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Genre : science-fiction
Année : 1965
Durée : 1h28

Synopsis : En 2020, des scientifiques américains partent en expédition sur la planète Venus pour y rechercher des traces de vie humaine. L'équipage est bientôt attaqué par des dinosaures. 

La critique :

Le nom de Curtis Harrington ne doit pas vous évoquer grand-chose. Le cinéaste, producteur et scénariste américain s'est essentiellement spécialisé dans les téléfilms et les séries télévisées, notamment Wonder Woman (1976) et Dynastie (1981). Toutefois, on lui doit quelques longs-métrages, relativement méconnus du grand public, entre autres, Mais qui a tué Tante Roo ? (1971), Ruby (1977) et Mata Hari (1985). Bref, autant de productions qui passeront inaperçues dans les salles obscures.
Vient également s'ajouter Voyage sur la Planète Préhistorique, sorti en 1965, et produit par George Edwards, Stephanie Rothman et surtout Roger Corman. En revanche, le nom de Roger Corman s'est définitivement inscrit dans la culture du cinéma bis.

Véritable dénicheur de talents, le réalisateur compte plus de quatre cents films à son actif. Son crédo ? Les productions impécunieuses pour un tournage réalisé dans les 24 heures voire 72 heures, grand maximum. S'inspirant à la fois du cinéma d'épouvante, notamment avec ses adaptations d'Edgar Poe, et des blockbusters à succès (entre autres de science-fiction), Roger Corman impose rapidement sa marque de fabrique avec plusieurs films notables, notamment La Chute de la Maison Usher (1960), Le masque de la mort rouge (1964) ou encore La Tombe de Ligeia (1964). 
Vers le milieu des années 1960, le cinéma de science-fiction est toujours sous l'égide de la menace nucléaire (dans un contexte de guerre froide) et/ou d'extraterrestres aux intentions bellicistes. Une tendance qui n'échappe pas à Roger Corman. 

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Voyage sur la Planète Préhistorique s'inscrit dans la dialectique de toutes ces productions science-fictionnelles et de conquête spatiale. En outre, Voyage sur la Planète Préhistorique est (plus ou moins) le remake de La Planète des Tempêtes, réalisé par Pavel Klouchantsev en 1962. Il s'agit évidemment d'un film russe, par ailleurs méconnu du grand public. Voyage sur la Planète Préhistorique reprend carrément plusieurs séquences du film original.
D'ailleurs, plusieurs acteurs soviétiques reprennent leurs personnages. C'est par exemple le cas de Gennadi Vernov et Gueorgui Jiornov. Viennent également s'ajouter Basil Rathbone, un acteur surtout célèbre pour avoir interprété Sherlock Holmes au cinéma, et Faith Domergue. Attention, SPOILERS !

(1) Partis de la base lunaire 7, les navettes spatiales Sirius et Vega entreprennent un voyage sur la planète Vénus. Ils sont épaulés dans leur tâche par Marsha, une ravissante brune qui est leur coéquipière. Le tout est coordonné par l'impressionnant Professeur Hartmann qui sait garder son sang-froid en toutes circonstances. Mais les pérégrinations de nos astronautes seront jalonnées de difficultés une fois sur place ! En effet, leur tâche première est de trouver s'il existe une quelconque forme de vie sur Vénus. Les monstres en tous genres et un environnement hostile seront les plus grandes difficultés pour nos héros, cependant téméraires et n'ayant qu'une seule alternative : réussir leur mission (1).
Si la planète Mars a inspiré toute une pléthore de productions science-fictionnelles, le cas de Vénus est beaucoup plus timoré. 

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Hormis La Planète des Tempètes (un long-métrage déjà précité) et L'Etoile du Silence (Kurt Maetzig, 1960), peu de films se sont réellement intéressés à l'Etoile du Berger. Pourtant, pendant de longues décennies, Vénus sera considérée comme la jumelle de la Terre. Hélas, cette planète esseulée n'est pas le paradis chatoyant ni l'empirée terrestre scruté par les astronautes.
Après un long périple spatial, surtout marqué par des conversations oiseuses, notre équipage débarque enfin sur Vénus. Dépêchés sur place, ils découvrent une sorte de caillou aux parois rocheuses mais peuplé d'êtres archaïques et primitifs. Hagards, les savants s'interrogent sur cette étrange filiation qui existerait entre Vénus et la Terre. Une fois sur le sol, ils sont assaillis par une plante venimeuse dotée de tentacules. Puis ce sont des hommes lézards qui les attaquent. 

En vérité, ces créatures s'apparentent surtout à des dinosaures, tout du moins à des acteurs affublés de costumes en caoutchouc. Vous l'avez donc compris. Voyage sur la Planète Préhistorique ressemble surtout à une petite série B désargentée et réalisée avec les moyens du bord, soit la totalité d'un SMIC soviétique. Pour le reste, pas grand-chose à signaler, si ce n'est que le film s'apparente (plus ou moins) à une allégorie sur nos instincts primitifs et reptiliens.
Une thématique passionnante mais rapidement éludée par Curtis Harrington, peu inspiré pour l'occasion. Même Basil Rathbone se montre plutôt timoré derrière la caméra. 
A grand dam de l'acteur, les autres interprètes ne font pas beaucoup mieux. A leur décharge, leurs personnages ne présentent guère d'intérêt. De ce fait, difficile de se passionner pour leurs aventures.
Même les décors restent beaucoup trop sommaires et soporifiques, se résumant essentiellement à quelques grottes et plusieurs déserts parsemés de cailloux. 
A la fois kitsch et terriblement ringard, Voyage sur la Planète Préhistorique brille surtout par son ingénuité. Ce nanar science-fictionnel séduira (peut-être...) les férus du cinéma bis. Et encore...

Côte : Nanar

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film : http://www.ohmygore.com/critique-voyage-sur-la-planete-prehistorique-236.html