Maniac-affiche

Genre : Horreur, gore (interdit aux - 16 ans)

Année : 2012

Durée : 1h30

Synopsis : Un tueur en série traque des jeunes femmes et les assassine avant de les scalper, tout cela dans le but de combler sa solitude et de remplacer sa mère décédée. Mais tout bascule lorsque le tueur rencontre une jolie jeune femme et en tombe amoureux, jusqu'à en devenir totalement obsédé.

 

La critique :

Comme beaucoup de ceux qui connaissent le film original, la perspective de voir le cultissime Maniac de William Lustig subir les affres d'un remake n'avait rien de franchement rassurant. Et, en ce qui me concerne, le jour où le duo Alexandre Aja/Gregory Levasseur annonça prendre en main cette nouvelle version, renforça grandement mon inquiétude, tant le duo m'avait fortement déçu avec son remake de La Colline A Des Yeux, qui ne retrouvait jamais l'aridité et la folie de l'original.
Si, dans un premier temps, Gregory Levasseur devait se charger de la mise en scène, il laissera la place à un complice de longue date de son ami Alexandre Aja : Frank Khalfoun. Les deux hommes se sont connus sur le tournage de film Le Grand Pardon 2, où Kalfhoun était assistant réalisateur du père d'Alexandre Aja, Alexandre Arcady. Dès lors, une amitié durable s'est créée au point que le réalisateur d'Haute Tension produira le premier long-métrage de Frank Khalfoun, 2ème Sous-Sol, puis se retrouvera donc des années plus tard sur le remake de Maniac.

Dès le départ, Khalfoun et Aja décident d'opter pour un film tourné en P.O.V (Point Of View ou en français Caméra Subjective). Une option qui n'enchante pas vraiment Gregory Levasseur et expliquerait le fait qu'il ait préféré mettre de côté la réalisation pour le poste de coproducteur de ce remake. Pour reprendre le personnage de Frank Zito, le tueur psychopathe incarné dans l'original par Joe Spinell, les responsables font un choix surprenant en annonçant le nom d'Elijah Wood.
Certes, le comédien a prouvé ses compétences d'acteur, mais le voir incarner un personnage aussi sombre, lui qui dispose d'une carrure frêle, pouvait laisser songeur. Aux côtés du comédien, on trouve Nora Arzneder qu'on reverra bientôt dans le rôle d'Angélique dans la nouvelle version réalisé par Ariel Zeitoun. On peut noter aussi, comme producteur, le nom de Thomas Langman, fils de Claude Berri, mais surtout producteur des Astérix et de Stars 80. Ce qui n'a rien de franchement rassurant

Maniac : photo Elijah Wood, Franck Khalfoun

Bref, toutes les craintes étaient légitimes et justifiées, mais au final, qu'en est-il ? Le film commence donc avec le personnage de Frank Zito, en planque au coin d'une rue à la nuit tombée. Le spectateur qui connaît le film original ou s'est simplement renseigné avant d'entrer dans la salle, sait qu'il s'agit d'un psychopathe. Ce qui sera grandement confirmé avec la première scène de meurtre, surprenante et bien brutale, où une fille se fait transpercer la mâchoire à la verticale par un couteau.
Autant dire qu'on est dans l'ambiance dès les premières minutes, le tout renforcé par la musique de Rob, claviériste du groupe Phoenix qui signe ici une partition totalement incroyable. Autant dire que ça fait du bien de voir un film ayant une vraie identité musicale, ce qui n'était pas arrivé depuis les films de John Carpenter dans les années 80.

La suite nous montre Frank Zito sur un site de rencontre où il ne tarde pas à avoir un rendez-vous. Une femme tatouée l'attire chez elle pour coucher avec lui. Mais le moment érotique finira mal pour elle. L'occasion d'assister à une des rares scènes où le tueur apparait sous les traits d'Elijah Wood, allongé devant un miroir tandis que la femme lui embrasse le ventre. D'ailleurs, les auteurs s'affranchissent une seule fois de la technique de la caméra subjective, lors d'une scène de meurtre où la caméra quitte le point de vue du criminel pour nous montrer Frank Zito de face.
Plus tard, notre psychopathe rencontre une jeune photographe, Anna, avec qui il parle un peu de sa passion pour les mannequins qu'il crée et de la boutique dont il s'occupe. Une affection réciproque naît entre eux et Frank en tombe rapidement amoureux, ce qui ne l'empêche pas de continuer à tuer. Et particulièrement une femme d'un certain âge qui aurait pu menacer sa relation avec la jeune photographe

Maniac : photo Franck Khalfoun, Nora Arnezeder

C'est d'ailleurs à cause d'une erreur stupide de Frank qu'Anna découvrira qui il est vraiment et scellera son destin. C'est donc sur un scénario assez classique (écrit par Alexandre Aja) que s'appuie ce remake, qui a le mérite de ne jamais chercher à égaler le film original. Du côté des qualités, on peut citer l'ambiance musicale dont j'ai déjà parlée, des effets gore particulièrement réussis et une judicieuse utilisation des mannequins, le tout couplé avec une atmosphère étrange et parfaite pour le film. 
Mais ce remake possède également ses défauts et, en premier lieu, la prestation d'Elijah Wood qui, malgré ses efforts, ne parvient jamais à rendre crédible son personnage de tueur en série. Certes, le fait de rendre ce psychopathe plus jeune et plus séduisant est, au demeurant, une bonne idée. Il faut dire que le passé de Frank Zito et surtout ses relations avec sa mère ne sont guère éloquents.
L'autre souci vient de l'utilisation de la caméra subjective qui, si elle fonctionne la plupart du temps, s'avère problématique dans certaines scènes, comme celle dans l'appartement ou lors de la fuite de la jeune femme, autant de passages où le procédé ne fonctionne pas. Reste, malgré tout, un honnête remake, loin d'égaler l'original, mais qui, par son ambiance putride et quelques bonnes idées, s'avère appréciable et plutôt réussi.  

Note : 14/20

 

 

titi Titi