Jason_et_les_Argonautes 1963

Genre : fantastique, heroic fantasy
Année : 1963
Durée : 1h45

Synopsis : Pour retrouver son trône de Thessalie, Jason doit conquérir la Toison d'or. Il embarque à bord de l'Argo avec les Argonautes, hardis guerriers et marins, afin d'atteindre le royaume de Colchide, là où se trouve la dépouille du bélier magique

La critique :

Don Chaffey est un réalisateur britannique qui s'est essentiellement spécialisé dans les séries télévisées. On lui doit notamment plusieurs épisodes de Chapeau Melon et Bottes de Cuir, Le Prisonnier et Destination Danger. Parallèlement, le cinéaste tourne quelques films notoires, entre autres, Peter et Elliott le Dragon (1977), Un Million d'années avant J.C. (1966) ou encore La Reine des Vikings (1967). Vient également s'ajouter Jason et les Argonautes, sorti en 1963.
Le long-métrage s'inscrit dans le sillage et la continuité de tous ces péplums fantastiques qui sortiront entre la fin des années 1950 et le milieu des années 1960. Au hasard, comment ne pas citer Hercule contre les Vampires (Mario Bava et Franco Prosperi, 1961), Le Septième Voyage de Sinbad (Nathan Juran, 1958) et Les Travaux d'Hercule (Pietro Francisci, 1958) ?

Les effets visuels et spéciaux de Jason et les Argonautes sont assurés par un certain Ray Harryhausen, le chantre de la stop-motion, et qui s'est principalement distingué dans Le Monstre des Temps Perdus (1953), Les soucoupes volantes attaquent (Fred F. Sears, 1956), L'Île Mystérieuse (Cy Endfield, 1961) et Le Choc des Titans (Desmond Davis, 1981), pour ne citer que ces exemples.
Avec Jason et les Argonautes, Ray Harryhausen poursuit son aventure dans les registres du fantastique, du péplum et de l'heroic fantasy. En outre, Jason s'inscrit dans la logique de Sinbad. Lui aussi est la parfaite antithèse de Samson et d'Hercule, des héros mythologiques, musculeux et athlétiques. Par certains aspects, Jason et les Argonautes préfigure déjà la réalisation de Le Choc des Titans (presque) vingt ans plus tard.

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A plusieurs reprises, le long-métrage sonde et analyse cette dichotomie entre le monde des humains et le monde divin, situé quelque part entre les nuages et la voûte céleste. La distribution du film réunit Todd Armstrong, Nancy Kovack, Gary Raymond, Laurence Naismith, Nigel Green et Niall McGinnis. Attention, SPOILERS ! (1) Dans la Grèce antique, pour reconquérir le royaume de son père Eson usurpé par son demi-frère Pélias, Jason doit rapporter à ce dernier la fabuleuse Toison d'or qui se trouve en lointaine Colchide. Il s'embarque à bord du navire Argo avec toute une équipe de héros, les Argonautes.
À la fois aidés et contrariés par des dieux et déesses rivaux, ils vont être confrontés aux éléments déchaînés et à des créatures plus monstrueuses les unes que les autres : le colosse Talos
, les deux horripilantes Harpies, les rochers broyeurs Symplégades, une hydre (un horrible dragon à sept têtes) ainsi qu'à une armée vindicative de terribles et agiles squelettes.

Mais Jason va connaître l'enchantement amoureux sous les traits de Médée, vaincre les obstacles et rapporter la Toison d'or. (1) Après Le Septième Voyage de Sinbad, Ray Harryhausen souhaite repousser les limites de la stop-motion (image par image) via une nouvelle production d'aventure fantastique. Certes, le long-métrage peut s'appuyer sur l'érudition du célèbre technicien.
Pour le célèbre génie créateur, c'est l'occasion de déployer son armada de créatures à l'écran : des squelettes vivants qui sourdent de la terre, un colosse de pierre qui détruit tout sur son passage, des harpies qui contrarient le repas frugal d'un gueux aveugle et puni par les dieux... Mais Ray Harryhausen décide de complexifier les effets visuels du film. Lors de séquences de combat, les héros humains sont sommés d'affronter des créatures réalisées en stop-motion.

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Un travail de dur labeur qui nécessitera plusieurs mois de tournage en raison de changement d'images et de colorisation, incluant à la fois les monstres et les soldats humains à l'écran. Jason et les Argonautes, c'est aussi un travail pointilleux et d'orfèvre sous l'égide de Ray Harryhausen. Toutefois, résumer le film à toute une panoplie d'effets spéciaux (certes très impressionnants à l'époque) serait réducteur.
Si le scénario reste de facture conventionnelle, s'ingéniant à raconter le périple du fameux Jason, le long-métrage n'en demeure pas moins captivant, notamment grâce à ses nombreux rebondissements et à la beauté de ses décors féériques. Plusieurs séquences ont donc été tournées dans la Rome Antique. Parallèlement, d'autres scènes se focalisent sur le domaine des dieux, soulignant sans cesse cette dissonance entre les choix (parfois cruels) de ces êtres divins et l'admiration des humains pour ces incarnations spirituelles. Une thématique qui sera par ailleurs reprise dans Le Choc des Titans.
Finalement, la recherche de la Toison d'or n'est qu'un prétexte, un leurre et un simulacre. Le véritable enjeu, c'est le destin de Jason et de ses fidèles Argonautes. Plusieurs guerriers éminents seront condamnés à d'autres travaux, comme l'atteste le sort d'Hercule, puni par les dieux. Bref, on tient là un véritable classique du fantastique et de l'heroic fantasy, qui inspirera de nombreux ersatz ainsi que plusieurs générations de cinéastes.

Note : 16/20

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(1) synopsis du film sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jason_et_les_Argonautes_(film,_1963)