Fin du monde Nostradamus an 2000

Genre : science-fiction (interdit aux - 12 ans)
Année : 1974
Durée : 1h28 (cut), 1h54 (uncut)

Synopsis : Au Japon, des événements étranges se produisent. Des limaces de taille surdimensionnée font leur apparition dans les récoltes. Le professeur Nishiyama se rend sur place. Responsable de l'institut pour l'amélioration de l'environnement, il prend cette affaire très au sérieux et alerte les politiques que ces événements ne sont que le début d'une future catastrophe d'ordre mondiale. 

La critique :

La fin du monde au cinéma. De nombreux films se sont interrogés sur l'Apocalypse et la fin des temps. Ce ne sont pas les exemples qui manquent. Que ce soit en solitaire avec Je suis Une Légende (les versions de 1964 et de 2007), sous les yeux tétanisés de Nicolas Cage dans Prédictions (Alex Proyas, 2009), dans l'univers tumultueux de La Route (John Hillcoat, 2009) ou alors sous les bombes et les missiles nucléaires de Le Jour d'Après (Nicholas Meyer, 1983) ; l'aura de la fin du monde plane sur nos sociétés humaines comme une menace immarcescible.
Vient également s'ajouter La Fin du Monde - Nostradamus An 2000, réalisé par Toshio Masuda en 1974. Il est fort probable que ce long-métrage ait inspiré le film Virus de Kinji Fukasaku en 1980.

A la seule différence que La Fin du Monde - Nostradamus An 2000, comme son titre l'indique, s'inspire des prédictions "prophétiques" (vraiment un terme à minorer et à guillemeter) du célèbre médecin et astronome français. En effet, dans son ouvrage proverbial, Nostradamus a annoncé un grand cataclysme prenant la forme d'un Déluge, faisant notamment référence à la Bible et donc (encore une fois) à l'Apocalypse. Inutile alors de préciser que le film de Toshio Masuda a une vraie consonance religieuse et eschatologique. En outre, le long-métrage s'inscrit dans la dialectique des films de science-fiction et d'anticipation des années 1970, entre autres Soleil Vert (Richard Fleischer, 1974), L'Âge de Cristal (Michael Anderson, 1976) ou encore Silent Running (Douglas Trumbull, 1972). 

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A ce jour, La Fin du Monde - Nostradamus An 2000 reste un film méconnu du grand public. Toutefois, le film est souvent cité parmi les grandes références du genre apocalyptique. Au moment de sa sortie, le long-métrage déclenche les anathèmes et les invectives, notamment (1) d'associations de survivants des frappes atomiques d'Hiroshima et Nagasaki, choquées notamment par la description faite des mutants cannibales et des survivants monstrueux (1).
De ce fait, pendant longtemps, le film sera voué à l'opprobre et aux gémonies. Il sortira d'ailleurs sous plusieurs titres : La fin du monde d'après Nostradamus, The Last Days of planeth earth et Catastrophe 1999 : The Prophecie of Nostradamus. Le film passe ainsi d'une durée initiale de 114 minutes à seulement 88 minutes.

Il existe donc une version censurée de précieuses minutes et une autre (intégrale) quasi impossible à dénicher. Jugé trop scandaleux en son temps, La Fin du Monde - Nostradamus An 2000 reste avant tout une fable écologique. Indubitablement, l'oeuvre de Toshio Masuda est un film visionnaire. Certes, Toshio Masuda reste un réalisateur essentiellement connu pour avoir participé à Tora ! Tora ! Tora ! (1970) en collaboration avec Richard Fleischer et Kinji Fukasaku.
Mais dans son pays, le cinéaste a signé de nombreux films à succès. En l'état, inutile de les mentionner puisqu'ils restent largement méconnus en France et surtout en dehors de leurs frontières nippones. Au risque de nous répéter
, La Fin du Monde - Nostradamus An 2000 reste un film visionnaire, non pas pour ses thèses un brin farfelues, mais pour le véritable diktat écologique qu'il annonce, celui servi actuellement (et à profusion) par les médias.

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Attention, SPOILERS ! (2) Au Japon, des événements étranges se produisent. Des limaces de taille surdimensionnée font leur apparition dans les récoltes. Le professeur Nishiyama se rend sur place. Responsable de l'institut pour l'amélioration de l'environnement, il prend cette affaire très au sérieux et alerte les politiques que ces événements ne sont que le début d'une future catastrophe d'ordre mondiale. Bientôt, d'autres phénomènes se produisent : réchauffement de la Terre, fonte des glaciers, mutations des animaux, catastrophes naturelles... Pour le professeur, les prédictions de Nostradamus concernant la fin du monde sont en train de se réaliser. Mais les politiciens ne veulent pas prêter attention à ses dires. (2)
Le scénario du film se base à la fois sur les prédictions de Nostradamus et sur les longues homélies prophétiques du Professeur Nishiyama.

Autant le dire tout de suite. Toshio Masuda ne fait pas dans la dentelle. En ces temps funestes, ce n'est pas seulement le climat qui change et qui vient carrément glacer l'Océan Pacifique sous les yeux ébaubis de marins de passage. C'est aussi le comportement de nos jeunes bambins qui taraudent les scientifiques. Ainsi, le spectateur assiste pantois à un jeune gosse qui calcule encore plus vite que le plus puissant ordinateur du monde. Hagards, Nishiyama et ses hommes se rendent dans des régions du monde menacées d'extinction. Ils sont alors assaillis par des chauves-souris géantes.
Ensuite, ce sont des hommes atteints par la lèpre qui se livrent au cannibalisme. Parallèlement, les rayons du soleil sont de plus en plus comminatoires, menaçant la surface terrestre d'une sécheresse incoercible.

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Comme un paradoxe, si les hommes sont bel et bien condamnés à disparaître de la surface de la planète, la Terre, elle, continuera de tourner ! Tel est le message (quasi) "copernicien" du film. Toshio Masuda opacifie son propos en s'appuyant sur de nombreuses images de documentaires : des peuplades affamées, des enfants au visage émacié, des explosions, des guerres ou encore une jeunesse qui se confine dans la drogue et autres substances illicites.
Telle est la rhétorique du cinéaste. Si le film impressionne surtout par son ingénuité, il laisse néanmoins une empreinte indélébile. Certes, le long-métrage n'est pas exempt de tout reproche. On pourra notamment pester et tonner contre la voix-off emphatique du narrateur, ainsi que sur des effets visuels un brin obsolètes et même assez pittoresques. Toutefois, plus de quarante ans après sa sortie, La Fin du Monde - Nostradamus An 2000 garde toujours le même impact.
D'un point de vue idéologique, il annonce (encore une fois) le diktat écologique actuel, culpabilisant les sociétés occidentales sur leur hédonisme et leur consumérisme.

Note : 14.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) informations obtenues sur : http://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/338-fin-du-monde-nostradamus-an-2000

(2) Synopsis du film sur : http://horreur.com/?q=node/2086