dents de la mer 3

Genre : horreur (interdit aux - 12 ans)
Année : 1983
Durée : 1h39

Synopsis : Michael Brody et Sean Brody, les deux fils du chef de la police Martin Brody de la ville plaisancière d'Amytiville, ont bien grandis. Après que leur père ait affronté deux fois la terreur des mers, le Grand Requin Blanc, une espèce animale mangeuse d'hommes de plus de sept mètres de long, ils se sont installés en Floride où ils travaillent pour un célèbre parc aquatique englouti dans la mer, dirigé par Calvin Bouchard.
Peu de temps après l'ouverture du parc, l'équipe récupère dans les fonds marins un bébé requin, qui meurt sur les tables du laboratoire scientifique du parc. La mère du requin veut récupérer son petit, et elle sait qu'il se trouve quelque part dans le parc. Celle-ci décide donc de passer à l'attaque et de détruire le Sea World. 

La critique :

Les Dents de la Mer ou cette saga rentable mais déclinante. Après un premier chapitre réalisé par Steven Spielberg qui propulse le cinéaste vers les sommets de la gloire, la franchise se poursuit avec Les Dents de la Mer 2e Partie (1978), sous l'égide de Jeannot Szwarc, un frenchy. Ce dernier reprend tous les codes établis par son illustre prédécesseur, sans toutefois retrouver la fougue et l'irrévérence de son auguste modèle. Certes, pour ce deuxième épisode, Roy Scheider, Murray Hamilton et Lorraine Garry reprennent leurs rôles respectifs, mais sans grand enthousiasme.
Derechef, Les Dents de la Mer 2e Partie se solde par un immense succès commercial sans atteindre les sommets de son épigone. Car Les Dents de la Mer (Jaws de son titre original), c'est aussi cette allégorie sur ce capitalisme pernicieux et mercantile, prêt à sacrifier des touristes au nom de l'appât du gain.

Le requin à l'appétit pantagruélique n'est qu'un leurre, un simulacre pour mieux farder les véritables "requins" de notre société lucrative et consumériste. Et c'est ce qu'a parfaitement compris Steven Spielberg qui refusera de rempiler pour un éventuel nouveau chapitre. La franchise est donc destinée à se transmuter en une trilogie (par la suite en tétralogie) rémunératrice et gadget.
Telle est finalement la rhétorique de Les Dents de la Mer 3, réalisé par Joe Alves en 1983. En outre, le cinéaste a déjà travaillé avec Steven Spielberg sur Sugarland Express (1974), Les Dents de la Mer premier du nom (1975) et Rencontres du Troisième Type (1977). Faute d'idées et de nouvelles innovations pour le scénario du film, Joe Alves, avec la collaboration de Richard Matheson et Carl Gottlieb, décide de réaliser ce troisième opus en 3D (donc en relief).

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A l'origine, le long-métrage devait initialement s'intituler Jaws 3, People 0, prenant l'apparence d'une parodie. Mais le projet est rejetté par les producteurs. La distribution de Les Dents de la Mer 3 réunit Dennis Quaid, Bess Armstrong, Simon MacCorkindale, Louis Gossett Jr., John Putch et Lea Thompson. Attention, SPOILERS ! Michael Brody et Sean Brody, les deux fils du chef de la police Martin Brody de la ville plaisancière d'Amytiville, ont bien grandi.
Après que leur père ait affronté deux fois la terreur des mers, le Grand Requin Blanc, une espèce animale mangeuse d'hommes de plus de sept mètres de long, ils se sont installés en Floride où ils travaillent pour un célèbre parc aquatique englouti dans la mer, dirigé par Calvin Bouchard. 

Peu de temps après l'ouverture du parc, l'équipe récupère dans les fonds marins un bébé requin, qui meurt sur les tables du laboratoire scientifique du parc. La mère du requin veut récupérer son petit, et elle sait qu'il se trouve quelque part dans le parc. Celle-ci décide donc de passer à l'attaque et de détruire le Sea World. Par certains égards, le scénario de Les Dents de la Mer 3 n'est pas sans rappeler (si j'ose dire...) le script d'Orca (Michael Anderson, 1977) puisqu'il est question ici d'une "maman" requin qui cherche à venger la mort de son rejeton. Pour le reste, Les Dents de la Mer 3 s'apparente à un film gadget.
Certes, à nouveau, le long-métrage se soldera par un succès commercial, engrangeant 88 millions de dollars de recettes. Dans les salles, les spectateurs se précipitent pour assister à plusieurs séquences d'action, d'horreur et de plongée sous-marine tournées en relief. 

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Hélas, une fois sorti en vidéo, le film de Joe Alves ne présente plus aucun intérêt et se révèle déjà obsolète. Hormis la fameuse musique anxiogène et le donc le requin aux incroyables rotondités, Jaws 3 ne partage plus aucune similitude avec le film de Steven Spielberg. Pis, les craintes de "Spielby" sont devenues réalité. La franchise s'est transmuée en saga turpide et mercantile, prenant le spectateur pour un demeuré. Même les effets spéciaux, estampillés de la mention "3D", confinent souvent à la médiocrité.
A l'image de cette gueule du requin qui brise et traverse une vitre, semant la panique, la terreur, la mort et la désolation dans un parc d'attraction. A aucun moment, Joe Alves ne parvient à exploiter son décor, une sorte de Luna Park version aquatique. A court d'idées, le cinéaste joue la carte du rebondissement impromptu. 

Dans un premier temps, c'est un requin blanc de quatre mètres qui est repéré par les frères Brody. Capturé, l'animal finit par succomber, provoquant ainsi l'ire de sa maternelle. Hélas, cette dernière atteint une taille démesurée, au moins neuf mètres ! En pleine vindicte, le squale voit ses plans carnassiers contrariés par quelques dauphins. Mais cette histoire de vengeance est promptement évincée par Joe Alves. Les requins attaqueraient seulement les hommes lorsqu'ils ne sont pas nourris. 
Une thèse plus ou moins perspicace. Malheureusement, Joe Alves ne parvient jamais à transcender son récit. De surcroît, l'absence de Roy Scheider (dans le rôle de Martin Brody) se fait furieusement sentir. On ne retiendra pas grand-chose de l'interprétation famélique de Dennis Quaid. 

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Au grand dam de l'acteur, le reste du casting ne fait pas beaucoup mieux, à l'image de Louis Gossett Jr., en mode cabotinage. Les vingt dernières minutes confinent elle aussi à l'autoparodie. Joe Alves plonge carrément le spectateur à l'intérieur des crocs acérés du requin. Alors qu'un malheureux nageur se trouve dans la gueule de la "bête", ce dernier tend une grenade. Avec l'aide d'un crochet, Michael Brody (le pauvre Dennis Quaid...) parvient à dégoupiller la bombe.
"L'horreur" (vraiment un terme à guillemeter et à minorer...) se termine dans les conflagrations et sur le gros plan des mâchoires (en 3D...) du squale... Pourtant, malgré ses innombrables défauts, Les Dents de la Mer 3 se montre curieusement sympathique. Un nanar quoi...
La franchise a définitivement basculé vers la déliquescence. Mais le carnage n'est pas terminé. Loin de là. Joseph Sargent réalisera un inévitable quatrième chapitre, Les Dents de la Mer 4 : La revanche (1987), encore plus catastrophique que son prédécesseur.

Côte : Nanar

sparklehorse2 Alice In Oliver