lady snowblood

Genre : Action, drame (interdit aux moins de 16 ans)

Année : 1973

Durée : 1H37 

Synopsis : Au début de l’ère Meiji, Sayo, une femme mariée et mère de famille, voit son époux et son fils massacrés par 4 bandits, qui s’emparent ensuite d’elle, la violent et la torturent. Elle parvient à tuer l’un de ses bourreaux, mais se retrouve derrière les barreaux. En prison, elle donne naissance à une fille Yuki, qui sera l’instrument de sa vengeance, celle qu’on surnomme Lady Snowblood. 

La critique :

Gros film aujourd’hui, réalisé par Toshiya Fujita en 1973, j’ai nommé Lady Snowblood. Alors Lady Snowblood, c’est d’abord un manga, édité entre 1972 et 1973, qui a donc fait l’objet d’une adaptation cinématographique, dont nous allons parler aujourd’hui. Il faut dire que ce film va largement influencer le cinéma et qu’il a fortement été pompé... qu'il a fortement inspiré (excusez-moi !) Quentin Tarantino pour son Kill Bill. Attention SPOILERS !
Au Japon vers 1870, au début de l’ère Meiji, Sayo, jeune femme aimante et mère de famille, va assister impuissante au massacre de sa famille par des bandits, trois hommes et une femme. Elle va ensuite être torturée pendant plusieurs jours par les bandits en question, avant que l’un d’eux l’emmène avec lui pour la violer. Durant la partie de jambes en l’air imposée, Sayo va parvenir à tuer son bourreau.

Cependant, elle se retrouve en prison pour meurtre. Une fois derrière les barreaux, Sayo n’a plus qu’une idée en tête : la vengeance. Elle se met alors à flirter avec les gardiens et s’envoie en l’air avec la plupart d'entre eux, tout ça dans le but de mettre au monde un instrument de vengeance. Ce sera une petite fille du nom de Yuki. Sayo meurt en couche et Yuki est élevée par un vieux maître qui lui enseigne le maniement du sabre pour en faire une vraie plante vénéneuse. 
Yuki se lance dans sa mission : châtier ceux qui ont massacré sa famille. Lady Snowblood, dont le titre original est Shurayuki Hime, est en fait un jeu de mots avec Blanche Neige qui est intraduisible dans les langues occidentales. Enfin bref, Lady Snowblood est un film d’action incroyable qui renouvelle le genre du film de sabre et se dirige vers des horizons esthétiques sublimes.

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Tout d’abord, le film est raconté sous forme de chapitres. La structure du scénario est désordonnée. Commençant d’abord par la naissance de Yuki pour enchaîner sur l’avenir et nous refaire un bon flashback en arrière. Cette structure est vraiment bien foutue car elle permet d’abord au réalisateur de bien gérer l’ambiance de son film et de poser des bases atmosphériques d’entrée de jeu. 
Mais cela permet aussi de découvrir de façon particulière le personnage de Yuki, alias Lady Snowblood. Donc la narration et la structure scénaristique sont des points forts pour le film. Parlons maintenant de l’esthétique, peut-être le point culminant du film. En effet, Fujita tire profit du nom de son personnage en créant un contraste avec le sang coulant à flot sur un sol enneigé. Ce rouge vif, côtoyant ce blanc éclatant (que l’on retrouve aussi dans la tenue de Yuki) donne un mélange d’une beauté visuelle qui taquine la rétine. 

Lady Snowblood est un film qui fait largement référence à l'univers de la peinture. Mais résumer l’esthétique à ce mélange serait une erreur car on oublierait les magnifiques paysages qui nous sont montrés ainsi que certains décors. Bref, le film est un vrai régal pour les yeux. On a parlé de la vision du sang, qui fait partie intégrante de l’esthétique puisque le sang coule à flots. 
Rien à voir avec La Rage du Tigre qui se contente de petites giclées par ci par là, ici ça pisse à gogo. Les chorégraphies des combats sont donc accompagnées de véritables geysers d’hémoglobine. Autant dire que Tarantino a été tout pomper sur... pardon il a été inspiré par les chorégraphies du film pour Kill BillLady Snowblood transforme ses combats en véritables bals de lames et de sang. Vous l’aurez compris : visuellement et techniquement, le film claque.

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Pour ce qui est du jeu d’acteur on peut citer Meiko Kaji, actrice culte, qui trouve là l’un de ses rôles les plus cultes. Le principal de son jeu réside dans son regard. Les autres acteurs, (je ne vais pas citer leurs noms parce que ça ne dirait rien à personne) signent également une belle performance. Sur le fond de l’histoire maintenant, on peut dire que Lady Snowblood est un vrai film de vengeance. Cela dit, le traitement est plutôt intéressant puisqu’ici le vengeur n’est pas l’opprimé direct. 
Il s’agit de la fille de la victime, mais elle a au final plus les allures d’un fantôme, d’un Yurei ou d’un ange exterminateur. C’est un pur instrument de vengeance, une sorte de machine à tuer. Quelque part, le vrai drame réside donc dans la destruction du personnage de Yuki. On retrouve donc l’aspect fascinant des légendes japonaises.

La façon dont la vengeance est orchestrée est d’ailleurs typique de la culture artistique asiatique. Alors je ne me risquerai pas à une comparaison avec le manga puisque je ne l’ai jamais lu, mais ce film donne clairement envie de le découvrir. Lady Snowblood est donc un vrai chef d’œuvre, un petit saphir du cinéma japonais. C’est bien rythmé, visuellement éclatant et ça s’appuie sur un scénario passionnant et bien structuré. Le film aura donc une grande influence sur la culture populaire et sur le cinéma. Une fois encore, QT Color laserjet 2200, pardon Quentin Tarantino a tout pompé et photocopié-collé/rendu hommage à ce film dans Kill Bill (il paraît que reprendre les mêmes chorégraphies, les mêmes costumes, les mêmes décors, la même histoire et la même musique, c’est de l’hommage. Oh, oh, oh ! Quentin, espèce de petit coquin !). 

Note : 18/20

vince Vince