Deadpool

 

Genre : science-fiction, fantastique (interdit aux - 12 ans)
Année : 2016
Durée : 1h48

Synopsis : Deadpool est l'anti-héros le plus atypique de l'univers Marvel. A l'origine, il s'appelle Wade Wilson : un ancien militaire des Forces Spéciales devenu mercenaire. Après avoir subi une expérimentation hors norme qui va accélérer ses pouvoirs de guérison, il va devenir Deadpool. Armé de ses nouvelles capacités et d'un humour noir survolté, Deadpool va traquer l'homme qui a bien failli anéantir sa vie. 

La critique :

Les super-héros au cinéma ou une longue histoire d'amour qui débute dès 1913 avec Cabiria, réalisé par Giovanni Pastrone, et qui met en scène le super-héros Maciste, alors très populaire dans son pays. Evidemment, les hommes vêtus de collants et de capes érubescentes vont évoluer durant les décennies suivantes, comme l'attestent les sorties de Batman (Leslie H. Martinson, 1966), Danger : Diabolik ! (Mario Bava, 1968), L'Incroyable Hulk (Kenneth Johnson, 1979), Captain America (Rod Holcomb, 1979), ou encore Superman (Richard Donner, 1978), pour ne citer que ces exemples.
Entre le milieu et la fin des années 1990, le public commence à se lasser de ces hommes d'acier qui s'amusent à jouer aux apprentis justiciers. Qu'à cela ne tienne, la sortie de X-Men (Bryan Singer) en 2001 relance les inimitiés.

Pour une fois, un film ne se focalise plus seulement sur un seul super-héros mais sur une bande de mutants dotés de pouvoirs étranges. Dès lors, tous les héros populaires et sponsorisés par Marvel et toute une multitude de comics vont apparaître sur nos écrans. Que ce soit Elektra, Ghost Rider, Les Quatre Fantastiques, Iron Man ou encore Spider-Man, tous connaissent un relooking et triomphent dans les salles obscures, même si on relève quelques exceptions notables.
A contrario, certaines adaptations brillent avant tout par leur inanité et leur vacuité. Toutefois, le diagnostic ne fait aucun doute. Les super-héros effectuent leur grand retour au cinéma. Ils signent également l'avènement d'un cinéma popcorn et dicté par les principes rigoristes du blockbuster.

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L'objectif ? Non seulement flagorner le grand public et multiplier les séquences de conflagration dans une sorte de capharnaüm filmique, comme l'atteste la sortie de Avengers (Joss Whedon, 2012). Mais le spectacle ne doit plus se contenter d'affrontements titanesques. Il doit également s'enliser dans les productions grotesques, graveleuses et licencieuses. Impression corroborée par la sortie de Deadpool, réalisé par Tim Miller en 2016.
Pour la petite anecdote, ce mercenaire des temps modernes était déjà brièvement apparu dans X-Men Origins : Wolverine (Gavin Hood, 2009), qui brillait déjà par ses outrances et ses impudicités. A l'instar de ses nombreux devanciers, Deadpool va lui aussi connaître la gloire et la notoriété.

Le long-métrage se solde par un immense succès commercial, à tel point qu'une suite est déjà envisagée. Le film se doit également de respecter l'essence des comics originels. En outre, le super-héros affublé d'une tenue noire et rougeoyante se distingue surtout par son irrévérence et ses tendances psychopathiques. En résumé, le mercenaire ne fait pas de prisonnier et extermine presque toujours ses assaillants dans un bain de sang. La distribution du film réunit Ryan Reynolds, Morena Baccarin, Ed Skrein, T.J. Miller et Gina Carano. En l'occurrence, le scénario ne brille pas vraiment par sa sagacité et se résume en quatre petites lignes. Attention, SPOILERS ! 
Deadpool est l'anti-héros le plus atypique de l'univers Marvel. A l'origine, il s'appelle Wade Wilson : un ancien militaire des Forces Spéciales devenu mercenaire.

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Après avoir subi une expérimentation hors norme qui va accélérer ses pouvoirs de guérison, il va devenir Deadpool. Armé de ses nouvelles capacités et d'un humour noir survolté, Deadpool va traquer l'homme qui a bien failli anéantir sa vie. Le projet de réaliser Deadpool remonte au début des années 2000. Dans un premier temps, ce sont les Studios Marvel qui se chargent de griffonner les premières lignes du scénario. Puis en 2004, David S. Goyer est pressenti pour réaliser le film.
A l'époque, Ryan Reynolds est déjà envisagé pour interpréter ce personnage extatique et condescendant. Mais l'acteur doit se consacrer à d'autres projets. Le tournage de Deadpool est plusieurs fois prorogé.

Pour le reste, les critiques sont plutôt mitigées. D'un côté, nombreux sont les fans à exalter les qualités de cette nouvelle adaptation en collants rouges. A contrario, certaines critiques tancent et vitupèrent un long-métrage infatué, ubuesque et amphigourique. Que les choses soient claires. J'appartiens définitivement à la seconde catégorie. Pourtant, Ryan Reynolds et ses prosélytes nous promettaient un long-métrage subversif, gore et outrecuidant. Premier constat : le scénario du film se révèle rapidement obsolète et se résume à une banale histoire de vengeance.
Certes, Tim Miller s'attarde longuement sur la genèse de ce super-héros, de ses premiers émois amoureux avec la femme de ses rêves puis à sa longue léthargie dans une sorte de laboratoire médical, diligenté par des gangsters eux aussi affublés de super pouvoirs.

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Dans ce carcan filmique, deux X-Men (Colossus et Negasonic) viennent prêter main forte à Deadpool. Après l'avènement des Avengers au cinéma, Hollywood ne cherche même plus à cacher la bêtise de son produit. Entre plusieurs séquences d'action musclées et dénuées de cellules grises, le film revisite le calvaire de Deadpool. Il faudra donc supporter les longues homélies indécentes d'un Ryan Reynolds en mode cabotinage. Affreusement défiguré, le trentenaire est recueilli par une jeune femme noire et aveugle à la chevelure hirsute. Dès lors, Tim Miller s'emploie à verser, à chaque instant, dans les répliques grivoises et indécentes. Mais le cinéaste s'illusionne.
A aucun moment, il ne parvient à susciter le moindre rictus imbécile. Et pour ce qui est de l'aspect gore et sanguinaire, le réalisateur est prié de réviser sa copie. Il faudra donc patienter jusque la conclusion finale, elle aussi d'une rare cancrerie, pour voir différents membres (en images de synthèses) s'envoler sous les railleries et les quolibets. Sous ses fausses allures de production arrogante, le spectacle se montre curieusement policé. Rarement, une production estampillée "Marvel" ou "adaptation de comics" n'aura autant brillé par sa stupidité, ici volontairement affichée.
On se demande vers quel sommet de crédulité vont se fourvoyer Ryan Reynolds et ses ouailles pour un inévitable (hélas...) second chapitre.

Côte : Navet

sparklehorse2 Alice In Oliver