a-rebours

 

Genre : inclassable, hardcore, expérimental (interdit aux moins de 18 ans)
Année : 2008
Durée : 1h39

Synopsis : 12 courts métrages expérimentaux et délibérément transgressifs, réalisés entre 1968 et 2008, par des cinéastes de différents pays. Entre néant et atomisation sexuelle, ils veulent vous faire atteindre le noir absolu.

La critique :

Luciferiennes, Luciferiens, c'est du plus profond des enfers que je vous envoie cette chronique. Satan est là, tapi dans l'ombre et son heure est proche. Rassurez-vous, je n'ai pas (encore) pété les plombs ! Je voulais juste vous mettre dans l'ambiance d'un heu..."truc" dont j'aimerais vous parler aujourd'hui. Cela s'appelle A Rebours. C'est en pousuivant assidûment la quête de mon graal personnel, à savoir dénicher le film le plus cht'arbé possible et inimaginable, que je suis tombé sur cette perle rare, véritable bonheur pour un amateur d'OVNI extrême. IPCE. Quézaco ?
Je décode : Institut pour la Coordination et la Propagation des Cinémas Exploratoires. Derrière cette appellation obscure, se trouve un ciné-club underground de Montréal, à forte connotation satanique. Quasiment une secte d'ailleurs. Dieu (Satan plutôt) sait ce qui se passe chez ces gens-là... En tout cas, voilà qu'ils nous proposent 3 films bien déglingués de derrière les fagots: L'érotisme, Incarnation et A Rebours qui nous intéresse aujourd'hui.

12 courts métrages de (d'im)purs essais psychédéliques, géniaux de provocation et absolument hypnotisants. Vous n'avez rien compris ? Rassurez-vous, moi non plus. Résumer cette chose est tout simplement impossible. Enfin comme à l'impossible nul n'est tenu... A rebours, c'est d'abord une présentation. Un fil de fer qui entoure le dvd et un petit guide incantatoires livré avec. Déjà, ça calme. La jaquette représente ce semble être un enchevêtrement d'atomes ou de molécules, mais rien n'est moins sûr. A Rebours, c'est aussi, dès qu'on insère le dvd, une ambiance hyper oppressante. Lumière faible, musique organique ressemblant à des tuyauteries qui grincent, visions d'arbres en feu et de statues de Vierge pleurant du sang. Le décors est planté, le film peut commencer...

Voici un résumé succinct de chaque court métrage:

Washing machine : Une machine à laver tourne à plein régime. S'appuyant dessus, un couple fait l'amour, vomit et défèque.
Man spricht deutsch : Sur une pellicule jaunie et hyper saturée, un vieil homme téléphone tandis que le mot "Chaos" clignote continuellement à l'écran.
Sacré coeur de Satan : Une femme hystérique lèche un crucifix en le défiant du regard. Une autre portant un brassard SS, crache du feu. Sous des néons rouges, une troisième se sert d'une statue du Christ comme d'un sex toy pendant que des croix gammées envahissent l'écran. Le court métrage s'achève sur des photos d'Hitler qui défilent avec sa voix en bruit de fond.
Yellow fever : A travers les vitres d'un wagon, on aperçoit un paysage rouge et gris en images de synthèse. Une asiatique prend sa douche et peu à peu, son visage tuméfié se mélange à un mur couvert de graffitis.
: Dans un esthétisme visuel proche de Sin City, une fillette allongée sur un lit paraît malade. Tandis que les minutes passent, son visage se change en tête de mort alors que des katakanas sont projetés sur les murs de sa chambre.
Passage : Deux jeunes couples roulent sur une route de campagne. Après avoir consommé de la drogue, ils se retrouvent à danser et à flirter dans une chambre d'hôtel. Une des filles, délaissée par son petit ami, s'enfuit dans la nature. On la retrouvera pourtant, le plan d'après, à nouveau dans la voiture, en train de se masturber devant ses amis.

Hym to Pan : Dans une cave, une femme entame une danse rituelle sous l'objectif d'un photographe pendant que des voix d'outre-tombe prononcent des incantations.
Dream of Samara : Des pèlerins musulmans gravissent une tour lumineuse ayant la forme d'une toupie. Arrivés au sommet, ils redescendent et recommencent perpétuellement l'ascension. 
Satan bouche un coin : Un artiste de music-hall affublé de porte-jarretelles, caresse une femme nue et lui enlace le bassin avec ses jambes. Pendant ce temps, une autre femme patauge dans un bain de sang et un phallus en érection renverse des crucifix à la chaîne, tout ceci accompagné par une musique de cirque.
Haggard : Dans des égouts, deux skinheads couverts d'excréments, se vomissent dans la bouche tout en se masturbant mutuellement.
The return of the dead man : Un monde post apocalyptique. Dans un bar où tous les clients semblent figés, un seul client paraît vivant. C'est alors qu'une femme obèse monte sur le comptoir et lui urine au visage. Durant ce laps de temps, il voit défiler sa vie et se rend compte qu'en fait, il est mort...
The other american dream : Sandra fait du stop pour passer la frontière mexicaine illégalement. Battue et violée par le camionneur qui l'avait fait monter, elle sera revendue comme esclave sexuelle dans un relais routier miteux.

Prônant un cinéma de chaos et de néant, les réalisateurs d'A Rebours s'inscrivent clairement dans une démarche de destruction massive. Agressé qu'il est par ce déluge visuel subversif, le spectateur se trouve tétanisé, prisonnier du pouvoir de ces images et ne peut jamais détacher son regard. Ces courts-métrages, tous quasiment muets et en noir et blanc, font preuve d'une inventivité proche de la folie, du génie aussi. On pourrait, bien sûr, débattre sur l'apologie clairement affichée du nazisme, sur le caractère blasphématoire de certaines scènes ou sur l'utilité de "performances" hardcore abjectes.
Ceci est de l'art. Vous comprendrez que toute critique objective est inutile dans ce cas précis. 
Oubliez les bizarreries de Lynch, les délires d'Iskanov ou les extravagances d'Arrabal. En matière de "films de barges", rien ne fait le poids à côté d'A Rebours. Un must absolu.

Note : ???

 

 

TumblingDollOfFlesh Inthemoodforgore