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Genre : horreur, trash, érotique (interdit aux moins de 18 ans)
Année : 1975
Durée : 1h42 (uncut)/ 1h33 (cut)


Synopsis : Christopher et Celia, un charmant couple d'anglais, débarquent sur l'île grecque de Myconos pour un voyage romantique. Léger détail : il s'agit en fait de dangereux psychopathes, recherchés par Scotland Yard. Ils vont semer la terreur et la mort sur leur passage..

La critique :

Tom Six et Srdjan Spasojevic n'ont rien inventé. Plus de trente ans avant The Human Centipede 2 et A Serbian film, le grec Nico Mastorakis voulut, lui aussi, se lancer dans la course à la surenchère et du trash. Ainsi naquit Island of death. Et à l'époque, il fut considéré comme un des films les plus choquants, sinon le plus choquant jamais réalisé. Véritable objet de scandale et de condamnation, ce film fut banni par de très nombreux pays et resta longtemps introuvable. 
Mais en 2011, la société anglaise de production Arrow Video décida de le rééditer en version restaurée totalement uncut. J'ai naturellement sauté sur l'occasion pour le visionner. Alors ce film mérite-t-il sa très sulfureuse réputation ? Oui et non. Oui à cause de sa barbarie et de son extrême cruauté, à cause de ses actes sexuels déviants explicites et pour ses meurtres réels d'animaux. Non car car ce film souffre d'un manque évident de moyens et son réalisateur, d'un manque évident de talent. Nous nous trouvons clairement devant une série B dans toute sa "splendeur".

Mastorakis, sorte de Joe d'Amato du Peloponnese, déroule son scénario d'une façon trop molle et détachée pour que l'on puisse totalement adhérer à l'histoire. Attention spoilers : Un jeune couple d'amoureux débarque sur l'île Myconos pour un séjour romantique. C'est, du moins, ce que l'on croit dans les premières minutes. Après s'être installés chez l'habitant nos tourtereaux s'arrêtent pour faire l'amour dans une cabine téléphonique (ok, pourquoi pas, il y a quelquefois des urgences !). 
Pendant qu'il culbute sa femme, Christopher en profite pour passer un coup de fil à sa mère, restée à Londres. C'est en voyant la police intercepter l'appel sur table d'écoute que nous comprenons que nous n'avons pas à faire à un couple ordinaire. En effet, Christopher et Celia sont de dangereux psychopathes qui ont dû fuir l'Angleterre où ils sont activement recherchés. Ainsi, à Myconos, ils auront tout loisir de laisser libre cours à leur perversité sans limite.

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Car ces deux zigotos qui n'aiment personne ne sont pas là pour rigoler et ont la ferme intention de faire régner l'ordre... à leur manière. A leur perversité, s'ajoute un voyeurisme malsain car ils ont la fâcheuse habitude de photographier leurs "exploits" sous toutes les coutures. Petit tour d'horizon des festivités : Celia séduit un peintre français et fait l'amour avec lui. Caché derrière les dunes et appareil photo en main, Christopher mitraille la scène. Puis, sa jalousie reprenant le dessus, il s'en va crucifier (au sens propre) le malheureux peintre avant de l'étouffer en lui faisant ingurgiter de la peinture à l'huile. Autre scène : cette fois, c'est Christopher qui séduit une vieille peau maquillée comme une voiture volée.
Pendant leurs ébats, il lui urinera abondamment au visage avant d'aller la décapiter dans le jardin à l'aide d'un tractopelle (!). Allez le meilleur (façon de parler) pour la fin : un matin, Christopher se réveille avec une méchante trique. Celia, encore à moitié endormie, ne paraissant pas disposée à faire des galipettes, notre lascar s'en ira se soulager en sodomisant et en égorgeant un pauvre chevreau qui passait par là.

Je passe sous silence les nombreux autres viols et agressions dont est ponctué le film... Entre deux méfaits, nos joyeux drilles batifoleront le long de la plage ou iront boire quelques verres dans les bars. Mais que fait la police me direz-vous ? Un inspecteur soupçonneux tente bien de les appréhender mais en deux temps trois mouvements, il se retrouvera pendu en haut d'un avion en vol. Le gros des troupes de police n'apparaîtra (brièvement) qu'à un quart d'heure de la fin du film, sans pour autant mettre la main sur le couple infernal qui trouvera refuge chez un berger autochtone. 
Celui-ci, en guise de bienvenue, les violera l'un après l'autre. Puis, il se débarrassera de Christopher dans une décharge, l'attachant au sol, le laissant pourrir sous un soleil de plomb avant d'aller convoler avec Celia... En 1975, Massacre à la tronçonneuse était encore à l'affiche et créait l'électrochoc que l'on sait. De sa Grèce natale, Nico Mastorakis lui, voulait marquer d'une façon ou d'une autre, l'histoire du cinéma. Mais comment faire quand on ne possède pas de moyens notables ni le talent approprié ? Tout simplement en surenchérissant dans le glauque et la provocation, en accumulant dans son film les scènes les plus outrageantes. 

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Le réalisateur atteignit d'ailleurs son but au-delà de ses espérances puisque Island of death fut mis à l'index et interdit dans plus de cinquante pays. Il est à noter, également, que le film reste interdit en France aux moins de 18 ans alors que ses petits congénères horrifiques de la même époque ont tous été classifiés en - 16 ans. Toutefois pour autant extrême qu'il soit, le film n'arrive jamais à choquer véritablement (seul le passage avec le chevreau est à la limite du supportable). Là où dans un cadre similaire, un film comme Les révoltés de l'an 2000 instaurait un climat terrifiant, Mastorakis semble dérouler le sien en mode "touristes qui filment leurs vacances", plat et monocorde. 
Comme je le soulignais en préambule, la ressemblance avec le style d'Amato est frappante (on pense forcément à Antropophagous dont l'action se déroule aussi dans les îles grecques). Un style besogneux sans la moindre fulgurance, digne d'un quelconque ouvrier du bis. Et les acteurs, tous unanimement médiocres, ne remontent pas le niveau. Pour couronner le tout, le film véhicule un état d'esprit pour le moins limite, affichant sans complexe un positionnement raciste et homophobe (un flic black est pendu, un patron d'hôtel gay est éventré, une lesbienne est défigurée). 
Au final on peut dire qu'Island of death se rapproche nettement plus du navet que du chef d'oeuvre. Mais attention tout de même, ce film extrême n'est à réserver qu'à un public très averti.

Note : 07/20

 

 

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