les griffes de la nuit

Genre : horreur, épouvante, slasher (interdit aux - 12 ans)
Année : 1985
Durée : 1h31

Synopsis : Nancy est une jeune adolescente qui fait régulièrement des cauchemars sur un homme au visage brûlé, avec un vieux pull déchiré et cinq lames tranchantes à la place des doigts. Elle constate d'ailleurs que parmi ses amis, elle n'est pas la seule à faire ces mauvais rêves. Mais bientôt, l'un d'entre eux est sauvagement assassiné pendant son sommeil. C'est ainsi que le groupe fait la connaissance de l'ignoble Freddy Krueger, qui se sert des cauchemars pour assassiner les gens qui rêvent de lui. Nancy comprend qu'elle n'a plus qu'une seule solution : si elle veut rester en vie, elle doit rester éveillée

La critique :

Décédé le 30 août 2015, Wes Craven laisse derrière lui une carrière prolifique. Sa première réalisation se nomme La Dernière Maison sur la Gauche (1972). Le film est le remake de La Source (Ingmar Bergman, 1960) et marque durablement les esprits par sa barbarie et son aspect morbide. Surtout, La Dernière Maison sur la Gauche devient le nouveau parangon du rape and revenge, un genre qui va définitivement s'imposer au cours des années 1970.
En 1977, Wes Craven confirme tous les espoirs placés en lui avec La Colline A Des Yeux, une autre pellicule horrifique notoire. Wes Craven s'affirme peu à peu comme le nouveau maître de l'épouvante en compagnie de John Carpenter. Des films tels que La Ferme de la Terreur (1981), L'Emprise des Ténèbres (1989), Le Sous-Sol de la Peur (1991) et la saga Scream assoient sa notoriété dans le petit monde de l'épouvante.

Vient également s'ajouter Les Griffes de la Nuit, sorti en 1985. Le long-métrage s'inscrit dans la mode des slashers. Après Halloween, la nuit des masques (John Carpenter, 1978) et Vendredi 13 (Sean S. Cunningham, 1980), Les Griffes de la Nuit préfigure une nouvelle figure emblématique de l'horreur. Son nom ? Freddy Krueger, ce croquemitaine au visage carbonisé et aux griffes acérées, qui surgit dans les cauchemars de jeunes éphèbes.
A l'instar de ses modèles, Les Griffes de la Nuit va lui aussi connaître un immense succès et plébiscite, non seulement auprès du public, mais dans divers festivals. Le long-métrage obtient le prix de la critique lors du festival international du film fantastique d'Avoriaz en 1985. 

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Aux Etats-Unis, Les Griffes de la Nuit (A Nightmare On Elm Street de son titre original) devient un nouveau phénomène de mode. Freddy Krueger vient d'évincer Jason Voorhees et Michael Myers de leurs pénates ! Succès oblige, le film sera suivi par sept nouveaux chapitres et un remake (Freddy : Les Griffes de la Nuit de Samuel Bayer et produit par Michael Bay en 2010).
Hélas, par la suite, la franchise ne retrouvera jamais la fougue, l'irrévérence et la virulence de ce premier volet. Certes, en 1994, Wes Craven reprendra les hostilités via un inévitable septième opus, Freddy sort de la Nuit. Mais en dépit de ses bonnes intentions, ce nouvel avatar décevra (presque) unanimement les fans de la saga. Et pourtant à la base, Wes Craven n'était pas favorable à une suite.

Mais en raison de sa rentabilité et de son succès commercial, le cinéaste est sommé de tourner une nouvelle conclusion finale, annonçant un nouveau chapitre. Au moment de sa sortie, Les Griffes de la Nuit est soumis aux principes rigoristes de la censure. Wes Craven est prié de rectifier certaines séquences jugées trop violentes. Dans un premier temps, le film est classé "R" (ce qui équivaut à une interdiction aux moins de 16 ans chez nous), avant d'être interdit aux moins de 12 ans par la suite.
La distribution du film réunit Heather Langenkamp, John Saxon, Robert Englund, Ronee Blakley, Johnny Depp (dont c'est la toute première apparition au cinéma), Jsu Garcia et Amanda Wyss. En l'occurrence, Les Griffes de la Nuit peut s'appuyer sur un scénario original.

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Attention, SPOILERS ! Nancy est une jeune adolescente qui fait régulièrement des cauchemars sur un homme au visage brûlé, avec un vieux pull déchiré et cinq lames tranchantes à la place des doigts. Elle constate d'ailleurs que parmi ses amis, elle n'est pas la seule à faire ces mauvais rêves. Mais bientôt, l'un d'entre eux est sauvagement assassiné pendant son sommeil.
C'est ainsi que le groupe fait la connaissance de l'ignoble Freddy Krueger, qui se sert des cauchemars pour assassiner les gens qui rêvent de lui. Nancy comprend qu'elle n'a plus qu'une seule solution : si elle veut rester en vie, elle doit rester éveillée
. Pour le scénario du film, Wes Craven s'est inspiré d'un fait divers qui l'avait terrifié durant son adolescence. A l'époque, le réalisateur ne le sait pas encore mais il va bientôt signer le nouveau parangon du slasher, appelé à devenir une franchise juteuse, à défaut d'être éloquente.

L'originalité du film et de son scénario tient dans son concept fuligineux ou plutôt dans cette frontière ténue entre réalité et onirisme cauchemardesque. 
Pis, les deux sont carrément confondus. Freddy Krueger est une ancienne figure d'un monde devenu trop adulte pour comprendre ce marasme adolescent. Cette rupture rédhibitoire est également marquée par cette incompréhension entre les interdits parentaux (le glas du Patriarcat) et cette insubordination adolescente, telle la "fureur de vivre".
Seul bémol, nos chers jouvenceaux se meurent, atrocement assassinés et découpés par les griffes du terrible Freddy. 
Dès lors, inutile de ferrailler avec le croquemitaine dans la réalité. Le rêve et plus précisément le cauchemar deviennent les seuls exutoires pour combattre la créature maléfique. 

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Narquois, Wes Craven se gausse de ses propres personnages via de nombreuses situations pittoresques. Ainsi, le cinéaste brouille volontairement les pistes et encore une fois cette frontière inextricable entre le rêve et la réalité. Au détour de plusieurs saynètes de frousse savamment troussées, Wes Craven rend parfois hommage à Shining (Stanley Kubrick, 1980), notamment à travers cette séquence durant laquelle du sang jaillit du lit d'un adolescent, l'hémoglobine venant poindre sur le plafond de la chambre et provoquant l'effroi de la police dubitative.
Volontairement, Wes Craven évite de donner trop d'informations sur sa star principale, donc le fameux Freddy Krueger. Certes, le cinéaste explore le passé morbide et meurtrier du croquemitaine mais sans trop se fourvoyer dans l'analyse de ce psychopathe. Seul petit bémol, la fin, visiblement remaniée à la demande de producteurs fallacieux et mercantiles, reste assez décevante et inaugure (évidemment) une suite (encore une fois) inévitable. Mais ne soyons pas trop sévères, on tient là un vrai classique (aujourd'hui) du cinéma horrifique.

Note : 15/20

sparklehorse2 Alice In Oliver