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Genre : action, science-fiction (interdit aux - 12 ans)
Année : 1997
Durée : 2h15

Synopsis : Au XXIVe siècle, une fédération musclée fait régner sur la Terre l'ordre et la vertu, exhortant sans relâche la jeunesse à la lutte, au devoir, à l'abnégation et au sacrifice de soi. Mais aux confins de la galaxie, une armée d'arachnides se dresse contre l'espèce humaine et ces insectes géants rasent en quelques secondes la ville de Buenos-Aires. Cinq jeunes gens, cinq volontaires à peine sortis du lycée, pleins d'ardeurs et de courage, partent en mission dans l'espace pour combattre les envahisseurs. Ils sont loin de se douter de ce qui les attend.

La critique :

Après un détour vers la science-fiction, avec Robocop (1987) et Total Recall (1990), Paul Verhoeven se confine dans le thriller sulfureux (Basic Inctinct en 1992) puis dans une critique peu éloquente de l'univers du striptease (Showgirls en 1995). Ce dernier film se solde par un échec cuisant au box-office. Désappointé, le cinéaste néerlandais se retourne à nouveau vers la SF avec Starship Troopers, sorti en 1997. A nouveau, le film essuie un camouflet et est même nominé pour les Razzie Awards, une cérémonie dans laquelle le long-métrage obtient plusieurs (sinistres) récompenses : pire film, pire réalisateur, pire couple à l'écran et même celui du pire scénario (entre autres...).
Pourtant, avec les années, Starship Troopers va devenir le nouveau parangon de la science-fiction.

Il est même considéré comme un film culte par les fans de Paul Verhoeven. Adapté (librement) d'un roman, Etoiles Garde-à-Vous ! de Robert Heinlein, le long-métrage engendre même une trilogie avec Starship Troopers 2 : héros de la confédération (Phil Tippett, 2004) et Starship Troopers : Marauder (Edward Neumeier, 2008), ainsi qu'une série d'animation homonyme en 2000.
La distribution du premier volet réunit Casper Van Dien, Dina Meyer, Denise Richards, Jake Busey, Neil Patrick Harris, Clancy Brown, Seth Gillian et Michael Ironside. Attention, SPOILERS ! Au XXIVe siècle, une fédération musclée fait régner sur la Terre l'ordre et la vertu, exhortant sans relâche la jeunesse à la lutte, au devoir, à l'abnégation et au sacrifice de soi. Mais aux confins de la galaxie, une armée d'arachnides se dresse contre l'espèce humaine et ces insectes géants rasent en quelques secondes la ville de Buenos-Aires.

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Cinq jeunes gens, cinq volontaires à peine sortis du lycée, pleins d'ardeurs et de courage, partent en mission dans l'espace pour combattre les envahisseurs. Ils sont loin de se douter de ce qui les attend. Au moment de sa sortie, Starship Troopers suscite les anathèmes de la critique et de la presse cinéma. Paul Verhoeven est carrément taxé de "nazi", tout du moins, d'avoir réalisé un film idéologiquement douteux.
Or, Paul Verhoeven s'ébaudit de ses détracteurs. Certes, le livre de Robert Heinlein est une oeuvre profondément patriotique et même nationaliste. Mutin, Paul Verhoeven décide de signer un long-métrage à l'opposé de l'opuscule original. A l'instar de Robocop, le cinéaste néerlandais voit dans le scénario de Starship Troopers un immense potentiel. Potentiel qu'il exploite à satiété en parodiant les sitcoms américaines.

Avant d'être un film d'action, de guerre et de science-fiction, Starship Troopers s'apparente surtout à une comédie goguenarde et licencieuse. En ce sens, le scénario du film s'inscrit dans le sillage et la continuité de Robocop. Toutefois, les deux longs-métrages sont très différents et assez peu comparables. Dans la première partie du film, Paul Verhoeven nous convie dans une société futuriste, essentiellement militaire et autocratique. L'avenir de la jeunesse se situe sur les champs de bataille intergalactiques contre des sortes d'arachnides, les nouveaux grands ennemis du capitalisme.
Ainsi, le réalisateur tance et fustige une politique de propagande. Pis, au détour de quelques extraits publicitaires, Paul Verhoeven nous assène quelques débats furtifs sur l'hégémonie exercée par ces insectes. 

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Des arachnides doués d'intelligence ? Tel est le propos amphigourique (mais totalement assumé) par le scénario. Mieux un "cerveau" serait à l'origine des attaques récurrentes des arachnides. Excentrique, Paul Verhoeven se focalise sur le personnage de Johnny Rico (Casper Van Dien), un jeune étudiant qui décide d'entamer une carrière militaire, au grand dam de ses parents.
Le combat contre les insectes peut enfin commencer ! Hélas, plusieurs millions de soldats périssent sur le champ de bataille. Parallèlement, via le lancement d'astéroïdes, les arachnides anéantissent plusieurs grandes villes de la planète (notamment Buenos Aires). Une défaite cuisante pour l'Humanité. Pas pour Rico et ses hommes. A la fois rogue, stupide et condescendant, le jeune militaire accède rapidement au grade de commandant de ses troupes.

Dès lors, Paul Verhoeven jubile et multiplie les caricatures sur l'héroïsme, la vaillance, la Nation et l'abnégation au combat. A travers les différents portraits de ses personnages, le réalisateur vilipende une jeunesse sacrifiée sur les champs de bataille pour servir les vils intérêts de la Globalisation. Car Starship Troopers, c'est aussi la description d'une jeunesse anomique et incapable de se regimber contre un gouvernement militaire et despotique.
Quant à l'interprétation, elle est volontairement parodique et outrancière. A l'image du physique des personnages. Tous nos soldats sont des hommes et des femmes sortis tout droit de l'agence de mannequinat. 
En outre, le héros principal, donc Johnny Rico, est une sorte d'anti-héros, de personnage aux cheveux lisses et gominés, véritable benêt en puissance, qui accepte sans barguigner les ordres de ses supérieurs. Toutefois, à sa décharge, ses autres compagnons sont tous aussi pédants et infatués. Starship Troopers, ce n'est pas seulement une critique de l'Amérique des années 1990.
C'est aussi une diatribe de cet univers hollywoodien confiné dans ses certitudes et ses messages iniques et propagandistes. Bref, sur le fond, Starship Troopers est un film profondément engagé et politique, une sorte de doigt d'honneur dressé par Verhoeven contre l'Amérique des années 1990. Dans son genre, c'est tout simplement une réussite.

Note : 16.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver