The Crazies

Genre : épouvante (interdit aux - 12 ans)
Année : 2010
Durée : 1h41

Synopsis : Imaginez un virus capable de transformer n’importe qui en fou dangereux. Imaginez maintenant ce virus se répandant sur une petite ville tranquille du Middle-West. Alors que les habitants voient leurs proches se changer en assassins, un shérif tente de protéger les quelques personnes encore non infectées en attendant les renforts. Mais lorsque l’armée intervient enfin, c’est pour mettre la ville en quarantaine quitte à exécuter toute personne tentant de fuir. Abandonnés à leur sort, ce petit groupe de survivants va tenter de s’en sortir

La critique :

Les remakes des grands classiques horrifiques, soit le nouvel apanage des producteurs hollywoodiens depuis presque quinze ans maintenant. En outre, c'est Massacre à la Tronçonneuse (Marcus Nispel, 2003) qui va relancer les inimitiés. Toutefois, ce ne sont pas les exemples qui manquent. Preuve en est avec La Dernière Maison sur la Gauche (Dennis Iliadis, 2009), Maniac (Franck Khalfoun, 2012), Evil Dead (Fede Alvarez, 2013) ou encore de La Colline a des Yeux (Alexandre Aja, 2006), pour ne citer que ceux-là. Vient également s'ajouter The Crazies, réalisé par Breck Eisner en 2010.
Le long-métrage est le remake de La Nuit des Fous Vivants de George A. Romero en 1973. A la base, le film original est une série B horrifique impécunieuse qui a connu un petit succès dans les vidéos clubs.

Mais très vite, La Nuit des Fous Vivants va s'octroyer le statut de film culte et marquer durablement les esprits. Comme tous les films de Romero, La Nuit des Fous Vivants s'apparente à une allégorie sur notre société consumériste, condamnée à s'entretuer et à sombrer dans une forme de décrépitude. A l'instar de Zack Snyder avec L'Armée des Morts en 2004, Breck Eisner s'approprie le scénario griffonné par Romero pour proposer une vision plus moderne.
Reste à savoir si l'élève est supérieur ou non à son illustre modèle. Réponse dans les lignes à venir. La distribution de The Crazies réunit Timothy Olyphant, Radha Mitchell, Joe Anderson et Danielle Panabaker. Attention, SPOILERS ! (1) Dans une petite ville de l'Iowa, une maladie inconnue se répand, elle provoque des accès de folie furieuse et de graves troubles neurologiques.

Le shérif tente de protéger les quelques personnes qui semblent non-infectées par ce mystérieux virus, en attendant les renforts. Mais quand l'armée américaine arrive enfin, c'est pour mettre la ville en quarantaine, quitte à tuer ceux qui tentent de s'échapper du centre de rétention médical. Abandonné de tous, le shérif, sa femme et son adjoint vont devoir s'en sortir seul. Le petit groupe traqué par l'armée apprend finalement que le virus est une arme bactériologique appelée trixie, proche du virus de la rage, échappée de l'épave d'un avion militaire qui se serait écrasé dans le fleuve voisin. (1)
Déjà, au moment de la sortie de La Nuit des Fous Vivants, Romero s'inquiétait de ce fameux esprit de communauté, menacé d'extinction et d'annihilation par un affreux virus. 

Contrairement à La Nuit des Morts-Vivants (1968) et à Zombie (1978), le virus malfaisant ne transforme pas les êtres humains en macchabées anthropophages, mais en fous furieux décimant tout sur leur passage. C'est donc la raison qui semble elle aussi menacée de néantisation. Breck Eisner s'approprie ce sujet captivant et délivre un remake plutôt convaincant, à défaut de réitérer l'uppercut du film original. Certes, La Nuit des Fous Vivants a plutôt mal supporté le poids des années. 
Cette petite série B des années 1970 paraît assez obsolète aujourd'hui, en raison d'effets spéciaux et de maquillages désuets et victimes du temps écoulé. A l'inverse, son discours politique et radical est toujours d'actualité. En l'état, si Breck Eisner remplit largement son contrat avec son lot de rebondissements et de séquences d'action solidement troussées, son remake ne tient aucun discours idéologique.

Finalement, The Crazies est le parfait reflet ou produit du cinéma actuel. A aucun moment, Breck Eisner ne parvient à transcender son récit ni à proposer une vision du capitalisme actuel, régulé par la globalisation, l'hédonisme à tous crins et la paupérisation de la société occidentale. A défaut de trouver dans ce remake abscons une tentative de critique sur notre société moderne, le spectateur lambda se contentera de suivre les péripéties d'un petit groupe de survivants.
Sur ce dernier point, The Crazies se révèle tout à fait honorable et recommandable. Mais rien de sensationnel non plus. Même remarque concernant les acteurs. Le trio principal (Timothy Olyphant, Radha Mitchell et Joe Anderson) fait le job. Guère plus. A l'instar de tous ces remakes infatués des années 2000 et 2010, The Crazies se contente de déployer un schéma narratif prévisible. 
Bref, en quelques mots, un remake relativement efficace, mais dénué (encore une fois) de tout discours politique ou idéologique. Chronique courte aujourd'hui, mais sincèrement, je ne vois pas quoi dire de plus sur ce film.

 

Note : 12/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) synopsis du film : https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Crazies_(film,_2010)