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Genre : Science-fiction, Romance, Fantastique, Drame

Année : 2006

Durée : 1h36

 

Synopsis :

The Fountain raconte le combat à travers les âges d'un homme pour sauver la femme qu'il aime. Espagne, XVIe siècle. Le conquistador Tomas part en quête de la légendaire Fontaine de jouvence, censée offrir l'immortalité. Aujourd'hui. Un scientifique nommé Tommy Creo cherche désespérément le traitement capable de guérir le cancer qui ronge son épouse, Izzi. Au XXVIe siècle, Tom, un astronaute, voyage à travers l'espace et prend peu à peu conscience des mystères qui le hantent depuis un millénaire. Les trois histoires convergent vers une seule et même vérité, quand les Thomas des trois époques - le guerrier, le scientifique et l'explorateur - parviennent enfin à trouver la paix face à la vie, l'amour, la mort et la renaissance.

 

La critique :

Cela faisait longtemps que nous ne nous étions plus vus il me semble, donc bonjour à tous. Après un mois d'absence due à une vie d'étudiant plus que mouvementée, me revoici pour une toute nouvelle chronique qui m'a offert beaucoup de plaisir à la créer. Comparé aux films traités sur le blog, nous avons là un film particulièrement différent, mais qui s'inscrit logiquement sur ce site par un genre portant entre autres, sur la science-fiction et le fantastique, comme en atteste la présentation vue plus haut mais surtout, et là il a le digne mérite de se retrouver sur ce blog, grâce à une construction globalement expérimentale. Je vais être clair dès le départ en vous disant que The Fountain est le représentant type du film que l'on va adorer, être subjugué devant, ou que l'on va au contraire détester et trouver prétentieux.
Le réalisateur derrière ce film n'est pas n'importe qui car il ne s'agit ni plus ni moins que de Darren Aronofsky , qui a démarré avec le remarquable Pi, et à qui l'on doit le culte (opinion très partagée au sein des cinéphiles) Requiem For a Dream ainsi que d'autres films, comme Black Swan, The Wrestler ou dernièrement Noé. A peu de choses près, Aronofsky est un réalisateur qui divise également sur la toile quand certains le trouvent pompeux et grandiloquent, d'autres le trouveront perfectionniste et maître dans l'art de raconter des histoires.

Pour en revenir à notre film, The Fountain est l'exemple même du film dont le parcours fut jalonné d'imprévus. Initialement, Aronofsky avait demandé à Brad Pitt de jouer le rôle principal, mais celui-ci quitte le tournage pour... Troie. Cette décision oblige le réalisateur à renoncer à son projet, mais celui-ci persiste à vouloir faire part de son histoire au public, et The Fountain commencera à sortir d'abord en roman graphique par le biais du dessinateur Kent Williams.
Parallèlement, Aronofsky repartira de zéro avec un budget inférieur que celui prévu et se tournera vers Hugh Jackman pour tenir finalement le rôle principal. Le reste du casting se composera notamment de Rachel Weisz, Ellen Burstyn et de Sean Patrick Thomas. Histoire de continuer dans les déboires, le film sera un bel échec commercial et les critiques seront mitigées (comme je le disais avant, on aime ou on déteste). Paradoxalement, cela n'empêchera pas le film d'obtenir 5 récompenses, notamment sur le travail sonore et 8 nominations se basant surtout sur la photographie. Ceci étant dit, passons maintenant à la critique en tant que telle.

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ATTENTION SPOILERS : The Fountain raconte 3 histoires à travers les âges mais toutes intimement connectées entre elles. La première se concentre sur le conquistador Thomas parti à la recherche de la légendaire fontaine de Jouvence sur ordre de la reine. La deuxième se passe à notre époque et voit le scientifique Tommy Creo se battre contre le cancer de sa femme dont il cherchera par tous les moyens à sauver. La troisième et dernière histoire met en scène l'astronaute Tom au XXVIème siècle évoluant dans l'espace et dans une méditation spirituelle et métaphysique sur les mystères qui le hantent depuis un millénaire. Trois histoires qui se baseront toutes sur 3 personnages faisant face à la vie et à la mort. FIN DES SPOILERS.

Voilà un synopsis pour le moins curieux de prime abord et qui se montre hautement casse-gueule en plus de pouvoir être vite prétentieux. Le thème de l'immortalité reste peu employé dans le monde du cinéma et est un thème glissant car toute erreur peut décrédibiliser presque instantanément le récit. Aronofsky n'étant pas n'importe qui, nos attentes quant aux qualités de ce film, étaient donc logiquement présentes et est-ce que le film remplit son contrat ? Oui et même plus que bien.
Aronofsky nous entraîne pour une durée démocratique de 1h35 dans une atmosphère irréelle, terriblement envoûtante pour peu que l'on adhère aux décors magnifiés par des lumières jaune or contribuant davantage au surréalisme du film. A peu de choses près, l'immersion sera totale. Très clairement, les nominations concernant la photographie du film ne furent pas usurpées car on a là un vrai boulot d'orfèvre qui nous offrira des plans étincelants et susceptibles de décontenancer même les plus réfractaires.
D'un côté, les reproches quant au côté artificiel de la photographie sont largement compréhensibles car The Fountain n'a pas pour vocation de chercher un quelconque réalisme dans sa structure et s'apparente plutôt à une grande fresque lumineuse. On aime ou on déteste encore une fois. 

