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Genre : Drame, Nazixploitation, érotique (interdit aux moins de 18 ans)

Année : 1976

Durée : 2H13

Synopsis : Au début de la seconde guerre mondiale, sous le Troisième Reich, Les nazis décident de mettre au point un nouveau système d’espionnage. Ils utilisent un bordel fréquenté par des dignitaires étrangers et des officiers allemands pour recueillir des renseignements. Pour cela, un jeune officier nazi ambitieux recrute plusieurs jeunes femmes afin de jouer le rôle de prostituées et d’espionnes.

La critique :

La Naziexploitation ! L’un des genres les plus dingues du cinéma d’exploitation des années 70 ! Mine de rien, ce mouvement a réussi à avoir son petit succès dans les salles obscures et certains films sont devenus cultes, on pense notamment à Ilsa la Louve des SSLe camp des filles perdues ou encore Des filles pour le bourreau. Pourtant si la Naziexploitation est un sous genre atypique, il faut reconnaître qu’il a mis au monde de sacrés nanars en puissance. 
L’histoire est souvent ridicule et prétexte à un divertissement érotique. Pourtant il y’a bien un film qui sort un peu du lot, Salon Kitty réalisé par Tinto Brass, soit le futur réalisateur du « scandaleux » Caligula. En fait, Salon Kitty derrière son érotisme vulgaire, contient une histoire à la fois originale et intéressante. Attention SPOILERS !

La Seconde Guerre Mondiale vient de commencer. L’espionnage se développe et les dignitaires du Troisième Reich sont prêts à tout. Wallenberg, un jeune officier nazi arriviste, ambitieux et porté sur les fantasmes, est chargé de mettre au point un nouveau type d’espionnage. Pour cela, il fait recruter plusieurs jeunes femmes de « race Aryenne » fidèles à l’idéologie Nazi et au corps de rêve. Il leur fait passer une série de « tests sexuels », puis effectue une sélection. 
Wallenberg est particulièrement attiré par l’une des jeunes filles, qui se nomme Marguerite, et qu’il soumet à ses fantasmes. Par la suite, il contacte Kitty Kellermann, la patronne du salon Kitty, l’un des bordels les plus réputés du Troisième Reich, dans lequel se retrouvent les officiers et les hommes d’affaires allemands, mais également les dignitaires étrangers.

 

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Wallenberg a mis en œuvre un plan, il décide d’utiliser ses nouvelles recrues féminines pour composer le nouveau personnel du salon Kitty. Les jeunes femmes devront satisfaire tous les fantasmes de la clientèle, la fidéliser et l’espionner. Les recrues rapportent donc tout ce qui se dit et il est désormais possible de localiser les traîtres et les espions. Cependant un jour, Marguerite, l’une des meilleures espionnes, tombe amoureuse d’un capitaine de l’armée allemande férocement opposé à Hitler et au Nazisme, la jeune femme se retrouve dans un dilemme. Voilà donc pour les grandes lignes d’un scénario osé. 
En fait, c’est bien le genre de film que l’on ne peut trouver que dans les années 70. Salon Kitty s’inscrit clairement dans la Naziexploitation, tous les ingrédients sont présents. Et quels ingrédients ! Des Aryennes tout en cuir au corps de rêve, des scènes érotiques, du sadomasochisme, une ambiance coquine, le tout sur fond d’Allemagne Nazie.

Le début est déjà annonciateur : du sexe, de la nudité et de l’érotisme de mauvais goût. Franchement, les scènes de « tests sexuels » imposés aux jeunes femmes sont vraiment malsaines, amorales et d’une terrible vulgarité. Pourtant, les 20 premières minutes passées, le film prend de l’intérêt. Brass nous évoque l’Allemagne Nazie de façon originale. Une Allemagne qui est à l’écoute de tout et qui va jusqu’à placer des micros et des espionnes dans un bordel. 
Sacré portrait d’une société en fin de compte ! Mais le film se centre également sur son personnage principal, une jeune fille convaincue par le nazisme, et qui va peu à peu se rebeller contre l’ordre établi. Quelque part, Salon Kitty est teinté par l’esprit de la jeunesse révoltée des années 70 (ce qui se ressent également à travers l’érotisme).

 

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Mais Salon Kitty dresse aussi un portrait intéressant des nazis à travers le personnage de Wallenberg (au passage belle prestation d’Helmut Berger). Le film se démarque du stéréotype du nazi au cinéma. A savoir l’homme glacial, cultivé, nationaliste convaincu d’effectuer une mission divine. Ici, l’officier nazi est explicitement un carriériste se moquant éperdument de l’idéologie hitlérienne, mais prêt à tout pour se frayer une place bien au chaud (comme ce fut sans doute souvent le cas). 
Par ailleurs, le discours final de Wallenberg reste l’un des meilleurs moments du film. Cependant, rien de révolutionnaire non plus. Au niveau de la mise en scène, le film sort également du lot par rapport aux autres productions de la Naziexploitation. L’érotisme, au début vulgaire, prend peu à peu des couleurs plus agréables. Pour autant là encore, rien de révolutionnaire. Bref, Salon Kitty est loin d’être un chef d’œuvre ou un très bon film. Mais dans le genre Naziexploitation, il sort clairement du lot des daubes habituelles. 

 

Note : 12/20

vince Vince