Violence_Jack

 

Genre : Horreur, fantastique, science-fiction (interdit aux -18 ans)

Année : 1986, 1988 et 1990

Durée : 60 min, 55 min et 40 min

 

Synopsis :

En l’an 197X, la civilisation s’effondre à la suite d'une série de catastrophes aux causes inexpliquées. Libérés des lois, les hommes montrent leurs vrais visages. La vie devient rythmée par les viols et les meurtres. Dans ce nouvel enfer, apparaît le Slum King, un géant portant une armure de samouraï et un masque cachant un visage que personne n’a jamais vu. Un jour, l’espoir revient sous les traits d’un monstre, Violence Jack.

 

La critique :

A l'origine, Violence Jack est un manga créé par Go Nagai qui n'est autre que le papa de nombreux grands classiques des manga vintage des années 80, tels que Goldorak ou encore Devilman, pour ne citer qu'eux. Adulé par de nombreux fans mais aussi dans le collimateur de nombreuses associations protectrices de la jeunesse, voyant en ces mangas des hérésies incitant à la violence chez les jeunes enfants, Go Nagai aura décidément marqué une époque où la violence présente dans les mangas s'est démocratisée. Comment ne pas aborder le cas de Hokuto No Ken, ciblé violemment par le collectif Familles de France pour sa violence apparemment "insupportable" (soyons honnêtes, ce n'était pas un manga tout public) ?
A côté de ça, nous retrouverons des titres mêlant SF, pornographie tendant vers de sérieuses déviances (viols tentaculaires) et ultraviolence avec son lot de séquences gores tels que Urotsukidoji, une référence de ce genre.

Aujourd'hui me voici la tâche de chroniquer un manga ayant laissé également une trace dans cette époque et qui n'est autre que, comme vous le devinez, Violence Jack. Ce manga est une série extrêmement riche recelant de plusieurs séries et one-shots parus jusque 2008. Autant dire que le manga a été largement exploité et pas seulement en manga papier mais aussi en 3 OAV, tous chroniqués aujourd'hui. Ces 3 OAV, tous indépendants et sortis chacun à 2 ans d'intervalle, ont reçu un accueil globalement acide car ils ne se concentreraient que sur l'aspect gore et macabre.
Soit, je n'ai pas eu l'occasion de lire la version papier, donc je ne pourrais effectuer une critique de réel connaisseur. Commençons donc par le premier épisode.

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EPISODE 1 : Evil Town

ATTENTION SPOILERS : 6 mois après un cataclysme ayant dévasté la ville de Tokyo, les derniers survivants, regroupés dans trois secteurs, A, B et C, tentent de rejoindre la surface. Les habitants du A découvrent un géant nommé Violence Jack. Ce dernier accepte de les protéger contre une bande de fous sans foi ni loi, demeurant dans le C. Un groupe de femmes, venu du B, demande également à Jack de leur porter secours. Les hommes du A ont abusé de ces dernières et commis les pires atrocités. Elles sont délivrées par Violence Jack qui leur ouvre un passage vers l'extérieur. C'est alors que les occupants des zones A et C décident d'abuser à nouveau d'elles. Jack les en empêchera. FIN DES SPOILERS

Dans ce premier épisode, nous évoluons ici dans une atmosphère claustrophobique marquée par un cataclysme d'origine inconnue ayant engendré un fantastique éboulement qui verra avec lui de nombreuses personnes prisonnières de ces ruines. Larguées dans des conditions de vie désastreuses, les survivants révèlent leurs pulsions primaires, celles de la violence, du meurtre et du viol et le moins qu'on puisse dire est que ça commence très fort.
Soyons direct, on a là le meilleur OAV de cette série et de très loin même. Le réalisateur écrabouille, urine et défèque sur le politiquement correct en nous livrant une oeuvre d'une noirceur et d'un jusqu'au-boutisme terribles. Ainsi, on sera invité à un véritable festival d'une décadence rarement vue dans un manga. Le gore et les séquences pornographiques (floutées comme l'exige la censure japonaise) sont légions mais nous pouvons clairement apercevoir les actes immoraux de ces femmes soumises à la domination masculine. Fellations et sodomies forcées se dérouleront sous nos yeux ébahis et le manga se contentera aussi de séquences mémorables, à l'image de ce transsexuel complètement dépravé ou de cette troupe d'enfants massacrés voire décapités au couteau.

Complètement épileptique dans son genre, le réalisateur crée un monde barbare où la violence semble être sans limite et ce n'est pas notre héros, donc Violence Jack, qui se chargera de faire régner l'ordre avec pacifisme vu qu'il s'épanouira dans un festival de sang et de tripes, à l'image de cette séquence de fin chaotique où les occupants de la cité sous-terraine seront écartelés, décapités, éviscérés et plus si affinités, avec toute la maestria chère à notre géant.
Personnage mystérieux peu expressif, parlant très rarement et semblant éprouver un sadisme hors du commun, il se montre être pourtant charismatique. Un paradoxe fort plaisant. On peut aussi remarquer qu'il semble être dépourvu de pulsions sexuelles malgré le nombre de femmes top modèles poursuivies par tous les occupants masculins de la cité. La dernière scène de fin, par ailleurs de toute beauté, et servie par une superbe musique mélancolique où les femmes parviendront à regagner la surface, clôturera le tout avec brio. Si l'on pourra pester contre un manichéisme un peu stupide sur les bords (les méchants hommes contre les gentilles femmes), Evil Town reste un véritable bijou complètement frappé et ne se refusant aucune excentricité. De loin l'un des meilleurs OAV que j'ai pu voir.

