conjuring

Genre : horreur, épouvante (interdit aux - 12 ans)
Année : 2013
Durée : 1h50

Synopsis : Avant Amityville, il y avait Harrisville… Conjuring : Les dossiers Warren, raconte l'histoire horrible, mais vraie, d'Ed et Lorraine Warren, enquêteurs paranormaux réputés dans le monde entier, venus en aide à une famille terrorisée par une présence inquiétante dans leur ferme isolée… Contraints d'affronter une créature démoniaque d'une force redoutable, les Warren se retrouvent face à l'affaire la plus terrifiante de leur carrière

La critique :

En l'espace d'une dizaine d'années (douze ans pour être précis), James Wan est devenu la nouvelle égérie du cinéma horrifique. L'année 2004 marque une rupture rédhibitoire pour le cinéaste sino-malaisien. La sortie de Saw, une modeste production qui oscille entre le thriller, le torture porn et l'enquête policière alambiquée, s'impose comme le nouveau parangon du cinéma gore.
Très vite, James Wan est dépassé par ce véritable phénomène, que ce soit sur la Toile, les réseaux sociaux ou dans les salles de cinéma. Bientôt, le premier chapitre se transmute en une saga mercantile. Mais James Wan refuse de participer au désastre. Sagace, le réalisateur se tourne vers d'autres projets, comme l'atteste la sortie discrète du trop méconnu Dead Silence en 2007.

Hormis quelques détours dans le cinéma d'action (Death Sentence en 2007 et Fast and Furious en 2015), James Wan se focalise sur son genre de prédilection : l'épouvante. Les sorties d'Insidious (2011) et d'Insidious 2 (2013) confirment cette fascination pour les films d'horreur des années 1970, voire celui du début des années 1980, à savoir L'Exorciste (William Friedkin, 1973), La Malédiction (Richard Donner, 1976), Amityville : la maison du diable (Stuart Rosenberg, 1979) et surtout Poltergeist (Tobe Hooper, 1982). Toutes ces productions se sont octroyé le statut de classiques au fil des années, analysant le délitement de la cellule familiale à travers une possession démoniaque ou l'avènement de l'Antéchrist. Et c'est ce qu'a parfaitement compris James Wan.
C'est donc dans cette dialectique que s'inscrit Conjuring : les dossiers Warren, sorti en 2013.

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Parallèlement, le long-métrage s'inscrit aussi dans ce retour impromptu de spectres et d'esprits méphistophéliques qui viennent s'immiscer dans une demeure isolée, comme l'attestent les sorties (quasi) simultanées de Dark Skies (Charles Scott Stewart, 2013), Grave Encounters (The Vicious Brothers, 2011) et de la saga Paranormal Activity, pour ne citer que ceux-là.
Les fantômes sont donc de retour sur nos écrans depuis presque dix ans maintenant. En outre, Conjuring se soldera par un immense succès commercial dans les salles de cinéma, érigeant James Wan comme le nouveau maître de l'épouvante. D'ailleurs, une suite, Conjuring 2 : Le Cas Enfield, sera même réalisée en 2016, toujours sous l'égide de James Wan. Puis, un spin-off, Annabelle (John R. Leonetti), sortira en 2014.

La genèse de Conjuring remonte aux années 1990. A l'époque,  le producteur Tony DeRosa-Grund rencontre la famille Warren, un couple spécialisé dans l'exorcisme et affublé de dons de médiumnité, qui a affronté le démon à plusieurs reprises. Leur témoignage va devenir le substrat du scénario de Conjuring. Après plusieurs années de luttes, d'atermoiements et de prorogations, le projet aboutit en 2009. Inspiré de faits réels, le script connaît de nombreuses rectifications.
La distribution du film réunit Vera Farmiga, Patrick Wilson, Sterling Jerins, Lili Taylor, Ron Livingston et MacKenzie Foy. 
Attention, SPOILERS ! Avant Amityville, il y avait Harrisville… Conjuring : Les dossiers Warren, raconte l'histoire horrible, mais vraie, d'Ed et Lorraine Warren, enquêteurs paranormaux réputés dans le monde entier, venus en aide à une famille terrorisée par une présence inquiétante dans leur ferme isolée… 

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Contraints d'affronter une créature démoniaque d'une force redoutable, les Warren se retrouvent face à l'affaire la plus terrifiante de leur carrière. Mutin, James Wan s'immisce dans le quotidien d'une famille américaine lambda. Dans un premier temps, les étranges manifestations se traduisent par quelques grincements de porte récurrents, une fillette somnambule qui vient heurter sa tête contre une armoire puis par l'apparition de marques sur le corps de la mère de famille.
Puis, les esprits diaboliques deviennent de plus en plus prégnants et comminatoires. Parallèlement, James Wan se focalise sur les activités démonologiques d'Ed et Lorraine Warren. Le couple conserve précieusement dans une pièce plusieurs objets de collection. Que ce soit des poupées, une horloge ou encore un simple miroir brisé, tous ces objets préfigurent l'arrivée du démon et/ou d'un esprit malfaisant.

Les objets en question ne sont que simulacres ou plutôt une façon de s'immiscer à l'intérieur d'une famille, pour mieux la briser et éventuellement la détruire. Ainsi, le démon profite et abuse des faiblesses de la cellule familiale, celle qui a commencé peu à peu à se déliter (le divorce de masse) dans les années 1970, ne proposant plus de repères éducationnels et parentaux à leur progéniture.
Contrairement à William Friedkin dans L'Exorciste, James Wan élude toute réflexion sociétale, religieuse ou eschatologique sur l'avènement des esprits diaboliques. Le cinéaste privilégie la psyché de ses personnages, tous confrontés à leurs propres démons. A l'image de Lorraine Warren, encore bouleversée et choquée par un précédent exorcisme. Certes, James Wan réalise un film d'épouvante efficace, qui contient son lot d'effroi et de sursauts de son siège.
Si la formule n'est pas nouvelle, avec les même ficelles et angoisses habituelles (l'achluophobie et les peurs enfantines principalement), James Wan maîtrise néanmoins parfaitement son sujet. En espérant que Conjuring, avec ses suites et spin-off déjà annoncés, ne sombre pas à son tour dans le piège du lucre et du merchandising.

Note : 14/20

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