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Genre : horreur, gore, trash (interdit aux - 18 ans)
Année : 2007
Durée : 1h24

Synopsis : Un jeune couple filme des scènes de sa vie quotidienne, entre autres, des scènes de torture et de meurtre. 

La critique :

Le snuff movie ou cette quête effrénée et inextinguible vers la mort, la violence, la torture et la décrépitude. Ce genre si particulier apparaît dès 1962 avec Mondo Cane (Gualtiero Jacopetti, Franco Prosperi et Paolo Cavara), avant de connaître son apogée dans les années 1970 et 1980. Plusieurs longs-métrages exploitent cette humanité primitive et en déliquescence. C'est par exemple le cas de Face à la Mort (John Alan Schwartz, 1978), Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato, 1981) puis de la série Guinea Pig, en particulier Flowers of Flesh and Blood (Hideshi Hino, 1985).
Dans les années 2000, avec l'explosion d'Internet, du buzz et des réseaux sociaux, le phénomène s'amplifie. La frontière entre la réalité et le cinéma devient de plus en plus fuligineuse, comme l'atteste le terrible Philosophy Of A Knife (Andrey Iskanov, 2009).

Une tendance qui n'échappe pas à Fred Vogel. En 2001, le cinéaste indépendant américain sort une bombe. Son nom ? August Underground. Ce tout premier long-métrage marque une rupture rédhibitoire dans le cinéma gore et extrême. Muni d'une caméra amateur, le réalisateur filme les exactions et les ignominies de deux tueurs en série anonymes dans leur cave. August Underground se veut brut de décoffrage et s'octroie rapidement le statut de film culte auprès des fans du cinéma trash.
Qu'à cela ne tienne, deux ans plus tard (donc en 2003), Fred Vogel signe un second opus, intitulé August Underground's Mordum. Toujours la même antienne, à la seule différence qu'un troisième sociopathe vient s'ajouter aux inimitiés. Ensuite, ce deuxième volet se focalise davantage sur les lubricités et perfidies de ses trois criminels.

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A juste titre, August Underground's Mordum est considéré comme le film le plus barbare de la trilogie. En 2007, la sortie d'August Underground's Penance doit conclure la franchise en apothéose. Le scénario ? Encore la même ritournelle. A nouveau, la caméra amateur se centre sur les activités meurtrières de deux psychopathes, un homme et une femme, ces derniers étant interprétés respectivement par Fred Vogel lui-même (à la fois devant et derrière la caméra) et Cristie Whiles (déjà présente dans le précédent opus). Pourtant contrairement aux deux premiers chapitres, le montage ne cherche pas à estourbir le spectateur dès les premières minutes de bobine.
Contre toute attente, l'introduction du film montre le quotidien banal de nos deux sociopathes.

Fred Vogel déclare carrément sa flamme avec une bouteille de ketchup ("I love U") à son énamourée. Puis, un nouveau détour nous entraîne à la lisière d'une forêt. Euphorique, Fred Vogel défèque devant le regard hébété de sa fiancée. Nouveau détour, cette fois-ci dans une soirée entre amis. Fred Vogel se prend d'affection pour un bébé crocodile. Affamé, le saurien dévore patiemment sa proie (un rat), généreusement prodigué par la main tremblotante de Fred Vogel.
Après quinze premières minutes de quolibets, de railleries frénétiques et de conversations oiseuses, le film retrouve rapidement sa direction sociopathique, nous conviant à sonder la cave de Fred Vogel et de sa dulcinée. Un homme ventripotent gît sur le sol. Le sang ne tarde pas à gicler lorsque le réalisateur procède à une extraction intestinale dans les règles.

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Pas de doute, nous sommes bel et bien dans August Underground's Penance ! Si ce troisième volet se montre un peu plus timoré (donc un peu moins sauvage et barbare) que son illustre prédécesseur, le film fait honneur à sa sinistre réputation. Certes, les paraphilies (émétophilie, urophilie et nécrophilie) sont un peu moins prégnantes, pour ne pas dire quasiment absentes de ce troisième opus.
Néanmoins, August Underground's Penance se révèle toujours aussi répugnant et malsain, notamment dans sa façon extrêmement brutale de filmer les meurtres et les déprédations. Le soir de Noël, Fred Vogel et sa petite amie débarquent dans une demeure anonyme et s'en prennent à une petite famille. Le patriarche est rapidement évincé et assommé par le marteau de Fred Vogel.

Ensuite, c'est l'épouse de l'infortuné qui est violée par le déséquilibré mental. La séquence, d'une violence inouïe, se déroule dans les stridulations et les hilarités. Fred Vogel et son énamourée ne font pas de prisonniers. La scène se termine sur le meurtre, les hennissements et la strangulation d'une fillette de huit ou neuf ans (tout au plus). Hélas, August Underground's Penance n'est pas exempt de tout reproche. Si on retrouve le réalisme cru et brut de décoffrage des deux précédents chapitres, ce troisième et ultime volet ne parvient plus (ou trop rarement) à transcender son sujet.
Surtout, il n'apporte pas vraiment de nouveautés ni d'informations supplémentaires sur ces deux individus psychopathiques. Seule la conclusion finale, marquée à nouveau par la mort et la déliquescence, pourra éventuellement surprendre. Guère plus.

Note : ?

sparklehorse2 Alice In Oliver