Du point de vue sonore, là où le film a raflé moult récompenses, il n'a pas aussi usurpé sa réputation. La musique, composée par Clint Mansell, est superbe et envoûtante, elle aussi nous faisant évoluer en plein rêve. D'un point de vue subjectif, c'est l'une des plus belles BO qu'il m'ait été donné d'entendre dans un film. Un vrai régal pour les oreilles que certains trouveront un poil envahissante car celle-ci est omniprésente. Ceci montre clairement que The Fountain est un film avant tout artistique où la recherche esthétique et sonore sont les fers de lance de la structure globale du récit.

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 Là où le film a surtout divisé fut dans l'originalité de sa narration car oui, comme je l'ai dit plus haut, The Fountain est un film non conventionnel et relativement expérimental et, au risque de me répéter une fois de plus, cela ne plaira pas à tout le monde. Ainsi, ce film nécessitera une vraie attention afin de ne pas être complètement largué dans le récit et voir celui-ci comme un trip vain d'un réalisateur sous overdose de LSD. L'idée d'imbriquer 3 destinées dans une seule histoire était casse-gueule, mais Aronofsky s'en sort remarquablement bien, même si certaines transitions resteront parfois un peu brutes. Forcément, les transitions entre les différentes époques seront omniprésentes et cela contribuera à la complexité scénaristique du film qui ne révélera jamais toutes les clés.
En plus d'être artistique, le film sera lui aussi sensoriel et dépendra de notre propre perception. Moins que dans un film de Lynch, mais la qualité d'intégrer des explications ouvertes à nos propres interprétations ajoutent un vrai plus qui, bien évidemment, pourra énerver celui qui n'accroche pas à l'ambiance.

Au-delà de ça, les thèmes traités propulsent The Fountain au rang de film philosophique et métaphysique où nous retrouverons le désir d'immortalité inscrit depuis la nuit des temps dans l'inconscient de l'homme, l'acceptation de la mort et la réincarnation. L'ensemble peut très vite devenir pompeux et on peut comprendre certaines critiques à ce sujet mais personnellement, j'ai trouvé le film juste et clair. Peut-être un poil moins développé que prévu, mais cela tient plutôt de la durée du film.
Aronofsky nous montre que la recherche de l'immortalité est vaine et que jamais, la science et les connaissances humaines ne pourront dépasser le fondement même de la nature. L'éternité ne se trouvant que dans la mort et l'acceptation de l'individu à accepter cette réalité qui touchait, touche et touchera chaque personne jusqu'à la fin des temps. Ces 3 destinées se termineront toutes dans l'échec de l'individu à atteindre cet objectif et à réaliser que la mort n'est pas une fin en soi, mais un nouveau commencement.

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The Fountain n'a pas pour vocation de nous bousiller notre journée mais de nous mettre face à la vérité et c'est très beau à voir. De même, la romance est on ne peut plus touchante et pourra très vite nous émouvoir. Hugh Jackman et Rachel Weisz crèvent l'écran avec une prestation excellente. C'est d'ailleurs bien la première fois qu'une romance parvient à me toucher, car non seulement ce n'est pas ma tasse de thé, mais c'est aussi très souvent mielleux, naïf, rébarbatif et cul-cul la praline.
Hors aucun sentiment de ce genre ne se dégage ici. Cet amour obsessionnel est beau et la dimension dramatique est ici vraiment traitée. 
Néanmoins, le défaut majeur de ce film est un risque accru de décrocher car comme dit plus haut (je n'ai jamais autant dit ça durant une chronique), la construction du film est à la fois innovante et expérimentale, et nécessite un effort mental sérieux pour en saisir les principaux aboutissements. Plusieurs visionnages sont d'ailleurs nécessaires pour vraiment cerner le film et tous ces liens entre ces 3 destinées.

Par souci de faire pleinement profiter ceux qui liront ma chronique, je ne dévoilerai pas les principaux liens. En conclusion, The Fountain est un film qui se vit pleinement et qui trottera longtemps dans la tête du spectateur, même celui qui n'a pas aimé. Véritable poésie onirique captivant le spectateur dans des plans majestueux couplés à une musique relaxante, ce film pourra très vite marquer le spectateur longtemps après le visionnage. Assurément, The Fountain mériterait une chronique bien plus longue et des explications détaillées, mais je pars du principe qu'un film expérimental doit se vivre et être découvert à 100%. Pompeux, prétentieux, maladroit ?? C'est évident de comprendre ceux qui n'ont pas aimé car c'est avant tout un film difficile à analyser et à chroniquer objectivement, ce qui expliquera ma note finale.
Hissé parmi mes films préférés, il est donc logique de recommander cette pépite bien trop méconnue et sans hésiter le film le plus rude du réalisateur. Un film qui a le mérite d'exister.

 

Note : ??? (mais un chef d'oeuvre pour moi)

 

orange-mecanique Taratata