i spit on your grave 3

Genre : horreur, gore, trash (interdit aux - 18 ans)
Année : 2015
Durée : 1h34

Synopsis : Jennifer est retournée en ville où elle essaie de vivre normalement mais elle est toujours hantée pas les viols qu’elle a subi. Elle consulte une psychiatre mais cela ne l’aide pas vraiment. Elle rejoint un groupe de parole où des filles ont subi la même chose qu’elle. Mais rien ne change et les hommes se montrent de plus en plus oppressants. Dès lors, Jennifer va commencer à se faire justice par elle-même. 

La critique :

En 1978, le réalisateur Meir Zarchi signe un film d'horreur qui va bientôt devenir le nouveau parangon du rape and revenge. Son nom ? Day of the Woman, soit Oeil pour Oeil en France. Mais le film est aussi sorti sous le nom de I Spit On Your Grave. Le long-métrage s'inscrit dans le sillage et la continuité de La Dernière Maison sur la Gauche (Wes Craven, 1972) et de Thriller - A Cruel Picture (Bo Arne Vibenius, 1973). En outre, Day of the Woman échappe de justesse à une classification "X" (donc interdit aux moins de 18 ans). En raison de certaines séquences jugées trop violentes, Meir Zarchi est prié de revoir sa copie. Le long-métrage est donc raccourci de 17 précieuses minutes.
Mais peu importe, Day of the Woman marque durablement les esprits, à tel point qu'il inspire de nombreux films et plusieurs générations de cinéastes.

C'est par exemple le cas d'Abel Ferrara avec L'Ange de la Vengeance en 1981. Puis, dans les années 2000 et 2010, avec l'avènement des torture porns (Saw, Hostel et consorts...), le film de Meir Zarchi fait l'objet d'un remake, I Spit On Your Grave, sous l'égide de Steven R. Monroe en 2010. Cette nouvelle version se veut résolument moderne, avec son lot de séquences peu ragoûtantes, mais en oblitérant toute réflexion sur ce féminisme vindicatif et en belligérance contre le sexe masculin.
Tendance confirmée avec l'épisode suivant, donc I Spit On Your Grave 2 (2013), toujours réalisé par les soins de Steven R. Monroe, et qui se confine définitivement dans la médiocrité. Mais encore une fois, peu importe, cette suite connaît un certain succès en vidéo. Un troisième chapitre, I Spit On Your Grave 3 : Vengeance Is Mine, sort deux ans plus tard.

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Cette fois-ci, Steven R. Monroe s'évince lui-même du projet et est remplacé par un certain R.D. Braunstein, inconnu au bataillon. Le but de ce troisième chapitre est de renouer avec la dialectique du premier épisode. Niveau casting, pas grand-chose à signaler si ce n'est le grand retour de Sarah Butler. Le scénario ? Toujours la même antienne. Attention, SPOILERS ! Jennifer Hills est retournée en ville où elle essaie de vivre normalement mais elle est toujours hantée pas les viols qu’elle a subi.
Elle consulte une psychiatre mais cela ne l’aide pas vraiment. Elle rejoint un groupe de parole où des filles ont subi la même chose qu’elle. Mais rien ne change et les hommes se montrent de plus en plus oppressants. Dès lors, Jennifer va commencer à se faire justice par elle-même.

I Spit On Your Grave 3 s'ouvre sur le traumatisme de Jennifer, encore choquée et bouleversée par les événements du premier film. Certes, la belle jeune femme est suivie par une psychiatre et participe régulièrement à des groupes de parole (je renvoie au synopsis). Mais rien n'a vraiment changé depuis le premier volet. Jennifer s'accointe et s'acoquine avec Angela, une autre jeune femme en guerre contre les hommes. Dans un premier temps, les deux copines s'ébaudissent des hommes un peu trop téméraires et/ou licencieux qu'elles rencontrent au gré de leurs pérégrinations.
Mais très vite, les deux tourterelles (façon de parler...) s'en prennent physiquement à de potentiels violeurs et pédophiles. 
Hélas, Angela meurt à son tour, atrocement violée, suppliciée et rudoyée par une bande de voyous dégénérés. 

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Furibonde, Jennifer s'enlise à nouveau dans une spirale insidieuse et meurtrière. Certes, contrairement à Steven R. Monroe, R.D. Braunstein prend son temps pour planter le décor et ses personnages. Aussi, faudra-t-il patienter un long moment avant d'assister à une séquence de boucherie massive. De ce fait, I Spit On Your Grave 3 se divise en deux parties bien distinctes. Dans la première partie, R.D. Braunstein se centre sur la psychologie de ses protagonistes.
Ainsi, le cinéaste décrit un univers féminin sans cesse tancé et vilipendé par les lubricités du phallus. Une logique évidemment contestée par Jennifer et Angela. Les deux amies sont bien décidées à reprendre le pouvoir sur les hommes. Autant le dire tout de suite : cette première section ne présente aucun intérêt.

A aucun moment, Sarah Butler, dans le rôle de Jennifer Hills, ne parvient à transcender son personnage effarouché. Malheureusement, la seconde partie du film ne se montre guère éloquente. Cette fois-ci, place à la torture et aux crimes perpétrés par une Jennifer atrabilaire. Dès lors, bienvenue dans un festival de rebondissements et d'explications amphigouriques ! R.D. Braunstein verse volontairement dans la complaisance et la vulgarité, à l'image de cette séquence où Jennifer castre le pénis turgescent de son agresseur. Puis, c'est une batte de baseball qui vient pénétrer l'orifice anal d'un père incestueux... Bref, R.D. Braunstein ne nous épargne rien.
Hélas, ce troisième chapitre confirme le glas définitif de cette trilogie, en espérant qu'elle ne se transmute pas en tétralogie vindicative. A cette longue anomie, s'ajoutent de nombreuses maladresses et des personnages inutiles. Quant à la conclusion finale, d'une bêtise inouïe, mieux vaut ne pas en parler.

Côte : Navet

sparklehorse2 Alice In Oliver