout un tas de lubricités. Toujours consentantes, elles participent à une pellicule extrêmement sanglante, "hard" et qui repousse évidemment les limites de l'insanité.
Et pourtant, derrière cet exercice peu ragoûtant, on retrouve toujours cette fascination pour cette appétence sexuelle et surtout pour cet exercice d'autoscopie mentale, invitant le spectateur à sonder cette cyclogenèse.

Note : ?

sparklehorse2 Alice In Oliver