Terminator-affiche

Genre : science-fiction (interdit aux - 12 ans)
Année : 1985
Durée : 1h48

Synopsis : A Los Angeles en 1984, un Terminator, cyborg surgi du futur, a pour mission d'exécuter Sarah Connor, une jeune femme dont l'enfant à naître doit sauver l'humanité. Kyle Reese, un résistant humain, débarque lui aussi pour combattre le robot, et aider la jeune femme

La critique :

C'est en 1980 que James Cameron se fait remarquer et repérer par Roger Corman. A l'époque, le "pape du cinéma bis" décèle chez ce débutant ambitieux un immense potentiel. Durant cette période, James Cameron officie principalement en tant que concepteur des effets spéciaux et directeur artistique sur plusieurs séries B (plus ou moins) notables, notamment La Galaxie de la Terreur (Bruce D. Clark, 1981) et New York 1997 (John Carpenter, 1981). Les producteurs décident alors de lui confier la réalisation de Piranha 2 : les tueurs volants en 1981.
Hélas, ce second chapitre, unanimement considéré comme un nanar, se solde par un échec commercial, au grand dam de James Cameron. A la décharge du cinéaste, cette déconvenue s'explique par ses relations houleuses avec le producteur Ovidio G. Assonitis.

Qu'à cela ne tienne. James Cameron fait preuve d'opiniâtreté et écrit la première ébauche du scénario de Rambo 2 : La Mission (George Pan Cosmatos, 1985). Parallèlement, le réalisateur travaille à l'écriture de Terminator. Le premier script prévoit d'envoyer deux machines dans le passé, soit un T-800, un cyborg constitué de tissus humains, et un T-1000 conçu en métal liquide.
James Cameron l'ignore encore mais il tient déjà le scénario de Terminator 2 : Le Jugement Dernier qui sortira en 1991. Soutenu par Roger Corman, James Cameron trouve finalement un distributeur. Son nom ? Orion Pictures pour un budget de 6.5 millions de dollars au final. Le premier Terminator fait donc office de série B impécunieuse. La distribution du film réunit Arnold Schwarzenegger, Michael Biehn, Linda Hamilton, Paul Winfield, Lance Henriksen, Earl Bohen, Dick Miller et Bill Paxton.

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Dans un premier temps, Mel Gibson et Sylvester Stallone sont envisagés pour endosser les oripeaux du Terminator, mais James Cameron est impressionné par la stature et la musculature d'Arnold Schwarzenegger. Même remarque pour le rôle de Kyle Reese. James Cameron pense tout d'abord à Sting puis opte pour Michael Biehn, peu enthousiaste après avoir lu le scénario du film.
Pourtant, Terminator va remporter un immense succès commercial, engrangeant plus de 80 millions de dollars de recettes. Mieux, le long-métrage s'inscrit durablement dans la culture populaire américaine et devient le nouveau phénomène du cinéma science-fictionnel. Le métrage va même engendrer une pentalogie (une saga en cinq épisodes). Attention, SPOILERS ! (1) En 2029, la surface de la Terre est rasée par une guerre nucléaire.

Une poignée de survivants  se bat contre les machines qui tentent de prendre le pouvoir. Grâce à la détermination du résistant John Connor, l’Humanité reprend progressivement le dessus. Pour gagner la guerre, les machines envoient à Los Angeles en 1984 un cyborg (le T-8000) afin de tuer Sarah Connor, la mère de John. Kyle Reese a alors pour mission de la protéger à tout prix. (1)
Certes, Terminator premier du nom n'est pas le tout premier long-métrage de James Cameron. Mais, à travers ce film ambitieux, on peut déjà percevoir toute l'érudition du cinéaste. Le but de James Cameron n'est pas seulement de percer dans l'univers hollywoodien, mais d'innover et de pousser toujours plus loin les limites de la technologie. D'ailleurs, il réitérera avec l'épisode suivant, donc Terminator 2 : le Jugement Dernier.

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Surtout, James Cameron crée une nouvelle figure emblématique du cinéma d'action et de science-fiction : le Terminator, ce cyborg implacable, pugnace et invulnérable, recouvert de tissus humains. Il est le digne épigone de Frankenstein et de Maria (l'androïde de Metropolis de Fritz Lang). Le Terminator est avant tout une création humaine. C'est d'ailleurs tout le paradoxe du film.
En 2029, dans un futur obombré et en belligérance, l'homme mène une guerre impitoyable contre les machines, sous l'égide de Skynet. A moins que ce ne soit l'inverse. Les machines ont pris le contrôle de notre vaste planète. Les rares survivants sont parqués dans des camps de la mort ou appartiennent à la Résistance, menée par John Connor, soit celui qui va permettre de triompher du joug de Skynet. Certes, en apparence, le scénario de Terminator peut paraître basique et laconique.

Narquois, James Cameron complexifie son récit via une dynamique temporelle et une destinée (celle de Sarah Connor) incoercible. Mais le cinéaste s'intéresse assez peu à l'avenir. Les séquences se déroulant dans le futur sont plutôt lapidaires. Le réalisateur se focalise davantage sur le présent, donc 1984, ou le reflet d'une époque insouciante et consumériste. En ce sens, le Terminator préfigure cette menace ineffable qui vient surgir dans une époque encore apathique.
Chacune de ses apparitions se termine dans la mort, la terreur, le chaos et les conflagrations. Ce nouveau robot technologique est la parfaite machine à tuer. D'apparence humaine, ce cyborg des temps modernes ne ressent ni la peur, ni la colère, ni la douleur, ni la moindre once d'émotion. Cette machine symbolise déjà toute cette solitude et cette indifférence inhérentes à notre société hédoniste et obnubilée par le modernisme.

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Mais le T-800, c'est aussi ce prédateur et ce transgresseur, celui qui se regimbe contre l'autorité policière, juridique et sociétale. A l'image de l'attaque (impressionnante et meurtrière) du commissariat de police. James Cameron n'hésite pas à sacrifier ses personnages. La conclusion finale se déroule dans une entreprise, elle aussi dépendante des nouvelles technologies. A travers Terminator, James Cameron vilipende les dynamiques comminatoires et inexpugnables du capitalisme.
Hormis ces différentes thématiques sous-jacentes, le cinéaste n'oublie pas d'offrir plusieurs séquences d'action haletantes et solidement troussées. Parallèlement, James Cameron propose plusieurs réflexions philosophiques sur l'avenir et le destin d'une Humanité en déshérence. Bref, on tient là un grand film de science-fiction. Avec peu de moyens, James Cameron parvient à sublimer son récit et ses principaux protagonistes. Succès oblige, une suite sera réalisée sept ans plus tard.
C'est ce qu'affirme un T-800 péremptoire : "I'll be back !".

Note : 17/20

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(1 ) Synopsis du film sur : http://www.dvdclassik.com/critique/terminator-cameron