le fils de caligula

Genre : Inclassable, Pornographie (interdit aux moins de 18 ans)

Année : 1992

Durée : 45 minutes

Synopsis : Un homme qui se prend pour la réincarnation de Caligula survit du mieux qu’il peut dans le 93. C’est alors qu’il se décide, en tant que Caligula, à conquérir le monde afin de fonder un empire. Pour cela il devra compter sur l’aide d’un voyou de cité et d’un chasseur chtarbé. Mais tout va partir dans tous les sens !

La critique :

Attention film de barjes ! J’ai nommé Le Fils de Caligula, réalisé en 1992 par Jean-Louis Costes. Pour ceux qui ne connaîtraient pas le bonhomme, il s’agit de l’un des piliers de l’underground français. Un artiste hardcore aussi bien dans ses musiques, ses peintures, ses BD, ses livres et bien sûr ses films. Aujourd’hui, je vous propose d’aborder la première œuvre cinématographique de Costes : Le Fils de Caligula
Ce film, réalisé avec de petits moyens entre 1991 et 1992, se révèle l’initiateur d’un cinéma basé sur le trash et l’humour noir de très mauvais goût. Attention SPOILERS ! L’histoire se déroule dans le 93. Un homme vivant dans une cave est persuadé d’être la réincarnation de Caligula. Pour combler son quotidien, il kidnappe une jeune femme à laquelle il fait subir d’innommables sévices sexuels et scatologiques.

Mais Caligula a du mal à vivre seul et doit parfois rendre visite à sa mère qui subvient à ses besoins. Caligula est également révolté contre la société et décide de déclarer la guerre au monde entier. Pour cela, il décide de former une armée. Sa première recrue est un voyou qu’il nomme « Général Hannibal ». La seconde (et aussi la dernière de cette armée composée de trois membres) est un chasseur cht'arbé et sodomite auquel Caligula a d’abord tenté de voler son fusil (qui est en réalité un balai). 
Leur but ? Ca dépend en réalité : Zigouillez tous les gens qui ont le permis de conduire ! Flinguez tous les punks ! La conquête commence ! Mais un destin tragique attend Caligula ! J’imagine que l’histoire vous a donné un avant-goût de cette production porno-trash complètement barrée.

 

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Avec ce film, Costes pose les bases de son style hétéroclite, à savoir de la pornographie, du trash, du gore, une bonne dose d’humour noir et d’un mauvais goût faisant passer Pink Flamingos pour une subtilité. L’humour est donc à base de porno, de trash et de scatologie. Vulgaire ? Pourtant, difficile de résister à Caligula qui veut bombarder le monde et qui, d’un pont, s’amuse à déféquer sur les voitures et les passants. On peut aussi citer le moment de la course poursuite entre Caligula et ses créanciers. On voit donc le personnage de Caligula se livrer à des actes absolument atroces tout en s'esclaffant. 
Vous l’aurez compris : dès ce premier film, Costes repousse les limites de l’humour ! En réalité, le film doit beaucoup à ses acteurs qui sont tous en mode cabotinage de masse. Et c’est justement ce cabotinage qui contribue au décalage et au second degré.

On citera, entre autres, Claude Brabant dans le rôle de la mère, Taylor dans le rôle d’Hannibal. Bien sûr, on retiendra Znort dans le rôle du chasseur véritablement chtarbé ! Mais la palme, vous l’aurez deviné, elle revient à Costes lui-même dans le rôle de Caligula. C’est bien simple l’acteur-réalisateur fait tout ce qui lui passe par la tête tout en gardant un certain contrôle. Il interprète un personnage déséquilibré, sadique, pervers, masochiste, scatophile…. et bien sûr déjanté. 
La scène chez le peintre est excellente. On retient aussi le moment où l’acteur se roule par terre en geignant pour que sa mère lui donne de l’argent de poche ! Impossible de tout citer mais Costes se mouille complètement ! Se livrant à des scènes hardcore de pornographie et autres dépravations, l’acteur expose clairement son engin à la caméra. Bref voilà un artiste impliqué !

Derrière la caméra, Costes n’est pas plus subtil ! Il filme le sexe en détail, la merde et bien sûr la violence. Les scènes de violence sont pour la plupart mal foutues, ce qui n’a rien d’étonnant venant d’un film de ce calibre. Pour autant, le choc est au rendez-vous étant donné le côté ultra trash et hardcore des scènes. Maintenant que retirer de ce film ? On pourra dire que Costes s’est fait plaisir, mais pourtant Le Fils de Caligula peut se voir comme une œuvre teintée de satire envers notre société moderne. Comme d’habitude, ce film de Costes reflète bien les fantasmes de la société moderne (bien que le réalisateur n’ait pas cette prétention) en les mettant en scène de façon hyper trash et avec (une fois encore) beaucoup d’humour. Si aujourd’hui, le cinéma français pouvait financer des mecs comme Costes... Voilà du vrai Underground et de l’art vraiment hors normes détaché de notre système.
Soyons clairs : le film ne plaira certainement pas à tout le monde ! Pour ma part, j’ai été conquis par cette œuvre OFNI et déjantée qui annonce déjà I Love Snuff ! Une bombe signée Jean-Louis Costes !     

 

Note : ??????? (mais du 18/20 pour moi)

vince Vince