Beetlejuice

Genre : fantastique, comédie 
Année : 1988
Durée : 1h32

Synopsis : Pour avoir voulu sauver un chien, Adam et Barbara Maitland passent tout de go dans l'autre monde. Peu après, occupants invisibles de leur antique demeure ils la voient envahie par une riche et bruyante famille new-yorkaise. Rien à redire jusqu'au jour où cette honorable famille entreprend de donner un cachet plus urbain à la vieille demeure. Adam et Barbara, scandalisés, décident de déloger les intrus. Mais leurs classiques fantômes et autres sortilèges ne font aucun effet. C'est alors qu'ils font appel à un "bio-exorciste" freelance connu sous le sobriquet de Beetlejuice.

La critique :

Est-il encore nécessaire de présenter Tim Burton, réalisateur, scénariste et producteur américain ? En l’espace de quelques décennies, le cinéaste s’est octroyé le statut du maître du fantastique. Fan invétéré du cinéma d’épouvante, en particulier des films de la Hammer, Tim Burton voue une véritable fascination pour Vincent Price. Dans un premier temps, il participe à la conception de Taram et le Chaudron Magique (Richard Rich et Ted Berman, 1985) et de Rox et Rouky (Richard Rich, Ted Berman et Art Stevens, 1981). Mais Tim Burton ne conserve pas de ces deux expériences un souvenir impérissable. Loin de là. Le concepteur est sommé par Walt Disney de calmer ses ardeurs.
Qu’à cela ne tienne, Tim Burton n’en fait qu’à sa tête et décide de créer son propre univers.

C’est dans ce contexte qu’il réalise ses premiers courts-métrages, Vincent (1982) et Frankenweenie (1984). En 1985, Tim Burton signe son tout premier long-métrage, Pee-Wee Big Adventure. Si ce premier film n’ameute pas spécialement les foules dans les salles, il obtient néanmoins un succès d’estime. Certaines critiques décèlent chez ce réalisateur un style inimitable.
Un style que Burton décide d’affiner et de peaufiner avec Beetlejuice en 1988. 
A l’époque, Tim Burton travaille déjà sur le scénario de Batman. Mais au même moment, David Geffen lui soumet le script de Beetlejuice (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Beetlejuice). Tim Burton est immédiatement séduit par cette histoire horrifique. Mais le scénario original privilégie davantage l’épouvante.

Beetlejuice (1)

Tim Burton et ses scénaristes sont priés de réviser leur copie. Tim Burton et ses cacographes décident d’ajouter un ton humoristique à Beetlejuice. Mieux, les facéties de fantômes et de spectres sortis d’outre-tombe vont devenir l’apanage du film. La distribution de Beetlejuice réunit Alec Badwin, Geena Davis, Michael Keaton, Winona Ryder, Jeffrey Jones, Catherine O’Hara et Glenn Shadix.
Dans un premier temps, Tim Burton souhaite engager Sammy Davis Jr. pour interpréter Beetlejuice. Mais le réalisateur se ravise et opte pour Michael Keaton, un acteur qu'il retrouvera un an plus tard dans Batman. Attention, SPOILERS ! Pour avoir voulu sauver un chien, Adam et Barbara Maitland passent tout de go dans l'autre monde. Peu après, occupants invisibles de leur antique demeure ils la voient envahie par une riche et bruyante famille new-yorkaise.

Rien à redire jusqu'au jour où cette honorable famille entreprend de donner un cachet plus urbain à la vieille demeure. Adam et Barbara, scandalisés, décident de déloger les intrus. Mais leurs classiques fantômes et autres sortilèges ne font aucun effet. C'est alors qu'ils font appel à un "bio-exorciste" freelance connu sous le sobriquet de Beetlejuice. Au moment de sa sortie, Beetlejuice se solde par un immense succès commercial. Même les critiques se montrent unanimement panégyriques.
En outre, ce deuxième long-métrage de Tim Burton va définitivement asseoir la notoriété du cinéaste. Le film contient tous les ingrédients de son univers fantasque et jubilatoire : une sorte de conte à la tonalité macabre et féérique, une comédie souvent excessive et une pellicule qui se démarque par sa fatuité et sa condescendance.

Beetlejuice (2)

A l’époque, Tim Burton n’est pas encore le réalisateur bankable qu’il deviendra par la suite. Beetlejuice, c’est aussi la rencontre entre un couple de vulgaires quidams (incarnés par Alec Baldwin et Geena Davis) avec le monde de la mort et plus précisément avec l’excentrique Beetlejuice. Pour Tim Burton, c’est l’occasion ou jamais d’inverser la tendance maléfique.
Désormais, ce sont les fantômes qui peuvent faire appel à un bio-exorciste pour contrarier les vivants et les exhorter de quitter leurs pénates. Quant aux spectres affublés de vulgaires draps aux couleurs d’albâtre, leur mythe et leur réputation en prennent pour leur grade. 
A défaut de provoquer l’effroi et la poudre d’escampette, nos chers fantômes ne suscitent que l’hilarité. A l'image de cette danse frénétique et forcenée entamée sous les airs de Day-o banana boat song.

Désormais, c’est même leur propre entité qui est menacée. Heureusement, notre jeune couple transmuté en fantôme peut compter sur le soutien indéfectible de Lydia Deetz, une adolescente au look gothique et aux intentions suicidaires. Avec Beetlejuice, Tim Burton confronte à la fois le monde des morts et celui des vivants à une dimension spirituelle qui échappe à toute logique et rationalité.
Ainsi, les vivants assistent au déclin puis à la renaissance d’Adam et Barbara Maitland lors d'une soirée entre amis. Bientôt, le fameux Beetlejuice vient s’inviter aux inimitiés. 
Le fantôme est un être ingrat, pétomane, turpide et fallacieux. Dans Beetlejuice, la famille américaine et puritaine en prend elle aussi pour son grade. D’ailleurs, Lydia Deetz, en désespoir de cause, ne trouvera le réconfort et l’affection qu'au contact de fantômes qui hantent sa propre demeure.
Ses parents sont décrits comme de vulgaires histrions uniquement appâtés par le lucre et la célébrité. Bref, on tient une comédie macabre et probablement l’un des meilleurs crus de Burton.

 

Note : 17/20

sparklehorse2 Alice In Oliver