vampires 1998

Genre : horreur (interdit aux - 12 ans)
Année : 1998
Durée : 1h42

Synopsis : Jack Crow est un chasseur de vampires. Après avoir vu ses parents succomber aux dents acérées de l'un d'entre eux, Crow a consacré sa vie a les chasser dans une traque impitoyable qu'il mène depuis des années en compagnie d'une poignée de mercenaires connus sous le nom de Team Crow. A la demande du cardinal Alba, émissaire du Vatican, Crow et ses hommes partent au Nouveau-Mexique avec pour mission de détecter les nids de vampires et de les détruire. Après un nettoyage dans une ferme infestée, la Team Crow se fait attaquer par le grand maître des vampires, Valek.

La critique :

Les années 1980 constituent la période la plus prolifique pour John Carpenter. Auréolé du titre du maître de l'épouvante, le réalisateur américain enchaîne les succès : New York 1997 (1981), Christine (1983) et Starman (1984) assoient sa notoriété auprès du grand public. A contrario, John Carpenter connaît plusieurs bides commerciaux. C'est par exemple le cas du mésestimé The Thing (1982) et de Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin (1986).
Puis à partir années 1990, la carrière cinématographique de John Carpenter se délite. En 1992, Les Aventures d'un Homme Invisible déçoit unanimement les fans. Même chose pour Le Village des Damnés, le remake homonyme du chef d'oeuvre de Wolf Rilla, qui est vivement semoncé par les critiques.

Même la suite de New York 1997, à savoir Los Angeles 2013 (1996), laisse un sentiment d'amertume. John Carpenter songe alors à arrêter sa carrière. (1) Il est alors approché par la société Largo Entertainment (1) pour s'atteler à un nouveau projet horrifique. Son nom ? Vampires qui est l'adaptation d'un roman éponyme de John Steakley. A l'origine, le long-métrage doit échoir à Russell Mulcahy et à Dolph Lundgren dans le rôle principal (celui de Jack Crow).
Finalement, c'est John Carpenter qui est chargé de réaliser un western vampirique, soit son style de prédilection. Certes, ce dernier s'est essentiellement spécialisé dans le registre horrifique. Toutefois, son film favori reste Rio Bravo (Howard Hawks), un classique auquel il a rendu hommage à travers ses toutes premières pellicules, notamment Assaut (1976).

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La distribution de Vampires réunit James Woods, Daniel Baldwin, Sheryl Lee, Tim Guinee, Thomas Ian Griffith, Maximilian Schell et Gregory Sierra. A noter également l'apparition furtive de Frank Darabont dans le rôle d'un homme à la Buick. Attention, SPOILERS ! Jack Crow est un chasseur de vampires. Après avoir vu ses parents succomber aux dents acérées de l'un d'entre eux, Crow a consacré sa vie a les chasser dans une traque impitoyable qu'il mène depuis des années en compagnie d'une poignée de mercenaires connus sous le nom de Team Crow.
A la demande du cardinal Alba, émissaire du Vatican, Crow et ses hommes partent au Nouveau-Mexique avec pour mission de détecter les nids de vampires et de les détruire.

Après un nettoyage dans une ferme infestée, la Team Crow se fait attaquer par le grand maître des vampires, Valek. Le cauchemar ne fait que commencer... En outre, Vampires connaîtra (seulement) un succès d'estime au cinéma. Toutefois, le long-métrage se taille une certaine réputation en vidéo et auprès des fans du cinéaste. A juste titre, il est souvent considéré comme le dernier grand film de John Carpenter. En 2002, un second chapitre, Vampires 2 : Adieu Vampires, sera même réalisé par les soins de Tommy Lee Wallace. Par la suite, John Carpenter se fourvoiera à nouveau dans les productions stériles, avec Ghosts of Mars (2001) et The Ward : l'hôpital de la terreur (2011). 
Vampires marque donc une rupture rédhibitoire dans la filmographie de John Carpenter. 

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En effet, trois ans auparavant (donc en 1995), le cinéaste ressort du tournage harassant de L'antre de la folie, le dernier volet de sa trilogie sur l'Apocalypse. Visiblement, John Carpenter semble avoir délaissé toute réflexion sur le sort funeste de notre monde au profit d'une production horrifique, qui oscille entre le western spaghetti et le gros film d'action. Dès l'introduction du film, John Carpenter a le mérite de présenter les inimitiés. Jack Crow et son groupe de mercenaires traquent inlassablement des vampires et attaquent une maison isolée en plein désert.
John Carpenter revisite (à sa sauce) le mythe des créatures de la nuit. Certes, les monstres aux dents acérés sont toujours friables et vulnérables au soleil. Toutefois, vous pouvez oublier les sépulcres et autres crucifix.

Paradoxalement, John Carpenter confère à son long-métrage une aura religieuse et divinatoire par la présence d'un prête. Ce dernier doit subir en permanence les grivoiseries et les obscénités déversées par Jack Crow. 
Pis, il est régulièrement rudoyé par son nouvel acolyte. En ce sens, Jack Crow incarne ce héros solitaire et opiniâtre, massacrant des vampires à la chaîne pour le compte du Vatican. C'est donc sur un rythme endiablé que les séquences d'action s'enchaînent, happant littéralement le spectateur à la gorge. Ici point de tergiversation ni d'atermoiement sur la psyché des différents protagonistes. 
John Carpenter vise avant tout l'efficacité et va directement l'essentiel. En l'occurrence, la contamination vampirique passe par une longue phase d'incubation (plusieurs jours). C'est donc une opération pour la survie qui s'engage. De surcroît, Jack Crow et le reste de sa troupe (deux hommes et une femme) doivent s'empoigner contre Valek et ses sbires. Si l'intrigue est plutôt bien menée, elle ne réserve pas vraiment de surprise. Dans l'ensemble, le schéma narratif reste assez basique et conventionnel. Mutin, John Carpenter complexifie néanmoins son sujet par plusieurs rebondissements inattendus.
Certes, Vampires n'est pas destiné à s'inscrire parmi les grandes références du cinéma d'épouvante. Toutefois, on tient là une production tout à fait honorable et recommandable. En quelques mots : un bon cru de John Carpenter....

Note : 14/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Vampires_(film,_1998)