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Genre : Thriller, Survival

Année : 2016

Durée : 1h27

 

Synopsis : Deux sœurs : Lisa et Kate, partent en vacances au Mexique. En quête de sensations fortes, elles s’essaient au « shark Diving » (plongée en cage avec les requins). Mais la cage se détache et les deux jeunes femmes se retrouvent à 47 mètres de profondeur dans les ténèbres des fonds marins. Elles ne parviennent pas à entrer en contact avec la surface, leur oxygène se fait rare et le risque d’une décompression les empêche de remonter rapidement à l’air libre. Or, dans l’eau autour de la cage, des ombres commencent à circuler. Les requins sont toujours là… 

La critique :

On ne le répétera jamais assez, mais Les Dents de la Mer de Steven Spielberg a influencé le septième art et plus particulièrement le domaine de l’Horreur, engendrant le « shark movie » (film avec des requins tueurs). Un genre qui s’est très rapidement essoufflé sombrant littéralement dans le nanar avec le temps. Mais en 2011, les cartes ont été redistribuées grâce à la sortie du film The Reef d’Andrew Traucki, qui narrait l’histoire de naufragés traqués par un requin. Un nouveau souffle pour le « shark movie » qui revivait en prenant les allures d’un survival.
Par la suite, d’autres réalisateurs se sont jetés sur le filon. En 2016, nous avons eu droit à Instinct de Survie (chroniqué ici), qui reprenait l’aspect « shark survival », sans y apporter quoi que ce soit. On tombait dans la redite de The Reef et il n’y avait rien de nouveau à l’horizon. Mais cette année 2016 est également sorti un autre film du même genre dont on a beaucoup moins parlé et qui n’a pas eu droit à la même promo qu’Instinct de Survie. Ce film, c’est In the Deep (également connu sous le nom de 47 Meters Down), réalisé par Johannes Roberts, un habitué des films d’horreur fauchés.

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Il s’agit là encore d’un « shark survival » qui, en apparence, ne semblait rien pouvoir apporter de plus, mais qui se révèle au final une assez bonne surprise. A tel point que certains ont parlé du "Gravity du film de requin ». Attention SPOILERS ! Deux sœurs : Lisa et Kate partent en vacances au Mexique. Lisa est encore sous le chagrin depuis sa rupture avec son petit ami Stuart. Kate décide de lui changer les idées en l’amenant en soirée. Les jeunes femmes rencontrent deux jeunes mexicains qui leur conseillent de tenter le « Shark Diving », soit la plongée en cage avec les requins autour.
Kate, d’un naturel aventurier, convainc Lisa de l’accompagner pour cette expérience à sensations fortes qui pourrait lui changer les idées. Les deux jeunes femmes rencontrent alors Taylor, un marin faisant profiter les touristes du « shark diving » de manière clandestine. Les deux jeunes femmes pénètrent dans la cage. Deux grands requins blancs de près de 6 mètres de long viennent alors rôder autour de la cage. Mais un accident se produit ! Le câble lâche et la cage part s’effondrer à 47 mètres de profondeur.
Lisa et Kate se retrouvent seules dans le noir sans contact radio, avec des réserves d’oxygène limitées. Le risque d’un accident de décompression les empêche de remonter à la surface rapidement. Or, à l’extérieur de la cage dans les ténèbres, les requins sont toujours à l’affût ! 
In The Deep s’inscrit donc dans la logique du « Shark Survival » et dans la lignée de The Reef. Tout comme Instinct de Survie. Pourtant, le film parvient à se démarquer des autres œuvres du genre.

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Comme je le disais plus haut, on pourrait considérer, toutes proportions gardées, qu’In The Deep est au film de requin ce que Gravity est à la Science-Fiction. En réalité, ce qui fait la différence avec In The Deep, c’est premièrement le décor. D’Open Water à Instinct de Survie, le genre « shark survival » s’est toujours déroulé à la surface. Or ici, le film nous amène à 47 mètres de profondeur. Il renouvelle ainsi l’esthétique du genre. Il délaisse le bleu maritime pour un noir abyssal et impressionnant.
Le résultat est vraiment oppressant. 
Nos deux jeunes héroïnes sont contraintes de sortir de la cage pour remonter à - 40 mètres afin de rentrer en contact radio avec la surface. Elles se retrouvent alors plongées dans un univers ténébreux, ne pouvant distinguer ce qui se trouve à quelques mètres devant elles. Spielberg disait à propos de son film Les Dents de La Mer « j’ai peur de tout ce qui se trouve sous l’eau et que je ne peux pas voir […] Ce qui est effrayant dans ce film ce n’est pas ce que vous voyez, c’est ce que vous ne voyez pas ». In The Deep pousse ce concept à son paroxysme.
Pour autant, il ne tombe pas dans le piège d’Open Water. Contrairement à ce dernier, nos squales de service seront ici largement visibles lors des moments forts. Cela fonctionne à merveille et même en étant sans arrêt sur le qui-vive, le spectateur se laissera automatiquement surprendre. Sursauts garantis !

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In The Deep est donc un film très noir, ce qui est inhabituel pour un film de requin. Johannes Roberts parvient à créer un climat de stress et d’oppression totale. C’est pourquoi je n’aime pas vraiment l’affiche officielle qui n’exploite pas cet aspect se cantonnant à la banalité, là où l’originale se voulait plus dans la tonalité de l’œuvre. Le film mise également énormément sur le réalisme. Si vous êtes un amateur de plongée, vous pourrez constater qu’In The Deep se révèle assez juste dans ce qu’il montre. Notamment sur les effets que peuvent avoir les plongées en grande profondeur.
De nombreux détails viennent crédibiliser le film. Mais surtout, ils en façonnent l’intrigue.
Pour ce qui est des acteurs, les deux héroïnes sont interprétées par Mandy Moore et Claire Holt. Les deux actrices s’en sortent plutôt bien sans pour autant crever l’écran. On retrouvera également avec plaisir Matthew Modine dans le rôle de Taylor, le capitaine du bateau.    

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Mais nos stars sont aussi les requins. En l’occurrence des grands blancs faits en CGI. Sur ce point, on n’atteint clairement pas le niveau de perfection d’Instinct de Survie. Pour autant, nos requins de service sont plutôt bien faits, largement assez même pour être crédibles. Cependant, on peut reprocher à In The Deep son intro qui tire un peu en longueur en mettant en scène des relations plutôt clichés avec des histoires de rupture franchement malvenues. Cela dit, on peut aussi apprécier cet aspect dans le sens où la suite de l’intrigue prend un contrepied total.
Le film bénéficie également d’un twist très intéressant, que le spectateur attentif pourra anticiper, mais qui perso m’a bien surpris. Au niveau de la musique, elle paraît assez artisanale mais se révèle suffisamment efficace.

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Il y aura également du sang et des scènes violentes, le genre oblige. Au final, In the Deep réussit donc plutôt son pari. On mentirait en disant que le film renouvelle le genre, mais il apporte sa pierre à l’édifice. Johannes Roberts parvient à créer un film à l’ambiance particulière et qui se révèle véritablement oppressant. A mes yeux, un des meilleurs films de requins jamais faits.

  

Note : 13/20

 

vince Vince