the changeling

Genre : Epouvante

Année : 1980

Durée : 1h46

Synopsis : Un homme qui vient de perdre son épouse et sa petite fille, décide de s'installer dans une maison isolée. Mais celle-ci abrite un esprit démoniaque qui va replonger la vie du locataire de la maison dans le cauchemar.

La critique :

Parmi les oeuvres oubliées des années 1970 et début des années 1980, on trouve quelques pépites qu'il est bon de redécouvrir, afin de mesurer à quel point les films d'aujourd'hui sont tributaires de ces oeuvres anciennes. C'est notamment le cas de The Changeling, aussi baptisé L'Enfant Du Diable. Un sous-titre totalement injustifié, car le titre original signifie en fait "l'enfant changé". Pas de diable dans cette histoire de maison hantée, où le réalisateur Canadien, Peter Medak (connu surtout pour avoir réalisé La Mutante 2), dirige notamment George C. Scott, Jane Marsh et Melvyn Douglas.
Dès la première scène, le film impressionne par sa maîtrise visuelle. Un couple et leur petite fille poussent une voiture en panne. Aux alentours, la neige est abondante et la progression est difficile. L'homme trouve une cabine téléphonique et appelle un dépanneur.

Pendant ce temps, sa femme joue avec leur petite fille. C'est alors que deux véhicules, dont un poids lourd, arrivent de chaque côté de la route. Les deux véhicules roulent à vive allure et l'homme dans la cabine téléphonique n'a pas le temps de sortir, que la voiture et le camion se percutent sur le bas-côté, écrasant la femme et la fillette sous les yeux du mari et père, horrifié. Un drame terrible dont l'homme, baptisé John Russell, mettra plus de quatre mois à se remettre.
C'est donc au bout de cette période qu'il décide de reprendre sa vie de chef d'orchestre et compositeur de musique. Pour l'occasion, il se met à la recherche d'une nouvelle maison et entre en contact avec Claire Norman, qui travaille pour une association reconnue, et qui lui propose une grande demeure un peu isolée, mais très spacieuse.

John Russell tombe immédiatement sous le charme de la vieille bâtisse et s'y installe rapidement. Il ne faudra pas longtemps avant qu'il ne soit réveillé plusieurs matins de suite, à la même heure, par de curieux bruits. Après plusieurs autres événements étranges, le musicien doit se rendre à l'évidence : la demeure est hantée, mais l'esprit qui y vit semble vouloir entrer en contact avec lui.
La découverte d'une pièce cachée dans la maison, en fait une chambre d'enfant, va plonger John Russell dans une enquête terrifiante et dangereuse. Le réalisateur prend le temps de présenter ses personnages et ne cherche jamais à user d'effets chocs. Le film en compte d'ailleurs peu, hormis une apparition terrifiante en haut d'un escalier. L'histoire en elle-même est surtout celle d'un homme ayant perdu son enfant et qui va devoir se battre pour celui d'un autre.

Dès lors que les véritables motifs du fantôme sont connus, le scénario prend la forme d'une enquête que va contribuer à faire avancer cet esprit vengeur. Encore une fois, rien à voir avec le diable, mais un scénario relativement classique qui a le mérite de tenir en haleine. Tous les comédiens sont parfaits, notamment George C. Scott, dans la peau de cet homme brisé par un drame et qui tente de continuer à vivre malgré la douleur toujours bien présente (une scène le voit d'ailleurs en train de feuilleter un album de photos de sa femme et sa fille qu'il regarde avec un petit sourire triste).
Au final, The Changeling (oublions le titre français mensonger) demeure un excellent film, malheureusement oublié, ce qui est franchement dommage face à une oeuvre de cette qualité. Bref, une oeuvre à redécouvrir, notamment via YouTube où le film est disponible en version originale sous-titrée.

Note : 17/20  

titi Titi