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EPISODE 2 : Hell's Wind

ATTENTION SPOILERS : Un groupe de motards sème la terreur et la désolation sur leur sillage. Une de leurs victimes parvient cependant à survivre et jure de se venger. Ce même groupe attaque un paisible village et enlève la maîtresse d'école. Après une bataille contre leur ancienne proie, beaucoup de motards périssent. Toutefois, certains d'entre eux parviennent quand même à regagner leur quartier général. Violence Jack, laissé pour mort par la bande de malfrats, parvient à rejoindre le quartier général et attaque les motards. Il ne restera aucun survivant. FIN DES SPOILERS

Ici on change de ton et Violence Jack délaissera l'ambiance claustrophobique pour se retrouver dans le monde extérieur, véritable terre désolée où la loi du plus fort règnera également en maître. Ainsi les massacres sont aussi légions et seront orchestrés cette fois par une troupe de motards constitués de bandits et d'anciens hors-la-loi qui ne se refuseront aucune excentricité. De fait, l'OAV démarre dans les règles de l'art avec ce couple poursuivi par ces fous furieux où nous verrons l'homme, dans une scène digne de Massacre à la Tronçonneuse, se faire massacrer avec... une tronçonneuse (logique bien sûr) pour poursuivre par le viol de notre tendre dulcinée, séquence suggérée.
Et c'est là où ça pose problème car si le début est d'excellente qualité, la suite se montrera beaucoup plus sage, un peu comme si Go Nagai s'était mis des barrières (volontairement ou involontairement mais la 2ème option ne m'étonnerait pas). Oubliez donc les effusions sanguines furieuses et les séquences pornographiques dépravées.

Au programme, Violence Jack se retrouvera dans un village de survivants pacifistes, les remerciant de leur avoir sauvé la vie en massacrant les bandits. Epaulé par la survivante du viol et un petit garçon voulant à tout prix sauver sa maîtresse, il parviendra à ses fins avec brio. Ce 2ème OAV se montre beaucoup plus sage dans sa tonalité mais aussi plus naïve suite à la présence de l'héroïsme assez ridicule de notre garçon. Violence Jack se révèle être plus sociable et moins sombre.
On a cette impression d'une tonalité de manga destiné aux jeunes ados, la violence en plus, mais nous sommes loin de l'irrévérence du premier OAV. Si la déception est de mise, cette "suite" reste néanmoins efficace pour susciter l'attention du spectateur tout au long. Elle ouvrira d'ailleurs le bal au dernier OAV qui se trouve être sa suite directe.

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EPISODE 3 : Slum King

ATTENTION SPOILER : Dernier épisode de cette série sanglante où Violence Jack tente de venir en aide aux opprimés. Une bande de pilleurs à la solde de Harlem Bomber capture des jeunes filles pour en faire des esclaves sexuelles. Un des fidèles lieutenants de Harlem reconnaît son ancienne fiancée parmi elles et afin de partir libre tous les deux, il devra tuer Jack. Celui-ci prend d'assaut le repaire des brigands et, lors d'une confrontation avec un sbire du Mandarin, laisse percevoir sa vraie nature... FIN DES SPOILERS.

Comme dit au-dessus, on a l'honneur de se retrouver avec ce dernier OAV, suite du 2ème épisode, qui clôturera notre série. La crainte fut de me retrouver avec un titre plus "politiquement correct" à l'image du 2 et à ce niveau, on sent que Go Nagai s'est réveillé. On retrouve les dépravations sexuelles ainsi que le gore qui manquaient cruellement dans le 2ème épisode. Mais on constatera avec déception que tout le reste se casse la gueule pour nous offrir un résultat vraiment moyen tendant même vers le mauvais par moment. D'une durée plus courte de 40 minutes, le réalisateur s'emmêle les pinceaux dans la réalisation de cet OAV. Violence Jack ne nous a jamais paru aussi absent, un comble pour un dernier OAV.

Totalement dénué de parole, il ne nous offrira que peu de moments mémorables même si encore une fois, le gore sera bien présent dans cette suite toute aussi nihiliste et sombre que le premier épisode. Les dépravations sexuelles, si elles n'atteignent pas l'exagération et la violence du premier OAV, ont le mérite d'être présentes. Les ennemis de Violence Jack seront également charismatiques, mais l'erreur sera de se concentrer sur le lieutenant tentant de sauver son ancienne fiancée en occultant, comme j'ai dit plus haut, le point de vue de Violence Jack.
La fin se terminera dans l'incohérence la plus totale même si je dois avouer avoir eu un faible tout particulier pour la toute dernière scène de fin que j'ai trouvée très belle. Ce qui n'empêche pas, comme j'ai dit, l'incohérence. Ainsi, on ressort déçu de ce dernier épisode.

En conclusion, Violence Jack est l'archétype même d'une série animée sur la pente descendante, la qualité diminuant au fur et à mesure de ces 3 OAV. La déception est de taille quand on voit la quasi perfection du premier épisode pour en arriver à un 2ème épisode assez (voire très) sage et un dernier épisode bâclé. Mais ne boudons pas notre plaisir, Violence Jack se suit tantôt avec un plaisir sans fin, tantôt poliment.

 

Note du premier OAV : 19/20

Note du deuxième OAV : 14/20

Note du troisième OAV : 10/20

 

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